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Cadre juridique de la location gérance de restaurant
Conditions à remplir avant la signature
Rédaction du contrat et clauses essentielles
Dépôt au greffe et publication légale obligatoire
Obligations du loueur et du locataire gérant
Aspects fiscaux et TVA applicables
Erreurs fréquentes et points de vigilance
La location gérance restaurant — aussi appelée gérance libre — permet au propriétaire d'un fonds de commerce de restauration d'en confier l'exploitation à un tiers, le locataire-gérant, moyennant le versement d'une redevance. Ce mécanisme est régi par les articles L.144-1 à L.144-13 du Code de commerce.
Concrètement, le propriétaire (loueur) conserve la propriété du fonds — clientèle, enseigne, droit au bail, matériel — tandis que le locataire-gérant exploite le restaurant à ses risques et profits. Il ne s'agit pas d'une cession : le fonds reste dans le patrimoine du loueur. Cette distinction est essentielle, car elle conditionne la responsabilité de chacune des parties.
Le dispositif s'applique à tout fonds de commerce, y compris la location gérance bar, la location gérance restauration ou encore la location gérance hôtellerie. Les règles sont identiques quel que soit le type d'établissement CHR (cafés, hôtels, restaurants).
Dans une gérance salariée, le gérant agit pour le compte du propriétaire et perçoit un salaire. En location-gérance, le locataire-gérant est un commerçant indépendant, immatriculé au RCS, qui supporte seul les pertes éventuelles. Cette autonomie juridique entraîne des obligations déclaratives et fiscales propres.
Avant de signer un contrat de location gérance restaurant, deux conditions légales doivent être réunies.
Condition n°1 : exploitation préalable du fonds. L'article L.144-3 du Code de commerce impose que le loueur ait exploité le fonds pendant au moins 2 ans. Ce délai vise à éviter la mise en gérance de fonds fictifs ou sans clientèle réelle. Des dérogations existent : le tribunal de commerce peut réduire ce délai sur requête motivée.
Condition n°2 : capacité commerciale du locataire-gérant. Le futur exploitant doit disposer de la capacité d'exercer une activité commerciale. Il doit s'immatriculer au registre du commerce et des sociétés (RCS) et obtenir les autorisations administratives propres à la restauration : licence de débit de boissons, formation HACCP, déclaration en mairie.
| Condition | Détail | Fondement |
|---|---|---|
| Exploitation préalable | 2 ans minimum par le loueur | Art. L.144-3 C. com. |
| Immatriculation RCS | Obligatoire pour le locataire-gérant | Art. L.144-5 C. com. |
| Licence de débit de boissons | Transfert ou nouvelle demande selon le cas | Code de la santé publique |
| Déclaration en mairie | Obligatoire pour toute ouverture ou changement d'exploitant | Réglementation locale |
La question de la location gérance restaurant mairie revient souvent : le changement d'exploitant doit être déclaré auprès de la mairie du lieu d'exploitation, en complément des formalités au greffe.
Structurer un contrat de location-gérance nécessite une analyse précise du bail commercial sous-jacent et des clauses de solidarité.
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Le contrat de gérance restaurant n'est soumis à aucun formalisme imposé par la loi, mais l'écrit est indispensable pour sécuriser les deux parties. Plusieurs clauses méritent une attention particulière.
Le bail commercial du local peut contenir une clause d'agrément du bailleur. Dans ce cas, le propriétaire des murs doit donner son accord écrit à la mise en gérance libre. L'absence d'agrément peut entraîner la résiliation du bail, et donc la perte du droit au bail inclus dans le fonds.
| Clause | Objet | Risque en cas d'absence |
|---|---|---|
| Désignation du fonds | Identifier les éléments transmis | Litige sur le périmètre de l'exploitation |
| Redevance | Fixer la contrepartie financière | Requalification en prêt à usage |
| Non-concurrence | Protéger le locataire-gérant | Concurrence directe du loueur |
| Agrément du bailleur | Obtenir l'accord du propriétaire des murs | Résiliation du bail commercial |
| Inventaire contradictoire | Constater l'état du matériel | Conflit lors de la restitution |
La mise en location gérance d'un fonds de commerce impose une formalité de publicité légale. L'article L.144-6 du Code de commerce exige la publication d'un avis dans un journal d'annonces légales (JAL) du département du fonds, dans les 15 jours suivant la date de signature du contrat.
Cette annonce location gérance doit mentionner : l'identité du loueur et du locataire-gérant, la désignation du fonds, la durée du contrat et la date de prise d'effet. Le coût moyen de cette publication se situe entre 150 et 250 € HT selon le département.
En parallèle, le locataire-gérant doit procéder à son immatriculation au RCS via le guichet unique de l'INPI. Le loueur, de son côté, doit inscrire une mention modificative au RCS indiquant la mise en gérance de son fonds.
Le défaut de publication n'entraîne pas la nullité du contrat, mais il prolonge la période de solidarité du loueur pour les dettes du locataire-gérant (voir section suivante).
La publication légale et les formalités au greffe conditionnent le point de départ de la solidarité du loueur. Un accompagnement juridique permet d'éviter les oublis coûteux.
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Le loueur doit garantir au locataire-gérant la jouissance paisible du fonds. Il ne peut pas exploiter un fonds concurrent ni modifier les éléments du fonds sans accord. Il reste solidairement responsable des dettes contractées par le locataire-gérant pendant les 6 mois suivant la publication au JAL (article L.144-7 du Code de commerce). Cette solidarité couvre les dettes fiscales, sociales et commerciales liées à l'exploitation.
En pratique, cette responsabilité solidaire constitue le risque principal pour le loueur d'un restaurant. Passé le délai de 6 mois, la solidarité cesse, sauf si la publication n'a pas été effectuée.
Le locataire-gérant exploite le fonds en commerçant indépendant. Il doit :
La dégradation du fonds — perte de clientèle, détérioration du matériel — peut engager la responsabilité contractuelle du locataire-gérant et justifier une résiliation anticipée.
La redevance versée par le locataire-gérant au loueur est soumise à la TVA au taux normal de 20 %. Le loueur doit donc être assujetti à la TVA et facturer la redevance TTC.
Côté locataire-gérant, les bénéfices tirés de l'exploitation du restaurant relèvent de l'impôt sur les sociétés (IS) s'il exploite via une société, ou de l'impôt sur le revenu (IR) dans la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux (BIC) s'il exerce en nom propre.
La contribution foncière des entreprises (CFE) et la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE) sont dues par le locataire-gérant, puisqu'il est l'exploitant effectif.
Pour le loueur, la redevance perçue constitue un revenu imposable. Si le loueur n'exerce plus aucune activité commerciale, il peut perdre le bénéfice de certains régimes d'exonération liés à la détention d'un fonds de commerce (exonération des plus-values des petites entreprises, par exemple).
Le traitement fiscal de la location gérance hôtellerie ou restauration suit les mêmes règles, mais les montants en jeu justifient un audit préalable.
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1. Oublier l'agrément du bailleur. Dans la majorité des baux commerciaux, une clause interdit ou conditionne la sous-location ou la mise en gérance libre. Signer un contrat de location gérance bar ou restaurant sans vérifier le bail expose le loueur à une résiliation du bail par le propriétaire des murs.
2. Négliger la publication légale. L'absence de publication dans le JAL maintient la solidarité du loueur sans limite de durée. Le coût de la publication (150 à 250 €) est dérisoire comparé au risque financier.
3. Fixer une redevance déconnectée du chiffre d'affaires. Une redevance trop élevée peut asphyxier le locataire-gérant et provoquer un abandon du fonds. Une redevance trop basse peut être requalifiée par l'administration fiscale.
4. Ne pas réaliser d'inventaire contradictoire. Sans état des lieux précis du matériel de cuisine, du mobilier et des stocks, les litiges à la restitution sont quasi systématiques.
5. Ignorer la solidarité fiscale et sociale. Le loueur peut être tenu de régler les cotisations URSSAF et les dettes fiscales du locataire-gérant pendant 6 mois. Un suivi régulier de la situation financière du locataire-gérant est recommandé pendant cette période.
La loi n'impose aucune durée minimale. En pratique, les contrats sont conclus pour 1 à 3 ans, avec possibilité de renouvellement. Une durée trop courte peut décourager le locataire-gérant d'investir dans le développement du fonds.
Non, sauf accord exprès du loueur. L'enseigne fait partie des éléments incorporels du fonds de commerce. Toute modification sans autorisation constitue une faute contractuelle pouvant justifier la résiliation du contrat.
La solidarité du loueur pour les dettes d'exploitation du locataire-gérant dure 6 mois à compter de la publication de l'avis au journal d'annonces légales. Sans publication, cette solidarité se prolonge indéfiniment.
Oui. Le locataire-gérant doit obtenir son propre permis d'exploitation, délivré après une formation obligatoire de 20 heures. Ce permis est personnel et ne se transmet pas avec le fonds de commerce.
Oui. La redevance est soumise à la TVA au taux de 20 %. Le loueur doit émettre une facture conforme et reverser la TVA collectée à l'administration fiscale.
Article L144-1 du Code de commerce - Légifrance
Règles de la location-gérance d'un fonds de commerce - Service-Public.fr
Tout savoir sur la location d'un fonds de commerce - economie.gouv.fr
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