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Qu'est-ce que le bilan carbone obligatoire en entreprise ?
Quelles entreprises sont soumises à l'obligation ?
BEGES et CSRD : deux obligations à distinguer
Le périmètre des émissions : scopes 1, 2 et 3
Comment réaliser et publier son bilan carbone ?
Sanctions et risques en cas de non-conformité
Sécuriser sa conformité avec un avocat spécialisé
Le bilan carbone entreprise obligatoire désigne l'obligation légale pour certaines organisations de quantifier, déclarer et publier leurs émissions de gaz à effet de serre (GES). En France, cette obligation repose sur l'article L. 229-25 du Code de l'environnement, qui impose la réalisation d'un bilan des émissions de gaz à effet de serre (BEGES) tous les 4 ans pour les entreprises privées et tous les 3 ans pour les personnes morales de droit public.
Concrètement, le bilan carbone recense les émissions directes et indirectes d'une organisation, exprimées en tonnes équivalent CO₂. Il s'accompagne d'un plan de transition décrivant les actions de réduction envisagées. Depuis 2023, la directive européenne CSRD (Corporate Sustainability Reporting Directive) ajoute une couche supplémentaire de reporting extra-financier qui intègre les données climatiques dans les états de gestion des entreprises concernées.
Pour une direction juridique, l'enjeu est double : identifier si l'entreprise entre dans le périmètre d'assujettissement et garantir que les données publiées respectent les normes méthodologiques imposées. Une erreur de périmètre ou un retard de publication expose l'entreprise à des sanctions financières et à un risque contentieux croissant.
Les seuils d'assujettissement varient selon le cadre réglementaire applicable. Le tableau ci-dessous synthétise les critères en vigueur en 2025.
| Cadre réglementaire | Type d'entité | Seuil d'effectif | Seuil financier | Périodicité |
|---|---|---|---|---|
| BEGES (art. L. 229-25 C. env.) | Entreprise privée | ≥ 500 salariés (250 en outre-mer) | Aucun | Tous les 4 ans |
| BEGES | Personne morale de droit public | ≥ 250 agents | Aucun | Tous les 3 ans |
| CSRD – vague 1 (exercice 2024) | Société cotée ou EIP | ≥ 500 salariés | CA > 50 M€ ou bilan > 25 M€ | Annuel |
| CSRD – vague 2 (exercice 2025) | Grande entreprise | ≥ 250 salariés | CA > 50 M€ ou bilan > 25 M€ | Annuel |
| CSRD – vague 3 (exercice 2026) | PME cotée | 10 à 250 salariés | CA > 900 K€ ou bilan > 450 K€ | Annuel |
En pratique, une entreprise peut être soumise simultanément au BEGES et à la CSRD. La direction juridique doit donc croiser les critères d'effectif, de chiffre d'affaires et de statut boursier pour cartographier précisément ses obligations.
Le périmètre d'assujettissement au bilan carbone obligatoire dépend de critères cumulatifs qui évoluent chaque année. Un audit juridique ciblé permet d'éviter toute erreur de qualification.
Identifier vos obligations avec un avocat en conformité environnementale
Le BEGES et la CSRD poursuivent un objectif commun — la transparence climatique — mais diffèrent sur plusieurs points structurants.
Le BEGES est une obligation française créée par la loi Grenelle II de 2010, codifiée aux articles L. 229-25 et suivants du Code de l'environnement. La CSRD est une directive européenne (2022/2464) transposée en droit français par l'ordonnance du 6 décembre 2023. Elle remplace l'ancienne directive NFRD (Non-Financial Reporting Directive) et élargit considérablement le nombre d'entreprises concernées : environ 50 000 en Europe, contre 11 700 sous la NFRD.
Le BEGES impose un bilan quantitatif des émissions GES selon la méthodologie de l'ADEME, avec publication sur la plateforme Bilans GES de l'ADEME. La CSRD exige un reporting plus large, fondé sur les normes ESRS (European Sustainability Reporting Standards), couvrant les thématiques environnementales, sociales et de gouvernance. La norme ESRS E1 traite spécifiquement du changement climatique et impose la publication des émissions scopes 1, 2 et 3.
| Critère | BEGES | CSRD (ESRS E1) |
|---|---|---|
| Périmètre d'émissions minimal | Scopes 1 et 2 | Scopes 1, 2 et 3 |
| Méthodologie | ADEME / ISO 14064 | ESRS / EFRAG |
| Support de publication | Plateforme Bilans GES | Rapport de gestion audité |
| Vérification externe | Non obligatoire | Obligatoire (commissaire aux comptes ou OTI) |
| Plan de transition | Obligatoire | Obligatoire, aligné sur l'Accord de Paris |
Pour la direction juridique, la coexistence de ces deux régimes crée un risque de doublons méthodologiques. Une coordination interne entre les équipes RSE, finance et juridique est indispensable pour rationaliser la collecte de données et éviter des incohérences entre les deux publications.
La classification des émissions en 3 scopes (périmètres) est définie par le GHG Protocol, référentiel international repris par l'ADEME et les normes ESRS.
Le scope 3 représente en moyenne 70 à 90 % de l'empreinte carbone totale d'une entreprise de services, selon l'ADEME. Or, sa mesure repose sur des données fournisseurs souvent incomplètes ou estimées. C'est le point de friction principal pour les directions juridiques : la fiabilité des données publiées engage la responsabilité de l'entreprise, en particulier sous le régime CSRD où le rapport est audité par un tiers indépendant.
La maîtrise du scope 3 constitue le défi central du bilan carbone obligatoire. Un accompagnement juridique spécialisé permet de sécuriser la méthodologie et la traçabilité des données déclarées.
Sécuriser votre reporting climatique avec un avocat dédié
La réalisation d'un bilan carbone conforme suit un processus en 5 étapes :
Pour les entreprises soumises à la CSRD, le rapport de durabilité doit être vérifié par un organisme tiers indépendant (OTI) ou un commissaire aux comptes accrédité. Cette vérification porte d'abord sur un niveau d'assurance limitée, avec une montée progressive vers l'assurance raisonnable prévue d'ici 2028.
Le non-respect de l'obligation BEGES expose l'entreprise à une amende de 10 000 € par bilan manquant (article L. 229-25 du Code de l'environnement). Ce montant peut atteindre 20 000 € en cas de récidive. Sous le régime CSRD, les sanctions sont fixées par les États membres : en France, l'ordonnance de transposition prévoit des amendes pouvant aller jusqu'à 50 000 € et la possibilité pour le président du tribunal de commerce d'ordonner la publication sous astreinte.
Au-delà des amendes, 3 risques pèsent sur l'entreprise défaillante :
Les sanctions liées au bilan carbone ne se limitent pas aux amendes. Le risque contentieux et réputationnel justifie une veille juridique permanente et un accompagnement spécialisé.
Anticiper les risques avec un avocat en conformité environnementale
La conformité au bilan carbone obligatoire mobilise des compétences transversales : droit de l'environnement, droit des sociétés, reporting financier et méthodologie carbone. Pour une direction juridique dont l'équipe est déjà sollicitée par la charge réglementaire courante, l'appui d'un avocat spécialisé en conformité environnementale répond à 3 besoins concrets.
Audit du périmètre d'assujettissement. L'avocat vérifie si l'entreprise entre dans le champ du BEGES, de la CSRD ou des deux, en tenant compte des seuils consolidés au niveau du groupe et des spécificités sectorielles.
Sécurisation juridique du reporting. Il contrôle la cohérence entre les données publiées, la méthodologie retenue et les exigences normatives (ESRS E1, lignes directrices ADEME). Cette revue réduit le risque de requalification par l'OTI ou de contestation par un tiers.
Pilotage du plan de transition. L'avocat s'assure que les engagements de réduction sont formulés de manière juridiquement défendable, sans constituer des promesses susceptibles d'être qualifiées de greenwashing au sens de la directive 2024/825 sur les allégations environnementales.
Les entreprises privées de 500 salariés ou plus (250 en outre-mer) sont soumises au BEGES. Depuis l'exercice 2025, les grandes entreprises dépassant 250 salariés et 50 M€ de chiffre d'affaires ou 25 M€ de bilan entrent dans le périmètre de la CSRD. Les PME cotées seront concernées à partir de l'exercice 2026.
Le BEGES est une obligation française de bilan GES déposé sur la plateforme de l'ADEME, couvrant au minimum les scopes 1 et 2. La CSRD est une directive européenne imposant un reporting de durabilité audité, intégré au rapport de gestion, et couvrant les scopes 1, 2 et 3 selon les normes ESRS.
Sous le BEGES, le scope 3 est recommandé mais non sanctionné en cas d'absence. Sous la CSRD (norme ESRS E1), la publication des émissions scope 3 est obligatoire, sauf si l'entreprise justifie que ces émissions ne sont pas matérielles, ce qui est rare en pratique.
L'amende BEGES est de 10 000 € par bilan manquant, portée à 20 000 € en cas de récidive. Sous la CSRD, l'amende peut atteindre 50 000 € et le tribunal peut ordonner la publication sous astreinte. Le risque réputationnel et contentieux dépasse souvent le montant de l'amende.
Pour le BEGES, la vérification externe n'est pas obligatoire. Pour la CSRD, le rapport de durabilité doit être certifié par un organisme tiers indépendant ou un commissaire aux comptes accrédité, d'abord en assurance limitée puis en assurance raisonnable d'ici 2028.
Code de l'environnement, article L229-25 : bilan d'émissions de gaz à effet de serre - Légifrance
Code de l'environnement, articles R229-46 à R229-50-1 : modalités du BEGES - Légifrance
Comment établir le bilan des émissions de gaz à effet de serre d'une entreprise - economie.gouv.fr
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