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Impact environnemental de l'entreprise : enjeux et cadre
Pourquoi réduire son impact : obligations et bénéfices
Mesurer l'impact : bilan carbone et indicateurs
Leviers de décarbonation et d'efficacité énergétique
Achats responsables, écoconception et gestion des déchets
Mobilité, numérique et plan de mobilité interne
Structurer une démarche RSE conforme et pilotable
Sécuriser la conformité avec un accompagnement juridique
Réduire l'impact environnemental en entreprise n'est plus un engagement volontaire réservé aux grands groupes. Depuis la loi Grenelle II de 2010, puis la loi Énergie-Climat de 2019, le législateur français a progressivement étendu les obligations de reporting et de réduction des émissions à un nombre croissant de structures. En 2024, le cadre européen accélère cette dynamique avec la directive CSRD (Corporate Sustainability Reporting Directive), qui élargit le périmètre des entreprises soumises à un reporting de durabilité normé.
Pour un directeur juridique, ce cadre crée une double contrainte. D'une part, il faut cartographier les textes applicables à l'entreprise — Code de l'environnement, réglementation ICPE, taxonomie européenne, loi AGEC sur l'économie circulaire. D'autre part, il faut coordonner les directions opérationnelles (RSE, achats, immobilier, IT) autour d'obligations dont le non-respect expose à des sanctions financières et à un risque réputationnel croissant.
Le cadre réglementaire français repose sur 3 piliers :
| Pilier | Texte de référence | Périmètre |
|---|---|---|
| Bilan carbone | Art. L229-25 Code de l'environnement | Entreprises ≥ 500 salariés (250 en outre-mer) |
| Reporting extra-financier | Directive CSRD (transposée en 2024) | Entreprises ≥ 250 salariés ou CA ≥ 50 M€ |
| Économie circulaire | Loi AGEC (2020) | Producteurs, importateurs, distributeurs |
La première raison est réglementaire. Le BEGES (bilan d'émissions de gaz à effet de serre) est obligatoire pour les entreprises de plus de 500 salariés. L'amende pour défaut de réalisation atteint 10 000 € et 20 000 € en cas de récidive (art. L229-25 du Code de l'environnement). Avec la CSRD, les exigences de transparence s'étendent : les entreprises concernées doivent publier des indicateurs précis sur leurs émissions, leur consommation de ressources et leur stratégie de transition.
La deuxième raison est financière. Selon l'ADEME, les entreprises ayant mis en place un plan de décarbonation structuré réduisent en moyenne de 20 % leurs coûts énergétiques sur 5 ans. L'accès aux financements verts — obligations vertes, prêts à impact — est conditionné à la démonstration d'une trajectoire de réduction mesurable.
La troisième raison est contractuelle. Les donneurs d'ordre intègrent désormais des critères environnementaux dans leurs appels d'offres. En 2023, 65 % des entreprises du CAC 40 exigeaient de leurs fournisseurs un bilan carbone ou une certification environnementale (source : EcoAct, rapport 2023).
Toute démarche de réduction commence par la mesure. Le bilan carbone, méthodologie développée par l'ADEME, distingue 3 périmètres d'émissions (scopes) :
Le scope 3 représente en moyenne 70 à 90 % de l'empreinte carbone d'une entreprise de services (source : ADEME, 2023). C'est aussi le périmètre le plus complexe à documenter juridiquement, car il implique la collecte de données auprès de tiers (fournisseurs, sous-traitants, clients).
Au-delà du carbone, d'autres indicateurs sont requis par la CSRD : consommation d'eau, production de déchets, atteinte à la biodiversité, pollution de l'air et des sols. La norme ESRS (European Sustainability Reporting Standards) structure ces indicateurs en 12 standards thématiques.
La mesure de l'empreinte environnementale mobilise des compétences juridiques et techniques croisées, notamment pour fiabiliser les données du scope 3.
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Une fois le diagnostic posé, les leviers de réduction se déploient par ordre de priorité selon leur potentiel d'abattement et leur faisabilité.
Le secteur tertiaire est soumis au décret tertiaire (décret n° 2019-771), qui impose une réduction de la consommation énergétique de 40 % d'ici 2030, 50 % d'ici 2040 et 60 % d'ici 2050, par rapport à une année de référence postérieure à 2010. Les actions prioritaires incluent l'isolation, le remplacement des systèmes de chauffage et la gestion technique centralisée.
La souscription de contrats d'achat d'électricité verte (PPA — Power Purchase Agreement) permet de sécuriser un approvisionnement décarboné à prix fixe sur 10 à 20 ans. En 2023, la capacité contractualisée en PPA corporate en France a atteint 3,2 GW (source : France Renouvelables).
Pour les entreprises industrielles, la substitution de combustibles fossiles, l'électrification des procédés et la récupération de chaleur fatale constituent les principaux leviers. Le dispositif des CEE (certificats d'économies d'énergie) finance une partie de ces investissements.
Intégrer des critères environnementaux dans les contrats fournisseurs relève à la fois de la stratégie RSE et de la gestion du risque juridique. La loi sur le devoir de vigilance (loi n° 2017-399) impose aux entreprises de plus de 5 000 salariés en France d'identifier et de prévenir les atteintes environnementales dans leur chaîne d'approvisionnement.
Concrètement, cela se traduit par :
La loi AGEC impose aux producteurs de réduire l'utilisation de plastique à usage unique et d'intégrer des matières recyclées. L'écoconception consiste à intégrer l'impact environnemental dès la phase de conception d'un produit ou service : choix des matériaux, durabilité, réparabilité, recyclabilité.
| Obligation | Seuil | Texte |
|---|---|---|
| Tri 5 flux (papier, métal, plastique, verre, bois) | Toutes entreprises | Décret n° 2016-288 |
| Tri des biodéchets | Tous producteurs depuis 2024 | Loi AGEC, art. 88 |
| Registre des déchets | Toutes entreprises | Art. R541-43 Code de l'environnement |
La rédaction de clauses environnementales dans les contrats fournisseurs et la conformité à la loi AGEC nécessitent une expertise juridique ciblée.
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Depuis la loi d'orientation des mobilités (LOM, 2019), les entreprises de plus de 50 salariés sur un même site doivent intégrer un volet mobilité dans les négociations annuelles obligatoires. Le plan de mobilité employeur vise à réduire les émissions liées aux déplacements domicile-travail et professionnels : forfait mobilités durables (jusqu'à 800 € par an exonérés), flotte de véhicules électriques, télétravail structuré.
Le numérique représente 2,5 % de l'empreinte carbone de la France (source : ARCEP/ADEME, 2023). La loi REEN (2021) impose aux entreprises de plus de 250 salariés d'élaborer une stratégie de réduction de l'empreinte environnementale du numérique. Les actions concrètes incluent :
Passer de mesures isolées à une démarche RSE structurée suppose 3 conditions.
Première condition : une gouvernance identifiée. Désigner un référent RSE rattaché à la direction générale, doté d'un mandat transverse. Le directeur juridique joue un rôle de coordination entre la conformité réglementaire et le pilotage opérationnel.
Deuxième condition : des indicateurs mesurables et auditables. Les normes ESRS imposent des indicateurs quantitatifs (tonnes CO2eq, m³ d'eau, tonnes de déchets) et qualitatifs (politiques, objectifs, gouvernance). Ces indicateurs doivent être vérifiés par un organisme tiers indépendant à partir de 2026.
Troisième condition : un calendrier de mise en conformité. La CSRD s'applique de manière progressive :
Structurer une démarche RSE pilotable implique d'articuler gouvernance interne, indicateurs normés et veille réglementaire permanente.
Être accompagné sur la conformité environnementale
La multiplication des textes — CSRD, taxonomie européenne, loi AGEC, devoir de vigilance, décret tertiaire, loi REEN — crée une charge réglementaire que les directions juridiques absorbent difficilement avec leurs ressources internes. Le risque de non-conformité se matérialise de 3 façons : sanctions administratives, contentieux civils (actions en responsabilité environnementale) et exclusion des marchés publics ou privés.
Un accompagnement en droit de l'environnement permet de :
Pour les directions juridiques confrontées à des pics de charge ou à des sujets techniques hors de leur périmètre habituel, le recours à un avocat spécialisé en conformité environnementale offre une flexibilité opérationnelle sans engagement structurel.
Non. Le BEGES est obligatoire pour les entreprises de plus de 500 salariés en métropole (250 en outre-mer), les collectivités de plus de 50 000 habitants et les établissements publics de plus de 250 agents. Les PME peuvent le réaliser volontairement, notamment pour répondre aux exigences de leurs donneurs d'ordre.
La DPEF (déclaration de performance extra-financière) était le dispositif français de reporting RSE, applicable aux entreprises de plus de 500 salariés. La CSRD la remplace progressivement avec des exigences renforcées : indicateurs normés (ESRS), vérification par un tiers, publication dans le rapport de gestion. Le périmètre est élargi à environ 50 000 entreprises en Europe.
Les sanctions varient selon le texte. Le défaut de BEGES expose à une amende de 10 000 € (20 000 € en récidive). Le non-respect du décret tertiaire peut entraîner une mise en demeure et une publication du nom de l'entreprise (name and shame). Les infractions au Code de l'environnement (ICPE, déchets) peuvent donner lieu à des sanctions pénales.
Il convient d'insérer des clauses spécifiques : obligation de fournir un bilan carbone, respect de normes environnementales (ISO 14001), droit d'audit, clause de résiliation en cas de manquement grave. Ces clauses doivent être proportionnées et vérifiables pour être juridiquement opposables.
Pas nécessairement, mais elle y joue un rôle central. La direction juridique sécurise la conformité réglementaire, rédige les clauses contractuelles, coordonne le reporting avec les équipes RSE et finance, et gère le risque contentieux. Le pilotage opérationnel revient souvent à un directeur RSE ou au secrétaire général.
Article L229-25 - Code de l'environnement (BEGES) - Légifrance
Répondez à vos obligations extra-financières avec le Portail RSE - Service-Public.fr
Loi du 22 août 2021 Climat et résilience - Vie-publique.fr
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