Bail à construction : durée, obligations et sortie du contrat

Guides & Ressources pratiques
27 Aug 2026
-
6 min de lecture
-
Par

Jullian Hoareau

Points clés de l'article
  1. Le bail à construction oblige le preneur à édifier des constructions sur le terrain du bailleur et à les entretenir pendant toute la durée du contrat.
  2. Sa durée est comprise entre 18 et 99 ans, sans prolongation possible par tacite reconduction.
  3. Le preneur détient un droit réel immobilier, cessible et susceptible d'hypothèque, qui sert de support au financement de l'opération.
  4. Le régime fiscal des sommes perçues par le bailleur dépend de sa qualité : revenus fonciers, impôt sur les sociétés ou bénéfices professionnels.
  5. À l'échéance, les constructions reviennent au propriétaire du terrain : les clauses de sortie se négocient à l'entrée.

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Sommaire

1. Bail à construction : définition et parties au contrat

2. Durée légale de 18 à 99 ans

3. Obligations du preneur : construire, entretenir, payer la redevance

4. Fiscalité du bail à construction pour chaque partie

5. Fin du bail : sort des constructions édifiées

6. Bail à construction, emphytéotique ou commercial : différences

FAQ

Pour aller plus loin

1. Bail à construction : définition et parties au contrat

Le bail à construction est défini à l'article L251-1 du Code de la construction et de l'habitation. Le preneur s'engage, à titre principal, à édifier des constructions sur le terrain du bailleur et à les conserver en bon état d'entretien pendant toute la durée du bail. Deux parties structurent le contrat : le bailleur, propriétaire du sol, et le preneur, qui finance et réalise l'opération. Le régime figure aux articles L251-1 à L251-9 du même code.

Le contrat confère au preneur un droit réel immobilier, cessible et hypothécable, ce qui permet d'adosser le financement de la construction au bail lui-même.

2. Durée légale de 18 à 99 ans

La durée du bail à construction est comprise entre 18 et 99 ans. Un contrat conclu pour une durée inférieure à 18 ans ne relève pas de ce régime. Le bail ne peut pas se prolonger par tacite reconduction.

La durée doit permettre au preneur d'amortir la construction par l'exploitation ou la sous-location des surfaces. Lorsqu'elle est calée sur l'usage attendu plutôt que sur le plan d'amortissement, la valeur résiduelle du bâtiment revient au bailleur avant que l'investissement ne soit couvert.

Durée retenueEnjeu pour le preneurEnjeu pour le bailleur
Proche du minimum de 18 ansAmortissement contraintRécupération rapide du bâti
Durée intermédiaireCompromis amortissement / flexibilitéPrix étalé, valeur différée
Proche du maximum de 99 ansDroit réel plus facilement cessibleFoncier immobilisé très longtemps

La durée et les clauses de sortie se négocient ensemble : l'une conditionne la valeur que l'autre restitue.
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3. Obligations du preneur : construire, entretenir, payer la redevance

L'obligation de construire est l'obligation principale du preneur. Il doit édifier les constructions prévues au contrat, puis les conserver en bon état d'entretien pendant toute la durée du bail.

En contrepartie, le bailleur perçoit un prix qui peut prendre plusieurs formes, souvent combinées : une redevance périodique, des prestations en nature, ou la remise de constructions. Trois clauses concentrent le risque :

  1. le programme de travaux : nature de l'ouvrage, surfaces, délai de livraison, sanctions du retard ;
  2. la répartition des travaux en cours de bail, notamment les grosses réparations et les mises aux normes ;
  3. le régime des constructions nouvelles décidées après la livraison initiale.

Un programme rédigé en termes généraux expose le preneur à une contestation sur la conformité de l'ouvrage livré.

4. Fiscalité du bail à construction pour chaque partie

Le régime fiscal se lit d'abord du côté du bailleur. Les loyers et prestations qu'il perçoit en prix d'un bail à construction ont le caractère de revenus fonciers, en application de l'article 33 bis du Code général des impôts et de la doctrine administrative BOI-RFPI-BASE-10-30. Cette qualification cède lorsque le bailleur est une personne morale soumise à l'impôt sur les sociétés, ou lorsque le bien figure à l'actif d'une entreprise industrielle, commerciale, artisanale ou d'une exploitation agricole.

Qualité du bailleurRégime des loyers et prestations perçus
Personne non soumise à l'impôt sur les sociétésRevenus fonciers (article 33 bis du CGI)
Personne morale soumise à l'impôt sur les sociétésImpôt sur les sociétés
Bien inscrit à l'actif d'une entreprise ou d'une exploitation agricoleBénéfices professionnels

Le choix de la structure porteuse et la rédaction des clauses de prix se décident avant la signature, pas au moment de la sortie.
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5. Fin du bail : sort des constructions édifiées

À l'échéance, les constructions édifiées reviennent au propriétaire du terrain. Le preneur a financé un bâtiment qu'il ne conserve pas, sauf stipulation contraire négociée en amont. La date de restitution est connue dès la signature.

Quatre points se négocient à l'entrée, jamais à la sortie :

  • l'existence et le mode de calcul d'une indemnité de fin de bail ;
  • l'état dans lequel les constructions doivent être restituées ;
  • le sort des baux et titres d'occupation consentis par le preneur pendant l'exploitation ;
  • les modalités de constatation contradictoire de l'état du bâtiment.

6. Bail à construction, emphytéotique ou commercial : différences

Trois contrats de longue durée se ressemblent sur le papier et divergent sur l'obligation principale. Dans le bail à construction, le preneur s'oblige à édifier : c'est cet engagement qui qualifie le contrat. Le bail emphytéotique, également de longue durée, confère lui aussi un droit réel, mais repose sur une obligation d'améliorer le fonds. Le bail commercial relève d'une logique différente : il porte sur des locaux existants, ouvre un droit au renouvellement et se compte en années, non en décennies.

Construire sur le terrain d'autrui appelle un bail à construction ; exploiter un local déjà bâti appelle un bail commercial.

Le choix entre bail à construction, bail emphytéotique et bail commercial se tranche sur l'objet de l'opération et sur l'horizon de détention.
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FAQ

Quelle est la durée minimale d'un bail à construction ?

La durée est comprise entre 18 et 99 ans. Un contrat conclu pour une durée inférieure à 18 ans ne relève pas de ce régime. Le bail ne peut pas se prolonger par tacite reconduction : il prend fin à la date convenue.

Le preneur devient-il propriétaire des constructions ?

Le preneur dispose d'un droit réel immobilier pendant la durée du bail, ce qui lui permet de céder ou d'hypothéquer son droit. À l'échéance, les constructions reviennent au propriétaire du terrain, sauf stipulation contraire prévue au contrat.

Comment sont imposés les loyers d'un bail à construction ?

Pour le bailleur, les loyers et prestations perçus en prix du bail ont le caractère de revenus fonciers, selon l'article 33 bis du Code général des impôts. Ils relèvent de l'impôt sur les sociétés lorsque le bailleur y est soumis, et des bénéfices professionnels lorsque le bien figure à l'actif d'une entreprise.

Quelle différence avec un bail emphytéotique ?

Les deux contrats confèrent un droit réel et se concluent pour une longue durée. Le bail à construction impose au preneur d'édifier des constructions à titre d'obligation principale, alors que le bail emphytéotique repose sur une obligation d'améliorer le fonds. L'objet de l'opération commande le choix.

Quelles clauses vérifier avant de signer ?

Le programme de travaux, la répartition des travaux en cours de bail, le mode de calcul du prix et les conditions de restitution des constructions. Ces quatre points déterminent la valeur que le preneur conserve à l'échéance. Ils se négocient à l'entrée, jamais dans la dernière année.

Pour aller plus loin

Article L251-1 du Code de la construction et de l'habitation - Légifrance

Chapitre Ier : Bail à construction, articles L251-1 à L251-9 - Légifrance

RFPI - Constructions sur sol d'autrui, bail à construction et bail à réhabilitation - BOFiP-Impôts

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