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Qu'est-ce qu'un BSPCE ? Définition et principes
Conditions d'attribution des BSPCE
Fonctionnement des BSPCE : vesting, cliff et exercice
Avantages et inconvénients des BSPCE
Fiscalité des BSPCE pour le bénéficiaire
BSPCE : exemple concret d'attribution et d'exercice
BSPCE et opérations de capital investissement
Les BSPCE — bons de souscription de parts de créateur d'entreprise — sont des instruments financiers créés par la loi de finances pour 1998 (article 163 bis G du Code général des impôts). Leur fonction est précise : permettre à une société d'offrir à certains bénéficiaires le droit de souscrire ultérieurement des actions à un prix fixé au moment de l'attribution.
Concrètement, le bénéficiaire reçoit un bon qui lui donne le droit — et non l'obligation — d'acheter des actions de la société à un prix d'exercice prédéterminé. Si la valeur de l'action augmente entre la date d'attribution et la date d'exercice, le bénéficiaire réalise une plus-value. Si la valeur stagne ou diminue, il n'exerce pas le bon et ne perd rien.
Ce mécanisme repose sur un principe de partage de la création de valeur. Le BSPCE ne coûte rien au bénéficiaire au moment de l'attribution. Il ne génère un gain que si l'entreprise prend de la valeur, ce qui en fait un outil d'alignement entre les intérêts du dirigeant, des salariés et des actionnaires.
À la différence des stock-options, les BSPCE bénéficient d'un régime fiscal spécifique, plus simple et souvent plus favorable, réservé aux sociétés jeunes et innovantes.
L'émission de BSPCE est encadrée par des conditions strictes, cumulatives, qui portent à la fois sur la société émettrice et sur les bénéficiaires.
La société doit remplir l'ensemble des critères suivants :
| Critère | Exigence |
|---|---|
| Forme juridique | Société par actions (SA, SAS, SCA) |
| Imposition | Soumise à l'impôt sur les sociétés (IS) en France |
| Ancienneté | Immatriculée depuis moins de 15 ans |
| Détention du capital | 25 % minimum détenu par des personnes physiques (ou par des structures elles-mêmes détenues à 75 % par des personnes physiques) |
| Cotation | Si cotée, capitalisation boursière inférieure à 150 millions d'euros |
Ces critères excluent de fait les filiales de grands groupes et les sociétés matures à actionnariat institutionnel majoritaire.
Les BSPCE peuvent être attribués aux salariés et aux dirigeants soumis au régime fiscal des salariés (président de SAS, directeur général, membres du directoire). Les membres du conseil d'administration ou de surveillance qui n'exercent pas de fonctions salariées sont exclus. Depuis la loi PACTE de 2019, les salariés de certaines filiales détenues à 75 % peuvent également en bénéficier.
L'attribution est décidée par l'assemblée générale extraordinaire des actionnaires, qui fixe le nombre de bons, le prix d'exercice et les conditions d'exercice.
Structurer un plan de BSPCE nécessite un cadrage juridique adapté à la gouvernance et au pacte d'actionnaires existant.
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Le fonctionnement des BSPCE repose sur un calendrier d'acquisition progressive appelé vesting, généralement assorti d'une période minimale de présence appelée cliff.
Le vesting désigne la période pendant laquelle les bons deviennent progressivement exerçables. Un schéma courant prévoit une acquisition linéaire sur 4 ans : chaque mois ou chaque trimestre, une fraction des bons devient exerçable. Le bénéficiaire ne peut exercer que les bons acquis (vested).
Le cliff est une période initiale — souvent de 12 mois — pendant laquelle aucun bon n'est acquis. Si le bénéficiaire quitte la société avant la fin du cliff, il perd l'intégralité de ses bons. À l'issue du cliff, les bons correspondant à la période écoulée sont acquis d'un bloc.
L'exercice consiste à convertir les bons en actions, au prix d'exercice fixé lors de l'attribution. Le bénéficiaire verse le prix d'exercice à la société, qui émet de nouvelles actions en contrepartie. Le gain réalisé correspond à la différence entre la valeur réelle de l'action au moment de l'exercice et le prix d'exercice.
| Critère | BSPCE | Stock-options | Actions gratuites |
|---|---|---|---|
| Coût à l'attribution pour le bénéficiaire | Nul | Nul | Nul |
| Charges sociales employeur | Non | Oui (contribution patronale) | Oui (contribution patronale de 20 %) |
| Condition d'ancienneté de la société | < 15 ans | Aucune | Aucune |
| Fiscalité du gain | PFU 12,8 % (+ PS) si ≥ 3 ans | Barème progressif + PS | Barème progressif + PS (avec abattement possible) |
Le régime fiscal des BSPCE distingue deux situations selon l'ancienneté du bénéficiaire dans la société au moment de la cession des titres issus de l'exercice.
Si le bénéficiaire justifie d'au moins 3 ans d'ancienneté dans la société émettrice (en tant que salarié ou dirigeant), le gain net — différence entre le prix de cession et le prix d'exercice — est soumis au prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 12,8 %, auquel s'ajoutent les prélèvements sociaux de 17,2 %. Le taux global atteint donc 30 %.
Si l'ancienneté est inférieure à 3 ans, le gain est imposé au taux majoré de 30 % au titre de l'impôt sur le revenu (au lieu de 12,8 %), plus les prélèvements sociaux de 17,2 %, soit un taux global de 47,2 %.
Le bénéficiaire peut opter pour l'imposition au barème progressif de l'impôt sur le revenu s'il y trouve un avantage, mais cette option s'applique alors à l'ensemble de ses revenus de capitaux mobiliers.
Le prix d'exercice doit correspondre à la valeur réelle des titres au jour de l'attribution. Si le prix est fixé en dessous de cette valeur, l'administration fiscale peut requalifier l'avantage en complément de rémunération, soumis aux cotisations sociales et à l'impôt sur le revenu au barème progressif.
La fixation du prix d'exercice et la structuration fiscale du plan de BSPCE nécessitent une analyse juridique rigoureuse.
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Prenons le cas d'une SAS technologique créée en 2020, valorisée à 5 millions d'euros lors d'une levée de fonds en seed en 2022. La société compte 50 000 actions en circulation. La valeur par action est donc de 100 €.
Étape 1 — Attribution : l'assemblée générale extraordinaire attribue 2 000 BSPCE à la directrice technique, au prix d'exercice de 100 € par action. Le vesting est fixé à 4 ans avec un cliff de 12 mois.
Étape 2 — Acquisition : après 2 ans, la directrice technique a acquis 1 000 bons (50 % du total). La société a entre-temps réalisé une série A qui porte sa valorisation à 20 millions d'euros, soit 400 € par action.
Étape 3 — Exercice et cession : lors d'une cession totale de la société 4 ans après l'attribution, la directrice exerce ses 2 000 bons au prix de 100 € et cède immédiatement les actions à 400 €.
Ce scénario illustre l'effet de levier des BSPCE : sans investissement initial, le bénéficiaire capte une fraction de la création de valeur à un coût fiscal maîtrisé.
Dans le cadre d'opérations de capital investissement, les BSPCE jouent un rôle structurant. Les fonds d'investissement qui entrent au capital d'une société — en amorçage, en série A ou en growth — exigent fréquemment la mise en place d'un plan de BSPCE pour les dirigeants et les collaborateurs clés.
L'objectif est double. D'une part, fidéliser le management sur la durée de détention du fonds, généralement de 5 à 7 ans. D'autre part, aligner les intérêts du management avec ceux des investisseurs : le gain du dirigeant dépend directement de la valorisation à la sortie.
La négociation du plan de BSPCE intervient le plus souvent lors de la rédaction du pacte d'actionnaires. Plusieurs paramètres font l'objet de discussions entre fondateurs et investisseurs :
Ces clauses sont intégrées au pacte d'actionnaires et au règlement du plan de BSPCE. Leur rédaction requiert une articulation précise entre droit des sociétés, droit fiscal et droit du travail.
Structurer un plan de BSPCE dans le cadre d'une levée de fonds ou d'une opération de capital investissement implique un accompagnement juridique dédié.
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Non, mais les conditions d'éligibilité favorisent les sociétés jeunes. La société émettrice doit être immatriculée depuis moins de 15 ans, être soumise à l'IS et avoir un capital détenu à 25 % minimum par des personnes physiques. Une PME ou une ETI qui remplit ces critères peut émettre des BSPCE.
Les bons non encore acquis (non vested) sont perdus. Pour les bons déjà acquis, le sort dépend des clauses du plan et du pacte d'actionnaires. En cas de départ qualifié de bad leaver (faute grave, démission), le bénéficiaire peut perdre tout ou partie de ses bons acquis. En cas de good leaver (licenciement sans faute, invalidité), il conserve généralement les bons acquis.
Non. Le prix d'exercice doit correspondre à la valeur réelle des titres au jour de l'attribution. Un prix inférieur expose la société et le bénéficiaire à une requalification fiscale par l'administration, avec application des cotisations sociales et de l'impôt au barème progressif sur l'avantage consenti.
Oui. L'exercice des BSPCE provoque l'émission de nouvelles actions, ce qui réduit mécaniquement la part de capital détenue par chaque actionnaire existant. Cette dilution est anticipée lors de la mise en place du plan, en fixant un pool de BSPCE exprimé en pourcentage du capital fully diluted.
Non. Les BSPCE sont réservés aux salariés et aux dirigeants assimilés salariés de la société émettrice (ou de certaines filiales depuis la loi PACTE). Un prestataire indépendant, un consultant ou un membre du conseil d'administration non salarié ne peut pas en bénéficier. Pour ces profils, d'autres mécanismes existent, comme les BSA (bons de souscription d'actions).
Article 163 bis G - Code général des impôts - Légifrance
Article L212-17 - Code monétaire et financier - Légifrance
Décret n° 2015-966 relatif aux obligations déclaratives BSPCE - Légifrance
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