
Jullian Hoareau

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Qu'est-ce qu'un apport dans une SASU
Apports en numéraire : montant et libération
Apports en nature : évaluation et commissaire aux apports
Apports en industrie : principe et limites
Effets des apports sur le capital et les actions
Erreurs fréquentes et sécurisation juridique des apports
Créer une SASU suppose de doter la société d'un patrimoine initial. L'apport SASU désigne tout bien ou valeur que l'associé unique transfère à la société en échange d'actions. Ce mécanisme, prévu aux articles L. 227-1 et suivants du Code de commerce, conditionne la naissance juridique de la société et détermine le montant du capital social.
Le droit français distingue 3 catégories d'apports : numéraire (argent), nature (biens corporels ou incorporels) et industrie (savoir-faire, travail). Chaque catégorie obéit à des règles propres de libération, d'évaluation et de traitement comptable. Le choix entre ces formes n'est pas anodin : il influence la trésorerie disponible dès l'immatriculation, la crédibilité financière vis-à-vis des tiers et la répartition des droits sociaux.
En SASU, l'associé unique cumule souvent les fonctions de président et d'apporteur. Cette concentration impose une vigilance accrue : aucun autre associé ne viendra contester une évaluation surévaluée ou un calendrier de libération non respecté. C'est le greffe du tribunal de commerce, puis l'administration fiscale, qui contrôleront la régularité des apports.
L'apport en numéraire consiste à verser une somme d'argent sur le compte bancaire de la société en formation. C'est la forme la plus courante : selon les données de l'INSEE, plus de 80 % des SASU sont constituées avec un apport exclusivement en numéraire.
Le Code de commerce (article L. 227-1 renvoyant à L. 225-3) impose une libération minimale de 50 % du montant souscrit lors de la constitution. Le solde doit être versé dans un délai de 5 ans à compter de l'immatriculation, sur décision du président. Tant que le capital n'est pas intégralement libéré, la SASU ne peut pas bénéficier du taux réduit d'impôt sur les sociétés à 15 % sur les 42 500 premiers euros de bénéfice.
| Élément | Règle applicable |
|---|---|
| Montant minimum légal | 1 € (pas de plancher imposé) |
| Libération à la constitution | 50 % minimum |
| Délai de libération du solde | 5 ans maximum |
| Dépôt des fonds | Compte bloqué (banque, notaire ou Caisse des dépôts) |
| Condition pour le taux IS réduit | Capital intégralement libéré |
En pratique, fixer un capital trop bas (1 €) fragilise la crédibilité de la société auprès des banques et fournisseurs. Un capital compris entre 1 000 € et 10 000 € constitue un signal de sérieux sans immobiliser une trésorerie excessive.
Structurer ses apports en numéraire dès la création évite des blocages fiscaux et bancaires ultérieurs.
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L'apport en nature porte sur un bien autre qu'une somme d'argent : véhicule, matériel informatique, fonds de commerce, brevet, marque ou créance. Le bien est transféré en pleine propriété (ou en jouissance) à la SASU, qui en devient titulaire.
La difficulté réside dans l'évaluation. L'associé unique fixe la valeur de l'apport dans les statuts. Or, une surévaluation gonfle artificiellement le capital et trompe les créanciers. Le législateur a prévu un garde-fou : le recours à un commissaire aux apports, professionnel inscrit sur la liste des commissaires aux comptes.
En SASU, l'associé unique peut décider de ne pas nommer de commissaire aux apports si deux conditions cumulatives sont remplies (article L. 227-1 renvoyant à L. 225-14) :
Si l'une de ces conditions n'est pas remplie, la désignation d'un commissaire aux apports est obligatoire. Le coût de cette mission varie généralement entre 500 € et 3 000 € selon la complexité du bien évalué.
| Critère | Seuil | Conséquence |
|---|---|---|
| Valeur unitaire d'un apport en nature | ≤ 30 000 € | Commissaire facultatif |
| Part des apports en nature dans le capital | ≤ 50 % | Commissaire facultatif |
| Dépassement d'un des deux seuils | — | Commissaire obligatoire |
En l'absence de commissaire alors qu'il était requis, l'associé unique engage sa responsabilité personnelle pendant 5 ans sur la valeur attribuée aux apports en nature.
L'apport en industrie consiste à mettre à disposition de la SASU un savoir-faire, une compétence technique ou une force de travail. Contrairement aux deux autres formes, cet apport ne figure pas au capital social. Il ne crée pas de valeur inscrite au bilan.
L'apporteur en industrie reçoit des actions spécifiques, inaliénables et non cessibles. Ces actions lui confèrent un droit de vote et un droit aux bénéfices, définis dans les statuts. En SASU, l'associé unique étant seul, l'apport en industrie concerne surtout un tiers (cofondateur technique, par exemple) à qui l'on souhaite attribuer des droits sans diluer le capital.
Les limites sont nettes :
L'apport en industrie permet d'associer un collaborateur clé sans modifier le capital. Sa rédaction statutaire exige une attention particulière.
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Le capital social de la SASU correspond à la somme des apports en numéraire et en nature. Les apports en industrie en sont exclus. Ce capital figure dans les statuts, sur le Kbis et dans toutes les mentions légales.
Chaque apport donne droit à un nombre d'actions proportionnel à sa valeur. En SASU, l'associé unique détient 100 % des actions issues du capital. S'il réalise un apport en nature de 5 000 € et un apport en numéraire de 5 000 €, le capital s'élève à 10 000 € et la totalité des actions lui revient.
Le capital remplit 3 fonctions :
Toute modification ultérieure du capital (augmentation, réduction) nécessite une décision de l'associé unique formalisée par procès-verbal et publiée au greffe.
Plusieurs erreurs reviennent régulièrement lors de la constitution d'une SASU :
La rédaction des statuts constitue le verrou de sécurité. Chaque apport doit y être décrit avec précision : nature, valeur, conditions de libération, droits attachés. Un vice de rédaction peut entraîner un refus d'immatriculation ou, plus tard, la nullité de l'apport.
Un accompagnement juridique dès la rédaction des statuts réduit le risque de contentieux et de redressement.
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La loi n'impose aucun capital minimum. Une SASU peut être constituée avec un apport en numéraire de 1 €. En pratique, un capital de 1 000 € à 10 000 € offre une meilleure crédibilité auprès des banques et partenaires commerciaux.
Oui. L'associé unique peut combiner les deux formes. Le capital social correspondra à la somme de la valeur de l'apport en numéraire et de la valeur attribuée à l'apport en nature. Les règles de libération et d'évaluation s'appliquent distinctement à chaque type.
C'est juridiquement possible mais peu fréquent. L'apport en industrie ne forme pas le capital social et génère des actions inaliénables. En SASU, il est surtout utilisé pour associer un tiers (collaborateur, cofondateur) sans lui attribuer de part du capital.
La société ne respecte plus ses obligations légales. Le président peut être mis en demeure de procéder à l'appel de fonds. À défaut, tout intéressé (créancier, administration fiscale) peut demander la dissolution judiciaire de la SASU devant le tribunal de commerce.
Le commissaire aux apports est obligatoire dès qu'un apport en nature dépasse 30 000 € ou que la valeur totale des apports en nature représente plus de 50 % du capital social. En dessous de ces seuils, l'associé unique peut s'en dispenser, mais il assume alors personnellement la responsabilité de l'évaluation.
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