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VEFA : définition et principe pour l'entreprise
Étapes d'une acquisition en VEFA
Garanties légales protégeant l'acquéreur
Cadre juridique et contrat de réservation
Réception, livraison et gestion des défauts
Risques, fiscalité et points de vigilance
La vente en l'état futur d'achèvement (VEFA) désigne un contrat par lequel un promoteur vend un bien immobilier qui n'est pas encore construit ou dont la construction est en cours. L'article 1601-3 du Code civil définit ce mécanisme : l'acquéreur devient propriétaire du sol dès la signature de l'acte authentique, puis des constructions au fur et à mesure de leur édification.
Pour une PME ou une ETI, la VEFA représente un mode d'acquisition fréquent lorsqu'il s'agit de bureaux neufs, de locaux d'exploitation ou d'un siège social sur plan. Le prix est fixé dès la signature, ce qui offre une visibilité budgétaire. En contrepartie, l'entreprise paie le bien par tranches successives, selon un échéancier calé sur l'avancement réel du chantier.
Ce transfert progressif de propriété distingue la VEFA d'une vente classique. L'acquéreur supporte les risques liés au bien dès qu'il en devient propriétaire fraction par fraction. En pratique, cela signifie que l'entreprise doit souscrire une assurance dommages-ouvrage avant le début des travaux.
L'acquisition en VEFA se structure en 3 phases distinctes, chacune encadrée par des obligations légales précises.
Le promoteur et l'acquéreur signent un contrat préliminaire de réservation. Ce document fixe la description du bien, le prix prévisionnel, le délai de livraison estimé et le montant du dépôt de garantie. L'acquéreur dispose d'un délai de rétractation de 10 jours à compter de la notification du contrat (article L. 271-1 du Code de la construction et de l'habitation).
L'acte de vente est signé devant notaire. Il déclenche le transfert de propriété du sol et fixe l'échéancier de paiement. Les appels de fonds suivent des plafonds réglementaires :
| Étape du chantier | Plafond cumulé des paiements |
|---|---|
| Achèvement des fondations | 35 % du prix |
| Mise hors d'eau | 70 % du prix |
| Achèvement des travaux | 95 % du prix |
| Livraison | 100 % du prix |
Le promoteur convoque l'acquéreur pour la livraison. Un procès-verbal de livraison est établi. L'acquéreur peut consigner les 5 % restants auprès d'un organisme tiers si des réserves sont émises.
Sécuriser chaque étape d'une acquisition en VEFA suppose un cadrage juridique rigoureux dès le contrat de réservation.
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Le Code civil et le Code de la construction imposent au promoteur 3 garanties légales qui protègent l'acquéreur après la réception du bien.
| Garantie | Durée | Périmètre |
|---|---|---|
| Garantie de parfait achèvement | 1 an après réception | Tous les désordres signalés dans le procès-verbal ou notifiés dans l'année |
| Garantie biennale (bon fonctionnement) | 2 ans après réception | Équipements dissociables : volets, portes, robinetterie, climatisation |
| Garantie décennale | 10 ans après réception | Vices compromettant la solidité de l'ouvrage ou le rendant impropre à sa destination |
À ces garanties s'ajoute la garantie financière d'achèvement (GFA), obligatoire depuis 2015 pour les ventes en VEFA à usage d'habitation. Elle est délivrée par un établissement bancaire ou un assureur et garantit que le bâtiment sera terminé même en cas de défaillance du promoteur. Pour les locaux professionnels, cette garantie n'est pas toujours imposée par la loi : l'acquéreur doit vérifier sa présence dans le contrat.
Le contrat de réservation est régi par les articles L. 261-15 et R. 261-25 à R. 261-31 du Code de la construction et de l'habitation. Il doit contenir des mentions obligatoires sous peine de nullité :
Le dépôt de garantie est versé sur un compte séquestre. Il est restitué intégralement si l'acquéreur se rétracte dans le délai légal de 10 jours, ou si l'une des conditions suspensives (obtention du prêt, par exemple) n'est pas réalisée.
L'analyse des clauses du contrat de réservation conditionne la sécurité juridique de toute l'opération.
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La réception et la livraison sont 2 actes juridiques distincts, souvent confondus.
La réception est l'acte par lequel le maître d'ouvrage (le promoteur) accepte les travaux réalisés par les entreprises de construction. Elle déclenche le point de départ des garanties légales. L'acquéreur en VEFA n'intervient pas directement à cette étape, mais il peut mandater un expert pour y assister.
La livraison est la remise des clés à l'acquéreur. C'est à ce moment que l'entreprise acheteuse constate l'état du bien. Toute anomalie doit être consignée dans le procès-verbal de livraison sous forme de réserves. L'acquéreur dispose ensuite d'un délai de 30 jours pour notifier au promoteur les vices apparents qu'il n'aurait pas détectés lors de la visite (article 1642-1 du Code civil).
Les défauts les plus fréquents en VEFA portent sur :
Si les réserves ne sont pas levées dans un délai raisonnable, l'acquéreur peut consigner le solde du prix (5 %) et, en dernier recours, engager une action en justice pour obtenir la mise en conformité ou une indemnisation.
Le risque principal pour une entreprise acquéreuse reste le retard de livraison. Les contrats de VEFA prévoient généralement des pénalités de retard, mais leur montant est souvent plafonné. Il convient de négocier des pénalités journalières dissuasives et de vérifier que les clauses d'exonération du promoteur (intempéries, force majeure) sont limitées à des cas précis.
L'absence de garantie financière d'achèvement dans un contrat portant sur des locaux professionnels constitue un risque financier direct : en cas de faillite du promoteur, l'entreprise se retrouve propriétaire d'un ouvrage inachevé sans recours garanti.
La VEFA est soumise à la TVA immobilière au taux de 20 % sur le prix total du bien neuf. Les droits de mutation sont réduits à environ 0,715 % (taxe de publicité foncière), contre 5,80 % pour un bien ancien. Pour une acquisition de locaux professionnels à 500 000 € HT, l'écart de fiscalité entre neuf et ancien représente environ 25 000 €.
| Poste fiscal | VEFA (neuf) | Bien ancien |
|---|---|---|
| TVA | 20 % du prix HT | Non applicable (sauf cas particuliers) |
| Droits de mutation | ~0,715 % | ~5,80 % |
| Taxe foncière | Exonération possible 2 ans | Aucune exonération |
Un accompagnement juridique en amont permet de sécuriser les clauses du contrat et de prévenir les litiges post-livraison.
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La VEFA (vente en l'état futur d'achèvement) transfère la propriété progressivement à l'acquéreur au fil de la construction. La VEFR (vente en l'état futur de rénovation) suit le même principe, mais s'applique à un immeuble existant faisant l'objet de travaux lourds. Les garanties légales diffèrent partiellement selon le type de contrat.
Oui. L'acquéreur dispose d'un délai de rétractation de 10 jours à compter de la notification du contrat de réservation. Le dépôt de garantie est alors intégralement restitué, sans pénalité ni justification.
Non. L'obligation légale de GFA concerne les ventes en VEFA à usage d'habitation. Pour des locaux professionnels ou commerciaux, elle n'est pas systématiquement imposée. Il est recommandé de l'exiger contractuellement pour se prémunir contre la défaillance du promoteur.
L'acquéreur doit consigner les écarts dans le procès-verbal de livraison ou les notifier par lettre recommandée dans les 30 jours suivant la livraison. Il peut consigner le solde du prix (5 %) et demander la mise en conformité au titre de la garantie de parfait achèvement.
Les pénalités de retard sont fixées contractuellement, généralement sous forme d'un montant journalier ou d'un pourcentage du prix par mois de retard. Aucun barème légal n'est imposé : leur niveau dépend de la négociation entre les parties. Un dirigeant a intérêt à vérifier que ces pénalités sont suffisamment dissuasives avant de signer.
Ventes d'immeubles à construire, articles L261-1 à L261-22 - Légifrance
Acte de vente d'un logement en VEFA - Service-Public.fr
Article L261-1, définition de la VEFA - Légifrance
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