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Transition énergétique : définition et objectifs
Le cadre légal français et européen
Quelles obligations pour les entreprises ?
Décret tertiaire et audit énergétique obligatoire
Sanctions et risques en cas de non-conformité
Comment sécuriser sa démarche de transition énergétique ?
La transition énergétique désigne le processus de transformation du système énergétique d'un pays, d'un secteur ou d'une entreprise, depuis un modèle reposant sur les énergies fossiles (pétrole, gaz, charbon) vers un modèle fondé sur les énergies renouvelables et l'efficacité énergétique. En France, ce processus est piloté par des objectifs chiffrés inscrits dans la loi.
La loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte (LTECV) du 17 août 2015 fixe un cap clair : réduire les émissions de gaz à effet de serre de 40 % d'ici 2030 par rapport à 1990, et atteindre la neutralité carbone en 2050. Elle prévoit aussi de porter la part des énergies renouvelables à 33 % de la consommation finale brute d'énergie en 2030.
Pour un dirigeant de TPE, PME ou ETI, ces objectifs ne relèvent pas du seul débat politique. Ils se traduisent par des obligations légales directes qui conditionnent l'exploitation de locaux, la gestion des consommations et les investissements à planifier.
Le droit de la transition énergétique repose sur 2 niveaux normatifs qui s'articulent et se renforcent mutuellement.
La LTECV de 2015 constitue le socle. Elle a été complétée par la loi Énergie-Climat du 8 novembre 2019, qui rehausse l'ambition en visant la neutralité carbone à 2050 et la division par 6 des émissions de gaz à effet de serre. La loi Climat et Résilience du 22 août 2021 ajoute des obligations sectorielles : interdiction de location des passoires thermiques (DPE F et G), renforcement du reporting environnemental, encadrement de la publicité pour les énergies fossiles.
La directive 2012/27/UE relative à l'efficacité énergétique, révisée en 2023, impose aux États membres des objectifs contraignants de réduction de consommation. Le Green Deal européen (Pacte vert) de 2019 fixe l'objectif de réduction nette des émissions de 55 % d'ici 2030. La directive CSRD, entrée en application progressive depuis janvier 2024, élargit le reporting extra-financier à environ 50 000 entreprises en Europe, dont des PME cotées.
| Texte | Niveau | Objectif principal | Échéance |
|---|---|---|---|
| LTECV (2015) | Français | -40 % d'émissions GES vs 1990 | 2030 |
| Loi Énergie-Climat (2019) | Français | Neutralité carbone | 2050 |
| Loi Climat et Résilience (2021) | Français | Interdiction location passoires thermiques | 2025-2034 |
| Directive efficacité énergétique (révisée 2023) | Européen | -11,7 % consommation finale d'énergie | 2030 |
| CSRD (2024) | Européen | Reporting extra-financier élargi | 2024-2028 |
La superposition de ces textes crée un maillage d'obligations dont le périmètre dépend de la taille, du secteur et du patrimoine immobilier de chaque entreprise.
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Les obligations varient selon 3 critères : l'effectif salarié, le chiffre d'affaires et la surface des bâtiments exploités.
Depuis 2015, les entreprises de plus de 250 salariés ou réalisant un chiffre d'affaires supérieur à 50 millions d'euros doivent réaliser un audit énergétique tous les 4 ans. Cet audit, encadré par les articles L. 233-1 et suivants du Code de l'énergie, couvre l'ensemble des consommations : bâtiments, transport, procédés industriels. Il doit être réalisé par un auditeur qualifié et transmis à l'ADEME via la plateforme dédiée.
Les entreprises de plus de 500 salariés (250 en outre-mer) doivent publier un bilan GES tous les 4 ans, accompagné d'un plan de transition. Depuis la loi Climat et Résilience, ce plan doit intégrer des objectifs de réduction chiffrés.
La directive CSRD étend progressivement l'obligation de reporting :
- Depuis janvier 2024 : entreprises déjà soumises à la NFRD (plus de 500 salariés)
- Depuis janvier 2025 : grandes entreprises dépassant 2 des 3 seuils (250 salariés, 50 M€ de CA, 25 M€ de bilan)
- À partir de 2026 : PME cotées
| Obligation | Seuil de déclenchement | Fréquence |
|---|---|---|
| Audit énergétique | 250 salariés ou 50 M€ CA | Tous les 4 ans |
| BEGES + plan de transition | 500 salariés (250 outre-mer) | Tous les 4 ans |
| Reporting CSRD | Variable (voir ci-dessus) | Annuel |
| Décret tertiaire | Bâtiments tertiaires > 1 000 m² | Déclaration annuelle |
Le décret tertiaire (décret n° 2019-771 du 23 juillet 2019) impose aux propriétaires et exploitants de bâtiments à usage tertiaire de plus de 1 000 m² de réduire leur consommation d'énergie finale selon un calendrier précis :
Chaque année, les assujettis doivent déclarer leurs consommations sur la plateforme OPERAT, gérée par l'ADEME. Cette déclaration permet de suivre la trajectoire de réduction et de vérifier la conformité.
En pratique, le décret concerne un large spectre d'activités : bureaux, commerces, hôtels, établissements d'enseignement, entrepôts logistiques. Un dirigeant de PME occupant des locaux tertiaires de plus de 1 000 m² — en tant que propriétaire ou locataire — est directement concerné. La responsabilité est partagée entre bailleur et preneur, ce qui impose de clarifier les engagements dans le bail commercial.
L'audit énergétique, distinct du décret tertiaire, constitue l'outil de diagnostic préalable. Il identifie les postes de surconsommation et propose des actions correctives hiérarchisées par retour sur investissement. Pour les entreprises soumises aux 2 dispositifs, l'audit alimente directement le plan d'action du décret tertiaire.
Le décret tertiaire et l'audit énergétique génèrent des obligations contractuelles (baux, contrats de maintenance) qui nécessitent une relecture juridique précise.
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Le législateur a prévu des sanctions graduées pour chaque dispositif.
Décret tertiaire : le non-respect de l'obligation de déclaration sur OPERAT expose à une mise en demeure par le préfet. En cas de persistance, l'entreprise encourt le dispositif de name and shame : publication du nom de l'entité défaillante sur un site public. L'amende administrative peut atteindre 7 500 € pour une personne morale par infraction constatée.
Audit énergétique : l'absence de réalisation de l'audit dans les délais expose à une amende de 2 % du chiffre d'affaires HT (plafonné à 4 % en cas de récidive) pour les entreprises soumises à la directive européenne, et jusqu'à 7 500 € d'amende administrative en droit français.
BEGES : le défaut de publication du bilan GES est sanctionné d'une amende pouvant aller jusqu'à 10 000 €, doublée à 20 000 € en cas de récidive (article L. 229-25 du Code de l'environnement).
Au-delà des sanctions financières, la non-conformité génère un risque réputationnel croissant. Les donneurs d'ordres, investisseurs et partenaires bancaires intègrent désormais les critères ESG dans leurs décisions. Une entreprise défaillante sur ses obligations environnementales peut se voir exclue d'appels d'offres ou subir des conditions de financement dégradées.
Sécuriser sa conformité suppose une approche méthodique en 4 étapes :
L'accompagnement par un avocat spécialisé en droit de l'environnement permet de sécuriser chaque étape : qualification des obligations, rédaction des clauses contractuelles, gestion des relations avec l'administration et anticipation des contentieux.
La conformité environnementale est un sujet transversal qui touche le droit des contrats, le droit immobilier et le droit des sociétés.
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La transition énergétique désigne le passage d'un modèle de consommation fondé sur les énergies fossiles vers un modèle décarboné. Pour une entreprise, cela se traduit par des obligations légales de réduction des consommations, de reporting environnemental et d'investissement dans l'efficacité énergétique.
Le décret tertiaire s'applique à tout bâtiment à usage tertiaire dont la surface dépasse 1 000 m². Peu importe que vous soyez propriétaire ou locataire : l'obligation de réduction des consommations et de déclaration sur OPERAT concerne les 2 parties.
L'absence de réalisation de l'audit énergétique dans les délais expose à une amende administrative pouvant atteindre 7 500 € en droit français. Pour les entreprises soumises à la directive européenne, la sanction peut représenter 2 % du chiffre d'affaires HT.
Les PME non cotées ne sont pas directement soumises à la CSRD. En revanche, les PME cotées sur un marché réglementé seront concernées à partir de 2026. Les PME non cotées peuvent être indirectement touchées via les demandes d'information de leurs donneurs d'ordres soumis à la directive.
Un avocat spécialisé en droit de l'environnement et ESG est le professionnel adapté. Il intervient sur la qualification des obligations, la rédaction des clauses contractuelles et la gestion des relations avec l'administration en cas de contrôle.
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