
Jullian Hoareau

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1. Droits d'enregistrement : 3 % en SARL, 0,1 % en SAS
2. Pourquoi transformer une SARL en SAS avant la cession
3. Fait générateur : la date de transfert des actions
4. Opposabilité de la transformation à l'administration fiscale
5. Abus de droit fiscal : le risque de requalification
6. Sécuriser l'opération : motifs économiques et calendrier
La transformation d'une SARL en SAS avant cession change le taux des droits d'enregistrement dus lors de la vente des titres. La cession de parts sociales de SARL supporte un droit proportionnel de 3 %, appliqué après un abattement de 23 000 € réparti au prorata du nombre de parts cédées sur le nombre total de parts. La cession d'actions de SAS relève d'un droit de 0,1 % du prix. Ce droit est en principe supporté par l'acquéreur, mais il pèse sur la négociation du prix.
| Titres cédés | Forme de la société | Taux du droit d'enregistrement |
|---|---|---|
| Parts sociales | SARL | 3 %, après abattement de 23 000 € au prorata |
| Actions | SAS | 0,1 % |
| Participations | Personne morale à prépondérance immobilière | 5 % |
Le taux de 5 % s'applique en revanche aux participations dans une personne morale à prépondérance immobilière, dont l'actif est principalement composé d'immeubles.
Deux raisons expliquent la transformation d'une SARL en SAS avant cession. La première est fiscale : l'écart de taux porte sur le prix total, sans plafond, ce qui rend l'économie proportionnelle à la valorisation. La seconde tient au fonctionnement de la société cédée. Dans une SARL, la cession de parts à un tiers passe par un agrément des associés, procédure qui ralentit la sortie. Dans une SAS, les actions sont en principe librement cessibles, sous réserve des clauses statutaires d'agrément ou de préemption. L'acquéreur y trouve aussi une gouvernance modulable par les statuts, utile lorsqu'il prévoit d'entrer au capital avec d'autres investisseurs. La transformation répond donc à une logique de coût et de liquidité des titres.
Le choix entre SARL et SAS engage à la fois le coût de sortie et les règles de cession des titres.
Cadrer la forme sociale avec un avocat
Le fait générateur du droit d'enregistrement est la date du transfert de propriété des titres, c'est-à-dire le jour où l'acquéreur devient juridiquement propriétaire. Le taux se détermine à cette date, au vu de la forme sociale de la société à ce moment précis. Si la société est déjà transformée en SAS lorsque la cession intervient, le droit de 0,1 % s'applique, y compris lorsque la transformation n'a pas encore été publiée au registre du commerce et des sociétés. L'ordre des signatures commande donc le coût : la décision de transformation doit produire ses effets avant l'acte de cession. Une cession signée le même jour que la transformation expose à une discussion sur la chronologie réelle des deux opérations.
L'opposabilité de la transformation à l'administration fiscale suppose des formalités accomplies dans les délais. L'acte constatant la transformation, soit le procès-verbal de modification des statuts, doit être présenté au service de l'enregistrement dans le mois qui suit sa signature. Un avis de modification de la forme sociale doit par ailleurs être publié dans un journal d'annonces légales dans le mois de la modification.
| Formalité | Règle applicable |
|---|---|
| Présentation de l'acte de transformation au service de l'enregistrement | Dans le mois de la signature |
| Publication de l'avis de modification dans un journal d'annonces légales | Dans le mois de la modification |
| Droit dû sur l'acte de transformation, sans passage à l'impôt sur les sociétés | Droit fixe de 125 € |
Ces formalités ne créent pas la transformation, elles la rendent vérifiable. Une décision d'associés non enregistrée reste difficile à dater face à un contrôle.
Les formalités d'une transformation se préparent avant la décision, pas après.
Sécuriser les formalités de transformation
L'administration peut écarter un acte sur le fondement de l'abus de droit fiscal. L'article L. 64 du livre des procédures fiscales vise les montages à but exclusivement fiscal. La procédure dite du mini-abus de droit, prévue à l'article L. 64 A du même livre, vise les actes à but principalement fiscal ; elle s'applique aux actes passés ou réalisés à compter du 1er janvier 2020, pour les rectifications notifiées à compter du 1er janvier 2021. La Cour de cassation a jugé le 18 décembre 2024 (n° 23-21.435) que les droits dépendent de la nature des titres (parts ou actions) à la date du transfert de propriété, même si la transformation n'est pas publiée au RCS. L'arrêt ne statue pas sur l'abus de droit. Le risque de requalification vise surtout les transformations de façade.
Trois éléments réduisent le risque de contestation de la transformation en SAS avant cession.
La traçabilité compte autant que la décision elle-même : procès-verbaux datés, enregistrement dans le délai, publicité légale. Un dossier cohérent permet de démontrer que la société a fonctionné sous sa nouvelle forme avant la cession.
Un calendrier documenté et des statuts adaptés limitent les discussions avec l'administration.
Faire structurer l'opération par un avocat
Non par principe. La Cour de cassation (18 décembre 2024, n° 23-21.435) a seulement jugé que les droits dépendent de la nature des titres au jour du transfert de propriété, publication au RCS ou non.
Le taux dépend de la forme sociale à la date du transfert de propriété des titres. Si la société est déjà transformée en SAS, le droit de 0,1 % s'applique, même sans publication au registre du commerce.
Lorsque la transformation ne rend pas la société passible de l'impôt sur les sociétés, seul un droit fixe de 125 € est dû. L'acte est présenté à l'enregistrement dans le mois de sa signature.
Ils sont en principe à la charge de l'acquéreur. Leur montant pèse toutefois sur la négociation, puisque le coût total d'acquisition intègre le droit proportionnel calculé sur le prix.
Non. Cet abattement concerne les cessions de parts sociales de SARL. Il est réparti au prorata du nombre de parts cédées sur le nombre total de parts.
Article 726 du Code général des impôts - Légifrance
ENR - Cessions de droits sociaux, régime de droit commun (BOI-ENR-DMTOM-40-10) - BOFiP-Impôts
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Avocat au Barreau de Paris (Toque L086), fondateur de SWIM LEGAL





