Auto-entrepreneur gouv : créer et gérer sa micro-entreprise via les sites officiels en 2026

Guides & Ressources pratiques
11 Apr 2026
-
9
min
Points clés de l'article
  1. Depuis 2023, le guichet unique de l'INPI (formalites.entreprises.gouv.fr) centralise toutes les formalités de création, modification et cessation d'auto-entreprise.
  2. Les seuils de chiffre d'affaires applicables en 2026 sont de 188 700 € pour les activités commerciales et 77 700 € pour les prestations de services et professions libérales.
  3. La déclaration et le paiement des cotisations sociales s'effectuent exclusivement sur autoentrepreneur.urssaf.fr, chaque mois ou chaque trimestre.
  4. Le site impots.gouv.fr gère la TVA, la CFE et la déclaration de revenus complémentaire (formulaire 2042-C-PRO).
  5. Une erreur d'immatriculation (code APE, régime fiscal, adresse) peut entraîner des redressements de cotisations ou un assujettissement non anticipé à la TVA.

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Sommaire

Auto-entrepreneur gouv : définition et plateformes officielles concernées

Pourquoi passer par le guichet unique : objectifs et risques d'une mauvaise immatriculation

Conditions et prérequis : seuils de chiffre d'affaires et activités éligibles en 2026

Comment créer sa micro-entreprise sur le guichet unique (formalites.entreprises.gouv.fr) ?

Déclarer son chiffre d'affaires et payer ses cotisations sur autoentrepreneur.urssaf.fr

Obligations fiscales : impôts, TVA et CFE sur impots.gouv.fr

Modifier, suspendre ou cesser son auto-entreprise : les démarches sur les sites .gouv

FAQ

Pour aller plus loin

Auto-entrepreneur gouv : définition et plateformes officielles concernées

Le terme auto-entrepreneur gouv désigne l'ensemble des démarches administratives qu'un travailleur indépendant réalise sur les sites gouvernementaux français pour créer, déclarer et piloter sa micro-entreprise. Depuis la loi PACTE de 2019 et la mise en service effective du guichet unique en janvier 2023, trois plateformes publiques concentrent la quasi-totalité de ces obligations.

La première est formalites.entreprises.gouv.fr, opérée par l'INPI. Elle remplace les anciens CFE (centres de formalités des entreprises) et constitue le point d'entrée unique pour l'immatriculation, la modification d'activité ou la cessation. La deuxième est autoentrepreneur.urssaf.fr, qui gère les déclarations de chiffre d'affaires et le paiement des cotisations sociales. La troisième est impots.gouv.fr, utilisée pour la déclaration de revenus, la cotisation foncière des entreprises (CFE) et, le cas échéant, la TVA.

Ces 3 sites fonctionnent de manière complémentaire. L'immatriculation sur le guichet unique déclenche automatiquement l'inscription auprès de l'URSSAF et de l'administration fiscale. En pratique, un auto-entrepreneur interagit avec chacun d'eux à des moments distincts de la vie de son activité.

PlateformeFonction principaleFréquence d'utilisation
formalites.entreprises.gouv.frCréation, modification, cessationPonctuelle
autoentrepreneur.urssaf.frDéclaration CA, cotisations socialesMensuelle ou trimestrielle
impots.gouv.frIR, CFE, TVAAnnuelle ou mensuelle (TVA)

Pourquoi passer par le guichet unique : objectifs et risques d'une mauvaise immatriculation

Le guichet unique a été conçu pour simplifier les formalités en supprimant les interlocuteurs multiples. Avant 2023, un créateur devait identifier le bon CFE selon la nature de son activité (CCI pour le commerce, CMA pour l'artisanat, URSSAF pour les professions libérales). Cette fragmentation générait des erreurs de routage et des délais d'immatriculation pouvant dépasser plusieurs semaines.

Passer par le guichet unique garantit que le dossier est transmis simultanément au registre compétent (RNE, registre national des entreprises), à l'INSEE pour l'attribution du SIRET, à l'URSSAF et au service des impôts. En revanche, une erreur commise lors de la saisie initiale se propage à l'ensemble de ces organismes.

Les erreurs les plus fréquentes portent sur 3 points :

  • Le code APE : un code d'activité mal renseigné peut entraîner un rattachement à un régime de cotisations inadapté ou une obligation d'assurance professionnelle non anticipée.
  • L'adresse de domiciliation : une adresse personnelle déclarée alors que le bail interdit l'exercice d'une activité professionnelle expose à un refus d'immatriculation ou à un litige avec le bailleur.
  • Le régime fiscal : cocher par défaut le versement libératoire de l'impôt sur le revenu sans vérifier son éligibilité (revenu fiscal de référence inférieur à un seuil fixé par foyer) peut entraîner un redressement fiscal.

Corriger ces erreurs après immatriculation nécessite une formalité modificative sur le guichet unique, avec un délai de traitement qui varie entre 5 et 15 jours ouvrés selon la charge de l'INPI.

Un accompagnement juridique dès la phase de création permet d'éviter les erreurs d'immatriculation qui se répercutent sur l'ensemble des obligations sociales et fiscales.
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Conditions et prérequis : seuils de chiffre d'affaires et activités éligibles en 2026

Le régime de la micro-entreprise est accessible à toute personne physique exerçant une activité commerciale, artisanale ou libérale, sous réserve de respecter les plafonds de chiffre d'affaires annuel. En 2026, ces seuils sont les suivants :

Type d'activitéSeuil de CA annuel (HT)Taux de cotisations sociales
Vente de marchandises, hébergement188 700 €12,3 %
Prestations de services commerciales (BIC)77 700 €21,2 %
Prestations de services libérales (BNC)77 700 €21,1 % (CIPAV) ou 23,2 % (SSI)

Ces seuils s'apprécient au prorata temporis la première année d'activité. Un auto-entrepreneur qui démarre le 1er juillet ne dispose donc que de la moitié du plafond pour les 6 mois restants.

Certaines activités sont exclues du régime : les professions juridiques réglementées (avocat, notaire), les activités agricoles rattachées à la MSA, les activités relevant de la TVA immobilière et les professions artistiques affiliées à la Maison des Artistes pour la branche auteur. En revanche, les professions libérales non réglementées (consultant, formateur, développeur) y sont pleinement éligibles.

Prérequis administratifs avant la création

  • Disposer d'une pièce d'identité en cours de validité.
  • Justifier d'une adresse de domiciliation conforme (domicile personnel autorisé par le bail, société de domiciliation ou local commercial).
  • Pour les activités artisanales : vérifier l'obligation éventuelle de qualification professionnelle (coiffure, bâtiment, alimentation).
  • Ouvrir un compte bancaire dédié à l'activité si le CA dépasse 10 000 € pendant 2 années consécutives.

Comment créer sa micro-entreprise sur le guichet unique (formalites.entreprises.gouv.fr) ?

La création s'effectue intégralement en ligne sur formalites.entreprises.gouv.fr. La procédure comporte 5 étapes distinctes, réalisables en une seule session d'environ 20 minutes.

Étape 1 : création du compte personnel

L'accès au guichet unique nécessite un compte sur le site de l'INPI. L'identification peut se faire via FranceConnect ou par création directe d'un identifiant. FranceConnect accélère la vérification d'identité en s'appuyant sur les données d'Ameli ou des impôts.

Étape 2 : choix de la formalité et saisie des informations

Sélectionner « Créer une entreprise », puis « Entrepreneur individuel ». Le formulaire demande :

  • L'état civil complet
  • L'adresse de l'établissement principal
  • La description précise de l'activité (qui détermine le code APE)
  • La date de début d'activité souhaitée

Étape 3 : options fiscales et sociales

Le formulaire propose 2 choix déterminants :

  • Le versement libératoire de l'IR : option réservée aux foyers dont le revenu fiscal de référence N-2 ne dépasse pas 27 478 € par part de quotient familial (seuil 2026). Il permet de payer l'impôt sur le revenu en même temps que les cotisations, à un taux fixe (1 % à 2,2 % selon l'activité).
  • La périodicité de déclaration : mensuelle ou trimestrielle. Ce choix est valable pour l'année civile entière et ne peut être modifié qu'avant le 31 janvier de l'année suivante.

Étape 4 : pièces justificatives et validation

Joindre une copie de la pièce d'identité et, le cas échéant, un justificatif de qualification professionnelle. Le dossier est ensuite transmis électroniquement.

Étape 5 : réception du SIRET

L'INSEE attribue le numéro SIRET sous 1 à 4 semaines. Ce numéro est indispensable pour facturer, ouvrir un compte bancaire professionnel et effectuer la première déclaration de chiffre d'affaires.

Le choix du régime fiscal et de la périodicité de déclaration conditionne la trésorerie de l'auto-entrepreneur sur toute l'année. Un conseil juridique en amont évite les options inadaptées.
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Déclarer son chiffre d'affaires et payer ses cotisations sur autoentrepreneur.urssaf.fr

Une fois le SIRET obtenu, l'auto-entrepreneur est automatiquement rattaché à l'URSSAF. Le site autoentrepreneur.urssaf.fr (ou l'application mobile « Mon autoentreprise ») devient son outil de gestion sociale principal.

Calendrier des déclarations

La première déclaration intervient après un délai de 90 jours suivant le début d'activité. Ensuite, la fréquence dépend de l'option choisie lors de la création :

  • Mensuelle : déclaration avant le dernier jour du mois suivant la période concernée.
  • Trimestrielle : déclaration avant le 30 avril, le 31 juillet, le 31 octobre et le 31 janvier.

Le chiffre d'affaires à déclarer correspond aux sommes effectivement encaissées sur la période, et non aux montants facturés. Cette distinction est essentielle : une facture émise en mars mais réglée en avril relève de la déclaration d'avril.

Calcul et paiement des cotisations

Les cotisations sont calculées automatiquement en appliquant le taux correspondant à la catégorie d'activité au CA déclaré. Le prélèvement s'effectue par carte bancaire, prélèvement SEPA ou télépaiement. En cas de CA nul, la déclaration reste obligatoire : il suffit d'indiquer 0 €. L'absence de déclaration, même à zéro, entraîne une pénalité forfaitaire de 58 € par déclaration manquante (montant 2025, indexé annuellement).

Contribution à la formation professionnelle

En plus des cotisations sociales, un pourcentage additionnel est prélevé au titre de la contribution à la formation professionnelle (CFP) : 0,1 % pour le commerce, 0,2 % pour les services et professions libérales, 0,3 % pour l'artisanat. Ce prélèvement ouvre droit à des formations financées via le CPF.

Obligations fiscales : impôts, TVA et CFE sur impots.gouv.fr

Le volet fiscal de l'auto-entrepreneur gouv se gère sur impots.gouv.fr à travers 3 obligations distinctes.

Déclaration annuelle de revenus

Chaque année, l'auto-entrepreneur reporte son chiffre d'affaires annuel dans le formulaire 2042-C-PRO, accessible depuis son espace particulier sur impots.gouv.fr. Ce montant est intégré au revenu imposable du foyer après application d'un abattement forfaitaire :

  • 71 % pour les activités de vente
  • 50 % pour les prestations de services BIC
  • 34 % pour les BNC

Si le versement libératoire a été choisi, l'impôt est déjà acquitté. Le CA est néanmoins déclaré pour déterminer le taux effectif d'imposition du foyer.

Franchise en base de TVA

Le régime micro-entreprise bénéficie de la franchise en base de TVA tant que le CA reste sous les seuils majorés (101 000 € pour les services, 254 000 € pour la vente en 2026). L'auto-entrepreneur ne facture pas de TVA et ne la récupère pas sur ses achats. En cas de dépassement, l'assujettissement à la TVA prend effet dès le 1er jour du mois de dépassement. La déclaration et le paiement s'effectuent alors sur impots.gouv.fr via le formulaire CA12 (régime simplifié) ou CA3 (régime réel mensuel).

Cotisation foncière des entreprises (CFE)

La CFE est due chaque année par tout auto-entrepreneur en activité au 1er janvier, sauf exonération la première année civile d'activité. Son montant, fixé par la commune de domiciliation, varie de 237 € à 7 349 € selon le CA et la délibération locale. L'avis est consultable et payable sur impots.gouv.fr, rubrique « Mes services > CFE ».

Le passage à la TVA ou un changement de régime fiscal modifie la rentabilité de l'activité. Un avocat peut analyser l'impact de ces seuils sur votre situation.
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Modifier, suspendre ou cesser son auto-entreprise : les démarches sur les sites .gouv

La vie d'une auto-entreprise ne se limite pas à sa création. Toute modification substantielle doit être déclarée sur le guichet unique dans un délai de 30 jours.

Modifications courantes

  • Changement d'adresse : formalité modificative sur formalites.entreprises.gouv.fr, qui met à jour le SIRET auprès de l'INSEE.
  • Ajout ou changement d'activité : modification du code APE, avec impact potentiel sur le taux de cotisations et les obligations d'assurance.
  • Changement de nom d'usage : mise à jour de l'état civil sur le guichet unique.

Cessation d'activité

La cessation définitive se déclare également sur le guichet unique. Elle déclenche :

  1. La radiation du RNE et la fermeture du SIRET.
  2. L'obligation de déclarer le CA réalisé jusqu'à la date de cessation sur autoentrepreneur.urssaf.fr (dans les 30 jours suivant la cessation pour une déclaration mensuelle, ou à l'échéance trimestrielle suivante).
  3. Le paiement du solde de cotisations et de la CFE au prorata.

La suspension temporaire n'existe pas formellement dans le régime micro-entreprise. Un auto-entrepreneur peut toutefois déclarer un CA à 0 € pendant 24 mois consécutifs avant que l'URSSAF ne procède à une radiation d'office.

DémarchePlateformeDélai de traitement
Modification d'adresseformalites.entreprises.gouv.fr5 à 15 jours
Changement d'activitéformalites.entreprises.gouv.fr5 à 15 jours
Cessation définitiveformalites.entreprises.gouv.fr5 à 10 jours
Déclaration finale de CAautoentrepreneur.urssaf.frImmédiat

FAQ

Peut-on créer une auto-entreprise sans passer par le guichet unique ?

Non. Depuis le 1er janvier 2023, le guichet unique de l'INPI (formalites.entreprises.gouv.fr) est le seul canal légal pour immatriculer une entreprise individuelle en France. Les anciens formulaires papier et les CFE ne sont plus opérationnels.

Combien de temps faut-il pour recevoir son numéro SIRET après la déclaration ?

Le délai moyen est de 1 à 4 semaines. Il dépend de la complétude du dossier et de la charge de traitement de l'INSEE. Un dossier incomplet ou comportant une erreur de pièce justificative allonge ce délai.

Que se passe-t-il si je dépasse le plafond de chiffre d'affaires en cours d'année ?

Le dépassement du seuil pendant une année civile n'entraîne pas de sortie immédiate du régime. En revanche, si le CA dépasse le plafond pendant 2 années consécutives, l'auto-entrepreneur bascule automatiquement vers le régime réel d'imposition au 1er janvier de l'année suivante.

Le versement libératoire de l'impôt est-il toujours avantageux ?

Il est avantageux uniquement si le taux marginal d'imposition du foyer est supérieur au taux forfaitaire appliqué (1 % à 2,2 %). Pour un foyer non imposable ou faiblement imposé, cette option entraîne un surcoût fiscal. La simulation est possible sur impots.gouv.fr avant de cocher l'option.

Comment corriger une erreur dans ma déclaration de chiffre d'affaires sur l'URSSAF ?

Il faut contacter l'URSSAF via la messagerie sécurisée de l'espace personnel sur autoentrepreneur.urssaf.fr. La correction est traitée manuellement par un gestionnaire. Aucune modification rétroactive n'est possible directement en ligne après validation de la déclaration.

Pour aller plus loin

Comment devenir micro-entrepreneur (auto-entrepreneur) - economie.gouv.fr

Créer mon auto-entreprise - URSSAF Auto-entrepreneur

Création d'entreprise : formalités d'immatriculation d'une micro-entreprise - entreprendre.service-public.fr

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