Stage non rémunéré : durée maximale, seuil légal et gratification obligatoire

Guides & Ressources pratiques
29 May 2026
-
7 min de lecture
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Points clés de l'article
  1. Un stage peut rester non rémunéré uniquement s'il ne dépasse pas 2 mois consécutifs ou non, soit 44 jours de présence effective.
  2. Le décompte repose sur les heures réellement effectuées : 7 heures équivalent à 1 jour, 22 jours à 1 mois.
  3. Dès le dépassement de ce seuil, une gratification minimale de 4,35 € par heure est due dès le 1er jour du stage.
  4. L'absence de gratification expose l'entreprise à un redressement URSSAF et à une requalification en contrat de travail.
  5. Le DRH doit mettre en place un suivi précis des heures de présence pour sécuriser chaque convention de stage.

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Sommaire

Définition du stage non rémunéré et cadre légal applicable

Seuil des 2 mois ou 44 jours de présence effective

Calcul exact de la durée selon les heures de présence

Gratification obligatoire dès dépassement du seuil légal

Risques URSSAF et requalification en contrat de travail

Bonnes pratiques DRH pour sécuriser un stage non rémunéré

FAQ

Pour aller plus loin

Définition du stage non rémunéré et cadre légal applicable

Un stage non rémunéré désigne une période de mise en situation professionnelle au sein d'une entreprise, encadrée par une convention tripartite (entreprise, stagiaire, établissement d'enseignement), pour laquelle aucune gratification n'est versée au stagiaire. Ce dispositif est strictement régi par les articles L. 124-1 à L. 124-20 du Code de l'éducation, issus de la loi n° 2014-788 du 10 juillet 2014.

Le stage n'est pas un contrat de travail. Il poursuit un objectif pédagogique défini dans un cursus de formation. Le stagiaire ne peut pas occuper un poste permanent, remplacer un salarié absent ou faire face à un surcroît d'activité. L'entreprise d'accueil doit désigner un tuteur et respecter un quota maximal de stagiaires proportionnel à son effectif : 3 stagiaires simultanés pour les structures de moins de 20 salariés, 15 % de l'effectif au-delà.

La possibilité de ne verser aucune gratification dépend d'un critère unique : la durée du stage. C'est ce seuil que tout DRH doit connaître pour éviter un risque de redressement.

Seuil des 2 mois ou 44 jours de présence effective

Le Code de l'éducation fixe le seuil à 2 mois consécutifs ou non, soit 44 jours de présence effective au cours d'une même année d'enseignement, au sein d'un même organisme d'accueil (article L. 124-6). En dessous de ce seuil, la gratification reste facultative. Au-delà, elle devient obligatoire.

CritèreSeuil déclencheur
Durée calendaire2 mois consécutifs ou non
Jours de présence effective44 jours
Heures de présence effective308 heures

Ce seuil s'apprécie par stagiaire et par organisme d'accueil, y compris en cas de stages fractionnés. Si un même étudiant effectue 2 stages distincts dans la même entreprise au cours de la même année d'enseignement, les durées se cumulent. Un premier stage de 30 jours suivi d'un second de 15 jours déclenche l'obligation de gratification dès le 1er jour du second stage.

Calcul exact de la durée selon les heures de présence

Le décompte ne repose pas sur les dates de la convention mais sur les heures de présence effective du stagiaire dans l'entreprise. Le décret n° 2014-1420 du 27 novembre 2014 précise les équivalences :

  • 7 heures de présence = 1 jour
  • 22 jours de présence = 1 mois
  • 308 heures = seuil de 2 mois

Les jours de congé, les absences justifiées et les jours fériés ne comptent pas dans le décompte. En revanche, toute heure passée dans les locaux de l'entreprise ou en mission pour son compte est comptabilisée.

SituationComptabilisée ?
Journée complète en entreprise (7 h)Oui — 1 jour
Demi-journée (3,5 h)Oui — 0,5 jour
Jour férié chôméNon
Absence maladieNon
Télétravail pour l'entrepriseOui

Pour un stage à temps partiel (3 jours par semaine), le seuil de 44 jours est atteint en environ 15 semaines. Le DRH doit donc anticiper ce calcul dès la signature de la convention.

La gestion des conventions de stage implique un suivi juridique précis des durées et des obligations sociales.
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Gratification obligatoire dès dépassement du seuil légal

Lorsque la durée du stage dépasse le seuil de 2 mois (44 jours ou 308 heures), l'entreprise doit verser une gratification minimale fixée à 15 % du plafond horaire de la Sécurité sociale. En 2024, ce montant s'élève à 4,35 € par heure de présence effective, soit environ 600 € par mois pour un stage à temps plein.

Cette gratification est due dès le 1er jour du stage, et non à partir du 45e jour. Le versement est mensuel et doit figurer sur un document remis au stagiaire. La fraction de gratification qui ne dépasse pas le seuil légal est exonérée de cotisations sociales. Au-delà, les cotisations patronales s'appliquent sur le différentiel.

Un accord de branche ou d'entreprise peut prévoir un montant supérieur. Dans ce cas, la fraction excédentaire est soumise à cotisations.

Risques URSSAF et requalification en contrat de travail

L'absence de gratification au-delà du seuil expose l'entreprise à 2 risques distincts.

Redressement URSSAF. L'URSSAF peut requalifier les sommes non versées en rémunération soumise à cotisations. Le redressement porte sur l'intégralité de la période, majoré de pénalités de retard (actuellement 5 % la 1re année). En cas de contrôle, l'inspecteur vérifie les conventions de stage archivées et les registres de présence.

Requalification en contrat de travail. Si le stagiaire exerce des tâches identiques à celles d'un salarié, sous un lien de subordination effectif, le conseil de prud'hommes peut requalifier le stage en CDI. Le stagiaire obtient alors le paiement des salaires dus, les congés payés, l'indemnité de précarité et, le cas échéant, des dommages et intérêts. La jurisprudence de la Cour de cassation (Soc., 29 janvier 2020, n° 18-15.266) confirme que l'exécution de tâches productives sans encadrement pédagogique caractérise un contrat de travail déguisé.

Un contrôle URSSAF ou un contentieux prud'homal sur un stage mal encadré peut générer des coûts sociaux élevés.
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Bonnes pratiques DRH pour sécuriser un stage non rémunéré

La sécurisation d'un stage non rémunéré repose sur 5 actions concrètes.

  1. Formaliser un suivi des heures. Mettre en place un registre de présence signé par le stagiaire et le tuteur, mis à jour chaque semaine. Ce document constitue la preuve en cas de contrôle.

  2. Paramétrer une alerte à 280 heures. Configurer le SIRH pour déclencher une alerte avant l'atteinte du seuil de 308 heures, afin de basculer vers la gratification sans rupture.

  3. Vérifier le cumul annuel par stagiaire. Centraliser les conventions de stage pour identifier les étudiants ayant déjà effectué un stage dans l'entreprise au cours de la même année d'enseignement.

  4. Rédiger des missions pédagogiques précises. La convention doit décrire des objectifs de formation distincts des fiches de poste des salariés. L'absence de contenu pédagogique est le 1er indice de requalification.

  5. Archiver les conventions pendant 5 ans. Le délai de prescription des cotisations URSSAF est de 3 ans (article L. 244-3 du Code de la Sécurité sociale), mais le délai prud'homal pour requalification court jusqu'à 2 ans après la fin du stage.

ActionObjectifFréquence
Registre de présencePreuve de la durée réelleHebdomadaire
Alerte SIRH à 280 hAnticipation du seuilAutomatique
Cumul annuel stagiairesDétection des stages fractionnésTrimestrielle
Revue des missionsConformité pédagogiqueÀ chaque convention
Archivage conventionsProtection en cas de contrôle5 ans minimum
La sécurisation des stages passe par un cadrage juridique en amont, pas par une régularisation en urgence.
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FAQ

Un stage de moins de 2 mois peut-il quand même donner lieu à une gratification ?

Oui. La gratification est facultative en dessous du seuil de 44 jours ou 308 heures, mais rien n'interdit à l'entreprise de la verser volontairement. Dans ce cas, la fraction inférieure à 4,35 €/h reste exonérée de cotisations sociales.

Comment se calcule le seuil si le stagiaire travaille à temps partiel ?

Le décompte repose sur les heures de présence effective, pas sur les semaines calendaires. Un stagiaire présent 3 jours par semaine (21 heures) atteint le seuil de 308 heures en environ 15 semaines. Le DRH doit suivre le cumul d'heures, pas la durée de la convention.

Deux stages successifs dans la même entreprise se cumulent-ils ?

Oui, si les 2 stages ont lieu au cours de la même année d'enseignement et dans le même organisme d'accueil. Les jours de présence effective s'additionnent. Dès que le cumul dépasse 44 jours, la gratification est due rétroactivement dès le 1er jour du 1er stage.

Que risque concrètement une entreprise en cas de contrôle URSSAF ?

L'URSSAF peut redresser l'entreprise sur les cotisations sociales correspondant à la gratification non versée, majorées de pénalités de 5 % la 1re année. Si le stage est requalifié en contrat de travail par les prud'hommes, l'entreprise doit verser les salaires, congés payés et indemnités afférentes.

Le télétravail du stagiaire compte-t-il dans le décompte des heures ?

Oui. Toute heure effectuée pour le compte de l'entreprise, y compris en télétravail, est comptabilisée dans la présence effective. Le registre de suivi doit inclure ces heures au même titre que la présence sur site.

Pour aller plus loin

Gratification minimale d'un stagiaire étudiant - Service-Public.fr

Accueillir un stagiaire étudiant - URSSAF

Stages et périodes de formation en milieu professionnel - Légifrance

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