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Qu'est-ce que le solde de tout compte en intérim ?
Quand et par qui est-il versé ?
IFM : l'indemnité de fin de mission
ICCP : l'indemnité compensatrice de congés payés
Documents remis à la fin de mission
Vérifier le solde : points de vigilance
Obligations de l'entreprise utilisatrice et de l'agence
Le solde de tout compte en intérim désigne l'ensemble des sommes versées à l'intérimaire lorsque sa mission prend fin. Il regroupe le dernier salaire, les indemnités légales et les éventuels rappels de rémunération. Contrairement au CDI, ce solde est régi par les règles du travail temporaire prévues aux articles L. 1251-1 et suivants du Code du travail.
En pratique, le solde se compose de 3 éléments principaux :
Le reçu pour solde de tout compte, signé par l'intérimaire, a un effet libératoire limité à 6 mois (article L. 1234-20 du Code du travail). Passé ce délai, le salarié ne peut plus contester les sommes mentionnées dans le reçu. Avant l'expiration de ces 6 mois, il peut dénoncer le reçu par lettre recommandée.
| Composante du solde | Base de calcul | Fondement légal |
|---|---|---|
| Dernier salaire | Heures travaillées × taux horaire | Art. L. 1251-18 |
| IFM | 10 % de la rémunération brute totale | Art. L. 1251-32 |
| ICCP | 10 % de la rémunération brute + IFM | Art. L. 1251-19 |
C'est l'agence d'emploi (entreprise de travail temporaire) qui établit et verse le solde de tout compte. L'entreprise utilisatrice n'est pas l'employeur juridique de l'intérimaire : elle ne signe pas le contrat de mission et ne verse pas la rémunération.
Le versement intervient à la fin effective de la mission, c'est-à-dire au terme prévu dans le contrat ou, en cas de rupture anticipée, à la date de cessation réelle du travail. L'agence dispose du délai habituel de paie pour procéder au règlement, soit en général la date de versement du dernier bulletin de salaire.
En cas de renouvellement de mission, le solde n'est dû qu'à la fin du dernier renouvellement. Si plusieurs missions successives sont effectuées chez le même utilisateur, chaque contrat de mission donne lieu à un solde distinct, sauf accord de mensualisation spécifique prévu par la convention collective de branche du travail temporaire.
Structurer la fin d'un contrat de mission nécessite une lecture précise des obligations de chaque partie.
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L'indemnité de fin de mission (IFM) constitue la contrepartie financière de la précarité inhérente au travail temporaire. Son montant est fixé à 10 % de la rémunération brute totale perçue pendant la mission, primes incluses (article L. 1251-32 du Code du travail). Certaines conventions collectives de branche peuvent porter ce taux à 6 % lorsqu'un accès à la formation professionnelle est garanti.
L'IFM n'est pas due dans 5 situations précises :
Un intérimaire perçoit 2 200 € bruts par mois pendant 3 mois. Sa rémunération brute totale s'élève à 6 600 €. L'IFM due est de 660 € (6 600 × 10 %).
| Donnée | Montant |
|---|---|
| Salaire mensuel brut | 2 200 € |
| Durée de la mission | 3 mois |
| Rémunération brute totale | 6 600 € |
| IFM (10 %) | 660 € |
| ICCP (10 % de 7 260 €) | 726 € |
L'intérimaire acquiert des droits à congés payés dans les mêmes conditions qu'un salarié permanent : 2,5 jours ouvrables par mois travaillé. En pratique, ces congés sont rarement pris pendant la mission. L'indemnité compensatrice de congés payés (ICCP) les remplace.
Son montant est égal à 10 % de la rémunération brute totale, IFM comprise (article L. 1251-19). Cette base de calcul élargie distingue l'ICCP intérimaire de celle applicable aux CDD classiques.
Dans l'exemple précédent, la base de calcul de l'ICCP est de 7 260 € (6 600 € de salaire + 660 € d'IFM). L'ICCP s'élève donc à 726 €.
L'ICCP figure obligatoirement sur le dernier bulletin de paie, sur une ligne distincte du salaire et de l'IFM. Une omission ou un calcul erroné constitue un manquement de l'agence d'emploi, susceptible de donner lieu à un rappel devant le conseil de prud'hommes.
Une erreur de calcul sur l'ICCP ou l'IFM peut déclencher un contentieux coûteux et chronophage.
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À la fin de la mission, l'agence d'emploi doit remettre à l'intérimaire 3 documents obligatoires, identiques à ceux dus lors de toute rupture de contrat de travail :
Le défaut de remise de l'un de ces documents expose l'agence à une condamnation à des dommages et intérêts. Le conseil de prud'hommes peut également ordonner la délivrance sous astreinte.
| Document | Délai de remise | Sanction en cas de retard |
|---|---|---|
| Certificat de travail | Dernier jour de mission | Dommages et intérêts |
| Attestation France Travail | Dernier jour de mission | Dommages et intérêts + astreinte |
| Reçu pour solde de tout compte | Dernier jour de mission | Contestation possible sans limite |
Le DRH de l'entreprise utilisatrice a intérêt à contrôler le solde établi par l'agence, même s'il n'en est pas juridiquement l'auteur. En cas de requalification du contrat de mission en CDI, c'est l'entreprise utilisatrice qui supporte les conséquences financières (article L. 1251-40).
Voici les 5 vérifications à effectuer systématiquement :
Un contrôle rigoureux du solde de tout compte limite le risque de contentieux prud'homal lié à l'intérim.
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La répartition des responsabilités entre l'agence d'emploi et l'entreprise utilisatrice est strictement encadrée par le Code du travail.
| Responsabilité | Agence d'emploi | Entreprise utilisatrice |
|---|---|---|
| Contrat de mission | Rédaction et signature | Signature du contrat de mise à disposition |
| Rémunération et solde | Versement intégral | Transmission des heures et primes |
| Conditions de travail | Suivi médical | Sécurité et égalité de traitement |
| Risque de requalification | Limité | Principal (CDI imposé) |
En cas de litige, l'intérimaire peut saisir le conseil de prud'hommes dans un délai de 2 ans à compter de la fin de la mission pour les questions salariales, et de 12 mois pour contester la rupture du contrat. La requalification en CDI entraîne le versement d'une indemnité minimale d'1 mois de salaire, à laquelle s'ajoutent les indemnités de licenciement si l'ancienneté reconstituée le permet.
Oui. L'intérimaire dispose de 6 mois après la signature du reçu pour le dénoncer par lettre recommandée avec accusé de réception. Passé ce délai, le reçu devient libératoire pour les sommes qui y sont mentionnées. S'il n'a pas signé le reçu, le délai de prescription de droit commun s'applique (2 ans pour les créances salariales).
Non. Lorsque l'entreprise utilisatrice propose un CDI à l'intérimaire à l'issue de la mission et que celui-ci l'accepte, l'IFM n'est pas due (article L. 1251-32). Cette exonération s'applique uniquement si l'embauche est effective et immédiate.
Pas directement. Le versement du solde incombe à l'agence d'emploi. Toutefois, si le contrat de mission est requalifié en CDI, l'entreprise utilisatrice devient l'employeur réel et doit assumer toutes les conséquences financières, y compris les indemnités de rupture.
Le calcul reste identique : 10 % de la rémunération brute totale, IFM incluse. Même pour une mission d'une semaine, l'intérimaire perçoit l'ICCP. Il n'existe pas de durée minimale de mission pour ouvrir ce droit.
Le délai de carence est égal au tiers de la durée du contrat précédent pour les missions de 14 jours ou plus, et à la moitié de la durée pour les missions de moins de 14 jours. Ce délai court à compter du dernier jour de la mission, renouvellement inclus.
Fin d'intérim : comment calculer l'indemnité de fin de mission (IFM) ? - Code du travail numérique
Contrat de travail temporaire (intérim) - Service-Public.fr
Fin de contrat : documents à remettre au salarié - Service-Public.fr
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