
Jullian Hoareau

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Ce que les décisions d'octobre 2026 changent pour l'employeur
Préconisations du médecin du travail : un préjudice désormais présumé
CSSCT : réunions extraordinaires et composition sécurisées
Reclassement pour inaptitude : consulter un CSE au complet
Harcèlement dénoncé : quelle indemnisation après la retraite ?
Arrêts maladie : ce qui change au 15 octobre 2026
Checklist de mise en conformité après ces décisions
En santé sécurité au travail, les décisions et textes d'octobre 2026 réduisent la marge de l'employeur sur 2 terrains : la réparation des manquements et la régularité des procédures. D'une part, la Cour de cassation facilite l'indemnisation du salarié lorsque les recommandations du médecin du travail ne sont pas appliquées. D'autre part, elle sanctionne les irrégularités des instances représentatives. Enfin, un décret du 16 septembre 2026 réduit la durée d'indemnisation de certains arrêts maladie.
Cette revue retient 5 arrêts de la chambre sociale de la Cour de cassation rendus entre le 9 septembre et le 7 octobre 2026, ainsi qu'un décret applicable au 15 octobre 2026.
| Référence | Sujet | Impact employeur |
|---|---|---|
| Cass. soc., 9 sept. 2026, n° 25-11.901 | Préconisations du médecin du travail | Préjudice réparé sans preuve |
| Cass. soc., 23 sept. 2026, n° 25-13.914 | Réunions extraordinaires de la CSSCT | Demande ouverte à 2 représentants |
| Cass. soc., 9 sept. 2026, n° 25-14.983 | Composition de la CSSCT | Siège réservé au collège cadres |
| Cass. soc., 9 sept. 2026, n° 25-10.985 | Consultation du CSE sur l'inaptitude | Licenciement sans cause réelle et sérieuse |
| Cass. soc., 7 oct. 2026, n° 25-22.243 | Nullité après dénonciation d'un harcèlement | Indemnisation arrêtée à la retraite |
| Décret n° 2026-866 du 16 sept. 2026 | Indemnités journalières en ALD | Durée maximale réduite à 1 an |
Le non-respect des préconisations du médecin du travail suffit désormais à ouvrir droit à réparation pour le salarié. La Cour de cassation l'a jugé le 9 septembre 2026 (n° 25-11.901, FP-B+R, publié au bulletin et au rapport), sur le fondement des articles L. 4121-1, L. 4121-2, L. 4121-4 et L. 4624-6 du code du travail.
La solution. Le salarié reprochait à son employeur de ne pas avoir mis en œuvre les aménagements de poste préconisés. Le seul constat de ce manquement ouvre droit à réparation, sans preuve d'un préjudice distinct. La Cour lit ces textes à la lumière des articles 5 et 6 de la directive 89/391/CEE, cadre européen de la sécurité des travailleurs, et abandonne sa position de 2020, qui imposait cette preuve.
L'impact employeur. Le débat porte désormais sur la preuve de l'exécution des préconisations : l'employeur a intérêt à documenter chaque aménagement réalisé, ou le motif qui l'en empêche.
Le suivi des préconisations médicales engage la responsabilité de l'employeur au titre de son obligation de sécurité.
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2 arrêts précisent le fonctionnement de la CSSCT, la commission santé, sécurité et conditions de travail du CSE.
Référence : Cass. soc., 23 septembre 2026, n° 25-13.914, publié au bulletin. La solution : 2 représentants du personnel peuvent demander une réunion extraordinaire sur un sujet de santé, de sécurité ou de conditions de travail, l'accord d'entreprise étant interprété à la lumière de l'article L. 2315-27 du code du travail. L'impact employeur : un refus n'est défendable que si les points inscrits à l'ordre du jour sortent de ce champ.
Référence : Cass. soc., 9 septembre 2026, n° 25-14.983, F-B. La solution : lorsqu'un collège électoral des cadres est institué, la CSSCT comprend au moins un représentant de ce collège, y compris pour un membre ajouté en cours de mandat. Ce siège ne peut pas revenir à un autre collège. Ces règles, issues de l'article L. 2315-39 du code du travail, sont d'ordre public : aucun accord collectif ne peut y déroger. L'impact employeur : la répartition des sièges doit être vérifiée à chaque désignation.
Une consultation du CSE sur le reclassement d'un salarié inapte est irrégulière si un élu titulaire absent n'a pas été remplacé. Référence : Cass. soc., 9 septembre 2026, n° 25-10.985, F-B. L'inaptitude est constatée par le médecin du travail lorsque le salarié ne peut plus occuper son poste ; l'employeur doit alors rechercher un reclassement et consulter le CSE.
La solution. Un élu titulaire momentanément absent n'avait pas été remplacé : la consultation est irrégulière, et le licenciement est privé de cause réelle et sérieuse.
L'impact employeur. Le contrôle de la composition du CSE le jour de la réunion devient une étape de la procédure, au même titre que la recherche de postes.
L'indemnisation du salarié licencié pour avoir dénoncé un harcèlement s'arrête à son départ en retraite. Référence : Cass. soc., 7 octobre 2026, n° 25-22.243, FS-B. Le salarié avait été licencié après avoir dénoncé de bonne foi un harcèlement moral. La nullité du licenciement ouvre en principe droit à la réintégration, c'est-à-dire au retour dans l'entreprise, avec le paiement des salaires perdus.
La solution. Le salarié parti à la retraite ne peut plus être réintégré. Ses salaires perdus sont indemnisés jusqu'à ce départ, déduction faite des revenus de remplacement perçus.
L'impact employeur. Le montant dû dépend de la durée écoulée entre le licenciement et la retraite, sans remise en cause de la protection du salarié de bonne foi.
Une dénonciation de harcèlement appelle une enquête interne et une décision dont chaque étape doit pouvoir être justifiée.
Sécuriser une situation de harcèlement avec un avocat
Depuis le 15 octobre 2026, un arrêt lié à une ALD non exonérante est indemnisé 1 an au maximum, contre 3 ans auparavant. Le décret n° 2026-866 du 16 septembre 2026, consultable sur Légifrance, vise l'affection de longue durée (ALD) non exonérante, qui n'ouvre pas droit à une prise en charge des soins à 100 %. Les indemnités journalières sont les sommes versées par l'Assurance maladie pendant l'arrêt.
| Situation | Durée maximale d'indemnisation |
|---|---|
| ALD non exonérante, arrêt prescrit à partir du 15 octobre 2026 | 1 an |
| ALD non exonérante, arrêt en cours atteignant 6 mois après le 15 octobre 2026 | 1 an |
| Salarié déjà en arrêt depuis plus de 6 mois au 15 octobre 2026 | 3 ans |
| ALD exonérante | 3 ans, inchangé |
Une nouvelle période d'un an pour la même maladie suppose une reprise du travail d'au moins 1 an. Le décret sanctionne aussi, depuis le 19 septembre 2026, l'assuré qui cherche à obtenir un arrêt non justifié.
Ces arrêts et ce décret se traduisent par 6 vérifications en santé sécurité au travail :
Il doit indemniser le salarié, qui n'a plus à prouver un préjudice distinct depuis l'arrêt du 9 septembre 2026 (n° 25-11.901). Les préjudices matériel ou moral distincts restent en revanche à démontrer.
2 représentants du personnel peuvent la demander sur un sujet de santé, de sécurité ou de conditions de travail. Le juge vérifie que l'ordre du jour relève bien de ces domaines.
Non. Lorsqu'un collège cadres existe, la présence d'au moins un de ses représentants est d'ordre public, selon l'arrêt du 9 septembre 2026 (n° 25-14.983).
S'il n'est pas remplacé, la consultation est irrégulière et le licenciement est privé de cause réelle et sérieuse. Le remplacement des titulaires absents doit donc être vérifié avant la réunion.
Oui, pour les arrêts en cours qui atteignent 6 mois après le 15 octobre 2026. Les salariés en arrêt depuis plus de 6 mois à cette date conservent la durée maximale de 3 ans.
Article L4624-6 - Avis et préconisations du médecin du travail - Code du travail - Légifrance
Indemnisation en cas d'arrêt maladie : ce qui change au 15 octobre 2026 - Code du travail numérique
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