
Jullian Hoareau

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1. SIRH : quelles données RH sont réellement traitées
2. Responsable de traitement ou sous-traitant : qui fait quoi
3. Bases légales applicables aux traitements RH
4. Contrat de sous-traitance : les clauses de l'article 28
5. Durées de conservation : le référentiel CNIL de 2026
6. Sécurité, hébergement et transferts hors Union européenne
7. Information des salariés et exercice de leurs droits
8. Registre, AIPD et consultation du CSE
Un SIRH centralise la paie, les contrats, les absences, les entretiens et les pièces transmises par les managers. Les obligations RGPD d'un SIRH commencent par cet inventaire : tant que les catégories de données ne sont pas listées, ni la base légale ni la durée de conservation ne peuvent être arbitrées. Les journaux de connexion, les historiques de modification et les fichiers joints sont aussi des données personnelles. L'inventaire se conduit module par module, car chaque brique répond à une finalité distincte.
| Module du SIRH | Données traitées | Finalité |
|---|---|---|
| Paie | Rémunération, cotisations, coordonnées bancaires | Établissement du bulletin |
| Administration du personnel | Contrat, identité, situation familiale | Gestion du dossier salarié |
| Temps et absences | Plannings, congés, justificatifs | Suivi de la durée du travail |
| Recrutement | Candidatures, évaluations | Sélection des candidats |
| Entretiens et formation | Objectifs, appréciations, parcours | Développement des compétences |
L'employeur qui met en oeuvre un SIRH est responsable de traitement au sens du RGPD. Il décide des finalités et des moyens : modules activés, accès accordés, durée de mise en ligne. L'éditeur qui héberge la solution et traite les données pour son compte, sur ses instructions, est sous-traitant. Cette répartition ne se négocie pas : elle découle des rôles réellement exercés. Deux écarts reviennent. La direction considère que l'éditeur porte la conformité parce qu'il affiche des certifications. L'éditeur réutilise des données pour ses propres finalités, ce qui le fait sortir du rôle de sous-traitant. La DSI a donc besoin d'une cartographie écrite des rôles avant la mise en production.
Clarifier la répartition des rôles avant la signature évite de découvrir un déséquilibre contractuel une fois l'outil déployé.
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Un traitement RH ne repose pas sur une base légale unique. Chaque finalité appelle la sienne, et le consentement du salarié reste peu opérant en raison du lien de subordination. La paie et la tenue des registres obligatoires répondent à une obligation légale de l'employeur. La gestion des congés, l'évaluation professionnelle et l'administration des accès relèvent de l'exécution du contrat de travail ou de l'intérêt légitime. Un module facultatif, comme un annuaire avec photographie, suppose une analyse séparée : l'intérêt légitime exige une mise en balance documentée avec les droits des salariés. Le document de cadrage associe une base légale à chaque module activé, et non au SIRH entier.
L'article 28 du RGPD impose que le traitement réalisé par un sous-traitant soit régi par un contrat. Celui-ci définit l'objet, la durée, la nature et la finalité du traitement, le type de données, les catégories de personnes concernées, ainsi que les obligations du responsable de traitement. Le même article encadre la chaîne de sous-traitance : l'éditeur ne recrute pas d'autre sous-traitant sans autorisation écrite préalable du responsable de traitement. Ce point concerne la DSI, car un SIRH s'appuie souvent sur un hébergeur, un prestataire de support et des services tiers.
| Point du contrat | Ce que la DSI vérifie | Signal d'alerte |
|---|---|---|
| Périmètre du traitement | Objet, durée, nature, finalité, types de données | Renvoi vague à la documentation produit |
| Sous-traitants ultérieurs | Liste tenue à jour et procédure d'autorisation | Faculté de substitution sans information |
| Instructions | Interdiction d'usage pour des finalités propres | Clause d'amélioration du service non bornée |
| Fin de contrat | Restitution puis suppression des données | Absence d'engagement sur les sauvegardes |
Un contrat de sous-traitance relu clause par clause fixe le partage des responsabilités avant qu'un incident ne le fasse à votre place.
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Le 2 avril 2026, la CNIL a publié un référentiel relatif aux durées de conservation des données en matière de gestion des ressources humaines, mis à jour le 20 mai 2026. Il remplace la norme simplifiée NS-46, devenue sans valeur juridique depuis l'entrée en application du RGPD. Ce référentiel n'est pas contraignant : une entreprise peut retenir d'autres durées, à condition de justifier ses choix. Côté SIRH, une durée ne se résume pas à une règle écrite : elle suppose un mécanisme de purge, un archivage intermédiaire à accès restreint et une traçabilité des suppressions. Lorsque l'éditeur ne propose pas de purge par catégorie de données, la durée inscrite au registre ne correspond pas au comportement réel du système.
L'article 32 du RGPD demande des mesures techniques et organisationnelles appropriées, définies en tenant compte de l'état des connaissances, des coûts et des risques. Le chiffrement et la pseudonymisation y sont expressément cités. Pour un SIRH, ces obligations se traduisent en points vérifiables :
La localisation des serveurs, celle des équipes de support et celle des sauvegardes ne coïncident pas toujours. Un accès de maintenance depuis un pays tiers constitue un transfert. La cartographie des flux se documente avant la recette.
Sécurité et transferts se traitent au niveau du contrat autant que de l'architecture technique.
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Les articles 13 et 14 du RGPD imposent d'informer les personnes concernées, notamment des finalités, de la base légale, des destinataires, de la durée de conservation et de leurs droits. Le déploiement d'un SIRH est le moment utile pour reprendre cette information, car de nouveaux profils accèdent aux dossiers. L'information prend la forme d'une notice dédiée, accessible depuis l'outil. Un salarié qui demande l'accès à son dossier ou la rectification d'une donnée attend une réponse tracée. Le contrat prévoit donc l'assistance de l'éditeur, car les extractions complètes dépendent de fonctions absentes de l'interface d'administration.
L'article 30 du RGPD impose au responsable de traitement un registre des activités de traitement. L'obligation ne s'applique pas aux organisations de moins de 250 employés, sauf lorsque le traitement est susceptible de comporter un risque pour les droits et libertés, n'est pas occasionnel, ou porte sur des catégories particulières de données. Les traitements RH étant réguliers, le registre devient nécessaire dans la quasi-totalité des cas. L'article 35 exige par ailleurs une analyse d'impact relative à la protection des données lorsque le traitement est susceptible d'engendrer un risque élevé pour les droits et libertés. Enfin, la mise en place ou la modification substantielle d'un traitement automatisé de gestion du personnel relève de l'information et de la consultation du comité social et économique. Ce calendrier social conditionne la date de bascule et se prépare en amont.
L'employeur reste responsable de traitement et répond des finalités et des moyens qu'il a choisis. L'éditeur, en qualité de sous-traitant, répond de ses propres manquements et des instructions qu'il n'a pas suivies. Le contrat précise la répartition et les modalités de notification.
Non. Le référentiel publié le 2 avril 2026 et mis à jour le 20 mai 2026 n'est pas contraignant. Une entreprise peut retenir d'autres durées, à condition de documenter et de justifier ses choix.
Oui lorsque le projet met en place ou modifie substantiellement un traitement automatisé de gestion du personnel. Il relève alors de l'information et de la consultation du comité social et économique, au titre de l'introduction de nouvelles technologies.
Rarement. Le lien de subordination fragilise le caractère libre du consentement. Les traitements RH s'appuient plutôt sur l'obligation légale, l'exécution du contrat de travail ou l'intérêt légitime, base par base et module par module.
La loi n° 78-17 du 6 janvier 1978 relative à l'informatique, aux fichiers et aux libertés. Elle complète le RGPD en droit français et fixe les missions et pouvoirs de la CNIL, notamment en matière de contrôle.
Gestion des ressources humaines : la CNIL publie un référentiel de durées de conservation - CNIL
Les règles pour la gestion du personnel - CNIL
Loi n° 78-17 du 6 janvier 1978 relative à l’informatique, aux fichiers et aux libertés - Légifrance
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