
Jullian Hoareau

Accédez en -24h à un avocat d'affaires sélectionné parmi les meilleurs, à des honoraires maîtrisés.
1. Ce que prévoit la réforme du bulletin de paie
2. Calendrier : du modèle adapté au modèle rénové
3. Nouveaux regroupements de cotisations par finalité
4. Montant net social et libellés harmonisés
5. Préparer son logiciel et son plan de paie
6. Informer les salariés sur leur nouveau bulletin
7. Risques en cas de bulletin non conforme
La réforme du bulletin de paie découle de l'arrêté du 31 janvier 2023, qui modifie l'arrêté du 25 février 2016 fixant les libellés, l'ordre et le regroupement des informations du bulletin. Elle porte sur la présentation, non sur le fond : le contenu obligatoire reste fixé par l'article R. 3243-1 du code du travail, tandis que les libellés, l'ordre et le regroupement relèvent de l'article R. 3243-2. Les mêmes données restent dues au salarié, dans une mise en forme normalisée.
Trois évolutions structurent le modèle rénové : le regroupement des cotisations par finalité, la diminution du nombre de lignes, et l'harmonisation des libellés avec mise en évidence du salaire brut et du salaire net.
Tous les employeurs sont concernés, quels que soient leur taille et leur secteur, dès lors qu'ils délivrent des bulletins à des salariés en France. Aucun seuil d'effectif ne conditionne l'application du nouveau modèle.
L'arrêté du 31 janvier 2023 a été modifié par l'arrêté du 25 juin 2024, puis par l'arrêté du 11 août 2025. Ce dernier autorise l'usage, jusqu'au 1er janvier 2027, du modèle antérieur à l'arrêté du 31 janvier 2023, complété de la seule mention du montant net social, couramment désigné comme le modèle adapté.
Il en résulte une échéance unique. Le modèle adapté reste utilisable jusqu'au 31 décembre 2026, alors que le modèle rénové devient obligatoire pour tous les employeurs à compter du 1er janvier 2027.
| Période | Modèle utilisable | Condition |
|---|---|---|
| Jusqu'au 31 décembre 2026 | Modèle adapté | Mention du montant net social |
| Jusqu'au 31 décembre 2026 | Modèle rénové | Bascule anticipée possible |
| À compter du 1er janvier 2027 | Modèle rénové uniquement | Tous les employeurs, sans exception |
La bascule doit être opérationnelle avant le premier bulletin émis en 2027, période qui coïncide avec les travaux de clôture sociale et les mises à jour de paramétrage de début d'année.
La modification du modèle de bulletin engage la conformité de chaque paie émise, y compris pour les rubriques négociées dans l'entreprise.
Sécuriser votre paie avec un avocat en droit social
Le modèle rénové renforce le regroupement des cotisations par finalité : Santé, Retraite, Famille, Chômage et Accidents du travail / Maladies professionnelles. La lecture du bulletin se déplace vers la destination des prélèvements plutôt que vers leur mécanique de calcul ligne à ligne.
| Regroupement | Ce que le salarié y lit | Point de vigilance pour le service paie |
|---|---|---|
| Santé | Les prélèvements liés à la couverture des frais de santé et des arrêts | Affectation des garanties collectives propres à l'entreprise |
| Retraite | Les prélèvements affectés aux droits à retraite | Cohérence entre régimes de base et complémentaires |
| Famille | Les prélèvements affectés à la politique familiale | Rubrique sans contrepartie individuelle visible, à expliquer |
| Chômage | Les prélèvements liés à l'assurance chômage | Traitement des populations aux règles spécifiques |
| Accidents du travail / Maladies professionnelles | Les prélèvements liés au risque professionnel | Taux propre à l'établissement, à rattacher au bon regroupement |
Les entreprises ayant créé des rubriques spécifiques dans leur plan de paie doivent anticiper leur affectation, car une rubrique mal rattachée reste visible sur le bulletin.
Le montant net social figure sur les bulletins de paie depuis le 1er juillet 2023. Il correspond au revenu net après déduction des prélèvements sociaux obligatoires à la charge du salarié, d'origine légale ou conventionnelle. Il ne se confond ni avec le brut, ni avec le net imposable, ni avec le net à payer.
Cette mention est le seul élément que le modèle adapté devait ajouter au modèle antérieur. Une entreprise déjà conforme sur ce point n'a pas à reconstruire cette rubrique lors du passage au modèle rénové.
L'harmonisation des libellés poursuit un objectif comparable : lorsque deux employeurs utilisent les mêmes intitulés, un salarié qui change d'entreprise compare plus facilement ses bulletins.
La qualification des rubriques et des libellés conditionne la lisibilité du bulletin et la solidité des réponses apportées aux salariés.
Cadrer vos rubriques de paie avec un conseil dédié
La préparation technique repose sur l'éditeur du logiciel de paie, mais la responsabilité du bulletin délivré reste celle de l'employeur. Le service paie a intérêt à formaliser sa trajectoire plutôt qu'à attendre une mise à jour automatique.
Cette comparaison en double format constitue le contrôle le plus utile : un écart entre les deux versions révèle une rubrique mal rattachée.
Un changement de présentation produit des questions même lorsque le net à payer reste identique. La réforme porte sur les libellés, l'ordre et le regroupement ; elle ne modifie pas le calcul des cotisations. Ce message mérite d'être formulé explicitement, car un salarié qui ne retrouve pas une ligne habituelle suppose une erreur.
L'information gagne à couvrir quatre points :
Un support de correspondance entre ancien et nouveau bulletin, diffusé avant la bascule puis joint au premier bulletin rénové, limite le volume de sollicitations individuelles.
Une communication interne mal calibrée transforme un changement de format en contestation individuelle sur le montant versé.
Préparer votre passage au bulletin rénové
Un bulletin qui ne respecte pas les libellés, l'ordre et le regroupement prévus par l'article R. 3243-2 du code du travail reste un bulletin irrégulier, même si les montants versés sont exacts. Le risque est donc de nature probatoire avant d'être financier.
Trois conséquences méritent l'attention. D'une part, un salarié peut contester la clarté de son bulletin et demander des explications sur les sommes retenues, ce qui fragilise l'employeur en cas de litige prud'homal. D'autre part, le bulletin sert à établir le paiement du salaire : un document illisible affaiblit cette démonstration. Enfin, lors d'un contrôle URSSAF, la structure des rubriques et la cohérence entre le bulletin et les déclarations sociales font partie des éléments examinés.
Le respect du format conditionne donc la valeur probatoire du bulletin.
Le modèle rénové devient obligatoire pour tous les employeurs à compter du 1er janvier 2027. Le modèle adapté, autorisé par l'arrêté du 11 août 2025, reste utilisable jusqu'au 31 décembre 2026.
Le modèle adapté correspond au modèle antérieur à l'arrêté du 31 janvier 2023, complété de la seule mention du montant net social. Le modèle rénové applique en plus le regroupement des cotisations par finalité, la réduction du nombre de lignes et l'harmonisation des libellés.
Oui. Tous les employeurs sont visés, quels que soient leur taille et leur secteur d'activité, dès lors qu'ils délivrent des bulletins de paie à des salariés en France. Aucun seuil d'effectif n'écarte l'obligation.
Non. Le montant net social figure sur les bulletins depuis le 1er juillet 2023 et conserve la même définition : le revenu net après déduction des prélèvements sociaux obligatoires à la charge du salarié, d'origine légale ou conventionnelle.
Elles doivent être recensées puis affectées aux nouveaux regroupements par finalité. Cette affectation se prépare avec l'éditeur du logiciel de paie, et se vérifie en produisant un bulletin test dans les deux formats sur une même période.
Arrêté du 11 août 2025 modifiant l'arrêté du 31 janvier 2023 sur le bulletin de paie - Légifrance
Fiche de paie - Entreprendre.Service-Public.fr
SWIM LEGAL est une alternative au cabinet d'avocats traditionnel pour les besoins juridiques des entreprises. Incubé par le Barreau de Paris, SWIM a reçu le Prix de l'Innovation pour sa solution permettant à toute entreprise, quelle que soit sa taille ou sa localisation, d'accéder rapidement via la plateforme à des avocats d'affaires expérimentés. Les entreprises peuvent déposer leur besoin — qu'il s'agisse d'un dossier, d'une consultation ou d'un renfort temporaire — de manière confidentielle et recevoir des propositions d'avocats pour répondre rapidement à leur demande.
Avocat au Barreau de Paris (Toque L086), fondateur de SWIM LEGAL
Besoin d'un juriste freelance, d'un conseil ou d'aide sur un litige ?





