
Jullian Hoareau

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1. Ce que l'auto-entrepreneur peut réellement protéger
2. Droit d'auteur : protection automatique et preuve de antériorité
3. Dépôt de marque à l'INPI : conditions et coût
4. Protéger un logo, un dessin ou un modèle
5. Céder ses droits au client : ce que le contrat doit prévoir
6. Erreurs fréquentes qui font perdre la protection
7. Réagir face à une copie ou une contrefaçon
Un dirigeant en auto-entreprise produit chaque semaine des actifs protégeables sans le savoir : logo, maquette, code, méthode formalisée, catalogue de contenus. La protection de la propriété intellectuelle en auto entreprise ne dépend pas du statut : un entrepreneur individuel dispose des mêmes droits qu'une société. Elle dépend de la nature de la création. Le droit français distingue deux branches. La propriété littéraire et artistique couvre le droit d'auteur, les droits voisins et le droit sui generis des bases de données. La propriété industrielle couvre les brevets, les marques, les dessins et modèles et les appellations d'origine. La première branche fonctionne sans dépôt, la seconde exige un enregistrement.
| Ce que vous créez | Branche concernée | Mode de protection |
|---|---|---|
| Site, code, texte, photo, visuel | Propriété littéraire et artistique | Droit d'auteur, sans dépôt |
| Nom commercial, nom de service | Propriété industrielle | Marque enregistrée à l'INPI |
| Apparence d'un objet ou d'une interface | Propriété industrielle | Dessins et modèles |
| Solution technique nouvelle | Propriété industrielle | Brevet |
| Base de données structurée | Propriété littéraire et artistique | Droit sui generis |
Le droit d'auteur s'acquiert sans formalité, du seul fait de la création de l'œuvre. Aucun dépôt ni mention n'est nécessaire pour en être titulaire. La difficulté n'est pas d'obtenir le droit, mais de démontrer qui a créé quoi, et à quelle date, lorsqu'un tiers revendique la même création.
L'enveloppe Soleau, proposée par l'INPI, permet de se constituer une preuve datée de la paternité et de l'antériorité d'une création. Elle ne confère aucun titre de propriété industrielle : elle date, elle ne protège pas. D'autres traces remplissent la même fonction probatoire : fichiers sources horodatés, historique de versions d'un dépôt de code, échanges écrits, devis et factures décrivant le livrable. Conservez ces éléments par projet, dès la première itération.
Une création livrée sans trace datée devient difficile à revendiquer si le client en conteste la paternité.
Cadrer la protection de vos créations avec un avocat en propriété intellectuelle
Toute personne physique ou morale peut déposer une marque : particulier, entrepreneur individuel, micro-entrepreneur, société, association, fondation. Le statut d'auto-entrepreneur ne constitue pas un obstacle. Le dépôt s'effectue directement ou par un mandataire, exclusivement en ligne, via le portail e-procédures de l'INPI.
Le périmètre est déterminant. Lors du dépôt, il faut déterminer les produits et services pour lesquels la marque est protégée. La protection ne couvre que les catégories désignées : un déposant qui enregistre son nom pour des prestations de conseil ne le protège pas pour l'édition de logiciels. Ce périmètre commande aussi le coût, que font évoluer trois variables : le nombre de classes désignées, le recours à un mandataire et l'extension géographique au-delà de la France. Le barème officiel de l'INPI reste la seule référence tarifaire. Les PME peuvent bénéficier d'un soutien financier européen, le fonds SME Fund, pour le dépôt de titres de propriété intellectuelle.
Un logo relève simultanément de plusieurs régimes. Création graphique originale, il bénéficie du droit d'auteur sans dépôt. Signe identifiant des produits ou services, il peut être déposé comme marque figurative auprès de l'INPI. Apparence enfin, il peut relever des dessins et modèles, régime qui vise la forme et l'aspect visuel. Ces protections se cumulent.
Deux conséquences pratiques. Déposer un logo sous sa seule forme graphique ne protège pas le nom : la protection du nom suppose un dépôt verbal. Un logo commandé à un prestataire externe reste la propriété de son auteur tant qu'aucune cession écrite n'est intervenue. Un dépôt de marque sur un visuel dont vous n'avez pas les droits vous expose à une contestation.
Un logo utilisé sans dépôt ni cession écrite reste juridiquement fragile face à son créateur.
Sécuriser vos dépôts et vos droits sur vos signes distinctifs
C'est le point de rupture le plus fréquent des prestations créatives et techniques. L'article L131-3 du Code de la propriété intellectuelle subordonne la transmission des droits de l'auteur à deux exigences cumulatives : chacun des droits cédés fait l'objet d'une mention distincte dans l'acte de cession, et le domaine d'exploitation est délimité quant à son étendue, sa destination, son lieu et sa durée.
La sanction est directe : à défaut de clause de cession conforme, le client n'acquiert pas les droits d'exploitation, l'auteur en reste titulaire. Une mention du type « le client devient propriétaire des livrables » ne satisfait pas ces conditions.
| Élément exigé | Question à trancher dans le contrat |
|---|---|
| Droits cédés, un par un | Reproduction, représentation, adaptation, traduction ? |
| Étendue | Cession exclusive ou non exclusive ? Modification autorisée ? |
| Destination | Usage interne, commercial, publicitaire, revente à des tiers ? |
| Lieu | France, Union européenne, monde ? |
| Durée | Durée déterminée ou durée des droits patrimoniaux ? |
Les difficultés observées tiennent moins au droit qu'à un périmètre mal défini au départ.
La première étape consiste à identifier le droit invoqué : droit d'auteur, marque enregistrée, dessin ou modèle. La réponse diffère selon le titre : un droit enregistré se prouve par son inscription, un droit d'auteur par l'antériorité de la création.
Vient ensuite la constitution du dossier : captures datées des usages contestés, éléments établissant votre date de création, correspondances antérieures. Une mise en demeure écrite précisant le droit invoqué, les faits reprochés et la mesure attendue fait souvent cesser l'usage sans procédure. Si elle reste sans effet, l'action judiciaire engage budget et calendrier, ce qui justifie un avis juridique avant le premier courrier. SWIM LEGAL, plateforme d'avocats d'affaires indépendants spécialisés, intervient sur ce type de qualification préalable.
Ce n'est pas obligatoire, mais c'est le seul moyen d'obtenir un droit exclusif sur un nom commercial. Le micro-entrepreneur peut déposer une marque au même titre qu'une société, directement en ligne auprès de l'INPI.
Oui. Il s'acquiert sans formalité, du seul fait de la création de l'œuvre. Aucun dépôt n'est requis pour en être titulaire. La démarche utile porte uniquement sur la preuve de la date de création.
Elle constitue une preuve datée de paternité et d'antériorité, rien de plus. Elle ne confère pas de titre de propriété industrielle et ne remplace donc ni un dépôt de marque, ni un dépôt de dessins et modèles.
Non. À défaut de clause de cession conforme à l'article L131-3 du Code de la propriété intellectuelle, le client n'acquiert pas les droits d'exploitation. L'auteur reste titulaire de ses droits, même après paiement de la prestation.
Le montant dépend du nombre de classes de produits et services désignées, du recours éventuel à un mandataire et de l'extension géographique souhaitée. Le barème officiel de l'INPI donne les tarifs applicables ; le fonds européen SME Fund peut soutenir les PME.
Article L131-3 - Code de la propriété intellectuelle - Légifrance
Le déposant et le coût d'une marque - INPI
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Avocat au Barreau de Paris (Toque L086), fondateur de SWIM LEGAL





