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Qu'est-ce que le code de propriété intellectuelle (CPI)
Architecture du CPI : deux parties, livres et articles clés
Propriété littéraire et artistique : droit d'auteur et droits voisins
Propriété industrielle : brevets, marques, dessins et modèles
Articles à connaître pour un dépôt, un litige ou une cession
Application pratique du CPI en direction juridique
Le code de propriété intellectuelle (CPI) est le texte législatif et réglementaire qui rassemble, depuis la loi du 1er juillet 1992, l'ensemble des dispositions françaises relatives à la protection des créations immatérielles. Avant cette codification, les règles étaient dispersées dans une dizaine de lois distinctes — loi du 11 mars 1957 sur le droit d'auteur, loi du 2 janvier 1968 sur les brevets, loi du 4 janvier 1991 sur les marques. Le CPI les a unifiées dans un corpus unique, aujourd'hui référencé sous les articles L. 111-1 à L. 811-4 pour la partie législative et R. 111-1 à R. 811-1 pour la partie réglementaire.
Pour un directeur juridique, le CPI constitue le socle de qualification de tout droit portant sur une œuvre, une invention, une marque ou un dessin. Chaque opération — dépôt auprès de l'INPI, négociation d'une licence, action en contrefaçon — renvoie à des articles précis dont la mauvaise identification expose à des nullités d'actes ou à des erreurs de stratégie contentieuse.
Le CPI s'organise en 2 grandes parties, elles-mêmes subdivisées en livres, titres et chapitres. Cette structure reflète la distinction historique entre 2 familles de droits.
| Partie | Objet | Livres | Articles législatifs |
|---|---|---|---|
| Première partie | Propriété littéraire et artistique | Livres I, II, III | L. 111-1 à L. 343-7 |
| Deuxième partie | Propriété industrielle | Livres IV, V, VI, VII | L. 411-1 à L. 811-4 |
Chaque article suit une numérotation logique : la lettre L. (législatif) ou R. (réglementaire), suivie de 3 chiffres (livre, titre, chapitre) puis d'un numéro d'article. Exemple : L. 611-10 désigne le livre VI (brevets), titre I, chapitre 1, article 10 — qui définit les inventions brevetables.
Cette architecture permet au directeur juridique de naviguer rapidement vers le régime applicable. Un litige sur un logiciel relève du livre I (droit d'auteur, articles L. 112-2 et L. 122-6). Un contentieux de marque se traite au livre VII (articles L. 711-1 et suivants, renumérotés par l'ordonnance du 13 novembre 2019).
La première partie du CPI couvre le droit d'auteur (livre I), les droits voisins (livre II) et le droit sui generis des bases de données (livre III).
Le droit d'auteur français protège toute œuvre de l'esprit originale, sans formalité de dépôt. L'article L. 111-1 pose le principe : l'auteur jouit d'un droit de propriété incorporelle exclusif dès la création. L'article L. 112-2 liste les catégories d'œuvres protégeables — écrits, compositions musicales, logiciels, œuvres audiovisuelles.
Le directeur juridique doit distinguer :
- Droits moraux (L. 121-1 à L. 121-9) : perpétuels, inaliénables, imprescriptibles.
- Droits patrimoniaux (L. 122-1 à L. 122-12) : cessibles, d'une durée de 70 ans post mortem auctoris.
Le livre II protège les artistes-interprètes (L. 212-1), les producteurs de phonogrammes (L. 213-1) et les entreprises de communication audiovisuelle (L. 216-1). Le livre III accorde au producteur de base de données un droit d'extraction valable 15 ans (L. 341-1).
Qualifier correctement un actif immatériel dans le CPI conditionne la validité d'une cession ou d'une licence.
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La deuxième partie du CPI régit les droits qui naissent d'un dépôt auprès de l'INPI (ou de l'EUIPO pour l'échelle européenne).
| Droit | Livre du CPI | Article fondateur | Durée de protection | Condition clé |
|---|---|---|---|---|
| Brevet d'invention | Livre VI | L. 611-10 | 20 ans à compter du dépôt | Nouveauté, activité inventive, application industrielle |
| Marque | Livre VII | L. 711-1 | 10 ans, renouvelable indéfiniment | Caractère distinctif |
| Dessin et modèle | Livre V | L. 511-1 | 5 ans, renouvelable jusqu'à 25 ans | Nouveauté et caractère propre |
L'article L. 611-10 définit les inventions brevetables. L'article L. 611-7 distingue les inventions de salariés selon qu'elles relèvent d'une mission inventive ou non — un sujet récurrent en direction juridique lors de la rédaction de contrats de travail de profils R&D. La contrefaçon de brevet est sanctionnée par l'article L. 615-1.
L'ordonnance n° 2019-1169 du 13 novembre 2019 a refondu le livre VII. L'article L. 711-1 définit désormais la marque comme un signe permettant de distinguer les produits ou services, sans exiger la représentation graphique. L'article L. 716-4 organise l'action en contrefaçon de marque.
L'article L. 511-1 protège l'apparence d'un produit. Ce régime se cumule fréquemment avec le droit d'auteur, ce qui impose au directeur juridique de vérifier la double qualification avant toute action.
Un dépôt mal qualifié ou une cession incomplète peut faire perdre un monopole d'exploitation.
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Le directeur juridique confronté à une opération de PI doit identifier rapidement les articles applicables. Voici les références les plus sollicitées, classées par situation :
L'article L. 131-3 est celui qui génère le plus de contentieux en pratique : une clause de cession qui ne détaille pas l'étendue, la destination, le lieu et la durée de chaque droit cédé est réputée nulle.
Le CPI intervient dans le quotidien d'une direction juridique à plusieurs niveaux.
Contrats : tout accord de licence, de cession ou de coexistence de marques doit respecter les exigences formelles du CPI. L'article L. 131-3 pour le droit d'auteur, l'article L. 613-8 pour les brevets et l'article L. 714-1 pour les marques encadrent ces opérations.
Audit de portefeuille : lors d'une acquisition ou d'une levée de fonds, le directeur juridique vérifie la titularité des droits, la validité des dépôts et l'absence de contrefaçon. Chaque vérification renvoie à un article du CPI.
Veille contentieuse : la jurisprudence interprète en permanence le CPI. La Cour de cassation a rendu en 2023 plusieurs arrêts précisant la notion d'originalité (L. 111-1) et les conditions de la saisie-contrefaçon (L. 332-1).
Conformité interne : la gestion des créations de salariés (L. 113-9 pour les logiciels, L. 611-7 pour les inventions) nécessite des clauses contractuelles conformes au CPI, intégrées dès l'embauche.
La maîtrise du CPI permet d'anticiper les risques au lieu de les subir en contentieux.
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Oui. Le CPI protège les logiciels par le droit d'auteur (articles L. 112-2 et L. 122-6), les bases de données par un droit sui generis (L. 341-1) et les inventions mises en œuvre par ordinateur par le droit des brevets (L. 611-10), sous réserve qu'elles remplissent les conditions de brevetabilité.
La propriété littéraire et artistique protège les œuvres originales sans formalité de dépôt. La propriété industrielle (brevets, marques, dessins) exige un dépôt auprès de l'INPI pour faire naître le droit. Les durées de protection et les conditions d'acquisition diffèrent selon chaque régime.
L'article L. 131-3 impose que chaque droit cédé soit mentionné distinctement dans le contrat, avec son étendue, sa destination, son lieu et sa durée. Toute clause globale ou imprécise est nulle. Cette exigence formaliste génère de nombreux litiges lorsque les contrats sont rédigés de manière insuffisante.
Non. En droit français, la protection d'une marque naît du dépôt (article L. 712-1). Une marque non déposée ne bénéficie pas du monopole d'exploitation prévu par le CPI. Elle peut toutefois être protégée par l'action en concurrence déloyale, fondée sur le droit commun de la responsabilité civile.
L'article L. 611-7 distingue 3 cas : les inventions de mission (attribuées à l'employeur avec contrepartie financière), les inventions hors mission attribuables (l'employeur peut revendiquer un droit d'attribution) et les inventions hors mission non attribuables (propriété du salarié). Le non-respect de ce régime expose l'entreprise à un contentieux devant la CNIS.
Code de la propriété intellectuelle - Légifrance
Propriété intellectuelle, INPI : un guide pratique pour les entrepreneurs - economie.gouv.fr
Institut National de la Propriété Industrielle (INPI) - Service-Public.fr
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