Code de propriété intellectuelle : architecture, articles clés et applications

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09 Jun 2026
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8 min de lecture
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Points clés de l'article
  1. Le code de propriété intellectuelle (CPI) regroupe en un texte unique l'ensemble des règles protégeant les créations immatérielles en France.
  2. Il se divise en 2 parties : propriété littéraire et artistique (livres I à III) et propriété industrielle (livres IV à VII).
  3. Chaque catégorie de droit — droit d'auteur, brevets, marques, dessins et modèles — obéit à des conditions de protection, de durée et de sanction distinctes.
  4. Le directeur juridique doit maîtriser les articles pivots du CPI pour sécuriser un dépôt, qualifier un litige ou rédiger une cession de droits.
  5. Une erreur de qualification dans le CPI peut entraîner la nullité d'un acte, la perte d'un monopole ou une condamnation pour contrefaçon.

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Sommaire

Qu'est-ce que le code de propriété intellectuelle (CPI)

Architecture du CPI : deux parties, livres et articles clés

Propriété littéraire et artistique : droit d'auteur et droits voisins

Propriété industrielle : brevets, marques, dessins et modèles

Articles à connaître pour un dépôt, un litige ou une cession

Application pratique du CPI en direction juridique

FAQ

Pour aller plus loin

Qu'est-ce que le code de propriété intellectuelle (CPI)

Le code de propriété intellectuelle (CPI) est le texte législatif et réglementaire qui rassemble, depuis la loi du 1er juillet 1992, l'ensemble des dispositions françaises relatives à la protection des créations immatérielles. Avant cette codification, les règles étaient dispersées dans une dizaine de lois distinctes — loi du 11 mars 1957 sur le droit d'auteur, loi du 2 janvier 1968 sur les brevets, loi du 4 janvier 1991 sur les marques. Le CPI les a unifiées dans un corpus unique, aujourd'hui référencé sous les articles L. 111-1 à L. 811-4 pour la partie législative et R. 111-1 à R. 811-1 pour la partie réglementaire.

Pour un directeur juridique, le CPI constitue le socle de qualification de tout droit portant sur une œuvre, une invention, une marque ou un dessin. Chaque opération — dépôt auprès de l'INPI, négociation d'une licence, action en contrefaçon — renvoie à des articles précis dont la mauvaise identification expose à des nullités d'actes ou à des erreurs de stratégie contentieuse.

Architecture du CPI : deux parties, livres et articles clés

Le CPI s'organise en 2 grandes parties, elles-mêmes subdivisées en livres, titres et chapitres. Cette structure reflète la distinction historique entre 2 familles de droits.

PartieObjetLivresArticles législatifs
Première partiePropriété littéraire et artistiqueLivres I, II, IIIL. 111-1 à L. 343-7
Deuxième partiePropriété industrielleLivres IV, V, VI, VIIL. 411-1 à L. 811-4

Chaque article suit une numérotation logique : la lettre L. (législatif) ou R. (réglementaire), suivie de 3 chiffres (livre, titre, chapitre) puis d'un numéro d'article. Exemple : L. 611-10 désigne le livre VI (brevets), titre I, chapitre 1, article 10 — qui définit les inventions brevetables.

Cette architecture permet au directeur juridique de naviguer rapidement vers le régime applicable. Un litige sur un logiciel relève du livre I (droit d'auteur, articles L. 112-2 et L. 122-6). Un contentieux de marque se traite au livre VII (articles L. 711-1 et suivants, renumérotés par l'ordonnance du 13 novembre 2019).

Propriété littéraire et artistique : droit d'auteur et droits voisins

La première partie du CPI couvre le droit d'auteur (livre I), les droits voisins (livre II) et le droit sui generis des bases de données (livre III).

Droit d'auteur : principes structurants

Le droit d'auteur français protège toute œuvre de l'esprit originale, sans formalité de dépôt. L'article L. 111-1 pose le principe : l'auteur jouit d'un droit de propriété incorporelle exclusif dès la création. L'article L. 112-2 liste les catégories d'œuvres protégeables — écrits, compositions musicales, logiciels, œuvres audiovisuelles.

Le directeur juridique doit distinguer :
- Droits moraux (L. 121-1 à L. 121-9) : perpétuels, inaliénables, imprescriptibles.
- Droits patrimoniaux (L. 122-1 à L. 122-12) : cessibles, d'une durée de 70 ans post mortem auctoris.

Droits voisins et bases de données

Le livre II protège les artistes-interprètes (L. 212-1), les producteurs de phonogrammes (L. 213-1) et les entreprises de communication audiovisuelle (L. 216-1). Le livre III accorde au producteur de base de données un droit d'extraction valable 15 ans (L. 341-1).

Qualifier correctement un actif immatériel dans le CPI conditionne la validité d'une cession ou d'une licence.
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Propriété industrielle : brevets, marques, dessins et modèles

La deuxième partie du CPI régit les droits qui naissent d'un dépôt auprès de l'INPI (ou de l'EUIPO pour l'échelle européenne).

DroitLivre du CPIArticle fondateurDurée de protectionCondition clé
Brevet d'inventionLivre VIL. 611-1020 ans à compter du dépôtNouveauté, activité inventive, application industrielle
MarqueLivre VIIL. 711-110 ans, renouvelable indéfinimentCaractère distinctif
Dessin et modèleLivre VL. 511-15 ans, renouvelable jusqu'à 25 ansNouveauté et caractère propre

Brevets : les articles pivots

L'article L. 611-10 définit les inventions brevetables. L'article L. 611-7 distingue les inventions de salariés selon qu'elles relèvent d'une mission inventive ou non — un sujet récurrent en direction juridique lors de la rédaction de contrats de travail de profils R&D. La contrefaçon de brevet est sanctionnée par l'article L. 615-1.

Marques : la réforme de 2019

L'ordonnance n° 2019-1169 du 13 novembre 2019 a refondu le livre VII. L'article L. 711-1 définit désormais la marque comme un signe permettant de distinguer les produits ou services, sans exiger la représentation graphique. L'article L. 716-4 organise l'action en contrefaçon de marque.

Dessins et modèles

L'article L. 511-1 protège l'apparence d'un produit. Ce régime se cumule fréquemment avec le droit d'auteur, ce qui impose au directeur juridique de vérifier la double qualification avant toute action.

Un dépôt mal qualifié ou une cession incomplète peut faire perdre un monopole d'exploitation.
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Articles à connaître pour un dépôt, un litige ou une cession

Le directeur juridique confronté à une opération de PI doit identifier rapidement les articles applicables. Voici les références les plus sollicitées, classées par situation :

  • Dépôt de brevet : L. 611-10 (brevetabilité), L. 612-1 à L. 612-21 (procédure de dépôt), R. 612-1 et suivants (formalités INPI).
  • Dépôt de marque : L. 711-1 (définition), L. 712-1 (dépôt), L. 711-2 (motifs absolus de refus).
  • Cession de droits d'auteur : L. 131-1 à L. 131-9 — l'article L. 131-3 impose que chaque droit cédé fasse l'objet d'une mention distincte dans l'acte, sous peine de nullité.
  • Action en contrefaçon : L. 335-2 (droit d'auteur, 3 ans d'emprisonnement et 300 000 € d'amende), L. 615-1 (brevet), L. 716-4 (marque).
  • Saisie-contrefaçon : L. 332-1 (droit d'auteur), L. 615-5 (brevet), L. 716-7 (marque) — procédure probatoire préalable à l'assignation.

L'article L. 131-3 est celui qui génère le plus de contentieux en pratique : une clause de cession qui ne détaille pas l'étendue, la destination, le lieu et la durée de chaque droit cédé est réputée nulle.

Application pratique du CPI en direction juridique

Le CPI intervient dans le quotidien d'une direction juridique à plusieurs niveaux.

Contrats : tout accord de licence, de cession ou de coexistence de marques doit respecter les exigences formelles du CPI. L'article L. 131-3 pour le droit d'auteur, l'article L. 613-8 pour les brevets et l'article L. 714-1 pour les marques encadrent ces opérations.

Audit de portefeuille : lors d'une acquisition ou d'une levée de fonds, le directeur juridique vérifie la titularité des droits, la validité des dépôts et l'absence de contrefaçon. Chaque vérification renvoie à un article du CPI.

Veille contentieuse : la jurisprudence interprète en permanence le CPI. La Cour de cassation a rendu en 2023 plusieurs arrêts précisant la notion d'originalité (L. 111-1) et les conditions de la saisie-contrefaçon (L. 332-1).

Conformité interne : la gestion des créations de salariés (L. 113-9 pour les logiciels, L. 611-7 pour les inventions) nécessite des clauses contractuelles conformes au CPI, intégrées dès l'embauche.

La maîtrise du CPI permet d'anticiper les risques au lieu de les subir en contentieux.
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FAQ

Le code de propriété intellectuelle s'applique-t-il aux créations numériques ?

Oui. Le CPI protège les logiciels par le droit d'auteur (articles L. 112-2 et L. 122-6), les bases de données par un droit sui generis (L. 341-1) et les inventions mises en œuvre par ordinateur par le droit des brevets (L. 611-10), sous réserve qu'elles remplissent les conditions de brevetabilité.

Quelle différence entre propriété littéraire et artistique et propriété industrielle dans le CPI ?

La propriété littéraire et artistique protège les œuvres originales sans formalité de dépôt. La propriété industrielle (brevets, marques, dessins) exige un dépôt auprès de l'INPI pour faire naître le droit. Les durées de protection et les conditions d'acquisition diffèrent selon chaque régime.

Pourquoi l'article L. 131-3 du CPI est-il si souvent invoqué en contentieux ?

L'article L. 131-3 impose que chaque droit cédé soit mentionné distinctement dans le contrat, avec son étendue, sa destination, son lieu et sa durée. Toute clause globale ou imprécise est nulle. Cette exigence formaliste génère de nombreux litiges lorsque les contrats sont rédigés de manière insuffisante.

Le CPI protège-t-il automatiquement une marque non déposée ?

Non. En droit français, la protection d'une marque naît du dépôt (article L. 712-1). Une marque non déposée ne bénéficie pas du monopole d'exploitation prévu par le CPI. Elle peut toutefois être protégée par l'action en concurrence déloyale, fondée sur le droit commun de la responsabilité civile.

Comment le CPI encadre-t-il les inventions de salariés ?

L'article L. 611-7 distingue 3 cas : les inventions de mission (attribuées à l'employeur avec contrepartie financière), les inventions hors mission attribuables (l'employeur peut revendiquer un droit d'attribution) et les inventions hors mission non attribuables (propriété du salarié). Le non-respect de ce régime expose l'entreprise à un contentieux devant la CNIS.

Pour aller plus loin

Code de la propriété intellectuelle - Légifrance

Propriété intellectuelle, INPI : un guide pratique pour les entrepreneurs - economie.gouv.fr

Institut National de la Propriété Industrielle (INPI) - Service-Public.fr

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