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Marque produit : la définition issue du Code de la propriété intellectuelle
Marque de produit vs marque de service vs marque commerciale : ce que recouvre chaque notion
Les différents types de marques produit : individuelle, collective, de garantie
Pourquoi une marque produit constitue un actif stratégique pour l'entreprise
Quand et comment déposer une marque produit en France et à l'international ?
Les erreurs fréquentes des dirigeants en matière de marque produit
La marque produit désigne un signe enregistré qui permet d'identifier les biens commercialisés par une entreprise et de les distinguer de ceux proposés par ses concurrents. L'article L711-1 du Code de la propriété intellectuelle en fixe le périmètre : peut constituer une marque tout signe susceptible de représentation graphique — mot, logo, combinaison de couleurs, forme tridimensionnelle, son — à condition qu'il soit distinctif.
En pratique, la distinctivité est la condition centrale. Un terme générique comme « chaussure » ne peut pas être déposé pour désigner des chaussures. En revanche, un mot inventé, un assemblage original de termes ou un logo stylisé remplissent cette exigence. L'INPI (Institut National de la Propriété Industrielle) examine ce critère lors de chaque demande d'enregistrement.
Le droit sur la marque de produit naît de l'enregistrement, et non de l'usage. Contrairement au droit d'auteur, qui protège une œuvre dès sa création, la marque n'existe juridiquement qu'à compter de son dépôt. Ce principe a une conséquence directe pour un dirigeant : tant qu'un signe n'est pas enregistré, il ne bénéficie d'aucune protection au titre du droit des marques, même s'il est utilisé depuis des années.
La protection conférée dure 10 ans à compter de la date de dépôt. Elle est renouvelable indéfiniment par périodes de 10 ans, ce qui fait de la marque un actif potentiellement perpétuel — à condition de maintenir son renouvellement et son exploitation effective.
La confusion entre ces 3 notions est fréquente. Pourtant, chacune recouvre un périmètre juridique et fonctionnel distinct.
| Notion | Ce qu'elle désigne | Exemple |
|---|---|---|
| Marque de produit | Signe distinctif enregistré identifiant des biens matériels | « Evian » pour de l'eau minérale |
| Marque de service | Signe distinctif enregistré identifiant des prestations immatérielles | « Doctolib » pour un service de prise de rendez-vous |
| Marque commerciale | Terme courant (non juridique) désignant l'identité globale d'une entreprise | Le nom et l'image d'une enseigne de distribution |
La distinction entre marque de produit et marque de service repose sur la classification de Nice, un système international qui répartit les biens et services en 45 classes. Les classes 1 à 34 couvrent les produits. Les classes 35 à 45 couvrent les services. Lors du dépôt, le choix des classes détermine le périmètre exact de la protection.
Le terme « marque commerciale », quant à lui, n'a pas de définition dans le Code de la propriété intellectuelle. Il est utilisé dans le langage courant pour désigner l'identité d'une entreprise au sens large — nom, logo, réputation. Un dirigeant qui souhaite protéger juridiquement cette identité doit procéder à un dépôt formel de marque, en précisant s'il s'agit de produits, de services, ou des deux.
Identifier la nature exacte de ses signes distinctifs est un préalable à toute stratégie de protection du portefeuille immatériel.
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Le droit français distingue 3 catégories de marques, chacune répondant à une logique différente.
C'est la forme la plus courante. Elle est détenue par une seule entité — personne physique ou morale — qui en a l'usage exclusif pour les produits désignés dans le dépôt. La quasi-totalité des marques enregistrées à l'INPI relèvent de cette catégorie. En 2023, l'INPI a reçu environ 97 000 demandes de dépôt de marques françaises, dont l'écrasante majorité étaient des marques individuelles.
Elle est utilisée par un groupement (association, syndicat professionnel, coopérative) et peut être exploitée par tout membre de ce groupement qui respecte un règlement d'usage. Elle signale l'appartenance à un réseau ou le respect de caractéristiques communes. Par exemple, une marque collective peut identifier les produits d'une filière régionale.
Elle atteste que les produits qui la portent répondent à des critères définis dans un règlement d'usage : origine, composition, qualité, mode de fabrication. Le titulaire de la marque de garantie ne peut pas l'exploiter lui-même pour commercialiser des produits. Son rôle est exclusivement celui de certificateur. Le label « NF » en est un exemple connu.
| Type de marque | Titulaire | Qui peut l'utiliser ? | Fonction principale |
|---|---|---|---|
| Individuelle | Entreprise ou personne | Le titulaire seul | Identifier et distinguer ses produits |
| Collective | Groupement | Les membres du groupement | Signaler l'appartenance à un réseau |
| De garantie | Organisme certificateur | Toute entreprise conforme au règlement | Certifier des caractéristiques objectives |
Une marque produit enregistrée figure au bilan de l'entreprise en tant qu'immobilisation incorporelle. Sa valeur dépend de plusieurs facteurs : ancienneté, notoriété, étendue géographique de la protection, chiffre d'affaires généré sous cette marque.
D'un point de vue financier, la marque peut être cédée, concédée en licence, apportée en garantie ou intégrée dans une opération de leverage lors d'une levée de fonds ou d'une acquisition. Lors d'une cession d'entreprise, le portefeuille de marques constitue souvent une part significative de la valorisation des actifs immatériels.
D'un point de vue défensif, l'enregistrement confère un monopole d'exploitation sur le territoire couvert. Ce monopole permet d'agir en contrefaçon contre tout tiers qui utiliserait un signe identique ou similaire pour des produits identiques ou similaires. Sans enregistrement, l'entreprise ne dispose que de l'action en concurrence déloyale, dont le régime de preuve est plus exigeant et les résultats moins prévisibles.
Enfin, la marque structure la relation commerciale. Elle porte la promesse faite au client et constitue le support juridique de la politique de distribution (contrats de franchise, de licence, de distribution sélective). Pour un dirigeant, négliger le dépôt revient à construire une notoriété commerciale sans fondation juridique.
La valorisation et la protection d'un portefeuille de marques nécessitent un accompagnement juridique adapté à chaque étape de la vie de l'entreprise.
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La procédure se déroule en ligne sur le site de l'INPI. Le coût de base est de 190 € pour une classe de produits ou services. Chaque classe supplémentaire coûte 40 €. Le délai moyen d'enregistrement est d'environ 4 mois en l'absence d'opposition.
Les étapes clés sont les suivantes :
Deux voies principales existent :
C'est l'erreur la plus coûteuse. Déposer un signe déjà protégé expose l'entreprise à une action en contrefaçon, à l'annulation de la marque et à des dommages et intérêts. La recherche d'antériorité coûte entre 80 € et 500 € selon le périmètre. Le contentieux en contrefaçon se chiffre, lui, en dizaines de milliers d'euros.
Un dépôt limité à une seule classe alors que l'entreprise diversifie ses produits laisse des zones non protégées. À l'inverse, déposer dans des classes sans lien avec l'activité réelle expose la marque à une déchéance pour non-usage après 5 ans d'inactivité sur les produits concernés.
L'INPI n'assure pas de veille pour le compte des titulaires. Si un concurrent dépose un signe similaire, c'est au titulaire de former opposition dans le délai de 2 mois suivant la publication. Sans surveillance active, des marques concurrentes peuvent s'installer sans réaction.
La protection expire au bout de 10 ans. L'INPI envoie un rappel, mais la responsabilité du renouvellement incombe au titulaire. Un oubli entraîne la perte pure et simple du droit sur la marque produit, sans possibilité de récupération si un tiers dépose entre-temps un signe identique.
Structurer et sécuriser un portefeuille de marques suppose d'anticiper ces risques dès le premier dépôt.
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La marque produit protège un signe distinctif (nom, logo, son) qui identifie des biens sur un marché. Le brevet protège une invention technique. Les deux relèvent de la propriété intellectuelle, mais leurs objets, conditions d'obtention et durées de protection diffèrent. Le brevet dure 20 ans maximum et n'est pas renouvelable, tandis que la marque est renouvelable indéfiniment.
Le dépôt auprès de l'INPI coûte 190 € pour une classe de produits. Chaque classe supplémentaire ajoute 40 €. À ce coût s'ajoutent les frais de recherche d'antériorité (80 € à 500 €) et, le cas échéant, les honoraires d'un avocat pour la rédaction du libellé et le suivi de la procédure.
Oui, la procédure de dépôt à l'INPI est accessible en ligne sans intermédiaire. Toutefois, la recherche d'antériorité approfondie, le choix des classes et la rédaction du libellé comportent des risques juridiques. Une erreur à ce stade peut entraîner un refus d'enregistrement, une opposition ou une protection insuffisante.
Le Code de la propriété intellectuelle prévoit la déchéance pour non-usage. Si le titulaire n'exploite pas sa marque pendant une période ininterrompue de 5 ans, tout tiers intéressé peut demander sa déchéance devant l'INPI ou le tribunal judiciaire. La marque est alors radiée du registre.
Deux voies principales existent : le dépôt d'une marque de l'Union européenne auprès de l'EUIPO (850 € pour une classe, couvrant 27 pays) ou l'enregistrement international via le système de Madrid, qui permet de désigner individuellement les pays souhaités à partir d'un dépôt français ou européen.
Article L711-1 du Code de la propriété intellectuelle - Légifrance
Marques de produits ou de services, articles L711-1 à L717-7 - Légifrance
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