
Jullian Hoareau

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L'image du salarié reste un droit de la personne
Ce que doit contenir une autorisation de diffusion
Une autorisation illimitée n'est pas opposable
Retrait du consentement pendant le contrat
Ce qui s'applique après la rupture du contrat
Sanctions et bonnes pratiques pour l'employeur
Le droit à l'image du salarié ne découle pas du droit du travail. Il est rattaché à l'article 9 du code civil, qui protège le respect de la vie privée de toute personne. Ce rattachement a une conséquence directe : le lien de subordination n'autorise pas l'employeur à photographier, filmer ou diffuser l'image d'un collaborateur sans son accord.
En pratique, un DRH doit retenir un principe simple : le contrat de travail ne confère aucun droit sur l'image du salarié. Ni la fiche de poste, ni le règlement intérieur, ni une clause générale du contrat ne peuvent tenir lieu d'autorisation. Le consentement doit être recueilli séparément, par une démarche active et distincte.
La CNIL confirme cette analyse sous l'angle des données personnelles. Une photographie constitue une donnée à caractère personnel. Sa collecte, son stockage et sa diffusion relèvent du RGPD : base légale identifiée, finalité déterminée, information préalable de la personne, droit d'accès et droit d'effacement.
Une autorisation valable repose sur 4 éléments cumulatifs. L'absence de l'un d'entre eux fragilise l'ensemble du dispositif.
| Élément | Contenu attendu |
|---|---|
| Consentement libre | Aucune pression hiérarchique, refus sans conséquence sur le contrat |
| Finalité spécifique | Supports précisés : trombinoscope interne, site web, réseaux sociaux |
| Durée limitée | Période de validité définie (ex. : durée du contrat, 1 an renouvelable) |
| Droit de retrait | Mention explicite de la possibilité de retirer le consentement à tout moment |
Un accord donné pour un trombinoscope interne ne vaut pas autorisation de diffusion sur le site internet de l'entreprise ou sur un réseau social. Chaque support doit être listé. Chaque usage doit être décrit.
L'autorisation doit être écrite, signée et conservée par l'employeur. En cas de litige, c'est à lui de prouver qu'il disposait d'un consentement conforme.
Structurer les autorisations de diffusion d'image protège l'entreprise autant que le salarié. Un avocat spécialisé peut auditer vos pratiques RH.
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Un formulaire d'autorisation sans limite de durée ou sans précision de support n'est pas opposable au salarié. Les juridictions considèrent qu'un consentement dépourvu de cadre temporel ou matériel ne remplit pas les conditions de validité posées par l'article 9 du code civil et le RGPD.
Concrètement, une clause rédigée ainsi — « J'autorise l'entreprise à utiliser mon image sur tout support, sans limitation de durée » — est juridiquement fragile. Elle ne satisfait ni l'exigence de finalité spécifique, ni celle de limitation dans le temps.
Le DRH doit donc proscrire les autorisations « blanches » et privilégier des formulaires détaillés, renouvelables, adaptés à chaque campagne ou usage.
Le salarié peut retirer son consentement à tout moment, sans avoir à justifier sa décision. Ce droit s'applique pendant toute la durée du contrat de travail.
Lorsqu'un salarié notifie le retrait de son accord, l'employeur doit :
Le refus de retirer les images expose l'employeur à une action en référé sur le fondement de l'article 9 du code civil. Le juge peut ordonner toute mesure propre à faire cesser l'atteinte, y compris en urgence.
La gestion du retrait de consentement d'un salarié en poste soulève des questions opérationnelles et juridiques précises.
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La protection du droit à l'image perdure après la fin du contrat de travail. Le départ du salarié — qu'il s'agisse d'une démission, d'un licenciement ou d'une rupture conventionnelle — ne prolonge pas l'autorisation donnée pendant la relation de travail.
| Situation | Obligation de l'employeur |
|---|---|
| Autorisation limitée à la durée du contrat | Retrait des images dès la fin du contrat |
| Autorisation sans mention de durée post-contrat | Consentement réputé caduc à la rupture |
| Autorisation prévoyant une durée post-contrat | Diffusion possible dans les limites prévues, avec droit de retrait maintenu |
En l'absence de clause expresse prévoyant la poursuite de la diffusion après la rupture, l'employeur doit considérer que le consentement a pris fin. Maintenir la photo d'un ancien collaborateur sur le site de l'entreprise, sur une plaquette commerciale ou sur un réseau social sans nouvel accord constitue une atteinte au droit à l'image.
L'ancien salarié peut alors exiger le retrait et engager la responsabilité civile de l'employeur.
L'employeur qui diffuse l'image d'un salarié ou ancien salarié sans consentement valable s'expose à deux types de risques :
Un audit de vos pratiques de diffusion d'image permet d'identifier les risques et de sécuriser vos processus RH.
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Non. Le consentement doit être libre. Le salarié peut refuser sans que ce refus constitue une faute ou entraîne une sanction disciplinaire. Le lien de subordination ne crée aucune obligation de céder son image.
En théorie, un accord oral peut constituer un consentement. En pratique, l'employeur supporte la charge de la preuve. Sans écrit, il lui sera difficile de démontrer que le consentement était libre, spécifique et éclairé. L'écrit est donc indispensable.
L'employeur doit retirer l'image de tous les supports de diffusion dans un délai raisonnable. Le refus expose l'entreprise à une action en référé et à une demande de dommages et intérêts sur le fondement de l'article 9 du code civil.
Oui. Une photographie est une donnée à caractère personnel. Le RGPD impose une base légale, une finalité déterminée, une information préalable et le respect des droits d'accès et d'effacement. La CNIL peut être saisie en cas de manquement.
Non. Chaque support doit être expressément mentionné dans l'autorisation. Un accord pour un trombinoscope interne ne vaut pas accord pour une diffusion publique sur le site web ou les réseaux sociaux de l'entreprise.
Article 9 - Code civil (droit au respect de la vie privée) - Légifrance
Les règles pour la gestion du personnel - CNIL
Les droits des personnes au travail - CNIL
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