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Médiation à la consommation : définition et principe
Quelles entreprises sont concernées par l'obligation ?
Obligations légales du professionnel envers le consommateur
Comment désigner et référencer un médiateur ?
Sanctions encourues en cas de non-conformité
Articuler médiation à la consommation et contentieux
La médiation à la consommation est un dispositif légal de résolution amiable des litiges entre un consommateur et un professionnel. Instaurée par l'ordonnance n° 2015-1033 du 20 août 2015, transposant la directive européenne 2013/11/UE, elle permet à tout particulier de saisir gratuitement un tiers neutre pour tenter de résoudre un différend sans passer par un tribunal.
Le médiateur de la consommation est un professionnel indépendant, inscrit sur une liste officielle tenue par la Commission d'évaluation et de contrôle de la médiation de la consommation (CECMC). Son rôle consiste à proposer une solution aux deux parties dans un délai de 90 jours à compter de la notification du dossier complet. La proposition du médiateur n'est pas contraignante : chaque partie reste libre de l'accepter ou de la refuser.
Ce mécanisme se distingue de la médiation judiciaire ordonnée par un juge. Ici, c'est le consommateur qui déclenche la procédure, après avoir tenté une réclamation directe auprès du professionnel restée sans réponse satisfaisante pendant au moins 2 mois.
L'obligation de garantir l'accès à un médiateur s'applique à tout professionnel qui vend des biens ou fournit des services à des consommateurs, c'est-à-dire à des personnes physiques agissant à des fins non professionnelles. Le périmètre est défini par les articles L. 612-1 et suivants du Code de la consommation.
| Critère | Entreprise concernée | Entreprise non concernée |
|---|---|---|
| Nature de la clientèle | Vente à des particuliers (B2C) | Relations exclusivement B2B |
| Forme juridique | Toute forme (SAS, SARL, EI, auto-entrepreneur) | Sans objet |
| Canal de vente | Physique, en ligne, à distance | Sans objet |
| Secteur | Commerce, services, artisanat, professions libérales | Services publics administratifs |
En pratique, un éditeur de logiciel SaaS vendant des abonnements à des particuliers est concerné au même titre qu'un artisan ou un e-commerçant. Les entreprises opérant exclusivement en B2B ne sont pas soumises à cette obligation, sauf si elles réalisent ponctuellement des ventes à des consommateurs.
Le Code de la consommation impose au professionnel 3 obligations cumulatives :
Les supports sur lesquels les coordonnées du médiateur doivent figurer sont précisés par l'article R. 616-1 du Code de la consommation :
L'information doit inclure le nom du médiateur, son adresse postale et l'URL de son site internet. Omettre ces mentions, même par négligence, constitue un manquement sanctionnable.
Structurer la conformité de vos supports contractuels réduit le risque de litige et de sanction administrative.
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La désignation d'un médiateur suit un processus en 3 étapes :
Certains secteurs disposent d'un médiateur sectoriel désigné par une fédération professionnelle (énergie, banque, assurance, tourisme). Pour les autres secteurs, le professionnel choisit un médiateur dit « généraliste » ou « de la consommation » inscrit auprès de la CECMC.
Le professionnel signe une convention de médiation avec le médiateur choisi. Cette convention fixe les modalités de saisine, le périmètre des litiges couverts et la durée de l'engagement (généralement 3 ans renouvelables). Le coût annuel varie selon le médiateur et le volume d'activité, souvent entre 50 € et 500 € par an pour une TPE/PME.
Le médiateur doit figurer sur la liste des médiateurs référencés par la CECMC, publiée sur le site du ministère de l'Économie. Un médiateur non référencé ne permet pas de satisfaire l'obligation légale. La liste est mise à jour régulièrement et consultable en ligne.
| Étape | Action | Vérification |
|---|---|---|
| 1 | Identifier le médiateur sectoriel ou généraliste | Consulter la liste CECMC |
| 2 | Signer la convention de médiation | Vérifier la durée et le périmètre |
| 3 | Mettre à jour CGV, site et supports | Contrôler la présence des mentions obligatoires |
Le manquement à l'obligation de médiation est sanctionné par une amende administrative. L'article L. 641-1 du Code de la consommation prévoit :
La DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes) est l'autorité compétente pour constater les manquements et prononcer les sanctions. Les contrôles portent sur l'existence d'une convention avec un médiateur référencé et sur la présence effective des mentions obligatoires sur les supports contractuels.
Au-delà de l'amende, le défaut de conformité fragilise la position de l'entreprise en cas de litige judiciaire. Un juge peut relever l'absence de dispositif de médiation comme un indice de mauvaise foi contractuelle. En 2023, la CECMC recensait environ 100 médiateurs référencés et plus de 180 000 saisines de médiation dans l'année, signe d'un recours croissant des consommateurs à ce dispositif.
Un défaut de conformité sur la médiation peut compliquer la défense de l'entreprise en cas de contentieux avec un consommateur.
Sécuriser votre gestion des litiges
La médiation à la consommation ne ferme pas la voie judiciaire. Le consommateur peut saisir le tribunal à tout moment, y compris après un échec de la médiation. Inversement, le professionnel conserve la possibilité de contester une demande devant le juge si la proposition du médiateur lui paraît déséquilibrée.
En pratique, la médiation présente un intérêt stratégique pour l'entreprise :
Toutefois, certains litiges nécessitent un traitement judiciaire, notamment lorsque le montant en jeu dépasse le cadre d'un règlement amiable ou lorsque l'entreprise souhaite établir un précédent juridique. La direction juridique doit donc définir une politique claire : quels litiges orienter vers la médiation, et à partir de quel seuil basculer vers le contentieux.
Cette articulation suppose une coordination entre le suivi des réclamations consommateurs, le médiateur désigné et, le cas échéant, l'avocat en charge du contentieux. Documenter chaque étape (réclamation initiale, saisine du médiateur, proposition, acceptation ou refus) constitue un élément de preuve en cas de procédure ultérieure.
Coordonner médiation et contentieux permet de protéger les intérêts de l'entreprise à chaque étape du litige.
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Oui, dès lors que l'entreprise vend des biens ou services à des consommateurs (personnes physiques agissant hors cadre professionnel). Les entreprises opérant exclusivement en B2B ne sont pas concernées. L'obligation s'applique quel que soit le secteur d'activité ou la taille de l'entreprise.
Le coût dépend du médiateur choisi et du volume d'activité de l'entreprise. Pour une TPE ou PME, les conventions annuelles se situent généralement entre 50 € et 500 € par an. La procédure de médiation elle-même est gratuite pour le consommateur.
La liste officielle est publiée par la CECMC (Commission d'évaluation et de contrôle de la médiation de la consommation) et consultable sur le site du ministère de l'Économie. Seul un médiateur inscrit sur cette liste permet de satisfaire l'obligation légale.
Oui. La médiation est un processus volontaire et non contraignant. Le consommateur comme le professionnel conservent le droit de saisir le tribunal compétent, que la médiation ait abouti ou non. Les échanges tenus en médiation restent confidentiels et ne sont pas opposables en justice.
L'amende administrative peut atteindre 3 000 € pour une personne physique et 15 000 € pour une personne morale. La DGCCRF est chargée des contrôles. Au-delà de l'amende, l'absence de dispositif peut fragiliser la position de l'entreprise en cas de litige judiciaire.
Processus de médiation des litiges de consommation (articles L612-1 à L612-5) - Légifrance
Médiation conventionnelle (ou extra-judiciaire) - Service-Public.fr (Entreprendre)
La médiation de la consommation : ce que vous devez savoir - DGCCRF, economie.gouv.fr
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