Médiation à la consommation : obligations et cadre légal pour l'entreprise

Guides & Ressources pratiques
03 Jun 2026
-
7 min de lecture
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Points clés de l'article
  1. Toute entreprise B2C doit permettre au consommateur de recourir gratuitement à un médiateur de la consommation référencé.
  2. L'obligation couvre les professionnels de tous secteurs vendant des biens ou services à des particuliers, y compris en ligne.
  3. Le professionnel doit mentionner les coordonnées du médiateur sur ses supports contractuels (CGV, site web, courriers).
  4. La désignation passe par une convention avec un médiateur inscrit sur la liste officielle de la CECMC.
  5. Le non-respect expose à une amende administrative pouvant atteindre 15 000 € pour une personne morale.
  6. La médiation n'exclut pas le recours judiciaire : elle s'articule avec la gestion du contentieux.

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Sommaire

Médiation à la consommation : définition et principe

Quelles entreprises sont concernées par l'obligation ?

Obligations légales du professionnel envers le consommateur

Comment désigner et référencer un médiateur ?

Sanctions encourues en cas de non-conformité

Articuler médiation à la consommation et contentieux

FAQ

Pour aller plus loin

Médiation à la consommation : définition et principe

La médiation à la consommation est un dispositif légal de résolution amiable des litiges entre un consommateur et un professionnel. Instaurée par l'ordonnance n° 2015-1033 du 20 août 2015, transposant la directive européenne 2013/11/UE, elle permet à tout particulier de saisir gratuitement un tiers neutre pour tenter de résoudre un différend sans passer par un tribunal.

Le médiateur de la consommation est un professionnel indépendant, inscrit sur une liste officielle tenue par la Commission d'évaluation et de contrôle de la médiation de la consommation (CECMC). Son rôle consiste à proposer une solution aux deux parties dans un délai de 90 jours à compter de la notification du dossier complet. La proposition du médiateur n'est pas contraignante : chaque partie reste libre de l'accepter ou de la refuser.

Ce mécanisme se distingue de la médiation judiciaire ordonnée par un juge. Ici, c'est le consommateur qui déclenche la procédure, après avoir tenté une réclamation directe auprès du professionnel restée sans réponse satisfaisante pendant au moins 2 mois.

Quelles entreprises sont concernées par l'obligation ?

L'obligation de garantir l'accès à un médiateur s'applique à tout professionnel qui vend des biens ou fournit des services à des consommateurs, c'est-à-dire à des personnes physiques agissant à des fins non professionnelles. Le périmètre est défini par les articles L. 612-1 et suivants du Code de la consommation.

CritèreEntreprise concernéeEntreprise non concernée
Nature de la clientèleVente à des particuliers (B2C)Relations exclusivement B2B
Forme juridiqueToute forme (SAS, SARL, EI, auto-entrepreneur)Sans objet
Canal de ventePhysique, en ligne, à distanceSans objet
SecteurCommerce, services, artisanat, professions libéralesServices publics administratifs

En pratique, un éditeur de logiciel SaaS vendant des abonnements à des particuliers est concerné au même titre qu'un artisan ou un e-commerçant. Les entreprises opérant exclusivement en B2B ne sont pas soumises à cette obligation, sauf si elles réalisent ponctuellement des ventes à des consommateurs.

Obligations légales du professionnel envers le consommateur

Le Code de la consommation impose au professionnel 3 obligations cumulatives :

  1. Désigner un médiateur compétent pour son secteur d'activité et conclure une convention avec lui.
  2. Informer le consommateur des coordonnées du médiateur de manière visible et lisible.
  3. Communiquer ces informations sur plusieurs supports obligatoires.

Les supports sur lesquels les coordonnées du médiateur doivent figurer sont précisés par l'article R. 616-1 du Code de la consommation :

  • Les conditions générales de vente (CGV) ou de service
  • Le site internet de l'entreprise
  • Les bons de commande
  • Tout courrier de réponse à une réclamation du consommateur

L'information doit inclure le nom du médiateur, son adresse postale et l'URL de son site internet. Omettre ces mentions, même par négligence, constitue un manquement sanctionnable.

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Comment désigner et référencer un médiateur ?

La désignation d'un médiateur suit un processus en 3 étapes :

Identifier le médiateur compétent

Certains secteurs disposent d'un médiateur sectoriel désigné par une fédération professionnelle (énergie, banque, assurance, tourisme). Pour les autres secteurs, le professionnel choisit un médiateur dit « généraliste » ou « de la consommation » inscrit auprès de la CECMC.

Conclure une convention

Le professionnel signe une convention de médiation avec le médiateur choisi. Cette convention fixe les modalités de saisine, le périmètre des litiges couverts et la durée de l'engagement (généralement 3 ans renouvelables). Le coût annuel varie selon le médiateur et le volume d'activité, souvent entre 50 € et 500 € par an pour une TPE/PME.

Vérifier l'inscription officielle

Le médiateur doit figurer sur la liste des médiateurs référencés par la CECMC, publiée sur le site du ministère de l'Économie. Un médiateur non référencé ne permet pas de satisfaire l'obligation légale. La liste est mise à jour régulièrement et consultable en ligne.

ÉtapeActionVérification
1Identifier le médiateur sectoriel ou généralisteConsulter la liste CECMC
2Signer la convention de médiationVérifier la durée et le périmètre
3Mettre à jour CGV, site et supportsContrôler la présence des mentions obligatoires

Sanctions encourues en cas de non-conformité

Le manquement à l'obligation de médiation est sanctionné par une amende administrative. L'article L. 641-1 du Code de la consommation prévoit :

  • 3 000 € d'amende pour une personne physique
  • 15 000 € d'amende pour une personne morale

La DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes) est l'autorité compétente pour constater les manquements et prononcer les sanctions. Les contrôles portent sur l'existence d'une convention avec un médiateur référencé et sur la présence effective des mentions obligatoires sur les supports contractuels.

Au-delà de l'amende, le défaut de conformité fragilise la position de l'entreprise en cas de litige judiciaire. Un juge peut relever l'absence de dispositif de médiation comme un indice de mauvaise foi contractuelle. En 2023, la CECMC recensait environ 100 médiateurs référencés et plus de 180 000 saisines de médiation dans l'année, signe d'un recours croissant des consommateurs à ce dispositif.

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Articuler médiation à la consommation et contentieux

La médiation à la consommation ne ferme pas la voie judiciaire. Le consommateur peut saisir le tribunal à tout moment, y compris après un échec de la médiation. Inversement, le professionnel conserve la possibilité de contester une demande devant le juge si la proposition du médiateur lui paraît déséquilibrée.

En pratique, la médiation présente un intérêt stratégique pour l'entreprise :

  • Coût réduit : la procédure est gratuite pour le consommateur et peu coûteuse pour le professionnel, comparée aux frais de justice.
  • Délai maîtrisé : 90 jours maximum, contre plusieurs mois voire années pour un contentieux judiciaire.
  • Confidentialité : les échanges en médiation ne sont pas opposables devant un tribunal.

Toutefois, certains litiges nécessitent un traitement judiciaire, notamment lorsque le montant en jeu dépasse le cadre d'un règlement amiable ou lorsque l'entreprise souhaite établir un précédent juridique. La direction juridique doit donc définir une politique claire : quels litiges orienter vers la médiation, et à partir de quel seuil basculer vers le contentieux.

Cette articulation suppose une coordination entre le suivi des réclamations consommateurs, le médiateur désigné et, le cas échéant, l'avocat en charge du contentieux. Documenter chaque étape (réclamation initiale, saisine du médiateur, proposition, acceptation ou refus) constitue un élément de preuve en cas de procédure ultérieure.

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FAQ

La médiation à la consommation est-elle obligatoire pour toutes les entreprises ?

Oui, dès lors que l'entreprise vend des biens ou services à des consommateurs (personnes physiques agissant hors cadre professionnel). Les entreprises opérant exclusivement en B2B ne sont pas concernées. L'obligation s'applique quel que soit le secteur d'activité ou la taille de l'entreprise.

Combien coûte la désignation d'un médiateur de la consommation ?

Le coût dépend du médiateur choisi et du volume d'activité de l'entreprise. Pour une TPE ou PME, les conventions annuelles se situent généralement entre 50 € et 500 € par an. La procédure de médiation elle-même est gratuite pour le consommateur.

Où trouver la liste des médiateurs référencés ?

La liste officielle est publiée par la CECMC (Commission d'évaluation et de contrôle de la médiation de la consommation) et consultable sur le site du ministère de l'Économie. Seul un médiateur inscrit sur cette liste permet de satisfaire l'obligation légale.

Le consommateur peut-il saisir le tribunal même après une médiation ?

Oui. La médiation est un processus volontaire et non contraignant. Le consommateur comme le professionnel conservent le droit de saisir le tribunal compétent, que la médiation ait abouti ou non. Les échanges tenus en médiation restent confidentiels et ne sont pas opposables en justice.

Quelles sanctions risque une entreprise sans médiateur désigné ?

L'amende administrative peut atteindre 3 000 € pour une personne physique et 15 000 € pour une personne morale. La DGCCRF est chargée des contrôles. Au-delà de l'amende, l'absence de dispositif peut fragiliser la position de l'entreprise en cas de litige judiciaire.

Pour aller plus loin

Processus de médiation des litiges de consommation (articles L612-1 à L612-5) - Légifrance

Médiation conventionnelle (ou extra-judiciaire) - Service-Public.fr (Entreprendre)

La médiation de la consommation : ce que vous devez savoir - DGCCRF, economie.gouv.fr

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