
Florent M.

Accédez en -24h à un avocat d'affaires sélectionné parmi les meilleurs, à des honoraires maîtrisés.
Qu'est-ce qu'un lotissement au sens du code de l'urbanisme
Permis d'aménager ou déclaration préalable : le bon critère
Ce que change le décret du 27 juillet 2026
Constituer le dossier et suivre l'instruction de la demande
Quand et comment vendre les lots sans risque juridique
TVA sur le prix total ou TVA sur la marge
Plus-values et autres taxes dues par le lotisseur
Les erreurs qui bloquent la commercialisation des lots
Diviser un terrain pour revendre des lots engage trois décisions : quelle autorisation demander, à quel moment la vente devient licite, quel régime fiscal frappe chaque cession. Ce guide du lotissement détaille la procédure, la vente des lots et la fiscalité applicable.
Le code de l'urbanisme qualifie de lotissement la division d'une unité foncière en plusieurs lots destinés à être bâtis. Le régime figure aux articles R442-1 à R442-21, dont les articles R442-12 à R442-18 encadrent la cession des lots et l'édification des constructions. Le nombre de lots n'est pas un critère : un détachement unique en vue de bâtir suffit à ouvrir le régime. Un exploitant qui sépare une parcelle de son site pour la céder à un constructeur y est donc soumis.
Un lotissement relève du permis d'aménager lorsqu'il prévoit la création ou l'aménagement de voies, d'espaces ou d'équipements communs à plusieurs lots destinés à être bâtis, et que leur réalisation incombe au lotisseur. À défaut, il relève de la déclaration préalable. Le critère est technique, non quantitatif : ce sont les équipements mutualisés à la charge de l'opérateur qui déclenchent la procédure lourde.
| Critère | Permis d'aménager | Déclaration préalable |
|---|---|---|
| Fait générateur | Voies ou équipements communs à créer, à la charge du lotisseur | Aucun équipement commun à réaliser |
| Instruction de droit commun | 3 mois | 1 mois |
| Garantie financière d'achèvement | Possible, pour vendre avant la fin des travaux | Non exigée |
| Association syndicale | Attendue si des équipements communs sont gérés par les acquéreurs | Non exigée |
| Vente des lots | Après le permis, puis achèvement ou garantie | Aucune séquence propre au lotissement |
Le choix entre permis d'aménager et déclaration préalable fixe le calendrier de commercialisation et le niveau de garanties à mobiliser.
Cadrer une opération de division foncière
Le décret n° 2026-674 du 27 juillet 2026, applicable au 1er septembre 2026, met fin à un déclenchement automatique. Jusqu'alors, la seule présence du projet dans le périmètre d'un site patrimonial remarquable, aux abords d'un monument historique, dans un site classé ou en instance de classement imposait un permis d'aménager. Ce critère de localisation ne suffit plus : le critère central devient celui des voies, espaces ou équipements communs. Une division sans équipement commun en secteur protégé peut donc relever de la déclaration préalable. Le décret ne supprime ni les règles du plan local d'urbanisme, ni les consultations patrimoniales, ni les obligations de viabilisation, ni les recours des tiers. Une division engagée avant septembre 2026 en secteur soumis à l'architecte des Bâtiments de France reste instruite en permis d'aménager.
Le dossier repose sur un plan de situation, un plan de l'état actuel du terrain et le projet de division. En permis d'aménager s'ajoutent une notice décrivant le parti d'aménagement, un plan de composition coté et le programme des travaux de viabilisation. Le lotisseur peut y joindre un règlement de lotissement, qui fixe des règles propres à l'opération et s'impose aux acquéreurs. Le délai d'instruction de droit commun est de 3 mois pour un permis d'aménager et de 1 mois pour une déclaration préalable. Ces délais courent à compter du dépôt d'un dossier complet : une demande de pièces manquantes décale d'autant la date de première recette.
Un dossier incomplet retarde l'instruction et repousse la mise en vente de plusieurs mois.
Faire sécuriser le montage du dossier
Sous permis d'aménager, la commercialisation obéit à une séquence stricte. Aucune vente ni promesse de vente ne peut être consentie et aucun acompte accepté avant la délivrance du permis. Une fois le permis obtenu, la vente reste subordonnée à l'une de deux conditions : soit l'achèvement des travaux de viabilisation et d'équipement, soit l'obtention d'une garantie financière d'achèvement, engagement d'un établissement financier de financer la fin des travaux si le lotisseur défaille. Cette garantie est le levier de trésorerie : elle autorise l'encaissement avant la fin du chantier. La commercialisation par tranches reste possible : les ventes s'ouvrent sur une tranche viabilisée pendant que la suivante est en travaux. Une déclaration préalable, elle, ne suppose ni garantie d'achèvement ni association syndicale.
L'assiette de la TVA dépend des conditions d'acquisition du terrain par le vendeur. Elle porte sur le prix total lorsque cette acquisition a ouvert droit à déduction. Elle porte sur la seule marge, différence entre prix de vente et prix d'acquisition, lorsque l'achat n'a pas ouvert droit à déduction, par exemple auprès d'un particulier (article 268 du code général des impôts). Une exclusion mérite attention : la marge est écartée lorsque le terrain à bâtir vendu avait le caractère d'un immeuble bâti lors de son acquisition et que le bâtiment a été démoli par l'acquéreur-revendeur.
| Élément | TVA sur le prix total | TVA sur la marge |
|---|---|---|
| Déclenchement | L'acquisition a ouvert droit à déduction | L'acquisition n'a pas ouvert droit à déduction |
| Assiette taxée | Prix de vente du lot | Prix de vente moins prix d'acquisition |
| TVA d'amont | Déductible sur l'achat du terrain | Non déductible |
| Effet sur le prix de sortie | Charge élevée, neutre si l'acquéreur récupère la taxe | Base réduite, marge préservée face à un particulier |
| Limite | Régime de droit commun | Écarté si un immeuble bâti acquis puis démoli est revendu en terrain |
L'arbitrage entre TVA sur le prix total et TVA sur la marge se prépare avant la signature de l'acquisition du terrain.
Faire arbitrer le régime de TVA applicable
Le traitement du gain dépend de la qualification de l'opérateur. Une société qui achète pour revendre après division exerce une activité de marchand de biens : le résultat est imposé comme un bénéfice d'exploitation, non comme une plus-value. Une entreprise qui cède un terrain inscrit à son actif de longue date relève du régime des plus-values professionnelles. L'écart entre ces deux traitements justifie de figer la qualification avant l'acquisition. S'ajoutent la taxe d'aménagement, exigible au titre de l'autorisation d'urbanisme, et les participations au financement des équipements publics rendus nécessaires par le projet. Ces charges se négocient avec la commune et doivent figurer au bilan prévisionnel.
Oui. La qualification tient à la division d'une unité foncière en vue de bâtir, pas à un nombre minimal de lots. Un seul détachement destiné à la construction suffit.
Sous permis d'aménager, oui, à condition d'avoir obtenu une garantie financière d'achèvement. À défaut, la vente suppose l'achèvement préalable des travaux de viabilisation et d'équipement.
Non. Il retire la seule localisation en secteur protégé de la liste des cas imposant un permis d'aménager. Les consultations patrimoniales et le plan local d'urbanisme continuent de s'appliquer.
Il faut remonter à l'acte d'acquisition. Si celle-ci n'a pas ouvert droit à déduction, l'assiette est la marge. Dans le cas inverse, la TVA porte sur le prix total.
Non. Une déclaration préalable de lotissement ne suppose ni garantie financière d'achèvement ni constitution d'une association syndicale.
Chapitre II : Dispositions propres aux lotissements (Articles R*442-1 à R*442-21) - Légifrance
TVA - Opérations immobilières - Modalités de taxation - Base d'imposition - BOFiP
SWIM LEGAL est une alternative au cabinet d'avocats traditionnel pour les besoins juridiques des entreprises. Incubé par le Barreau de Paris, SWIM a reçu le Prix de l'Innovation pour sa solution permettant à toute entreprise, quelle que soit sa taille ou sa localisation, d'accéder rapidement via la plateforme à des avocats d'affaires expérimentés. Les entreprises peuvent déposer leur besoin — qu'il s'agisse d'un dossier, d'une consultation ou d'un renfort temporaire — de manière confidentielle et recevoir des propositions d'avocats pour répondre rapidement à leur demande.





