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Finalité de la lettre d'augmentation de loyer commercial
Cadre juridique : révision triennale et indices applicables (ILC, ILAT, ICC)
Structure et mentions obligatoires de la lettre
Mentions obligatoires et clauses optionnelles
Mode d'emploi : rédiger et envoyer la lettre étape par étape
Limites du modèle et erreurs fréquentes
La lettre d'augmentation de loyer commercial est l'acte par lequel le bailleur notifie au preneur sa demande de révision du loyer en cours de bail. Ce document n'est pas une simple formalité administrative : il constitue le point de départ juridique de la procédure de révision prévue par le Code de commerce.
En pratique, cette lettre remplit 3 fonctions distinctes. Elle formalise la volonté du bailleur de modifier le montant du loyer. Elle fixe la date à partir de laquelle le nouveau loyer sera exigible. Elle fournit au preneur les éléments de calcul lui permettant de vérifier — et, le cas échéant, de contester — le montant proposé.
Pour le directeur juridique, l'enjeu est précis : une lettre mal rédigée, envoyée hors délai ou fondée sur un indice erroné, est inopposable au locataire. La Cour de cassation a confirmé à plusieurs reprises que le non-respect des formes prescrites prive la demande de révision de tout effet (Cass. civ. 3e, 6 février 2020, n° 19-10.291). Le preneur peut alors continuer à régler l'ancien loyer sans que le bailleur puisse lui opposer la révision.
La rédaction de cette lettre exige donc une maîtrise simultanée du cadre légal applicable, de l'indice de référence pertinent et des mentions formelles imposées par la jurisprudence.
La révision du loyer d'un bail commercial est régie par les articles L.145-37 à L.145-39 du Code de commerce. Elle peut être demandée par le bailleur ou le preneur à l'expiration de chaque période triennale, c'est-à-dire tous les 3 ans à compter de la date d'effet du bail ou de la dernière révision.
Le loyer révisé ne peut excéder la variation de l'indice applicable depuis la dernière fixation du loyer, sauf à démontrer une modification matérielle des facteurs locaux de commercialité ayant entraîné une variation de plus de 10 % de la valeur locative (article L.145-38 du Code de commerce).
Le choix de l'indice conditionne le calcul du nouveau loyer. L'utilisation d'un indice inadapté constitue l'une des causes les plus fréquentes de contestation.
| Indice | Sigle | Activités concernées | Publication |
|---|---|---|---|
| Indice des loyers commerciaux | ILC | Activités commerciales et artisanales | INSEE, chaque trimestre |
| Indice des loyers des activités tertiaires | ILAT | Professions libérales, activités tertiaires (bureaux, entrepôts logistiques) | INSEE, chaque trimestre |
| Indice du coût de la construction | ICC | Baux conclus avant septembre 2014 n'ayant pas opté pour l'ILC ou l'ILAT | INSEE, chaque trimestre |
Depuis la loi Pinel du 18 juin 2014, l'ICC ne peut plus servir de référence pour les baux conclus ou renouvelés après cette date. Pour les baux antérieurs, il reste applicable si le contrat y fait expressément référence et qu'aucun avenant n'a modifié cette clause.
Le nouveau loyer se calcule ainsi :
Nouveau loyer = Loyer en cours × (Indice du trimestre de référence ÷ Indice de base)
L'indice de base correspond à celui en vigueur lors de la dernière fixation du loyer (date d'effet du bail ou dernière révision). L'indice du trimestre de référence est le dernier indice publié à la date de la demande de révision.
Pour sécuriser le choix de l'indice et le calcul de révision dans le cadre de vos baux commerciaux, un accompagnement juridique ciblé évite les erreurs d'opposabilité.
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La lettre de demande de révision doit suivre une architecture claire et complète. Voici la structure type à respecter :
Le corps du courrier doit contenir, dans cet ordre :
La lettre se termine par une invitation au preneur à prendre contact en cas de désaccord, suivie de la signature du bailleur ou de son représentant légal.
| Mention | Fondement | Conséquence de l'omission |
|---|---|---|
| Montant du loyer en cours | Jurisprudence constante | Le preneur ne peut vérifier le calcul ; la demande est contestable |
| Indice de référence et valeurs utilisées | Art. L.145-37 C. com. | Le calcul est invérifiable ; la révision peut être déclarée nulle |
| Date d'effet souhaitée | Art. L.145-38 C. com. | Impossibilité de déterminer le point de départ du nouveau loyer |
| Mode d'envoi conforme (LRAR ou acte extrajudiciaire) | Art. L.145-37 C. com. | La demande n'a aucune valeur juridique |
Certaines mentions, sans être légalement obligatoires, renforcent la solidité juridique de la lettre :
La distinction entre révision triennale et clause d'échelle mobile est source de litiges fréquents. Un avocat spécialisé peut vérifier la conformité de votre demande avant envoi.
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Avant toute rédaction, le directeur juridique doit contrôler 3 points :
Reprendre la structure décrite dans les sections précédentes. Chaque élément de calcul doit être reproduit de manière transparente pour permettre au preneur de vérifier le résultat.
L'article L.145-37 du Code de commerce impose un envoi par acte extrajudiciaire (signification par huissier) ou par lettre recommandée avec accusé de réception (LRAR). Un envoi par courrier simple, par e-mail ou par voie dématérialisée non certifiée est dépourvu de valeur juridique.
Conserver l'accusé de réception ou le procès-verbal de signification : ce document constitue la preuve de la date de notification, qui détermine le point de départ du nouveau loyer.
Un modèle standardisé de lettre d'augmentation de loyer convient aux situations courantes : bail commercial classique (3/6/9), activité unique, indice clairement identifié dans le contrat. En revanche, plusieurs configurations exigent une analyse juridique spécifique :
Face à un bail atypique ou à un désaccord du preneur, l'intervention d'un avocat spécialisé permet de sécuriser la procédure de révision et d'anticiper un éventuel contentieux.
Être mis en relation avec un avocat en baux commerciaux
Non. L'article L.145-37 du Code de commerce exige un envoi par acte extrajudiciaire (huissier) ou par lettre recommandée avec accusé de réception. Un e-mail, même avec accusé de lecture, ne satisfait pas cette exigence. La demande envoyée par voie électronique non certifiée est juridiquement inopposable au preneur.
Pour un bail conclu après le 18 juin 2014, l'indice applicable est l'ILC (activités commerciales et artisanales) ou l'ILAT (activités tertiaires et professions libérales). L'ICC ne peut plus être utilisé comme indice de référence pour les baux postérieurs à la loi Pinel, sauf clause contraire dans un bail antérieur non renouvelé.
Le silence du preneur ne vaut pas acceptation. Le bailleur dispose d'un délai de 2 ans à compter de la date de notification pour saisir le juge des loyers commerciaux du tribunal judiciaire compétent (article L.145-60 du Code de commerce). Passé ce délai, la demande de révision est prescrite.
Oui, les deux mécanismes coexistent. La clause d'échelle mobile ajuste le loyer automatiquement selon l'indice contractuel, tandis que la révision triennale permet de réaligner le loyer sur la valeur locative. Toutefois, si l'indexation a provoqué une hausse supérieure à 25 % par rapport au loyer initial, le preneur peut demander une révision judiciaire en application de l'article L.145-39 du Code de commerce.
Aucune obligation légale n'impose le recours à un avocat pour rédiger la lettre. En revanche, dans les situations complexes (bail mixte, activité multiple, contestation prévisible du preneur), l'intervention d'un professionnel du droit réduit le risque d'erreur formelle ou de calcul susceptible d'entraîner l'inopposabilité de la demande.
Article L145-38 du Code de commerce - Révision du loyer du bail commercial - Légifrance
Bail commercial : fixer et réviser le loyer - Service-Public.fr
Bail commercial et bail professionnel : quel indice de référence utiliser - Service-Public.fr
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