Exemple d'indemnité supra légale PSE : barèmes et calculs

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01 Jun 2026
-
8 min de lecture
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Points clés de l'article
  1. L'indemnité supra légale PSE est la part négociée au-delà du minimum légal de licenciement, financée par l'employeur dans le cadre du plan de sauvegarde de l'emploi.
  2. Elle se calcule généralement en mois de salaire brut par année d'ancienneté, avec des barèmes variant de 0,5 à 1,5 mois selon les entreprises.
  3. L'âge, la qualification et les difficultés de reclassement modulent le montant final à la hausse.
  4. Les indemnités supra légales bénéficient d'exonérations fiscales et sociales dans la limite de 2 PASS (soit 92 736 € en 2024).
  5. Un différé spécifique d'indemnisation Pôle emploi s'applique, calculé sur la fraction excédant le minimum légal.

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Sommaire

Définition et fondement de l'indemnité supra légale en PSE

Composantes de l'indemnité dans un PSE : légale et supra

Exemples chiffrés selon ancienneté et salaire de référence

Critères de modulation : âge, qualification, reclassement

Régime fiscal et social des indemnités supra légales PSE

Impact sur les allocations chômage et différé spécifique

FAQ

Pour aller plus loin

Définition et fondement de l'indemnité supra légale en PSE

Lorsqu'une entreprise de 50 salariés ou plus envisage au moins 10 licenciements économiques sur 30 jours, elle doit élaborer un plan de sauvegarde de l'emploi (PSE). Ce plan, encadré par les articles L. 1233-61 et suivants du Code du travail, prévoit des mesures de reclassement, de formation et d'accompagnement. Parmi ces mesures figure l'indemnité supra légale PSE : un complément financier versé au salarié en plus de l'indemnité légale de licenciement.

Son fondement est double. D'une part, elle résulte d'une obligation de moyens renforcée pesant sur l'employeur, qui doit démontrer la qualité de son plan devant la DREETS (ex-Direccte). D'autre part, elle constitue un levier de négociation avec les organisations syndicales. En pratique, plus l'enveloppe supra légale est élevée, plus le PSE a de chances d'être validé sans contentieux. Selon la Dares, environ 700 PSE sont initiés chaque année en France, et le montant moyen de l'indemnité supra légale licenciement économique varie considérablement d'un secteur à l'autre.

Composantes de l'indemnité dans un PSE : légale et supra

L'indemnité totale perçue par un salarié licencié dans le cadre d'un PSE se décompose en 2 parts distinctes :

ComposanteBase de calculSource
Indemnité légale de licenciement1/4 de mois par année (0-10 ans) puis 1/3 de mois au-delàCode du travail, art. R. 1234-2
Indemnité supra légale PSENégociée : en général 0,5 à 1,5 mois par année d'anciennetéAccord collectif ou document unilatéral

L'indemnité légale constitue un plancher incompressible. La convention collective applicable peut prévoir un montant conventionnel supérieur, qui se substitue alors au minimum légal. L'indemnité supra légale PSE vient s'ajouter à ce socle. Elle est définie soit par accord majoritaire avec les syndicats, soit par document unilatéral de l'employeur homologué par la DREETS.

Le dirigeant doit donc calibrer l'enveloppe globale en additionnant ces 2 étages. Un salarié avec 15 ans d'ancienneté percevra un minimum légal d'environ 4,6 mois de salaire brut, auquel s'ajoutera la part supra légale négociée.

Structurer un PSE exige de maîtriser à la fois le cadre légal et la marge de négociation financière.
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Exemples chiffrés selon ancienneté et salaire de référence

Prenons un salaire mensuel brut de référence de 4 000 € et un barème supra légal de 1 mois par année d'ancienneté, fréquent dans les PSE de taille intermédiaire.

AnciennetéIndemnité légaleIndemnité supra légaleTotal brut
5 ans5 000 € (1/4 × 5 × 4 000)20 000 € (5 × 4 000)25 000 €
10 ans10 000 €40 000 €50 000 €
15 ans18 333 €60 000 €78 333 €
20 ans26 667 €80 000 €106 667 €
25 ans33 333 €100 000 €133 333 €

Ces montants illustrent l'effet multiplicateur de l'ancienneté. Pour un salarié à 20 ans de présence, la part supra légale représente 75 % de l'enveloppe totale. Le dirigeant doit donc estimer la pyramide des âges de l'effectif concerné pour projeter le coût global du PSE.

Dans les grandes entreprises (CAC 40, SBF 120), les barèmes observés montent parfois à 1,5 voire 2 mois par année. À l'inverse, les ETI en difficulté financière négocient souvent autour de 0,5 mois par année, complétés par des mesures non financières (outplacement, formation qualifiante).

Critères de modulation : âge, qualification, reclassement

Le barème brut par année d'ancienneté est rarement appliqué de façon uniforme. Plusieurs critères viennent moduler le montant individuel :

  • Âge du salarié : les salariés de plus de 50 ans bénéficient souvent d'une majoration de 20 à 30 %, car leur employabilité est statistiquement plus faible. Pôle emploi indique un taux de retour à l'emploi de 48 % à 12 mois pour les 50-54 ans, contre 67 % pour les 30-39 ans.
  • Qualification et métier : un poste très spécialisé ou en déclin sectoriel justifie un complément, car le reclassement externe est plus difficile.
  • Situation familiale : certains PSE intègrent une prime par enfant à charge (500 à 1 500 € par enfant).
  • Ancienneté longue : au-delà de 20 ans, un coefficient progressif (×1,2 ou ×1,5) est parfois appliqué.
  • Handicap reconnu (RQTH) : majoration fréquente de 10 à 20 %.

Ces critères sont définis dans le document PSE et contrôlés par la DREETS lors de la validation ou de l'homologation. Le dirigeant a intérêt à les formaliser avec précision pour limiter le risque de contestation individuelle devant le tribunal administratif.

Chaque critère de modulation doit être juridiquement justifié pour sécuriser l'homologation du PSE.
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Régime fiscal et social des indemnités supra légales PSE

Le traitement fiscal et social de l'indemnité supra légale PSE obéit à des règles spécifiques, distinctes du régime de droit commun des indemnités de rupture.

PrélèvementExonérationPlafond 2024
Impôt sur le revenuExonération totale de la fraction supra légale versée dans le cadre d'un PSESans limite (CGI, art. 80 duodecies)
CSG-CRDSExonération dans la limite du minimum légal ou conventionnelAu-delà : assujettissement à 9,7 %
Cotisations socialesExonération jusqu'à 2 PASS92 736 € en 2024

En pratique, l'indemnité supra légale licenciement économique versée dans un PSE bénéficie d'une exonération d'impôt sur le revenu intégrale, ce qui la distingue des indemnités transactionnelles hors PSE. En revanche, la CSG-CRDS s'applique sur la fraction dépassant le minimum conventionnel. Pour un salarié percevant 100 000 € d'indemnité totale dont 26 667 € de minimum légal, la CSG-CRDS portera sur 73 333 €, soit environ 7 113 € de prélèvement.

Le dirigeant doit intégrer ces paramètres dans la communication aux salariés pour éviter les incompréhensions sur le net perçu.

Impact sur les allocations chômage et différé spécifique

Le versement d'une indemnité supra légale PSE déclenche un mécanisme de différé spécifique d'indemnisation par France Travail (ex-Pôle emploi). Ce différé retarde le début du versement de l'allocation de retour à l'emploi (ARE).

Le calcul est le suivant :

  • Différé spécifique = (indemnités supra légales nettes de CSG-CRDS) ÷ 102,4
  • Ce différé est plafonné à 150 jours calendaires (environ 5 mois)

Prenons l'exemple d'un salarié percevant 60 000 € d'indemnité supra légale nette. Le différé sera de 60 000 ÷ 102,4 = 586 jours, mais plafonné à 150 jours. Le salarié devra donc attendre 150 jours après la fin de son contrat (auxquels s'ajoute le différé congés payés de 7 jours) avant de percevoir l'ARE.

Ce mécanisme a un effet direct sur la perception du PSE par les salariés. Un montant supra légal élevé peut paradoxalement générer de l'insatisfaction si le différé n'est pas expliqué en amont. Le dirigeant a donc intérêt à :

  • Communiquer clairement sur le calendrier d'indemnisation chômage
  • Prévoir un accompagnement (cellule de reclassement, antenne emploi) couvrant la période de différé
  • Intégrer dans la négociation des mesures complémentaires non soumises au différé (formation, outplacement)
Le calibrage de l'enveloppe supra légale doit tenir compte de l'impact sur le différé chômage pour préserver l'acceptabilité sociale du plan.
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FAQ

L'indemnité supra légale PSE est-elle obligatoire ?

Non. Le Code du travail impose un PSE comportant des mesures de reclassement, mais ne fixe aucun montant minimum d'indemnité supra légale PSE. En pratique, la quasi-totalité des PSE en prévoient une, car elle conditionne l'acceptabilité du plan par les syndicats et facilite l'homologation par la DREETS.

Comment est fixé le barème de l'indemnité supra légale en PSE ?

Le barème résulte soit d'un accord collectif majoritaire négocié avec les organisations syndicales, soit d'un document unilatéral de l'employeur soumis à homologation. Il est généralement exprimé en mois de salaire brut par année d'ancienneté, avec des critères de modulation (âge, qualification, situation familiale).

L'indemnité supra légale PSE est-elle imposable ?

Non. L'indemnité versée dans le cadre d'un PSE est intégralement exonérée d'impôt sur le revenu, sans plafond. En revanche, la CSG-CRDS (9,7 %) s'applique sur la fraction dépassant le minimum légal ou conventionnel de licenciement.

Le différé spécifique France Travail s'applique-t-il toujours ?

Oui, dès lors que le salarié perçoit une indemnité supérieure au minimum légal. Le différé est calculé en divisant le montant net supra légal par 102,4, avec un plafond de 150 jours calendaires. Il retarde le début du versement de l'ARE.

Peut-on négocier individuellement son indemnité supra légale dans un PSE ?

Le barème du PSE s'applique collectivement. Toutefois, un salarié peut négocier une transaction individuelle complémentaire, notamment en cas de litige sur les critères d'ordre de licenciement ou sur le respect de l'obligation de reclassement. Cette transaction obéit alors à un régime fiscal distinct.

Pour aller plus loin

Plan de sauvegarde de l\'emploi (PSE) - Service Public

Le plan de sauvegarde de l\'emploi (PSE) - Ministère du Travail

Plan de sauvegarde de l\'emploi (PSE) - Licenciement économique - Code du travail numérique

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