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Qu'est-ce qu'un horaire intérim et qui le fixe ?
Durée légale du travail applicable à l'intérimaire
Heures supplémentaires de l'intérimaire : règles et plafonds
Répartition des responsabilités agence et entreprise utilisatrice
Repos, jours fériés et travail de nuit en intérim
Risques de contentieux liés aux horaires intérim
L'horaire intérim désigne l'organisation concrète du temps de travail d'un salarié mis à disposition par une agence d'emploi temporaire. Il couvre les heures de début et de fin de poste, les pauses, les jours travaillés et les éventuelles rotations d'équipe.
En droit du travail, la relation d'intérim repose sur un mécanisme triangulaire. L'agence d'intérim (entreprise de travail temporaire, ou ETT) est l'employeur juridique. Elle signe le contrat de mission et verse le salaire. L'entreprise utilisatrice (EU), en revanche, exerce le pouvoir de direction opérationnel pendant la mission. C'est elle qui organise le travail au quotidien.
Par conséquent, c'est l'entreprise utilisatrice qui fixe l'horaire de l'intérimaire. L'article L. 1251-21 du Code du travail précise que l'EU est responsable des conditions d'exécution du travail, incluant la durée du travail, le travail de nuit, le repos hebdomadaire et les jours fériés. Le contrat de mise à disposition signé entre l'ETT et l'EU doit mentionner les horaires prévus. Toute modification substantielle de ces horaires nécessite un avenant.
L'intérimaire bénéficie des mêmes conditions de travail que les salariés permanents occupant un poste comparable dans l'EU. Si l'entreprise applique un horaire collectif de 37 heures avec 2 heures supplémentaires structurelles, l'intérimaire suit ce même rythme.
La durée légale du travail de 35 heures par semaine (article L. 3121-27 du Code du travail) s'applique pleinement aux intérimaires. Cette règle ne souffre d'aucune exception liée au statut temporaire du salarié.
| Durée | Limite légale | Base juridique |
|---|---|---|
| Durée hebdomadaire légale | 35 heures | Art. L. 3121-27 |
| Durée maximale quotidienne | 10 heures | Art. L. 3121-18 |
| Durée maximale hebdomadaire absolue | 48 heures | Art. L. 3121-20 |
| Moyenne sur 12 semaines | 44 heures | Art. L. 3121-22 |
Lorsque l'EU applique un accord collectif prévoyant un aménagement du temps de travail (annualisation, modulation), l'intérimaire suit l'horaire collectif en vigueur dans l'établissement d'accueil. Toutefois, l'ETT doit en être informée pour ajuster le contrat de mission et la rémunération.
Gérer les horaires d'intérimaires dans le respect des durées légales suppose une coordination juridique rigoureuse entre l'EU et l'agence.
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Toute heure effectuée au-delà de 35 heures hebdomadaires (ou du seuil conventionnel applicable) constitue une heure supplémentaire. L'intérimaire y a droit dans les mêmes conditions que les salariés permanents de l'EU.
L'entreprise utilisatrice déclenche les heures supplémentaires en demandant à l'intérimaire de prolonger son poste. L'agence d'intérim, en tant qu'employeur, les rémunère. En pratique, l'EU communique les heures réalisées à l'ETT via un relevé d'heures signé, qui sert de base à la facturation et au bulletin de paie.
Les majorations légales s'appliquent par défaut :
Un accord de branche ou d'entreprise applicable à l'EU peut prévoir des taux différents, sans descendre en dessous de 10 %. L'intérimaire bénéficie du taux le plus favorable entre celui de l'ETT et celui de l'EU.
Le contingent annuel d'heures supplémentaires (220 heures par défaut, sauf accord) s'applique également. Au-delà, une contrepartie obligatoire en repos est due.
La double relation ETT / EU crée une répartition des responsabilités que chaque DRH doit maîtriser pour éviter les zones grises.
| Obligation | Agence (ETT) | Entreprise utilisatrice (EU) |
|---|---|---|
| Contrat de travail (contrat de mission) | ✅ Rédaction et signature | ❌ |
| Fixation des horaires quotidiens | ❌ | ✅ |
| Paiement du salaire et des heures supplémentaires | ✅ | ❌ |
| Respect des durées maximales de travail | Obligation de vigilance | ✅ Responsabilité directe |
| Suivi du temps de travail | ❌ | ✅ |
| Santé et sécurité au poste | Obligation générale | ✅ Responsabilité opérationnelle |
| Déclaration des accidents du travail | ✅ (à la CPAM) | ✅ (information à l'ETT sous 24 h) |
L'EU engage sa responsabilité pénale si elle impose des horaires dépassant les durées maximales. L'ETT, de son côté, peut être mise en cause si elle ne vérifie pas la conformité des relevés d'heures transmis.
La répartition des responsabilités entre agence et entreprise utilisatrice nécessite un cadrage juridique précis pour chaque mission.
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L'intérimaire bénéficie des mêmes repos que les salariés permanents :
L'intérimaire suit le calendrier de l'EU. Si l'entreprise travaille un jour férié, l'intérimaire peut être mobilisé dans les mêmes conditions, avec les majorations prévues par la convention collective applicable.
Le travail de nuit (entre 21 h et 6 h, sauf accord décalant cette plage) obéit aux règles de l'EU. L'intérimaire qualifié de travailleur de nuit (au moins 2 fois par semaine 3 heures dans la plage nocturne, ou 270 heures sur 12 mois) bénéficie d'un suivi médical renforcé et de contreparties en repos ou en salaire. La durée maximale quotidienne est alors réduite à 8 heures.
Le non-respect des règles d'horaire intérim expose l'entreprise utilisatrice à 3 catégories de risques.
Un intérimaire qui démontre que ses horaires dépassent régulièrement le cadre du contrat de mission peut demander la requalification de sa mission en CDI auprès de l'EU. Le conseil de prud'hommes accorde alors une indemnité de requalification au moins égale à 1 mois de salaire (article L. 1251-41).
Le dépassement des durées maximales de travail constitue une contravention de 4e classe (750 € par salarié concerné). En cas de récidive ou de manquement grave, l'inspection du travail peut dresser un procès-verbal transmis au procureur.
L'absence de paiement des heures supplémentaires réellement effectuées ouvre droit à un rappel de salaire sur 3 ans (prescription triennale). L'intérimaire peut également réclamer des dommages-intérêts pour travail dissimulé si l'EU a volontairement omis de déclarer les heures réalisées, soit une indemnité forfaitaire de 6 mois de salaire.
Un audit de vos pratiques de gestion des intérimaires permet d'identifier les points de non-conformité avant qu'ils ne deviennent contentieux.
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L'entreprise utilisatrice est directement responsable du respect des durées maximales de travail. C'est elle qui organise le poste et contrôle les horaires effectifs. L'agence d'intérim conserve une obligation de vigilance sur les relevés d'heures transmis.
Un intérimaire peut refuser des heures supplémentaires si elles entraînent un dépassement des durées maximales légales ou si elles n'étaient pas prévues au contrat de mission. En dehors de ces cas, le refus peut constituer un motif de fin de mission anticipée.
Les heures supplémentaires sont rémunérées par l'agence d'intérim sur la base du relevé d'heures fourni par l'entreprise utilisatrice. Les majorations (25 % puis 50 %) suivent le régime le plus favorable entre la convention de l'ETT et celle de l'EU.
Oui, dans la limite du cadre fixé par le contrat de mise à disposition. Un changement substantiel (passage en horaires de nuit, modification du volume hebdomadaire) nécessite un avenant au contrat de mission signé par l'ETT et l'accord du salarié.
L'EU doit tenir un décompte quotidien et hebdomadaire du temps de travail de chaque intérimaire, comme pour ses propres salariés. Ces documents doivent être conservés pendant 5 ans et présentés à l'inspection du travail sur demande.
Article L1251-21 - Code du travail - Légifrance
La rémunération de l'intérimaire - Code du travail numérique
Durée maximale du contrat de mission (intérim) - Entreprendre.Service-Public.fr
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