Holding SAS ou SARL : quelle forme juridique choisir

Actualités & Marché
26 Jun 2026
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11 min de lecture
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Points clés de l'article
  1. La holding SAS offre une liberté statutaire quasi totale pour organiser la gouvernance du groupe, tandis que la holding SARL impose un cadre légal plus rigide mais protecteur.
  2. Le statut social du dirigeant diffère : le président de SAS est assimilé salarié (régime général), le gérant majoritaire de SARL relève du régime des travailleurs non salariés (TNS), avec des cotisations plus faibles mais une couverture moindre.
  3. Le régime mère-fille s'applique aux deux formes dès 5 % de détention, avec une exonération de 95 % des dividendes remontés.
  4. Les dividendes versés au gérant majoritaire de SARL subissent des cotisations sociales au-delà de 10 % du capital, ce qui n'est pas le cas en SAS.
  5. Le choix dépend de 3 critères : le nombre d'associés et leur rôle, la stratégie de rémunération du dirigeant, et les objectifs de transmission ou de levée de fonds.

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Sommaire

Holding : pourquoi le choix SAS ou SARL compte

SAS et SARL en holding : caractéristiques clés

Gouvernance et souplesse statutaire comparées

Statut social du dirigeant : assimilé salarié ou TNS ?

Fiscalité de la holding et régime mère-fille

Distribution de dividendes et cotisations sociales

Holding SAS ou SARL : critères pour décider

FAQ

Pour aller plus loin

Holding : pourquoi le choix SAS ou SARL compte

Créer une holding revient à interposer une société mère entre un dirigeant et ses filiales opérationnelles. Cette structure permet de centraliser la détention de titres, d'organiser les flux financiers du groupe et de préparer une transmission patrimoniale. Or, le choix de la forme juridique de cette société mère produit des effets concrets sur 3 plans : la gouvernance quotidienne, la charge sociale du dirigeant et le traitement fiscal des dividendes.

En France, plus de 90 % des holdings adoptent la forme SAS ou SARL. Ces deux statuts partagent un socle commun (responsabilité limitée aux apports, possibilité d'opter pour l'impôt sur les sociétés), mais divergent sur des points qui pèsent dans la durée. Un gérant majoritaire de SARL ne paie pas les mêmes cotisations qu'un président de SAS. Les règles de cession de parts ne fonctionnent pas de la même manière. Et la souplesse pour accueillir de nouveaux investisseurs varie du tout au tout.

Choisir entre holding SAS ou SARL n'est donc pas un arbitrage purement juridique. C'est une décision de gestion qui engage la structure du groupe pour plusieurs années, voire plusieurs décennies lorsque la holding porte un projet de transmission familiale.

SAS et SARL en holding : caractéristiques clés

Avant de comparer en détail, il est utile de poser les fondamentaux de chaque forme dans un contexte de holding.

CritèreHolding SASHolding SARL
Nombre d'associés1 (SASU) à illimité1 (EURL) à 100
Capital minimum1 €1 €
DirigeantPrésident (personne physique ou morale)Gérant (personne physique uniquement)
ResponsabilitéLimitée aux apportsLimitée aux apports
Cession de titresLibre sauf clause statutaireAgrément obligatoire pour cession à un tiers
Commissaire aux comptesObligatoire sous conditions de seuilsObligatoire sous conditions de seuils
Imposition par défautISIS

La SAS se distingue par l'absence de plafond d'associés et par la possibilité de nommer une personne morale comme président. Ce point est décisif lorsqu'un groupe comporte plusieurs niveaux de holdings. La SARL, en revanche, impose un agrément pour toute cession de parts à un tiers extérieur, ce qui verrouille le capital et protège les associés en place.

Un socle fiscal identique

Les deux formes sont soumises à l'impôt sur les sociétés (IS) au taux de 25 %. Elles peuvent toutes deux bénéficier du taux réduit de 15 % sur les 42 500 premiers euros de bénéfice, sous réserve de respecter les conditions de chiffre d'affaires (inférieur à 10 millions d'euros) et de détention du capital (75 % minimum par des personnes physiques). Ce socle commun signifie que le choix SAS/SARL ne modifie pas l'imposition des bénéfices de la holding elle-même.

Gouvernance et souplesse statutaire comparées

C'est sur ce terrain que l'écart entre les deux formes est le plus marqué.

La SAS : liberté contractuelle

La SAS repose sur le principe de liberté statutaire. Le Code de commerce impose un seul organe obligatoire : le président. Tout le reste (direction générale, comités, modalités de vote, droits de veto, clauses d'exclusion) peut être organisé librement dans les statuts ou un pacte d'associés. Cette souplesse permet de créer des catégories d'actions avec des droits de vote différents, des actions de préférence sans droit de vote, ou encore des clauses de drag-along et de tag-along.

Pour une holding qui accueille des investisseurs ou prépare une levée de fonds, cette flexibilité est un avantage structurel. Elle permet d'adapter la gouvernance à chaque étape de la vie du groupe sans modifier la forme juridique.

La SARL : un cadre légal encadré

La SARL fonctionne selon des règles largement fixées par la loi. Les décisions ordinaires se prennent à la majorité simple, les décisions extraordinaires (modification des statuts) à la majorité des 2/3. Il n'est pas possible de créer des catégories de parts sociales avec des droits différenciés. L'agrément obligatoire pour les cessions à des tiers protège les associés mais ralentit les opérations de restructuration.

Ce cadre convient aux holdings familiales ou aux structures avec un nombre restreint d'associés qui souhaitent un fonctionnement prévisible, sans négociation statutaire complexe.

GouvernanceSASSARL
Organes obligatoiresPrésident uniquementGérant + assemblée des associés
Catégories de titresOui (actions de préférence)Non
Règles de majoritéLibrement fixées dans les statutsFixées par la loi
Clause d'exclusionPossibleTrès encadrée
Cession à un tiersLibre (sauf clause d'agrément)Agrément obligatoire

Structurer la gouvernance d'une holding suppose d'anticiper les évolutions du groupe : entrée d'associés, transmission, cession partielle.
Consultez un avocat en droit des sociétés pour adapter vos statuts à votre projet.

Statut social du dirigeant : assimilé salarié ou TNS ?

Le statut social du dirigeant constitue souvent le critère déterminant dans le choix entre SAS et SARL pour une holding.

Président de SAS : régime général

Le président de SAS est assimilé salarié. Il relève du régime général de la Sécurité sociale. Ses cotisations sociales représentent environ 65 % à 80 % de sa rémunération nette (part patronale et salariale cumulées). En contrepartie, il bénéficie d'une couverture complète : maladie, retraite de base et complémentaire, prévoyance. En l'absence de rémunération, aucune cotisation n'est due, ce qui est fréquent dans les holdings passives où le dirigeant se rémunère via les dividendes.

Gérant majoritaire de SARL : TNS

Le gérant majoritaire de SARL relève du régime des travailleurs non salariés (TNS). Ses cotisations sociales sont plus faibles : environ 40 % à 45 % de sa rémunération nette. Toutefois, la couverture est moindre, notamment en matière de retraite complémentaire et de prévoyance. De plus, même en l'absence de rémunération, le gérant TNS doit acquitter une cotisation minimale d'environ 1 100 € par an.

Statut socialPrésident SASGérant majoritaire SARL
RégimeGénéral (assimilé salarié)TNS
Taux de cotisations global65 % à 80 % du net40 % à 45 % du net
Cotisation sans rémunérationAucune~1 100 €/an minimum
Retraite complémentaireAGIRC-ARRCOSSI (couverture moindre)
Assurance chômageNon (sauf contrat GSC)Non

Pour un dirigeant qui se verse une rémunération élevée, le statut TNS de la SARL génère une économie de cotisations. Pour un dirigeant qui ne se rémunère pas et privilégie les dividendes, la SAS évite toute cotisation sociale sur la rémunération.

Fiscalité de la holding et régime mère-fille

Le régime mère-fille : un levier commun

Le régime mère-fille (articles 145 et 216 du Code général des impôts) permet à la holding de recevoir les dividendes de ses filiales en quasi-franchise d'impôt. Concrètement, 95 % des dividendes remontés sont exonérés d'IS. Seule une quote-part de frais et charges de 5 % reste imposable au taux normal.

Les conditions d'éligibilité sont identiques pour la SAS et la SARL :
- Détenir au moins 5 % du capital de la filiale
- Conserver les titres pendant au moins 2 ans
- Les deux sociétés doivent être soumises à l'IS

Pour une holding détenant 100 000 € de dividendes d'une filiale, l'IS dû grâce au régime mère-fille se limite à 1 250 € (5 000 € × 25 %), contre 25 000 € sans ce régime.

L'intégration fiscale

Lorsque la holding détient au moins 95 % du capital d'une filiale, elle peut opter pour le régime d'intégration fiscale. Ce mécanisme permet de compenser les bénéfices et les pertes des sociétés du groupe au sein d'un résultat fiscal unique. Ce régime est accessible aux holdings SAS comme SARL, sans distinction.

Le choix de la forme juridique de votre holding ne modifie pas l'accès aux régimes fiscaux de groupe, mais il impacte la distribution des résultats aux associés.
Faites-vous accompagner par un avocat spécialisé pour sécuriser votre montage.

Distribution de dividendes et cotisations sociales

C'est sur la distribution de dividendes que la différence entre SAS et SARL produit l'effet financier le plus visible pour le dirigeant.

En SAS : flat tax sans cotisations sociales

Les dividendes versés au président de SAS sont soumis au prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 30 %, composé de 12,8 % d'impôt sur le revenu et 17,2 % de prélèvements sociaux (CSG-CRDS). Aucune cotisation sociale supplémentaire ne s'applique, quel que soit le montant distribué.

En SARL : cotisations sociales au-delà de 10 % du capital

Les dividendes versés au gérant majoritaire de SARL suivent un régime différent. La fraction des dividendes qui dépasse 10 % du capital social, des primes d'émission et des sommes versées en compte courant d'associé est soumise aux cotisations sociales TNS (environ 40 % à 45 %). Seule la fraction inférieure à ce seuil de 10 % bénéficie du PFU de 30 %.

Exemple chiffré : un gérant majoritaire détient une SARL au capital de 10 000 €. Il se verse 50 000 € de dividendes. Le seuil de 10 % est de 1 000 €. Les 49 000 € excédentaires supportent des cotisations sociales TNS d'environ 20 000 € (en plus de la CSG-CRDS), contre 15 000 € de PFU total en SAS pour le même montant.

DividendesSASSARL (gérant majoritaire)
FiscalitéPFU 30 %PFU 30 % (sous le seuil de 10 %)
Cotisations socialesAucune~40-45 % au-delà de 10 % du capital
Optimisation possibleDistribution libreAugmenter le capital pour relever le seuil

Cette mécanique explique pourquoi de nombreux dirigeants qui privilégient la rémunération par dividendes optent pour la SAS. Toutefois, les cotisations TNS payées en SARL génèrent des droits à la retraite, ce que le PFU en SAS ne fait pas.

Holding SAS ou SARL : critères pour décider

Le choix entre les deux formes ne se réduit pas à un seul critère. Il résulte d'un arbitrage entre gouvernance, fiscalité personnelle et stratégie de groupe.

Quand la SAS s'impose

  • Entrée d'investisseurs prévue : la possibilité de créer des actions de préférence et de moduler les droits de vote est indispensable.
  • Rémunération par dividendes : l'absence de cotisations sociales sur les dividendes réduit la charge globale.
  • Holding à plusieurs niveaux : la possibilité de nommer une personne morale comme président simplifie l'architecture.
  • Plus de 100 associés : la SARL est plafonnée à 100 associés.

Quand la SARL convient mieux

  • Holding familiale fermée : l'agrément obligatoire protège contre l'entrée de tiers non souhaités.
  • Dirigeant qui se verse une rémunération régulière : le statut TNS réduit les cotisations de 20 à 35 points par rapport au régime général.
  • Constitution de droits à la retraite : les cotisations TNS, y compris sur les dividendes, ouvrent des droits à la retraite de base et complémentaire.
  • Structure simple et stable : le cadre légal de la SARL évite la rédaction de statuts complexes.

Grille de décision synthétique

Objectif prioritaireForme recommandée
Lever des fonds ou accueillir des investisseursSAS
Protéger le capital familialSARL
Maximiser les dividendes netsSAS
Optimiser les cotisations sur rémunérationSARL (TNS)
Préparer une transmission avec démembrementSAS ou SARL (neutre)
Créer plusieurs niveaux de holdingSAS

Le choix entre SAS et SARL pour une holding engage la structure du groupe sur le long terme. Une analyse personnalisée de votre situation patrimoniale et fiscale est indispensable.
Échangez avec un avocat en droit des sociétés pour sécuriser votre décision.

FAQ

Peut-on transformer une holding SARL en SAS ?

Oui. La transformation d'une SARL en SAS nécessite une décision unanime des associés et l'intervention d'un commissaire à la transformation. L'opération ne crée pas de nouvelle personne morale : la société conserve son numéro SIREN, ses contrats et ses participations. Le coût se situe généralement entre 2 000 € et 5 000 € (honoraires et formalités).

Le régime mère-fille est-il automatique ?

Non. Le régime mère-fille est optionnel. La holding doit en faire la demande lors de sa déclaration de résultats (formulaire 2058-A). Les conditions sont : détenir au moins 5 % du capital de la filiale, conserver les titres 2 ans minimum, et les deux sociétés doivent être soumises à l'IS.

Un président de SAS peut-il être une autre société ?

Oui. Contrairement au gérant de SARL qui doit être une personne physique, le président d'une SAS peut être une personne morale. Cette possibilité est utilisée dans les montages multi-niveaux où une holding de tête préside les holdings intermédiaires.

Les dividendes d'une holding SAS sont-ils toujours exonérés de cotisations sociales ?

Les dividendes versés par la holding SAS à son président personne physique ne supportent pas de cotisations sociales. Ils sont soumis au PFU de 30 % (ou au barème progressif sur option). Cette règle s'applique quel que soit le montant distribué, sans seuil.

Quel capital social prévoir pour une holding ?

La loi impose un minimum de 1 € pour les deux formes. En pratique, le capital doit être calibré en fonction de la valeur des titres apportés ou acquis. En SARL, un capital élevé relève le seuil de 10 % au-delà duquel les dividendes supportent des cotisations sociales, ce qui constitue un levier d'optimisation.

Pour aller plus loin

Régime fiscal des sociétés mères et filiales : conditions - BOFiP, impots.gouv.fr

Cotisations sociales d'une SAS : ce qu'il faut savoir - Service-Public Entreprendre

Cotisations sociales d'une SARL : ce qu'il faut savoir - Service-Public Entreprendre

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