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Frais de recouvrement : définition juridique et périmètre
Indemnité forfaitaire de 40 € : base légale (article D441-5 Code de commerce)
Pénalités de retard, indemnité forfaitaire et frais justifiés : quelles différences ?
Obligations de mention dans les CGV et sur la facture
Calcul et cumul avec les pénalités de retard
Indemnisation complémentaire sur justificatifs : conditions et limites
Procédure pour réclamer les frais de recouvrement
Sanctions encourues en cas de non-respect des obligations légales
Les frais de recouvrement regroupent toutes les sommes qu'un créancier professionnel est en droit d'exiger lorsqu'un client, lui aussi professionnel, ne règle pas une facture à l'échéance convenue. Ce mécanisme s'applique exclusivement aux transactions entre entreprises (B2B). Il ne concerne ni les consommateurs, ni les relations avec les administrations publiques soumises à des règles spécifiques.
Le périmètre couvre 3 composantes distinctes : l'indemnité forfaitaire de 40 €, les pénalités de retard calculées en pourcentage du montant dû, et les frais de recouvrement justifiés lorsque le coût réel dépasse le forfait. Ces 3 éléments sont cumulables. Chacun obéit à des conditions d'application et à un mode de calcul propre.
Le fondement légal repose sur les articles L441-10 et D441-5 du Code de commerce, issus de la transposition de la directive européenne 2011/7/UE relative à la lutte contre le retard de paiement dans les transactions commerciales. Cette directive visait à harmoniser les règles au sein de l'Union européenne pour protéger la trésorerie des entreprises créancières, en particulier les PME.
L'article D441-5 du Code de commerce fixe à 40 € le montant de l'indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement. Cette somme est due de plein droit dès le premier jour de retard de paiement, sans qu'il soit nécessaire d'adresser une mise en demeure ni de justifier d'un préjudice quelconque.
L'indemnité s'applique par facture impayée, et non par relation commerciale. Concrètement, si un client règle 5 factures en retard, le créancier peut réclamer 5 × 40 €, soit 200 €. Ce point est régulièrement sous-estimé par les directions juridiques, alors qu'il peut représenter un levier de trésorerie non négligeable pour les entreprises qui émettent un volume élevé de factures.
Le débiteur ne peut pas contester cette indemnité au motif que le créancier n'aurait subi aucun préjudice. Le caractère forfaitaire signifie précisément que la preuve du dommage n'est pas requise. En revanche, le créancier n'est pas tenu de la réclamer : il s'agit d'un droit, pas d'une obligation de facturation.
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Ces 3 composantes répondent à des logiques distinctes. Le tableau ci-dessous synthétise leurs caractéristiques respectives.
| Composante | Fondement | Mode de calcul | Condition d'exigibilité |
|---|---|---|---|
| Indemnité forfaitaire | Art. D441-5 C. com. | 40 € par facture | Due de plein droit dès le 1er jour de retard |
| Pénalités de retard | Art. L441-10 C. com. | Taux contractuel ou légal × montant TTC × jours de retard | Due de plein droit, sans mise en demeure |
| Frais justifiés | Art. L441-10 al. 12 C. com. | Montant réel sur justificatifs | Lorsque les frais réels dépassent 40 € |
Les pénalités de retard constituent une indemnisation proportionnelle au montant et à la durée du retard. Elles se calculent sur la base du montant TTC de la facture impayée. L'indemnité forfaitaire est un montant fixe, indépendant du montant de la créance. Les frais justifiés interviennent en complément lorsque le créancier engage des dépenses supérieures au forfait de 40 € pour obtenir le paiement : honoraires d'avocat, frais d'huissier, coûts de relance externalisée.
Ces 3 éléments sont cumulables entre eux. Le créancier peut donc réclamer simultanément les pénalités de retard, l'indemnité forfaitaire de 40 € et, le cas échéant, une indemnisation complémentaire sur justificatifs.
Le Code de commerce impose des mentions obligatoires à 2 niveaux : dans les conditions générales de vente et sur chaque facture émise.
Dans les CGV, l'entreprise doit indiquer :
Sur chaque facture, doivent figurer :
L'omission de ces mentions ne prive pas le créancier de son droit aux pénalités et à l'indemnité forfaitaire. Toutefois, elle constitue une infraction susceptible de déclencher un contrôle de la DGCCRF et d'entraîner des sanctions administratives. En pratique, l'absence de mention dans les CGV affaiblit aussi la position du créancier en cas de contestation amiable par le débiteur.
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Le calcul des pénalités de retard repose sur la formule suivante :
Pénalités = Montant TTC × (taux applicable / 365) × nombre de jours de retard
Le taux applicable est celui prévu dans les CGV. À défaut de stipulation contractuelle, le taux légal correspond au taux directeur de la Banque centrale européenne (BCE) majoré de 10 points de pourcentage. Au 1er semestre 2025, le taux de refinancement de la BCE s'établit à 2,65 %, ce qui porte le taux légal supplétif à 12,65 %.
Le taux contractuel ne peut pas être inférieur à 3 fois le taux d'intérêt légal. Au 1er semestre 2025, le taux d'intérêt légal applicable aux professionnels est de 4,47 %, soit un plancher de 13,41 %.
Exemple de calcul : une facture de 10 000 € TTC impayée depuis 30 jours, avec un taux contractuel de 13,41 % :
| Élément | Montant |
|---|---|
| Facture TTC impayée | 10 000 € |
| Pénalités de retard (30 jours à 13,41 %) | 110,22 € |
| Indemnité forfaitaire | 40 € |
| Total des frais de recouvrement | 150,22 € |
Lorsque les frais réellement engagés pour obtenir le paiement dépassent 40 €, le créancier peut réclamer une indemnisation complémentaire (article L441-10 alinéa 12 du Code de commerce). Cette indemnisation se substitue alors au forfait de 40 € : les 2 ne se cumulent pas.
Les frais éligibles comprennent notamment :
Le créancier doit produire les justificatifs correspondants : factures d'honoraires, relevés de frais, attestations. La charge de la preuve lui incombe intégralement. En l'absence de justificatifs suffisants, seule l'indemnité forfaitaire de 40 € reste exigible.
En pratique, cette indemnisation complémentaire est surtout mobilisée pour les créances d'un montant significatif, lorsque le coût du recouvrement dépasse nettement le forfait légal. Pour une facture de 500 €, engager un avocat génère des frais disproportionnés par rapport à l'enjeu. Pour une créance de 50 000 €, la démarche se justifie pleinement.
La réclamation des frais de recouvrement suit une progression en 3 étapes.
Dès le premier jour de retard, les pénalités et l'indemnité forfaitaire sont exigibles de plein droit. En pratique, la plupart des entreprises commencent par une relance amiable (courriel, appel téléphonique), puis adressent une mise en demeure par lettre recommandée avec accusé de réception. Cette mise en demeure doit mentionner le montant du principal, les pénalités de retard calculées et l'indemnité forfaitaire de 40 €.
Si le débiteur ne réagit pas, le créancier peut saisir le tribunal de commerce d'une requête en injonction de payer. Cette procédure non contradictoire permet d'obtenir une ordonnance exécutoire sans audience, à condition que la créance soit certaine, liquide et exigible. Les frais de recouvrement (pénalités + indemnité forfaitaire) sont inclus dans la demande.
En cas d'opposition du débiteur à l'ordonnance d'injonction de payer, ou lorsque la créance est contestée, le litige bascule vers une procédure au fond devant le tribunal compétent. C'est à ce stade que l'indemnisation complémentaire sur justificatifs prend tout son intérêt, les frais d'avocat et de procédure pouvant être réclamés au débiteur.
Lorsque la phase amiable échoue, le recours à un avocat spécialisé en recouvrement permet de sécuriser la procédure judiciaire et d'optimiser les chances de récupération.
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Le non-respect des règles relatives aux frais de recouvrement expose l'entreprise à des sanctions administratives prononcées par la DGCCRF.
Pour l'absence de mention dans les CGV ou sur les factures :
Ces montants peuvent être doublés en cas de récidive dans un délai de 2 ans.
Pour le non-respect des délais de paiement (côté débiteur) :
| Infraction | Personne physique | Personne morale |
|---|---|---|
| Absence de mention dans les CGV / factures | 75 000 € | 2 000 000 € |
| Non-respect des délais de paiement | 75 000 € | 2 000 000 € |
| Récidive (dans les 2 ans) | Doublement | Doublement |
La DGCCRF a intensifié ses contrôles ces dernières années. En 2023, elle a prononcé 171 décisions de sanction pour un montant total de 22,3 millions d'euros d'amendes liées aux retards de paiement. Les directions juridiques ont donc un intérêt direct à vérifier la conformité de leurs CGV et de leurs processus de facturation.
Oui. L'indemnité forfaitaire de 40 € est due de plein droit dès le premier jour de retard de paiement, sans qu'aucune mise en demeure ne soit nécessaire. Elle s'applique automatiquement à chaque facture impayée entre professionnels.
Oui. L'indemnité forfaitaire et les pénalités de retard sont 2 mécanismes distincts et cumulables. Le créancier peut réclamer les 2 simultanément pour chaque facture en retard de paiement.
Le créancier peut demander une indemnisation complémentaire sur justificatifs. Dans ce cas, le montant réel des frais engagés (honoraires d'avocat, frais d'huissier) se substitue au forfait de 40 €. Les 2 ne se cumulent pas entre eux.
Elle s'applique par facture impayée. Si un même client a 10 factures en retard, le créancier peut réclamer 10 × 40 €, soit 400 €.
L'omission expose l'entreprise à une amende administrative pouvant atteindre 75 000 € pour une personne physique et 2 millions d'euros pour une personne morale, prononcée par la DGCCRF. Le montant est doublé en cas de récidive dans les 2 ans.
Délais de paiement entre professionnels et pénalités de retard - Service Public Entreprendre
Article D441-5 du Code de commerce - Légifrance
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