Tarif huissier pour l'exécution forcée d'un jugement : barème 2026, frais réels et qui paie

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14 Apr 2026
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8
min
Points clés de l'article
  1. Le tarif huissier exécution forcée jugement est fixé par arrêté et comprend des droits fixes par acte, un droit proportionnel sur les sommes recouvrées et des frais annexes (déplacement, TVA).
  2. Le barème 2026 prévoit des droits fixes allant de 10,73 € à 30,55 € HT selon l'acte, auxquels s'ajoute un droit proportionnel dégressif plafonné à 550,88 € HT.
  3. En principe, les frais d'exécution forcée sont à la charge du débiteur condamné (article L. 111-8 du Code des procédures civiles d'exécution), sauf exceptions.
  4. Le créancier avance toutefois certains frais (provision, émoluments de signification) avant de les récupérer sur le débiteur.
  5. Anticiper ces coûts permet au directeur juridique d'arbitrer entre exécution forcée, négociation amiable ou abandon de créance.

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Sommaire

Qu'est-ce que l'exécution forcée d'un jugement

Le tarif réglementé du commissaire de justice : cadre légal et barème 2026

Coût des principaux actes d'exécution forcée (saisie-attribution, saisie-vente, saisie-rémunération)

Droit proportionnel calculé sur les sommes recouvrées

Frais annexes : signification, déplacement, TVA

Qui paie réellement les frais d'exécution : créancier ou débiteur condamné ?

Comment anticiper et maîtriser le coût de l'exécution forcée

FAQ

Pour aller plus loin

Qu'est-ce que l'exécution forcée d'un jugement

Obtenir un jugement favorable ne garantit pas le paiement. Lorsqu'un débiteur condamné refuse de s'exécuter volontairement, le créancier doit recourir à l'exécution forcée. Cette procédure consiste à contraindre le débiteur, par l'intermédiaire d'un commissaire de justice (anciennement huissier de justice), à honorer les condamnations prononcées par le tribunal.

Le commissaire de justice est le seul professionnel habilité à procéder aux saisies sur les biens, les comptes bancaires ou les revenus du débiteur. Son intervention repose sur un titre exécutoire : jugement revêtu de la formule exécutoire, ordonnance, ou encore procès-verbal de conciliation homologué. Sans ce titre, aucune mesure de contrainte n'est juridiquement possible.

Pour le directeur juridique, la question du tarif huissier exécution forcée jugement se pose dès la décision d'engager la procédure. Le coût global dépend de la nature de la saisie, du montant recouvré et des frais annexes. Comprendre ce barème permet d'évaluer la rentabilité économique de l'exécution avant même de la lancer.

Le tarif réglementé du commissaire de justice : cadre légal et barème 2026

Les émoluments du commissaire de justice ne sont pas libres. Ils sont fixés par l'arrêté du 26 février 2016 (modifié), pris en application de l'article R. 444-3 du Code de commerce. Ce texte distingue trois composantes tarifaires :

  • Les droits fixes : un montant forfaitaire par acte, révisé tous les 2 ans en fonction de l'inflation.
  • Le droit proportionnel : un pourcentage dégressif calculé sur les sommes effectivement recouvrées ou garanties.
  • Les frais et débours : frais de déplacement, de recherche, de photocopie et TVA.

Le barème applicable en 2025-2026 résulte de la dernière révision tarifaire. Chaque acte d'exécution est identifié par un numéro de tableau dans l'annexe de l'arrêté, ce qui permet de retrouver précisément l'émolument correspondant.

ComposanteBase de calculCaractère
Droit fixeForfait par type d'acteRéglementé, non négociable
Droit proportionnelSommes recouvréesDégressif par tranches
Frais de déplacementDistance parcourueForfait réglementé
TVATotal HT20 %

Le commissaire de justice ne peut pas facturer d'honoraires libres pour les actes d'exécution. Toute surfacturation constitue une faute disciplinaire.

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Coût des principaux actes d'exécution forcée (saisie-attribution, saisie-vente, saisie-rémunération)

Le coût varie selon la mesure d'exécution choisie. Voici les 3 saisies les plus fréquentes en matière de recouvrement B2B.

Saisie-attribution (comptes bancaires)

La saisie-attribution permet de bloquer puis de prélever les sommes disponibles sur le compte bancaire du débiteur. C'est la mesure la plus rapide et la plus utilisée en pratique.

  • Droit fixe de l'acte de saisie : environ 30,55 € HT (acte n° 121 du tableau).
  • Dénonciation au débiteur sous 8 jours : environ 10,73 € HT.
  • Droit proportionnel : calculé en sus sur les sommes effectivement saisies (voir section suivante).

Saisie-vente (biens mobiliers)

La saisie-vente porte sur les biens meubles corporels du débiteur (matériel, stock, véhicules). Elle se déroule en 2 phases : un commandement de payer, puis un procès-verbal de saisie si le débiteur ne règle pas dans les 8 jours.

  • Commandement de payer : environ 15,63 € HT.
  • Procès-verbal de saisie : environ 30,55 € HT.
  • Frais de vente aux enchères : variables selon le commissaire-priseur.

Saisie des rémunérations

La saisie des rémunérations concerne les salaires du débiteur personne physique. Elle est ordonnée par le juge de l'exécution après une audience de conciliation. Les frais d'acte sont plus faibles, mais la procédure est plus lente.

Acte d'exécutionDroit fixe HT (environ)Délai moyen
Saisie-attribution30,55 € + 10,73 € (dénonciation)15 jours
Saisie-vente15,63 € + 30,55 €1 à 3 mois
Saisie des rémunérations10,73 €2 à 6 mois

Ces montants n'incluent ni le droit proportionnel ni les frais annexes.

Droit proportionnel calculé sur les sommes recouvrées

Le droit proportionnel constitue souvent la part la plus élevée de la facture du commissaire de justice. Il est calculé par tranches dégressives sur les sommes effectivement encaissées ou garanties.

Le barème 2025-2026 prévoit les tranches suivantes :

Tranche de recouvrementTaux applicable
De 0 à 125 €9,67 %
De 125 € à 610 €6,29 %
De 610 € à 1 525 €3,38 %
Au-delà de 1 525 €0,29 %

Le droit proportionnel est plafonné à 550,88 € HT par créance recouvrée. Concrètement, pour une créance de 50 000 €, le droit proportionnel atteint ce plafond, soit environ 661 € TTC.

Ce droit se partage en 2 parts : une part à la charge du créancier (dite « article A. 444-32 ») et une part à la charge du débiteur. En pratique, la part créancier représente la moitié du droit proportionnel, l'autre moitié étant récupérable sur le débiteur.

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Frais annexes : signification, déplacement, TVA

Au-delà des émoluments réglementés, plusieurs frais s'ajoutent à la facture finale.

  • Signification du jugement : avant toute exécution, le titre exécutoire doit être signifié au débiteur. Le coût de signification s'élève à environ 26,35 € HT pour un acte ordinaire.
  • Frais de déplacement : un forfait de 8,20 € HT par acte est prévu pour les déplacements dans le ressort du commissaire de justice. Hors ressort, des indemnités kilométriques s'appliquent.
  • Droit de recouvrement ou d'encaissement : lorsque le commissaire de justice encaisse les fonds pour le compte du créancier, un droit d'encaissement de 10 % HT sur les sommes perçues peut s'appliquer, dans la limite de certains plafonds.
  • TVA : l'ensemble des émoluments et frais est soumis à la TVA au taux de 20 %.

Pour une saisie-attribution portant sur une créance de 10 000 €, le coût total (droits fixes + droit proportionnel + signification + déplacement + TVA) se situe généralement entre 400 € et 700 € TTC. Ce montant reste modéré rapporté au montant recouvré, ce qui rend la procédure économiquement pertinente pour les créances supérieures à quelques milliers d'euros.

Qui paie réellement les frais d'exécution : créancier ou débiteur condamné ?

L'article L. 111-8 du Code des procédures civiles d'exécution pose un principe clair : les frais d'exécution forcée sont à la charge du débiteur condamné, sauf s'ils sont manifestement inutiles. Ce principe protège le créancier qui ne fait qu'exercer un droit reconnu par une décision de justice.

En pratique, la répartition fonctionne ainsi :

  1. Le créancier avance les frais : il verse une provision au commissaire de justice pour couvrir les premiers actes (signification, saisie).
  2. Le débiteur rembourse : les frais avancés sont ajoutés au décompte de la créance et prélevés sur les sommes saisies.
  3. Exception : si le juge de l'exécution estime que les frais engagés étaient disproportionnés ou inutiles, il peut les laisser à la charge du créancier.

Concernant le droit proportionnel, la moitié reste définitivement à la charge du créancier (part « article A. 444-32 »). L'autre moitié est récupérable sur le débiteur. Cette distinction est souvent méconnue et doit être intégrée dans le calcul du coût net de l'exécution.

Pour le directeur juridique, cela signifie que l'exécution forcée n'est jamais totalement gratuite pour le créancier, même lorsque le débiteur est solvable. Le coût résiduel (part créancier du droit proportionnel + TVA non récupérable le cas échéant) doit être budgété.

Identifier la répartition exacte des frais entre créancier et débiteur nécessite parfois un accompagnement juridique adapté.
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Comment anticiper et maîtriser le coût de l'exécution forcée

Plusieurs leviers permettent au directeur juridique de contrôler le budget d'exécution.

Évaluer la solvabilité du débiteur en amont

Avant d'engager une saisie, vérifier la solvabilité du débiteur évite des frais irrécouvrables. Le commissaire de justice peut réaliser une recherche d'actifs (consultation du fichier FICOBA pour les comptes bancaires, vérification au greffe pour les biens immobiliers). Ces recherches génèrent des frais supplémentaires (environ 20 à 50 € HT), mais elles permettent de cibler la mesure la plus efficace.

Choisir la mesure d'exécution adaptée

La saisie-attribution reste la mesure la moins coûteuse et la plus rapide pour les créances pécuniaires. La saisie-vente, plus lourde, se justifie uniquement lorsque le débiteur ne dispose pas de liquidités suffisantes sur ses comptes.

Négocier un protocole transactionnel

Lorsque le coût de l'exécution forcée est disproportionné par rapport à la créance (créances inférieures à 2 000 €), une négociation amiable post-jugement peut s'avérer plus rentable. Le commissaire de justice peut d'ailleurs tenter un recouvrement amiable avant de passer à l'exécution forcée, moyennant des frais réduits.

Provisionner les frais dans le budget contentieux

Intégrer une ligne budgétaire dédiée aux frais d'exécution dans le budget contentieux annuel permet d'éviter les arbitrages de dernière minute. Pour un portefeuille de créances contentieuses, un taux de provisionnement de 5 à 7 % du montant total des créances en exécution constitue une estimation raisonnable.

FAQ

Le tarif du commissaire de justice est-il négociable pour l'exécution forcée d'un jugement ?

Non. Les émoluments des actes d'exécution forcée sont fixés par arrêté et ne peuvent pas faire l'objet de négociation. Le commissaire de justice est tenu d'appliquer le barème réglementé. Seuls les actes non tarifés (conseil, consultation) peuvent donner lieu à des honoraires libres.

Peut-on récupérer l'intégralité des frais d'huissier sur le débiteur ?

Pas intégralement. L'article L. 111-8 du Code des procédures civiles d'exécution met les frais d'exécution à la charge du débiteur, mais la moitié du droit proportionnel reste à la charge du créancier. Le créancier conserve donc un coût résiduel, même en cas de recouvrement total.

Quel est le coût moyen d'une saisie-attribution sur un compte bancaire ?

Pour une créance de 10 000 €, le coût total d'une saisie-attribution (droits fixes, droit proportionnel, signification, déplacement et TVA) se situe entre 400 € et 700 € TTC. Ce montant varie selon le nombre d'actes nécessaires et les éventuelles contestations du débiteur.

Faut-il avancer les frais d'exécution en tant que créancier ?

Oui. Le créancier doit verser une provision au commissaire de justice avant le début des opérations. Ces frais avancés sont ensuite récupérés sur les sommes saisies auprès du débiteur, sous réserve de sa solvabilité effective.

L'exécution forcée est-elle rentable pour les petites créances ?

Pour les créances inférieures à 2 000 €, le coût de l'exécution forcée peut représenter 20 à 35 % du montant recouvré. Dans ce cas, une procédure de recouvrement amiable ou une procédure simplifiée de recouvrement des petites créances (article L. 125-1 du CPCE) peut s'avérer plus adaptée.

Pour aller plus loin

Arrêté du 28 février 2020 fixant les tarifs réglementés des huissiers de justice - Légifrance

Tarifs des huissiers de justice Articles A444-10 à A444-52 - Légifrance

Qui doit payer l’huissier de justice commissaire de justice - Service-Public.fr

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