
Jullian Hoareau

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Ce que change la facturation électronique pour votre entreprise
Qui est concerné par l'obligation
Le calendrier officiel : septembre 2026 et septembre 2027
Choisir et déclarer sa plateforme agréée
Les données à transmettre à l'administration fiscale
Préparer ses référentiels clients et fournisseurs
Risques et points de vigilance juridiques
La facture électronique obligatoire remplace le papier et le PDF envoyé par courriel. Une facture électronique est un document émis, transmis et reçu dans un format structuré, c'est-à-dire lisible automatiquement par un logiciel, sans ressaisie. Le changement n'est donc pas seulement technique : il modifie le circuit du document entre le fournisseur, le client et l'administration fiscale.
D'une part, la facture ne circule plus d'une boîte de messagerie à une autre, mais transite par une plateforme agréée par l'administration. D'autre part, les données de facturation sont transmises à la DGFiP, la direction générale des finances publiques, qui dispose ainsi d'une vision directe des opérations.
Pour une direction financière, trois chantiers s'ouvrent : la capacité à recevoir, la capacité à émettre, et la fiabilité des données clients et fournisseurs. Ces chantiers ne se déclenchent pas à la même date, ce qui impose de les ordonner plutôt que de les mener ensemble.
L'obligation vise toutes les entreprises assujetties à la TVA, quelle que soit leur taille, leur chiffre d'affaires, leur forme juridique ou leur régime fiscal. Sont donc couverts :
Aucun critère de volume ne permet d'y échapper. En revanche, la date à laquelle l'obligation d'émettre s'applique dépend de la catégorie d'entreprise, alors que l'obligation de recevoir s'applique à tous au même moment. Cette dissymétrie explique la plupart des malentendus observés dans les entreprises.
Sont visés toutes les entreprises, les travailleurs indépendants et les professions libérales assujettis à la TVA, quels que soient leur chiffre d'affaires, leur forme juridique et leur régime d'imposition.
Identifier la catégorie de votre entreprise conditionne l'ordre de vos travaux internes et le budget à engager.
Cadrer votre situation avec un avocat en conseil fiscal
| Échéance | Obligation de recevoir | Obligation d'émettre |
|---|---|---|
| 1er septembre 2026 | Toutes les entreprises assujetties à la TVA | Grandes entreprises et entreprises de taille intermédiaire |
| 1er septembre 2027 | Déjà applicable depuis 2026 | Micro-entreprises, TPE et PME |
La facture électronique obligatoire en 2026 concerne donc l'ensemble des assujettis pour la réception. Une PME qui continuerait d'émettre ses factures au format actuel jusqu'en 2027 doit malgré tout être en mesure de recevoir celles de ses fournisseurs dès 2026. Or la réception suppose déjà une plateforme désignée et un raccordement testé.
La transmission passe obligatoirement par une plateforme agréée par l'administration, soit directement, soit via une solution compatible raccordée à une telle plateforme. Ces plateformes sont immatriculées par la DGFiP pour une durée de trois ans renouvelable : leur agrément n'est donc pas définitif et se vérifie dans le temps.
Chaque entreprise doit désigner sa plateforme, car l'administration doit savoir vers quel opérateur diriger les factures qui lui sont adressées. Une entreprise sans plateforme désignée n'est pas seulement en retard : elle est techniquement injoignable pour ses fournisseurs.
La liste des plateformes agréées est publiée et mise à jour sur impots.gouv.fr. C'est le seul référentiel à consulter avant de signer, car une offre commerciale peut évoquer une conformité sans que l'immatriculation soit effective. Trois critères méritent examen : la compatibilité avec votre logiciel comptable ou votre ERP, le périmètre de service réellement couvert, et les conditions de réversibilité des données en cas de changement d'opérateur.
Le contrat de plateforme engage la circulation de vos factures et la restitution de vos données.
Faire relire votre contrat de plateforme
Le dispositif repose sur deux mouvements distincts. Le premier est la facture elle-même : elle part de votre plateforme vers celle de votre client, et ses données sont portées à la connaissance de l'administration fiscale. Le second concerne les informations qui ne peuvent pas être déduites de ces factures, notamment les opérations situées hors du champ de la facturation entre assujettis établis en France et les données relatives aux encaissements.
La conséquence est opérationnelle. Les écarts qui restaient internes deviennent visibles : une facture rejetée par la plateforme du client, un avoir mal rattaché ou un encaissement non lettré ne se corrigent plus discrètement en fin d'exercice. Le cycle de facturation doit donc être fiable au moment où la facture part, et non au moment de la clôture.
La qualité des bases tiers devient une condition d'acheminement. Une facture correctement établie mais adressée à un identifiant erroné n'atteint pas son destinataire, et le délai de paiement s'allonge d'autant.
| Donnée à fiabiliser | Conséquence si elle est erronée | Action à engager |
|---|---|---|
| SIREN et SIRET du client | Facture non acheminée vers le bon destinataire | Mise à jour et contrôle de la base tiers |
| Numéro de TVA intracommunautaire | Traitement incorrect de l'opération | Vérification à la création de chaque tiers |
| Adresse et service de facturation | Facture bloquée à la réception | Recueil des informations auprès des clients |
| Conditions de paiement contractuelles | Écart entre la facture et le contrat | Revue des contrats cadres et des conditions de vente |
Ce travail se mène en amont du choix technique, car aucune plateforme ne corrige une base tiers incomplète.
Une base tiers fiable et des conditions contractuelles alignées limitent les rejets de factures.
Sécuriser vos conditions de facturation
Le premier risque est contractuel. Si votre client ne peut pas recevoir votre facture ou si vous ne pouvez pas recevoir la sienne, le paiement se décale, alors que les obligations de paiement, elles, restent inchangées. Il est donc utile de prévoir dans les contrats la façon dont les parties échangent leurs factures et la conduite à tenir en cas de rejet.
Le deuxième tient à la répartition des responsabilités. Confier la transmission à un prestataire ne transfère pas l'obligation fiscale : l'entreprise reste responsable de la conformité de ses factures. Le contrat de plateforme doit donc préciser les engagements de service, la traçabilité des flux et la restitution des données.
Le troisième concerne la conservation. Une facture électronique doit rester accessible et lisible pendant toute la durée de conservation applicable, ce qui suppose de vérifier que l'archivage est bien assuré, et par qui, avant de considérer le sujet comme clos.
Oui. Au 1er septembre 2026, toutes les entreprises assujetties à la TVA doivent être capables de recevoir des factures électroniques. Cette obligation ne dépend ni de la taille de l'entreprise ni de son chiffre d'affaires.
Non. Le délai supplémentaire d'un an porte uniquement sur l'obligation d'émettre, applicable aux micro-entreprises, TPE et PME à compter du 1er septembre 2027. La réception, elle, reste due dès le 1er septembre 2026.
La liste des plateformes agréées est publiée et mise à jour sur impots.gouv.fr. L'immatriculation est délivrée par la DGFiP pour trois ans renouvelables, ce qui justifie de la vérifier avant de contractualiser puis à l'échéance.
Oui, dès lors qu'ils sont assujettis à la TVA. L'obligation s'applique quelle que soit la forme juridique ou le régime fiscal, y compris pour un faible volume de factures.
Non, dans le champ de l'obligation. Une facture électronique suppose un format structuré, exploitable automatiquement, et une transmission par une plateforme agréée. Un PDF adressé directement au client ne répond pas à ces deux conditions.
Facturation électronique et plateformes agréées - impots.gouv.fr
Tout savoir sur la facturation électronique pour les entreprises - economie.gouv.fr
Facturation électronique : guide pratique de démarrage au 1er septembre 2026 - DGFiP
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