Imposition des bénéfices d'une SAS : régime, taux et options

Guides & Ressources pratiques
25 Aug 2026
-
8 min de lecture
-
Par

Jullian Hoareau

Points clés de l'article
  1. La SAS relève de plein droit de l'impôt sur les sociétés (IS) : c'est la société qui paie l'impôt, pas les associés.
  2. Le taux normal d'IS est de 25 % ; un taux réduit de 15 % s'applique sur les 42 500 premiers euros de bénéfice sous 3 conditions cumulatives.
  3. Une option temporaire pour l'impôt sur le revenu (IR) est ouverte aux SAS de moins de 5 ans, sous critères stricts, pour 5 exercices maximum.
  4. Après IS, les dividendes versés au président subissent le prélèvement forfaitaire unique de 31,4 % ou, sur option, le barème progressif avec abattement de 40 %.
  5. L'arbitrage rémunération/dividendes diffère de celui d'une SARL à gérance majoritaire car le président de SAS est assimilé salarié.

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Sommaire

Régime fiscal de droit commun de la SAS

Détermination du bénéfice imposable

Taux d'impôt sur les sociétés applicables

Conditions strictes du taux réduit à 15 %

Option temporaire pour l'impôt sur le revenu

Imposition des dividendes après paiement de l'IS

Erreurs fréquentes et points de vigilance

FAQ

Pour aller plus loin

Régime fiscal de droit commun de la SAS

L'imposition des bénéfices d'une SAS obéit à un principe clair : la société par actions simplifiée relève de plein droit de l'impôt sur les sociétés (IS), en application de l'article 206-1 du Code général des impôts. La SAS est elle-même redevable de l'impôt. Ses associés ne sont pas personnellement imposés sur le résultat de la société.

Cette distinction est structurante. Contrairement à une entreprise individuelle, où le bénéfice remonte directement dans la déclaration de revenus du dirigeant, la SAS constitue un écran fiscal. Le bénéfice est d'abord taxé au niveau de la société. Les sommes distribuées ensuite aux associés sous forme de dividendes font l'objet d'une seconde imposition, cette fois entre les mains du bénéficiaire.

Ce mécanisme en deux temps — IS puis imposition des distributions — conditionne l'ensemble des arbitrages fiscaux du dirigeant de SAS.

Détermination du bénéfice imposable

Le bénéfice imposable ne correspond pas exactement au résultat comptable. Il se calcule à partir de ce dernier, corrigé par des réintégrations et des déductions extra-comptables.

Les réintégrations augmentent la base imposable. Elles concernent les charges comptabilisées mais non déductibles fiscalement :

  • Les amendes et pénalités (amendes pénales, majorations fiscales)
  • Une fraction de l'amortissement des véhicules de tourisme, au-delà des plafonds fixés par le CGI
  • Les dépenses somptuaires non justifiées par l'activité

Les déductions réduisent la base imposable. Elles incluent des produits comptabilisés mais exonérés fiscalement, ou des avantages fiscaux spécifiques (crédits d'impôt, régime mère-fille sur les dividendes reçus de filiales).

La rémunération du président de SAS constitue une charge déductible du bénéfice imposable, à condition qu'elle corresponde à un travail effectif et qu'elle ne soit pas excessive au regard des fonctions exercées. Cette déductibilité réduit directement la base soumise à l'IS.

Déterminer précisément le bénéfice imposable suppose de maîtriser les retraitements extra-comptables propres à chaque exercice.
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Taux d'impôt sur les sociétés applicables

Le taux normal de l'IS est fixé à 25 % du bénéfice imposable. Ce taux s'applique à toutes les SAS, quelle que soit leur taille.

Un taux réduit de 15 % s'applique sur la fraction du bénéfice qui n'excède pas 42 500 euros par période de 12 mois, sous réserve de remplir 3 conditions cumulatives (détaillées dans la section suivante). Au-delà de ce seuil, le taux normal de 25 % reprend.

Tranche de bénéficeTaux applicableConditions
0 à 42 500 €15 %3 conditions cumulatives requises
Au-delà de 42 500 €25 %Taux de droit commun

Pour une SAS éligible dégageant 100 000 euros de bénéfice imposable, le calcul donne : (42 500 × 15 %) + (57 500 × 25 %) = 6 375 + 14 375 = 20 750 euros d'IS, soit un taux effectif de 20,75 %.

Conditions strictes du taux réduit à 15 %

Le taux réduit à 15 % est soumis à 3 conditions cumulatives. Si l'une manque, le taux de 25 % s'applique dès le premier euro de bénéfice.

  1. Chiffre d'affaires HT inférieur à 10 millions d'euros sur la période d'imposition
  2. Capital entièrement libéré à la clôture de l'exercice
  3. Capital détenu à 75 % au moins par des personnes physiques, de manière continue, ou par des sociétés remplissant elles-mêmes ces conditions
ConditionCritèrePoint de vigilance
Chiffre d'affaires< 10 M€ HTPour les sociétés membres d'un groupe, le seuil s'apprécie au niveau du groupe, pas de la seule société
Libération du capital100 %Un capital partiellement libéré exclut du taux réduit même si le CA est faible
Détention du capital≥ 75 % personnes physiquesLes holdings interposées peuvent rompre la chaîne de détention

Le critère de chiffre d'affaires apprécié au niveau du groupe concerne les sociétés intégrées fiscalement ou liées. Ce point mérite une vérification précise lorsque la SAS appartient à un ensemble de sociétés.

Option temporaire pour l'impôt sur le revenu

La SAS peut opter pour le régime des sociétés de personnes, qui entraîne l'imposition du résultat directement entre les mains des associés à l'impôt sur le revenu (IR). Cette option est encadrée par des critères stricts et cumulatifs :

  • SAS créée depuis moins de 5 ans
  • Activité principale industrielle, commerciale, artisanale, agricole ou libérale
  • Moins de 50 salariés
  • Chiffre d'affaires annuel ou total de bilan inférieur à 10 millions d'euros
  • Société non cotée
  • Droits de vote détenus à 50 % au moins par des personnes physiques et à 34 % au moins par les dirigeants

L'option vaut pour 5 exercices au maximum. Une fois que la société y renonce ou que le délai expire, le retour à l'IS est définitif. L'option est irrévocable après renonciation : il n'est pas possible de basculer à nouveau vers l'IR.

Ce régime peut présenter un intérêt lorsque la SAS dégage des déficits en phase de lancement, car ceux-ci s'imputent directement sur le revenu global des associés. En revanche, dès que la société devient bénéficiaire, le taux marginal d'IR des associés (jusqu'à 45 %) peut dépasser le taux d'IS de 25 %.

L'arbitrage entre IS et IR dépend du profil fiscal de chaque associé et de la trajectoire de rentabilité de la société.
Faites analyser votre situation par un avocat fiscaliste

Imposition des dividendes après paiement de l'IS

Après paiement de l'IS, le bénéfice net peut être distribué aux associés sous forme de dividendes. Ces dividendes subissent une seconde imposition au niveau du bénéficiaire personne physique.

Le régime par défaut est le prélèvement forfaitaire unique (flat tax) de 31,4 %, décomposé en :

  • 12,8 % d'impôt sur le revenu
  • 18,6 % de prélèvements sociaux (CSG-CRDS)

Le contribuable peut opter pour le barème progressif de l'IR. Cette option est globale : elle s'applique à l'ensemble des revenus de capitaux mobiliers et plus-values de l'année. Elle ouvre droit à un abattement de 40 % sur le montant brut des dividendes avant application du barème, ainsi qu'à la déductibilité partielle de la CSG.

RégimeTaux globalAbattement 40 %Intérêt principal
Flat tax (PFU)31,4 %NonSimplicité, taux fixe
Barème progressifVariable (0 à 45 % + 18,6 %)OuiAvantageux si TMI ≤ 11 %

Le président de SAS est assimilé salarié au regard de la sécurité sociale. Ses dividendes ne supportent pas de cotisations sociales supplémentaires, contrairement au gérant majoritaire de SARL. Cette différence de statut modifie l'arbitrage entre rémunération et dividendes : en SAS, les dividendes échappent aux charges sociales patronales et salariales, ce qui peut les rendre fiscalement attractifs au-delà d'un certain niveau de rémunération.

L'équilibre entre rémunération et dividendes dépend du statut social du dirigeant, de son taux marginal d'imposition et du niveau de protection sociale recherché.
Consultez un avocat fiscaliste pour valider votre arbitrage

Erreurs fréquentes et points de vigilance

Plusieurs erreurs reviennent régulièrement dans la gestion fiscale des SAS :

  • Capital non entièrement libéré : un oubli de libération du capital prive la société du taux réduit à 15 %, parfois pendant plusieurs exercices sans que le dirigeant s'en aperçoive.
  • Rémunération excessive du président : l'administration fiscale peut requalifier la fraction jugée excessive en distribution de bénéfices, entraînant un redressement avec pénalités.
  • Confusion IS/IR : certains dirigeants croient que l'option IR est permanente ou accessible à tout moment. Elle est limitée à 5 ans et soumise à des critères d'éligibilité stricts.
  • Omission des réintégrations extra-comptables : ne pas réintégrer les amendes ou les amortissements excédentaires de véhicules de tourisme expose à un contrôle fiscal.
  • Mauvaise appréciation du seuil de CA pour le taux réduit : dans un groupe de sociétés, le chiffre d'affaires s'apprécie au niveau consolidé, pas au niveau de la seule SAS.

Chacun de ces points justifie une revue annuelle avec un professionnel du droit fiscal avant la clôture de l'exercice.

FAQ

La SAS paie-t-elle l'impôt sur les sociétés ou l'impôt sur le revenu ?

La SAS relève de plein droit de l'impôt sur les sociétés. C'est la société qui est redevable de l'impôt sur son bénéfice. Une option temporaire pour l'IR existe, mais elle est limitée aux SAS de moins de 5 ans remplissant des conditions strictes.

Quel est le taux d'IS applicable à une SAS en 2026 ?

Le taux normal est de 25 %. Un taux réduit de 15 % s'applique sur les 42 500 premiers euros de bénéfice, à condition que le chiffre d'affaires soit inférieur à 10 millions d'euros, que le capital soit entièrement libéré et détenu à 75 % au moins par des personnes physiques.

La rémunération du président de SAS est-elle déductible du bénéfice imposable ?

Oui. La rémunération du président est une charge déductible, à condition qu'elle corresponde à un travail effectif et qu'elle ne soit pas jugée excessive par l'administration fiscale.

Comment sont imposés les dividendes versés par une SAS ?

Les dividendes versés à un associé personne physique sont soumis au prélèvement forfaitaire unique de 31,4 % (flat tax). Le contribuable peut opter pour le barème progressif de l'IR avec un abattement de 40 % sur les dividendes bruts.

Peut-on revenir à l'IR après avoir renoncé à l'option ?

Non. L'option pour l'IR est valable 5 exercices au maximum. Une fois que la SAS y renonce ou que le délai expire, le retour à l'IS est définitif et il n'est plus possible d'opter à nouveau pour l'IR.

Pour aller plus loin

L'impôt sur les sociétés, comment ça marche ? - economie.gouv.fr

IS - Taux réduit applicable au bénéfice des PME - BOFiP

Entreprises soumises à l'impôt sur les sociétés : comment opter pour l'impôt sur le revenu ? - economie.gouv.fr

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