
Jullian Hoareau

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Régime fiscal de droit commun de la SAS
Détermination du bénéfice imposable
Taux d'impôt sur les sociétés applicables
Conditions strictes du taux réduit à 15 %
Option temporaire pour l'impôt sur le revenu
Imposition des dividendes après paiement de l'IS
Erreurs fréquentes et points de vigilance
L'imposition des bénéfices d'une SAS obéit à un principe clair : la société par actions simplifiée relève de plein droit de l'impôt sur les sociétés (IS), en application de l'article 206-1 du Code général des impôts. La SAS est elle-même redevable de l'impôt. Ses associés ne sont pas personnellement imposés sur le résultat de la société.
Cette distinction est structurante. Contrairement à une entreprise individuelle, où le bénéfice remonte directement dans la déclaration de revenus du dirigeant, la SAS constitue un écran fiscal. Le bénéfice est d'abord taxé au niveau de la société. Les sommes distribuées ensuite aux associés sous forme de dividendes font l'objet d'une seconde imposition, cette fois entre les mains du bénéficiaire.
Ce mécanisme en deux temps — IS puis imposition des distributions — conditionne l'ensemble des arbitrages fiscaux du dirigeant de SAS.
Le bénéfice imposable ne correspond pas exactement au résultat comptable. Il se calcule à partir de ce dernier, corrigé par des réintégrations et des déductions extra-comptables.
Les réintégrations augmentent la base imposable. Elles concernent les charges comptabilisées mais non déductibles fiscalement :
Les déductions réduisent la base imposable. Elles incluent des produits comptabilisés mais exonérés fiscalement, ou des avantages fiscaux spécifiques (crédits d'impôt, régime mère-fille sur les dividendes reçus de filiales).
La rémunération du président de SAS constitue une charge déductible du bénéfice imposable, à condition qu'elle corresponde à un travail effectif et qu'elle ne soit pas excessive au regard des fonctions exercées. Cette déductibilité réduit directement la base soumise à l'IS.
Déterminer précisément le bénéfice imposable suppose de maîtriser les retraitements extra-comptables propres à chaque exercice.
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Le taux normal de l'IS est fixé à 25 % du bénéfice imposable. Ce taux s'applique à toutes les SAS, quelle que soit leur taille.
Un taux réduit de 15 % s'applique sur la fraction du bénéfice qui n'excède pas 42 500 euros par période de 12 mois, sous réserve de remplir 3 conditions cumulatives (détaillées dans la section suivante). Au-delà de ce seuil, le taux normal de 25 % reprend.
| Tranche de bénéfice | Taux applicable | Conditions |
|---|---|---|
| 0 à 42 500 € | 15 % | 3 conditions cumulatives requises |
| Au-delà de 42 500 € | 25 % | Taux de droit commun |
Pour une SAS éligible dégageant 100 000 euros de bénéfice imposable, le calcul donne : (42 500 × 15 %) + (57 500 × 25 %) = 6 375 + 14 375 = 20 750 euros d'IS, soit un taux effectif de 20,75 %.
Le taux réduit à 15 % est soumis à 3 conditions cumulatives. Si l'une manque, le taux de 25 % s'applique dès le premier euro de bénéfice.
| Condition | Critère | Point de vigilance |
|---|---|---|
| Chiffre d'affaires | < 10 M€ HT | Pour les sociétés membres d'un groupe, le seuil s'apprécie au niveau du groupe, pas de la seule société |
| Libération du capital | 100 % | Un capital partiellement libéré exclut du taux réduit même si le CA est faible |
| Détention du capital | ≥ 75 % personnes physiques | Les holdings interposées peuvent rompre la chaîne de détention |
Le critère de chiffre d'affaires apprécié au niveau du groupe concerne les sociétés intégrées fiscalement ou liées. Ce point mérite une vérification précise lorsque la SAS appartient à un ensemble de sociétés.
La SAS peut opter pour le régime des sociétés de personnes, qui entraîne l'imposition du résultat directement entre les mains des associés à l'impôt sur le revenu (IR). Cette option est encadrée par des critères stricts et cumulatifs :
L'option vaut pour 5 exercices au maximum. Une fois que la société y renonce ou que le délai expire, le retour à l'IS est définitif. L'option est irrévocable après renonciation : il n'est pas possible de basculer à nouveau vers l'IR.
Ce régime peut présenter un intérêt lorsque la SAS dégage des déficits en phase de lancement, car ceux-ci s'imputent directement sur le revenu global des associés. En revanche, dès que la société devient bénéficiaire, le taux marginal d'IR des associés (jusqu'à 45 %) peut dépasser le taux d'IS de 25 %.
L'arbitrage entre IS et IR dépend du profil fiscal de chaque associé et de la trajectoire de rentabilité de la société.
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Après paiement de l'IS, le bénéfice net peut être distribué aux associés sous forme de dividendes. Ces dividendes subissent une seconde imposition au niveau du bénéficiaire personne physique.
Le régime par défaut est le prélèvement forfaitaire unique (flat tax) de 31,4 %, décomposé en :
Le contribuable peut opter pour le barème progressif de l'IR. Cette option est globale : elle s'applique à l'ensemble des revenus de capitaux mobiliers et plus-values de l'année. Elle ouvre droit à un abattement de 40 % sur le montant brut des dividendes avant application du barème, ainsi qu'à la déductibilité partielle de la CSG.
| Régime | Taux global | Abattement 40 % | Intérêt principal |
|---|---|---|---|
| Flat tax (PFU) | 31,4 % | Non | Simplicité, taux fixe |
| Barème progressif | Variable (0 à 45 % + 18,6 %) | Oui | Avantageux si TMI ≤ 11 % |
Le président de SAS est assimilé salarié au regard de la sécurité sociale. Ses dividendes ne supportent pas de cotisations sociales supplémentaires, contrairement au gérant majoritaire de SARL. Cette différence de statut modifie l'arbitrage entre rémunération et dividendes : en SAS, les dividendes échappent aux charges sociales patronales et salariales, ce qui peut les rendre fiscalement attractifs au-delà d'un certain niveau de rémunération.
L'équilibre entre rémunération et dividendes dépend du statut social du dirigeant, de son taux marginal d'imposition et du niveau de protection sociale recherché.
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Plusieurs erreurs reviennent régulièrement dans la gestion fiscale des SAS :
Chacun de ces points justifie une revue annuelle avec un professionnel du droit fiscal avant la clôture de l'exercice.
La SAS relève de plein droit de l'impôt sur les sociétés. C'est la société qui est redevable de l'impôt sur son bénéfice. Une option temporaire pour l'IR existe, mais elle est limitée aux SAS de moins de 5 ans remplissant des conditions strictes.
Le taux normal est de 25 %. Un taux réduit de 15 % s'applique sur les 42 500 premiers euros de bénéfice, à condition que le chiffre d'affaires soit inférieur à 10 millions d'euros, que le capital soit entièrement libéré et détenu à 75 % au moins par des personnes physiques.
Oui. La rémunération du président est une charge déductible, à condition qu'elle corresponde à un travail effectif et qu'elle ne soit pas jugée excessive par l'administration fiscale.
Les dividendes versés à un associé personne physique sont soumis au prélèvement forfaitaire unique de 31,4 % (flat tax). Le contribuable peut opter pour le barème progressif de l'IR avec un abattement de 40 % sur les dividendes bruts.
Non. L'option pour l'IR est valable 5 exercices au maximum. Une fois que la SAS y renonce ou que le délai expire, le retour à l'IS est définitif et il n'est plus possible d'opter à nouveau pour l'IR.
L'impôt sur les sociétés, comment ça marche ? - economie.gouv.fr
IS - Taux réduit applicable au bénéfice des PME - BOFiP
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