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Qu'est-ce que l'évaluation des risques professionnels ?
Une obligation légale pour tout employeur
Le DUERP : contenu et mise à jour
Les étapes d'une évaluation des risques rigoureuse
Risques psychosociaux et harcèlement dans l'évaluation
Sanctions et responsabilité en cas de manquement
L'évaluation des risques professionnels désigne le processus par lequel un employeur identifie, analyse et classe les dangers auxquels ses salariés sont exposés dans le cadre de leur activité. Elle couvre l'ensemble des risques : physiques (chutes, bruit, produits chimiques), organisationnels (charge de travail, horaires atypiques) et psychosociaux (stress, harcèlement, isolement).
Ce processus ne se limite pas à un inventaire. Il s'agit d'une démarche structurée qui évalue la probabilité de survenance de chaque risque et la gravité de ses conséquences. L'objectif est de définir des mesures de prévention adaptées, hiérarchisées selon leur urgence.
En France, cette obligation est codifiée aux articles L. 4121-1 à L. 4121-5 du Code du travail. Elle constitue le socle de l'obligation de sécurité de l'employeur, qualifiée par la Cour de cassation d'obligation de moyens renforcée depuis 2015 (arrêt Air France, 25 novembre 2015).
Toute entreprise employant au moins 1 salarié est tenue de réaliser cette évaluation. Ni la taille de la structure, ni son secteur d'activité ne l'en dispensent. Une TPE de 3 salariés y est soumise au même titre qu'un groupe de 5 000 collaborateurs.
Le décret n° 2001-1016 du 5 novembre 2001 a imposé la transcription des résultats dans un document unique : le DUERP. Ce texte a été renforcé par la loi du 2 août 2021 dite « loi Santé au travail », qui a élargi le contenu du DUERP et instauré une obligation de conservation pendant 40 ans.
| Critère | Obligation |
|---|---|
| Seuil d'effectif | Dès 1 salarié |
| Formalisation | DUERP obligatoire |
| Durée de conservation | 40 ans minimum |
| Mise à jour | Annuelle (entreprises ≥ 11 salariés) ou lors de tout aménagement modifiant les conditions de travail |
| Accessibilité | Salariés, CSE, médecin du travail, inspection du travail |
Pour les entreprises de moins de 11 salariés, la mise à jour annuelle n'est plus obligatoire depuis la loi de 2021, mais reste requise à chaque modification des conditions de travail.
Le DUERP n'est pas un simple formulaire. C'est un document opérationnel qui doit refléter la réalité des conditions de travail. Son contenu comprend :
La mise à jour intervient dans 3 cas : au moins une fois par an pour les entreprises de 11 salariés et plus, lors de toute décision d'aménagement modifiant les conditions de santé ou de sécurité, et lorsqu'une information supplémentaire sur un risque est recueillie (accident du travail, alerte du CSE, rapport du médecin du travail).
Depuis le 1er juillet 2023, les entreprises de 150 salariés et plus doivent déposer leur DUERP sur un portail numérique dédié. Cette obligation s'étendra aux entreprises de moins de 150 salariés à compter d'une date fixée par décret, au plus tard le 1er juillet 2024.
Structurer un DUERP opposable suppose une expertise en droit social et en prévention des risques, notamment psychosociaux.
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Une évaluation des risques efficace suit une méthodologie en 5 étapes :
| Étape | Action concrète | Acteurs impliqués |
|---|---|---|
| Identification | Visites de terrain, entretiens, analyse des AT/MP | DRH, préventeur, managers |
| Analyse | Cotation gravité/fréquence | Médecin du travail, CSE |
| Hiérarchisation | Matrice de criticité | Direction, préventeur |
| Plan d'action | Fiches actions avec échéances | DRH, direction générale |
| Suivi | Indicateurs, bilans annuels | CSE, médecin du travail |
L'implication des salariés et de leurs représentants (CSE) est une condition de fiabilité. Un DUERP rédigé sans consultation du terrain sera difficilement défendable en cas de contentieux.
Les risques psychosociaux (RPS) constituent une catégorie à part entière dans l'évaluation. Selon la DARES, 45 % des actifs français déclaraient en 2019 devoir « toujours ou souvent se dépêcher » dans leur travail. Le harcèlement moral ou sexuel, le burn-out et les violences internes figurent parmi les RPS les plus fréquemment signalés.
Or, ces risques sont souvent absents ou insuffisamment traités dans les DUERP. Cette lacune expose l'employeur à deux niveaux de responsabilité :
Pour intégrer les RPS au DUERP, le DRH peut s'appuyer sur des outils validés : questionnaires anonymes (type Karasek ou Siegrist), entretiens collectifs, analyse des indicateurs RH (turnover, absentéisme, signalements).
L'évaluation des risques psychosociaux et la gestion des situations de harcèlement nécessitent un accompagnement juridique adapté.
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L'absence de DUERP ou son caractère incomplet constitue une infraction pénale. L'amende prévue est de 1 500 € par unité de travail non évaluée (contravention de 5e classe), portée à 3 000 € en cas de récidive (article R. 4741-1 du Code du travail).
En cas d'accident du travail ou de maladie professionnelle, les conséquences sont plus lourdes. Le salarié peut demander la reconnaissance d'une faute inexcusable de l'employeur si celui-ci avait ou aurait dû avoir conscience du danger et n'a pas pris les mesures nécessaires. La Cour de cassation considère que l'absence de DUERP constitue un indice de cette conscience du risque (Cass. soc., 8 juillet 2014).
Les conséquences financières d'une faute inexcusable sont considérables : majoration de la rente d'incapacité, indemnisation complémentaire de l'ensemble des préjudices (souffrances, préjudice esthétique, perte de chance professionnelle). Ces sommes sont avancées par la CPAM puis récupérées auprès de l'employeur.
Le DUERP est donc un document à double fonction : outil de prévention au quotidien et pièce de preuve en cas de litige. Sa rigueur protège les salariés et sécurise l'employeur.
Oui. Tout employeur, dès le premier salarié, doit formaliser l'évaluation des risques professionnels dans un DUERP. Aucun seuil d'effectif ne dispense de cette obligation. Seule la fréquence de mise à jour diffère : les entreprises de moins de 11 salariés ne sont plus tenues à une mise à jour annuelle systématique.
La responsabilité incombe à l'employeur, mais il peut déléguer la rédaction à un salarié compétent, au service de prévention ou à un intervenant extérieur (préventeur, ergonome). Le CSE doit être consulté. Le médecin du travail et les services de prévention et de santé au travail (SPST) apportent leur contribution.
Les RPS s'évaluent à l'aide de questionnaires validés (Karasek, Siegrist), d'entretiens collectifs et d'indicateurs RH (absentéisme, turnover, signalements). Chaque facteur de risque identifié (charge de travail, conflits, isolement, harcèlement) doit figurer dans le DUERP avec les mesures de prévention associées.
L'employeur encourt une amende de 1 500 € par unité de travail non évaluée, portée à 3 000 € en récidive. En cas d'accident du travail, l'absence de DUERP peut conduire à la reconnaissance d'une faute inexcusable, avec des conséquences financières bien plus élevées.
Oui. Le DUERP doit être tenu à la disposition des salariés, des membres du CSE, du médecin du travail, de l'inspection du travail et des agents des services de prévention des organismes de sécurité sociale. Depuis la loi du 2 août 2021, ses versions successives doivent être conservées pendant 40 ans.
Article L4121-3 du Code du travail (obligation d'évaluation des risques) - Légifrance
Déclarer et évaluer les risques : le document unique (DUERP) - ameli.fr
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