Immatriculation d'une entreprise individuelle : procédure complète et formalités obligatoires

Guides & Ressources pratiques
15 Mar 2026
-
9
min
Points clés de l'article
  1. Depuis le 1er janvier 2023, toute immatriculation d'entreprise individuelle passe obligatoirement par le guichet unique de l'INPI (formalites.entreprises.gouv.fr).
  2. L'EI est un statut sans personnalité morale distincte : l'entrepreneur exerce en son nom propre, avec un patrimoine professionnel automatiquement séparé depuis la loi du 14 février 2022.
  3. Les pièces justificatives varient selon la nature de l'activité (commerciale, artisanale ou libérale) et conditionnent l'inscription au registre compétent (RCS, RNE, RM).
  4. L'immatriculation est gratuite pour les activités commerciales et libérales ; elle coûte environ 45 € pour une activité artisanale (frais de stage ou de qualification exclus).
  5. Le passage en société (EURL, SASU) devient pertinent lorsque le chiffre d'affaires, le besoin de protection patrimoniale ou l'entrée d'associés dépassent le cadre de l'EI.

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Sommaire

Entreprise individuelle (EI) : définition et caractéristiques juridiques

Pourquoi et quand immatriculer son entreprise individuelle ?

Le guichet unique INPI : seule procédure officielle depuis 2023

Étapes de l'immatriculation : du formulaire à l'obtention du SIRET

Pièces justificatives à fournir selon l'activité (commerciale, artisanale, libérale)

Coûts d'immatriculation et délais de traitement

Après l'immatriculation : démarches complémentaires et obligations

Quand l'EI ne suffit plus : passer en société

FAQ

Pour aller plus loin

Entreprise individuelle (EI) : définition et caractéristiques juridiques

L'entreprise individuelle (EI) est la forme juridique la plus simple pour exercer une activité professionnelle en France. Elle ne crée pas de personne morale distincte : l'entrepreneur et l'entreprise sont juridiquement une seule et même entité. Concrètement, le freelance, l'artisan ou le commerçant exerce sous son propre nom et engage sa responsabilité personnelle.

Depuis la loi du 14 février 2022 (loi n° 2022-172 en faveur de l'activité professionnelle indépendante), le patrimoine de l'entrepreneur individuel est automatiquement séparé en deux masses : un patrimoine professionnel et un patrimoine personnel. Cette séparation s'applique de plein droit, sans formalité supplémentaire, à toute EI créée ou déjà existante. Seuls les créanciers professionnels peuvent saisir les biens affectés à l'activité. Cette réforme a supprimé le statut d'EIRL, devenu inutile.

L'EI englobe deux régimes fiscaux et sociaux distincts. Le régime classique (imposition au barème de l'impôt sur le revenu, comptabilité complète) et le régime micro-entrepreneur (anciennement auto-entrepreneur), qui applique un abattement forfaitaire sur le chiffre d'affaires et des cotisations sociales simplifiées. Le régime micro n'est pas un statut juridique séparé : c'est une option fiscale et sociale ouverte aux EI dont le chiffre d'affaires ne dépasse pas 77 700 € (prestations de services) ou 188 700 € (vente de marchandises) en 2025.

Ce que l'EI n'est pas

L'EI ne doit pas être confondue avec une société unipersonnelle (EURL ou SASU). Ces dernières créent une personne morale distincte, avec un capital social, des statuts et des obligations comptables plus lourdes. L'EI se distingue par l'absence de capital minimum, l'absence de statuts à rédiger et une gestion administrative allégée.

Pourquoi et quand immatriculer son entreprise individuelle ?

L'immatriculation est le point de départ légal de toute activité professionnelle indépendante. Sans elle, l'entrepreneur ne dispose ni de numéro SIRET, ni de code APE, ni de la possibilité d'émettre des factures conformes. Exercer sans immatriculation expose à des sanctions pour travail dissimulé (article L. 8221-3 du Code du travail), passibles de 3 ans d'emprisonnement et 45 000 € d'amende.

L'immatriculation doit intervenir avant le début effectif de l'activité. En pratique, l'entrepreneur peut déposer sa demande jusqu'à 30 jours avant le démarrage prévu. Pour les activités artisanales, une qualification professionnelle ou un diplôme peut être exigé préalablement (coiffure, bâtiment, alimentation, par exemple).

Trois situations déclenchent l'obligation d'immatriculation :

  • Activité commerciale : achat-revente, négoce, e-commerce → inscription au Registre du Commerce et des Sociétés (RCS).
  • Activité artisanale : production, transformation, réparation, services artisanaux → inscription au Registre National des Entreprises (RNE) et, le cas échéant, au Répertoire des Métiers (RM).
  • Activité libérale : conseil, formation, professions réglementées ou non → déclaration auprès de l'URSSAF via le guichet unique, inscription au RNE.

Dans tous les cas, le passage par le guichet unique est désormais la seule voie d'entrée.

Le guichet unique INPI : seule procédure officielle depuis 2023

Depuis le 1er janvier 2023, le site formalites.entreprises.gouv.fr, opéré par l'INPI (Institut National de la Propriété Industrielle), remplace l'ensemble des anciens centres de formalités des entreprises (CFE). Les greffes des tribunaux de commerce, les chambres de commerce (CCI), les chambres de métiers (CMA) et les URSSAF ne reçoivent plus directement les dossiers de création.

Ce guichet unique centralise toutes les formalités : création, modification et cessation d'activité. La déclaration se fait exclusivement en ligne. Le guichet transmet ensuite automatiquement les informations aux organismes compétents : INSEE (attribution du SIRET), services fiscaux, URSSAF, caisses de retraite et registres professionnels.

En cas de difficulté technique sur la plateforme, l'INPI met à disposition une assistance par téléphone et par courriel. Les greffes des tribunaux de commerce conservent un rôle de support pour les activités commerciales, mais ne constituent plus un point d'entrée autonome.

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Étapes de l'immatriculation : du formulaire à l'obtention du SIRET

La procédure d'immatriculation d'une entreprise individuelle suit un parcours en 5 étapes sur le guichet unique.

1. Création d'un compte sur formalites.entreprises.gouv.fr. L'entrepreneur renseigne son identité, son adresse courriel et crée un mot de passe. L'identification peut être renforcée via FranceConnect.

2. Choix du type de formalité. L'entrepreneur sélectionne « Créer une entreprise », puis « Entreprise individuelle ». Il précise la nature de l'activité (commerciale, artisanale, libérale ou mixte).

3. Remplissage du formulaire en ligne. Le formulaire remplace les anciens imprimés P0 (CMB, PL ou P0 micro-entrepreneur). Il demande : l'état civil complet, l'adresse de domiciliation de l'entreprise, la description précise de l'activité, la date de début d'activité, le régime fiscal choisi (micro ou réel) et le régime de TVA.

4. Dépôt des pièces justificatives. Les documents sont téléversés au format numérique (PDF ou JPEG). La liste varie selon l'activité (voir section suivante).

5. Validation et suivi. Le guichet accuse réception du dossier et le transmet aux organismes. L'entrepreneur reçoit un numéro de dossier pour suivre l'avancement. L'INSEE attribue le numéro SIRET et le code APE dans un délai moyen de 1 à 4 semaines.

Pièces justificatives à fournir selon l'activité (commerciale, artisanale, libérale)

Les pièces justificatives constituent le principal motif de rejet ou de retard des dossiers. Le tableau ci-dessous récapitule les documents exigés selon la nature de l'activité.

Pièce justificativeCommercialeArtisanaleLibérale
Pièce d'identité en cours de validité
Déclaration de non-condamnation et de filiation
Justificatif de domiciliation (bail, titre de propriété, contrat de domiciliation)
Diplôme ou attestation de qualification professionnelle✅ (si activité réglementée)✅ (si profession réglementée)
Autorisation ou agrément préalableSelon activité (débit de boissons, transport…)Selon activitéSelon profession (expert-comptable, architecte…)
Attestation de stage de préparation à l'installation (SPI)Facultatif depuis la loi PACTE 2019

Quelques précisions pratiques :

  • La pièce d'identité doit être accompagnée d'une attestation sur l'honneur de conformité à l'original, signée et datée.
  • Le justificatif de domiciliation doit dater de moins de 3 mois. Un entrepreneur qui exerce à domicile fournit un justificatif de domicile personnel (facture d'énergie, avis d'imposition).
  • Pour les activités artisanales réglementées (plomberie, électricité, coiffure, boulangerie…), le diplôme requis est au minimum un CAP, un BEP ou un titre équivalent, ou 3 ans d'expérience professionnelle justifiée.
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Coûts d'immatriculation et délais de traitement

Contrairement à une idée répandue, l'immatriculation d'une entreprise individuelle est gratuite dans la plupart des cas. Les frais varient toutefois selon la nature de l'activité et le registre concerné.

Type d'activitéCoût d'immatriculationRegistre
CommercialeGratuit (0 €)RCS + RNE
Artisanale≈ 45 €RM + RNE
LibéraleGratuit (0 €)RNE uniquement
Micro-entrepreneur (toute activité)Gratuit (0 €)RNE (+ RCS ou RM selon activité)

Ces montants n'incluent pas les frais annexes éventuels : domiciliation commerciale (à partir de 15 €/mois), accompagnement par un professionnel, ou stage de préparation à l'installation (environ 200 € si l'artisan choisit de le suivre).

Concernant les délais, l'INSEE indique un traitement moyen de 7 à 15 jours ouvrés pour l'attribution du SIRET après validation du dossier par le guichet unique. En période de forte affluence (janvier, septembre), ce délai peut atteindre 3 à 4 semaines. Un dossier incomplet est suspendu jusqu'à réception des pièces manquantes, ce qui allonge le processus de plusieurs semaines.

Après l'immatriculation : démarches complémentaires et obligations

L'obtention du SIRET ne clôt pas les formalités. Plusieurs démarches complémentaires s'imposent dans les semaines suivant l'immatriculation.

  • Ouverture d'un compte bancaire dédié. Depuis la loi PACTE de 2019, l'obligation de compte bancaire professionnel séparé ne s'applique qu'aux EI dépassant 10 000 € de chiffre d'affaires annuel pendant 2 années consécutives. En dessous de ce seuil, un compte courant personnel dédié suffit.
  • Souscription d'une assurance professionnelle. Certaines activités imposent une assurance obligatoire : responsabilité civile professionnelle (RC Pro) pour les professions réglementées, garantie décennale pour le bâtiment. Pour les autres, la RC Pro reste fortement recommandée.
  • Déclaration initiale de TVA. Les micro-entrepreneurs bénéficient de la franchise en base de TVA sous les seuils de 36 800 € (services) ou 91 900 € (vente). Au-delà, ou sur option, l'entrepreneur doit s'inscrire au régime de TVA auprès du service des impôts des entreprises (SIE).
  • Adhésion à une caisse de retraite complémentaire. Les professions libérales non réglementées relèvent de la CIPAV ou de la Sécurité sociale des indépendants (SSI). Les professions libérales réglementées relèvent de caisses spécifiques (CARMF pour les médecins, CNBF pour les avocats, etc.).
  • Tenue comptable. En régime réel, l'EI doit tenir une comptabilité complète (livre-journal, grand livre, comptes annuels). En micro-entreprise, un livre des recettes et un registre des achats (pour les activités de vente) suffisent.

Quand l'EI ne suffit plus : passer en société

L'entreprise individuelle présente des limites structurelles qui peuvent freiner le développement d'une activité. Trois signaux indiquent qu'un passage en société (EURL ou SASU) mérite d'être étudié.

Le chiffre d'affaires dépasse les plafonds micro. Au-delà de 77 700 € (services) ou 188 700 € (vente), le régime micro-entrepreneur n'est plus accessible. Le régime réel de l'EI reste possible, mais la société permet alors d'optimiser la rémunération entre salaire et dividendes, et de bénéficier de l'impôt sur les sociétés (IS) à 15 % jusqu'à 42 500 € de bénéfice.

Le besoin de s'associer. L'EI est par définition unipersonnelle. Dès qu'un associé ou un investisseur entre dans le projet, la transformation en société (SARL, SAS) devient indispensable.

La protection patrimoniale renforcée. Bien que la séparation des patrimoines soit désormais automatique en EI, la société offre une responsabilité limitée aux apports (sauf faute de gestion), une meilleure lisibilité pour les partenaires bancaires et une crédibilité accrue auprès de certains clients ou donneurs d'ordre.

Le passage d'EI à société implique une cessation d'activité individuelle suivie d'une création de société. Cette opération génère des conséquences fiscales (imposition immédiate des bénéfices en cours, plus-values latentes) qui justifient un accompagnement juridique et comptable.

Le choix entre EI et société engage la fiscalité, la protection du patrimoine et la capacité de développement de l'activité.
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FAQ

L'immatriculation d'une entreprise individuelle est-elle payante ?

Non pour les activités commerciales, libérales et les micro-entrepreneurs : l'immatriculation est gratuite sur le guichet unique. Pour les activités artisanales, des frais d'environ 45 € s'appliquent au titre de l'inscription au Répertoire des Métiers.

Quelle est la différence entre une EI et une micro-entreprise ?

La micro-entreprise n'est pas un statut juridique distinct. C'est un régime fiscal et social simplifié, accessible aux entrepreneurs individuels dont le chiffre d'affaires reste sous les plafonds légaux (77 700 € pour les services, 188 700 € pour la vente en 2025). Toute micro-entreprise est juridiquement une EI.

Combien de temps faut-il pour obtenir un numéro SIRET ?

Le délai moyen est de 7 à 15 jours ouvrés après validation du dossier complet par le guichet unique. Un dossier incomplet ou déposé en période de forte affluence peut nécessiter 3 à 4 semaines.

Peut-on encore s'immatriculer auprès d'un CFE ou d'une CCI ?

Non. Depuis le 1er janvier 2023, le guichet unique de l'INPI (formalites.entreprises.gouv.fr) est la seule voie d'immatriculation. Les anciens CFE (CCI, CMA, URSSAF, greffes) ne reçoivent plus de dossiers de création.

Faut-il un compte bancaire professionnel pour une entreprise individuelle ?

Pas systématiquement. L'obligation de compte bancaire séparé ne concerne que les EI dont le chiffre d'affaires dépasse 10 000 € pendant 2 années consécutives. En dessous, un compte courant personnel dédié à l'activité est suffisant.

Pour aller plus loin

Création d'entreprise : formalités d'immatriculation d'une entreprise individuelle - Entreprendre.Service-Public.fr

Créer son entreprise individuelle (EI) - INPI

Guichet unique des formalités des entreprises - Formalites.entreprises.gouv.fr

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