
Accédez en -24h à un avocat d'affaires sélectionné parmi les meilleurs, à des honoraires maîtrisés.
Entreprise individuelle (EI) : définition et caractéristiques juridiques
Pourquoi et quand immatriculer son entreprise individuelle ?
Le guichet unique INPI : seule procédure officielle depuis 2023
Étapes de l'immatriculation : du formulaire à l'obtention du SIRET
Pièces justificatives à fournir selon l'activité (commerciale, artisanale, libérale)
Coûts d'immatriculation et délais de traitement
Après l'immatriculation : démarches complémentaires et obligations
Quand l'EI ne suffit plus : passer en société
L'entreprise individuelle (EI) est la forme juridique la plus simple pour exercer une activité professionnelle en France. Elle ne crée pas de personne morale distincte : l'entrepreneur et l'entreprise sont juridiquement une seule et même entité. Concrètement, le freelance, l'artisan ou le commerçant exerce sous son propre nom et engage sa responsabilité personnelle.
Depuis la loi du 14 février 2022 (loi n° 2022-172 en faveur de l'activité professionnelle indépendante), le patrimoine de l'entrepreneur individuel est automatiquement séparé en deux masses : un patrimoine professionnel et un patrimoine personnel. Cette séparation s'applique de plein droit, sans formalité supplémentaire, à toute EI créée ou déjà existante. Seuls les créanciers professionnels peuvent saisir les biens affectés à l'activité. Cette réforme a supprimé le statut d'EIRL, devenu inutile.
L'EI englobe deux régimes fiscaux et sociaux distincts. Le régime classique (imposition au barème de l'impôt sur le revenu, comptabilité complète) et le régime micro-entrepreneur (anciennement auto-entrepreneur), qui applique un abattement forfaitaire sur le chiffre d'affaires et des cotisations sociales simplifiées. Le régime micro n'est pas un statut juridique séparé : c'est une option fiscale et sociale ouverte aux EI dont le chiffre d'affaires ne dépasse pas 77 700 € (prestations de services) ou 188 700 € (vente de marchandises) en 2025.
L'EI ne doit pas être confondue avec une société unipersonnelle (EURL ou SASU). Ces dernières créent une personne morale distincte, avec un capital social, des statuts et des obligations comptables plus lourdes. L'EI se distingue par l'absence de capital minimum, l'absence de statuts à rédiger et une gestion administrative allégée.
L'immatriculation est le point de départ légal de toute activité professionnelle indépendante. Sans elle, l'entrepreneur ne dispose ni de numéro SIRET, ni de code APE, ni de la possibilité d'émettre des factures conformes. Exercer sans immatriculation expose à des sanctions pour travail dissimulé (article L. 8221-3 du Code du travail), passibles de 3 ans d'emprisonnement et 45 000 € d'amende.
L'immatriculation doit intervenir avant le début effectif de l'activité. En pratique, l'entrepreneur peut déposer sa demande jusqu'à 30 jours avant le démarrage prévu. Pour les activités artisanales, une qualification professionnelle ou un diplôme peut être exigé préalablement (coiffure, bâtiment, alimentation, par exemple).
Trois situations déclenchent l'obligation d'immatriculation :
Dans tous les cas, le passage par le guichet unique est désormais la seule voie d'entrée.
Depuis le 1er janvier 2023, le site formalites.entreprises.gouv.fr, opéré par l'INPI (Institut National de la Propriété Industrielle), remplace l'ensemble des anciens centres de formalités des entreprises (CFE). Les greffes des tribunaux de commerce, les chambres de commerce (CCI), les chambres de métiers (CMA) et les URSSAF ne reçoivent plus directement les dossiers de création.
Ce guichet unique centralise toutes les formalités : création, modification et cessation d'activité. La déclaration se fait exclusivement en ligne. Le guichet transmet ensuite automatiquement les informations aux organismes compétents : INSEE (attribution du SIRET), services fiscaux, URSSAF, caisses de retraite et registres professionnels.
En cas de difficulté technique sur la plateforme, l'INPI met à disposition une assistance par téléphone et par courriel. Les greffes des tribunaux de commerce conservent un rôle de support pour les activités commerciales, mais ne constituent plus un point d'entrée autonome.
Structurer son activité dès la création permet d'éviter des erreurs coûteuses sur le plan fiscal et juridique.
Faites-vous accompagner par un avocat spécialisé en création d'entreprise
La procédure d'immatriculation d'une entreprise individuelle suit un parcours en 5 étapes sur le guichet unique.
1. Création d'un compte sur formalites.entreprises.gouv.fr. L'entrepreneur renseigne son identité, son adresse courriel et crée un mot de passe. L'identification peut être renforcée via FranceConnect.
2. Choix du type de formalité. L'entrepreneur sélectionne « Créer une entreprise », puis « Entreprise individuelle ». Il précise la nature de l'activité (commerciale, artisanale, libérale ou mixte).
3. Remplissage du formulaire en ligne. Le formulaire remplace les anciens imprimés P0 (CMB, PL ou P0 micro-entrepreneur). Il demande : l'état civil complet, l'adresse de domiciliation de l'entreprise, la description précise de l'activité, la date de début d'activité, le régime fiscal choisi (micro ou réel) et le régime de TVA.
4. Dépôt des pièces justificatives. Les documents sont téléversés au format numérique (PDF ou JPEG). La liste varie selon l'activité (voir section suivante).
5. Validation et suivi. Le guichet accuse réception du dossier et le transmet aux organismes. L'entrepreneur reçoit un numéro de dossier pour suivre l'avancement. L'INSEE attribue le numéro SIRET et le code APE dans un délai moyen de 1 à 4 semaines.
Les pièces justificatives constituent le principal motif de rejet ou de retard des dossiers. Le tableau ci-dessous récapitule les documents exigés selon la nature de l'activité.
| Pièce justificative | Commerciale | Artisanale | Libérale |
|---|---|---|---|
| Pièce d'identité en cours de validité | ✅ | ✅ | ✅ |
| Déclaration de non-condamnation et de filiation | ✅ | ✅ | ✅ |
| Justificatif de domiciliation (bail, titre de propriété, contrat de domiciliation) | ✅ | ✅ | ✅ |
| Diplôme ou attestation de qualification professionnelle | ❌ | ✅ (si activité réglementée) | ✅ (si profession réglementée) |
| Autorisation ou agrément préalable | Selon activité (débit de boissons, transport…) | Selon activité | Selon profession (expert-comptable, architecte…) |
| Attestation de stage de préparation à l'installation (SPI) | ❌ | Facultatif depuis la loi PACTE 2019 | ❌ |
Quelques précisions pratiques :
Identifier le bon régime juridique et fiscal dès l'immatriculation évite des corrections administratives longues.
Consultez un avocat en création d'entreprise sur Swim Legal
Contrairement à une idée répandue, l'immatriculation d'une entreprise individuelle est gratuite dans la plupart des cas. Les frais varient toutefois selon la nature de l'activité et le registre concerné.
| Type d'activité | Coût d'immatriculation | Registre |
|---|---|---|
| Commerciale | Gratuit (0 €) | RCS + RNE |
| Artisanale | ≈ 45 € | RM + RNE |
| Libérale | Gratuit (0 €) | RNE uniquement |
| Micro-entrepreneur (toute activité) | Gratuit (0 €) | RNE (+ RCS ou RM selon activité) |
Ces montants n'incluent pas les frais annexes éventuels : domiciliation commerciale (à partir de 15 €/mois), accompagnement par un professionnel, ou stage de préparation à l'installation (environ 200 € si l'artisan choisit de le suivre).
Concernant les délais, l'INSEE indique un traitement moyen de 7 à 15 jours ouvrés pour l'attribution du SIRET après validation du dossier par le guichet unique. En période de forte affluence (janvier, septembre), ce délai peut atteindre 3 à 4 semaines. Un dossier incomplet est suspendu jusqu'à réception des pièces manquantes, ce qui allonge le processus de plusieurs semaines.
L'obtention du SIRET ne clôt pas les formalités. Plusieurs démarches complémentaires s'imposent dans les semaines suivant l'immatriculation.
L'entreprise individuelle présente des limites structurelles qui peuvent freiner le développement d'une activité. Trois signaux indiquent qu'un passage en société (EURL ou SASU) mérite d'être étudié.
Le chiffre d'affaires dépasse les plafonds micro. Au-delà de 77 700 € (services) ou 188 700 € (vente), le régime micro-entrepreneur n'est plus accessible. Le régime réel de l'EI reste possible, mais la société permet alors d'optimiser la rémunération entre salaire et dividendes, et de bénéficier de l'impôt sur les sociétés (IS) à 15 % jusqu'à 42 500 € de bénéfice.
Le besoin de s'associer. L'EI est par définition unipersonnelle. Dès qu'un associé ou un investisseur entre dans le projet, la transformation en société (SARL, SAS) devient indispensable.
La protection patrimoniale renforcée. Bien que la séparation des patrimoines soit désormais automatique en EI, la société offre une responsabilité limitée aux apports (sauf faute de gestion), une meilleure lisibilité pour les partenaires bancaires et une crédibilité accrue auprès de certains clients ou donneurs d'ordre.
Le passage d'EI à société implique une cessation d'activité individuelle suivie d'une création de société. Cette opération génère des conséquences fiscales (imposition immédiate des bénéfices en cours, plus-values latentes) qui justifient un accompagnement juridique et comptable.
Le choix entre EI et société engage la fiscalité, la protection du patrimoine et la capacité de développement de l'activité.
Échangez avec un avocat spécialisé en création de sociétés
Non pour les activités commerciales, libérales et les micro-entrepreneurs : l'immatriculation est gratuite sur le guichet unique. Pour les activités artisanales, des frais d'environ 45 € s'appliquent au titre de l'inscription au Répertoire des Métiers.
La micro-entreprise n'est pas un statut juridique distinct. C'est un régime fiscal et social simplifié, accessible aux entrepreneurs individuels dont le chiffre d'affaires reste sous les plafonds légaux (77 700 € pour les services, 188 700 € pour la vente en 2025). Toute micro-entreprise est juridiquement une EI.
Le délai moyen est de 7 à 15 jours ouvrés après validation du dossier complet par le guichet unique. Un dossier incomplet ou déposé en période de forte affluence peut nécessiter 3 à 4 semaines.
Non. Depuis le 1er janvier 2023, le guichet unique de l'INPI (formalites.entreprises.gouv.fr) est la seule voie d'immatriculation. Les anciens CFE (CCI, CMA, URSSAF, greffes) ne reçoivent plus de dossiers de création.
Pas systématiquement. L'obligation de compte bancaire séparé ne concerne que les EI dont le chiffre d'affaires dépasse 10 000 € pendant 2 années consécutives. En dessous, un compte courant personnel dédié à l'activité est suffisant.
Créer son entreprise individuelle (EI) - INPI
Guichet unique des formalités des entreprises - Formalites.entreprises.gouv.fr
SWIM LEGAL est une alternative au cabinet d’avocats traditionnel pour les besoins juridiques des entreprises. Incubé par le Barreau de Paris, SWIM a reçu le Prix de l’Innovation pour sa solution permettant à toute entreprise, quelle que soit sa taille ou sa localisation, d’accéder rapidement via la plateforme à des avocats d’affaires expérimentés. Les entreprises peuvent déposer leur besoin — qu’il s’agisse d’un dossier, d’une consultation ou d’un renfort temporaire — de manière confidentielle et recevoir des propositions d’avocats pour répondre rapidement à leur demande.



