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Nombre de sièges au CSE : ce que prévoit le Code du travail
Calcul de l'effectif retenu pour les élections CSE
Barème officiel : nombre de titulaires et suppléants par tranche d'effectif
Possibilité de modifier le nombre d'élus par accord préélectoral
Cas particuliers : entreprises multi-sites, UES et établissements distincts
Impact des fluctuations d'effectif entre deux élections
Conséquences d'un nombre de sièges mal calibré
Sécuriser juridiquement la composition du CSE
Le nombre de sièges au CSE est déterminé par les articles R. 2314-1 et suivants du Code du travail. Ce barème légal fixe, pour chaque tranche d'effectif, le nombre exact d'élus titulaires et suppléants que l'entreprise doit élire. Le principe est simple : à chaque titulaire correspond un suppléant. Le suppléant n'assiste aux réunions qu'en l'absence du titulaire qu'il remplace.
Cette règle s'applique dès que l'entreprise atteint le seuil de 11 salariés pendant 12 mois consécutifs. En dessous de ce seuil, aucune obligation de mise en place du CSE n'existe. Au-delà, le nombre d'élus croît par paliers successifs, en fonction de l'effectif réel calculé selon des règles précises.
Le barème légal constitue un plancher. Il s'impose à l'employeur en l'absence d'accord collectif dérogatoire. Le DRH doit donc, avant toute négociation du protocole d'accord préélectoral, identifier la tranche d'effectif applicable pour déterminer le nombre minimal de sièges à pourvoir.
L'effectif pris en compte pour fixer le nombre de sièges au CSE n'est pas le simple décompte des bulletins de paie. Il obéit aux règles des articles L. 1111-2 et L. 1111-3 du Code du travail.
Le calcul s'effectue sur les 12 mois précédant la date du premier tour des élections. Sont comptabilisés :
En revanche, sont exclus du décompte : les apprentis, les titulaires d'un contrat de professionnalisation et les stagiaires. Les salariés mis à disposition par une entreprise extérieure sont intégrés s'ils sont présents depuis au moins 12 mois continus dans les locaux.
Une entreprise compte 80 CDI à temps plein, 10 CDD ayant travaillé 6 mois sur 12, et 20 salariés à temps partiel à 24 heures hebdomadaires (base 35 heures). L'effectif retenu est : 80 + (10 × 6/12) + (20 × 24/35) = 80 + 5 + 13,71 = 98,71 salariés. L'entreprise se situe donc dans la tranche 75-99, soit 5 titulaires et 5 suppléants.
Le tableau ci-dessous reproduit les principales tranches du barème fixé par l'article R. 2314-1 du Code du travail. Le nombre de suppléants est systématiquement égal au nombre de titulaires.
| Effectif de l'entreprise | Titulaires | Suppléants | Heures de délégation mensuelles par titulaire |
|---|---|---|---|
| 11 à 24 | 1 | 1 | 10 |
| 25 à 49 | 2 | 2 | 10 |
| 50 à 74 | 4 | 4 | 18 |
| 75 à 99 | 5 | 5 | 19 |
| 100 à 124 | 6 | 6 | 21 |
| 125 à 149 | 7 | 7 | 21 |
| 150 à 174 | 8 | 8 | 21 |
| 175 à 199 | 9 | 9 | 21 |
| 200 à 249 | 10 | 10 | 22 |
| 250 à 299 | 11 | 11 | 22 |
| 300 à 399 | 11 | 11 | 22 |
| 400 à 499 | 12 | 12 | 22 |
| 500 à 599 | 13 | 13 | 24 |
| 600 à 799 | 14 | 14 | 24 |
| 800 à 999 | 15 | 15 | 24 |
| 1 000 à 1 249 | 16 | 16 | 24 |
| 1 250 à 1 499 | 17 | 17 | 24 |
| 1 500 à 1 749 | 18 | 18 | 24 |
| 1 750 à 1 999 | 19 | 19 | 24 |
| 2 000 à 2 249 | 20 | 20 | 26 |
| 2 250 à 2 499 | 21 | 21 | 26 |
| 2 500 à 2 999 | 22 | 22 | 26 |
| 3 000 à 3 499 | 23 | 23 | 26 |
| 3 500 à 3 999 | 24 | 24 | 26 |
| 4 000 à 4 999 | 25 | 25 | 26 |
| 5 000 à 5 999 | 27 | 27 | 29 |
| 6 000 à 6 999 | 29 | 29 | 29 |
| 7 000 à 7 999 | 31 | 31 | 29 |
| 8 000 à 8 999 | 32 | 32 | 29 |
| 9 000 à 9 999 | 34 | 34 | 32 |
| 10 000 et plus | 35 | 35 | 34 |
Le passage du seuil de 50 salariés est déterminant : il déclenche les attributions élargies du CSE (consultation sur la politique sociale, les orientations stratégiques et la situation économique), ainsi qu'un doublement du crédit d'heures de délégation.
Déterminer le bon nombre de sièges suppose un calcul d'effectif rigoureux. Un avocat en droit du travail peut sécuriser cette étape en amont du protocole préélectoral.
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Le protocole d'accord préélectoral (PAP) peut déroger au barème légal. L'article L. 2314-7 du Code du travail autorise la modification du nombre de sièges, à la hausse ou à la baisse, à condition de respecter deux exigences cumulatives :
| Situation | Condition requise | Limite |
|---|---|---|
| Augmentation du nombre de sièges | Accord PAP à double majorité | Aucune limite haute imposée par la loi |
| Réduction du nombre de sièges | Accord PAP à double majorité | Le volume global d'heures de délégation doit rester au moins égal au barème légal |
| Modification du crédit d'heures individuel | Accord PAP à double majorité | Le volume global d'heures ne peut diminuer |
Par exemple, une entreprise de 200 salariés (barème : 10 titulaires × 22 heures = 220 heures) peut réduire à 8 titulaires, à condition de leur attribuer au moins 27,5 heures chacun (220 / 8 = 27,5).
La répartition des sièges au CSE se complexifie dans 3 configurations fréquentes :
Établissements distincts : lorsque l'entreprise comporte plusieurs établissements distincts au sens de l'article L. 2313-4 du Code du travail, un CSE d'établissement est mis en place dans chacun d'eux, en plus du CSE central. Le nombre de sièges de chaque CSE d'établissement est fixé en fonction de l'effectif propre à cet établissement, selon le même barème. Le CSE central, lui, comprend au maximum 25 titulaires et 25 suppléants, répartis entre les établissements par accord ou décision de l'autorité administrative.
Unité économique et sociale (UES) : lorsque plusieurs entités juridiques forment une UES reconnue par accord ou décision de justice, un CSE unique est mis en place. L'effectif pris en compte agrège les salariés de toutes les entités composant l'UES.
Entreprises multi-sites sans établissements distincts : si les sites ne remplissent pas les critères d'autonomie de gestion, un seul CSE est élu au niveau de l'entreprise. L'effectif global détermine le nombre de sièges.
La qualification d'établissement distinct ou d'UES conditionne directement le nombre de CSE à mettre en place et la répartition des sièges. Un accompagnement juridique permet d'anticiper ces enjeux avant la négociation du PAP.
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Le mandat des élus du CSE dure 4 ans (sauf accord ramenant cette durée à 2 ou 3 ans). Pendant cette période, l'effectif peut varier. Deux situations se distinguent :
Hausse de l'effectif : si l'entreprise franchit un seuil supérieur en cours de mandat, le nombre de sièges n'est pas modifié avant le prochain renouvellement. Le barème applicable est celui calculé au moment de l'organisation des élections.
Baisse de l'effectif sous 11 salariés : si l'effectif descend durablement sous le seuil de 11 salariés pendant 12 mois consécutifs, le CSE cesse d'exister à l'échéance du mandat en cours. L'employeur n'est pas tenu d'organiser de nouvelles élections.
En revanche, si l'effectif baisse sans passer sous le seuil de 11, les mandats se poursuivent normalement. Le recalcul du nombre de sièges interviendra lors du prochain cycle électoral.
Un calcul d'effectif erroné ou un nombre de sièges non conforme au barème expose l'employeur à plusieurs risques :
Annulation des élections : tout syndicat ou salarié peut saisir le tribunal judiciaire pour contester la régularité du scrutin. Le juge vérifie la conformité du nombre de sièges au barème applicable. Une erreur sur ce point constitue une irrégularité substantielle pouvant entraîner l'annulation (Cass. soc., 6 octobre 2021, n° 20-60.216).
Délit d'entrave : l'organisation d'élections avec un nombre de sièges volontairement réduit peut caractériser un délit d'entrave à la mise en place du CSE, puni d'un an d'emprisonnement et de 7 500 € d'amende (article L. 2317-1 du Code du travail).
Fragilisation des consultations : si les élections sont annulées, les avis rendus par le CSE pendant la période litigieuse peuvent être contestés, ce qui crée une insécurité juridique sur les décisions prises après consultation (licenciements économiques, plans de formation, accords collectifs).
Coût de réorganisation : l'annulation impose de relancer un processus électoral complet, avec les délais et coûts associés (négociation d'un nouveau PAP, organisation logistique, gestion sociale).
Pour éviter tout contentieux, le DRH peut structurer sa démarche en 5 étapes :
Un protocole préélectoral bien construit repose sur un calcul d'effectif précis et une négociation conforme aux exigences légales. Un avocat spécialisé peut accompagner cette phase pour prévenir les risques de contestation.
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L'effectif se calcule sur les 12 mois précédant la date du premier tour des élections. Les CDI à temps plein comptent pour 1 unité. Les CDD et intérimaires sont intégrés au prorata de leur temps de présence. Les salariés à temps partiel sont comptés au prorata de leur durée contractuelle rapportée à la durée légale. Les apprentis et stagiaires sont exclus.
Oui, à condition de conclure un protocole d'accord préélectoral signé à la double majorité. La réduction est encadrée : le volume global d'heures de délégation (nombre de titulaires × crédit mensuel) ne peut pas être inférieur à celui prévu par le barème réglementaire.
Le nombre de sièges reste inchangé jusqu'au prochain renouvellement des élections. Le barème applicable est celui calculé au moment de l'organisation du scrutin. Le recalcul n'intervient qu'au cycle électoral suivant.
L'erreur peut entraîner l'annulation des élections par le tribunal judiciaire, un délit d'entrave (jusqu'à 7 500 € d'amende et 1 an d'emprisonnement), et la fragilisation juridique de toutes les consultations menées par le CSE pendant la période contestée.
Si les établissements sont reconnus comme distincts (autonomie de gestion du personnel), un CSE d'établissement est élu dans chacun, avec un CSE central au niveau de l'entreprise. Le nombre de sièges de chaque CSE d'établissement dépend de son effectif propre. Le CSE central comprend au maximum 25 titulaires et 25 suppléants.
Article R2314-1 du Code du travail - Légifrance
Section 1 : Composition du CSE (Articles L2314-1 à L2314-3) - Légifrance
Élections du CSE dans les entreprises de 11 salariés et plus - Service-Public.fr
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