Nombre de sièges au CSE : combien d'élus titulaires et suppléants selon l'effectif ?

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19 Feb 2026
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9
min
Points clés de l'article
  1. Le nombre de sièges au CSE est fixé par le Code du travail selon l'effectif de l'entreprise, avec un barème allant de 1 titulaire (11 à 24 salariés) à 35 titulaires (10 000 salariés et plus).
  2. L'effectif retenu se calcule sur les 12 mois précédant l'information des salariés, en intégrant les CDD, temps partiels et intérimaires au prorata.
  3. Le protocole d'accord préélectoral (PAP) peut modifier le nombre de sièges, à la hausse comme à la baisse, sous conditions de double majorité.
  4. Les entreprises multi-sites, UES et établissements distincts obéissent à des règles spécifiques de répartition des sièges.
  5. Un nombre de sièges mal calibré expose l'employeur à un contentieux électoral pouvant entraîner l'annulation des élections.

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Sommaire

Nombre de sièges au CSE : ce que prévoit le Code du travail

Calcul de l'effectif retenu pour les élections CSE

Barème officiel : nombre de titulaires et suppléants par tranche d'effectif

Possibilité de modifier le nombre d'élus par accord préélectoral

Cas particuliers : entreprises multi-sites, UES et établissements distincts

Impact des fluctuations d'effectif entre deux élections

Conséquences d'un nombre de sièges mal calibré

Sécuriser juridiquement la composition du CSE

FAQ

Pour aller plus loin

Nombre de sièges au CSE : ce que prévoit le Code du travail

Le nombre de sièges au CSE est déterminé par les articles R. 2314-1 et suivants du Code du travail. Ce barème légal fixe, pour chaque tranche d'effectif, le nombre exact d'élus titulaires et suppléants que l'entreprise doit élire. Le principe est simple : à chaque titulaire correspond un suppléant. Le suppléant n'assiste aux réunions qu'en l'absence du titulaire qu'il remplace.

Cette règle s'applique dès que l'entreprise atteint le seuil de 11 salariés pendant 12 mois consécutifs. En dessous de ce seuil, aucune obligation de mise en place du CSE n'existe. Au-delà, le nombre d'élus croît par paliers successifs, en fonction de l'effectif réel calculé selon des règles précises.

Le barème légal constitue un plancher. Il s'impose à l'employeur en l'absence d'accord collectif dérogatoire. Le DRH doit donc, avant toute négociation du protocole d'accord préélectoral, identifier la tranche d'effectif applicable pour déterminer le nombre minimal de sièges à pourvoir.

Calcul de l'effectif retenu pour les élections CSE

L'effectif pris en compte pour fixer le nombre de sièges au CSE n'est pas le simple décompte des bulletins de paie. Il obéit aux règles des articles L. 1111-2 et L. 1111-3 du Code du travail.

Le calcul s'effectue sur les 12 mois précédant la date du premier tour des élections. Sont comptabilisés :

  • Les salariés en CDI à temps plein, chacun comptant pour 1 unité.
  • Les salariés en CDD, au prorata de leur temps de présence sur les 12 mois (sauf remplacement d'un salarié absent).
  • Les salariés à temps partiel, au prorata de leur durée contractuelle rapportée à la durée légale ou conventionnelle.
  • Les intérimaires, au prorata de leur présence dans l'entreprise utilisatrice sur les 12 mois.

En revanche, sont exclus du décompte : les apprentis, les titulaires d'un contrat de professionnalisation et les stagiaires. Les salariés mis à disposition par une entreprise extérieure sont intégrés s'ils sont présents depuis au moins 12 mois continus dans les locaux.

Exemple concret

Une entreprise compte 80 CDI à temps plein, 10 CDD ayant travaillé 6 mois sur 12, et 20 salariés à temps partiel à 24 heures hebdomadaires (base 35 heures). L'effectif retenu est : 80 + (10 × 6/12) + (20 × 24/35) = 80 + 5 + 13,71 = 98,71 salariés. L'entreprise se situe donc dans la tranche 75-99, soit 5 titulaires et 5 suppléants.

Barème officiel : nombre de titulaires et suppléants par tranche d'effectif

Le tableau ci-dessous reproduit les principales tranches du barème fixé par l'article R. 2314-1 du Code du travail. Le nombre de suppléants est systématiquement égal au nombre de titulaires.

Effectif de l'entrepriseTitulairesSuppléantsHeures de délégation mensuelles par titulaire
11 à 241110
25 à 492210
50 à 744418
75 à 995519
100 à 1246621
125 à 1497721
150 à 1748821
175 à 1999921
200 à 249101022
250 à 299111122
300 à 399111122
400 à 499121222
500 à 599131324
600 à 799141424
800 à 999151524
1 000 à 1 249161624
1 250 à 1 499171724
1 500 à 1 749181824
1 750 à 1 999191924
2 000 à 2 249202026
2 250 à 2 499212126
2 500 à 2 999222226
3 000 à 3 499232326
3 500 à 3 999242426
4 000 à 4 999252526
5 000 à 5 999272729
6 000 à 6 999292929
7 000 à 7 999313129
8 000 à 8 999323229
9 000 à 9 999343432
10 000 et plus353534

Le passage du seuil de 50 salariés est déterminant : il déclenche les attributions élargies du CSE (consultation sur la politique sociale, les orientations stratégiques et la situation économique), ainsi qu'un doublement du crédit d'heures de délégation.

Déterminer le bon nombre de sièges suppose un calcul d'effectif rigoureux. Un avocat en droit du travail peut sécuriser cette étape en amont du protocole préélectoral.
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Possibilité de modifier le nombre d'élus par accord préélectoral

Le protocole d'accord préélectoral (PAP) peut déroger au barème légal. L'article L. 2314-7 du Code du travail autorise la modification du nombre de sièges, à la hausse ou à la baisse, à condition de respecter deux exigences cumulatives :

  1. Double majorité : l'accord doit être signé par la majorité des organisations syndicales ayant participé à la négociation, dont les organisations représentatives ayant recueilli la majorité des suffrages aux dernières élections.
  2. Volume global d'heures de délégation : en cas de réduction du nombre de sièges, le volume total d'heures de délégation (nombre de titulaires × crédit mensuel) ne peut pas être inférieur à celui prévu par le barème légal.

Ce que cela signifie en pratique

SituationCondition requiseLimite
Augmentation du nombre de siègesAccord PAP à double majoritéAucune limite haute imposée par la loi
Réduction du nombre de siègesAccord PAP à double majoritéLe volume global d'heures de délégation doit rester au moins égal au barème légal
Modification du crédit d'heures individuelAccord PAP à double majoritéLe volume global d'heures ne peut diminuer

Par exemple, une entreprise de 200 salariés (barème : 10 titulaires × 22 heures = 220 heures) peut réduire à 8 titulaires, à condition de leur attribuer au moins 27,5 heures chacun (220 / 8 = 27,5).

Cas particuliers : entreprises multi-sites, UES et établissements distincts

La répartition des sièges au CSE se complexifie dans 3 configurations fréquentes :

  • Établissements distincts : lorsque l'entreprise comporte plusieurs établissements distincts au sens de l'article L. 2313-4 du Code du travail, un CSE d'établissement est mis en place dans chacun d'eux, en plus du CSE central. Le nombre de sièges de chaque CSE d'établissement est fixé en fonction de l'effectif propre à cet établissement, selon le même barème. Le CSE central, lui, comprend au maximum 25 titulaires et 25 suppléants, répartis entre les établissements par accord ou décision de l'autorité administrative.

  • Unité économique et sociale (UES) : lorsque plusieurs entités juridiques forment une UES reconnue par accord ou décision de justice, un CSE unique est mis en place. L'effectif pris en compte agrège les salariés de toutes les entités composant l'UES.

  • Entreprises multi-sites sans établissements distincts : si les sites ne remplissent pas les critères d'autonomie de gestion, un seul CSE est élu au niveau de l'entreprise. L'effectif global détermine le nombre de sièges.

La qualification d'établissement distinct ou d'UES conditionne directement le nombre de CSE à mettre en place et la répartition des sièges. Un accompagnement juridique permet d'anticiper ces enjeux avant la négociation du PAP.
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Impact des fluctuations d'effectif entre deux élections

Le mandat des élus du CSE dure 4 ans (sauf accord ramenant cette durée à 2 ou 3 ans). Pendant cette période, l'effectif peut varier. Deux situations se distinguent :

Hausse de l'effectif : si l'entreprise franchit un seuil supérieur en cours de mandat, le nombre de sièges n'est pas modifié avant le prochain renouvellement. Le barème applicable est celui calculé au moment de l'organisation des élections.

Baisse de l'effectif sous 11 salariés : si l'effectif descend durablement sous le seuil de 11 salariés pendant 12 mois consécutifs, le CSE cesse d'exister à l'échéance du mandat en cours. L'employeur n'est pas tenu d'organiser de nouvelles élections.

En revanche, si l'effectif baisse sans passer sous le seuil de 11, les mandats se poursuivent normalement. Le recalcul du nombre de sièges interviendra lors du prochain cycle électoral.

Conséquences d'un nombre de sièges mal calibré

Un calcul d'effectif erroné ou un nombre de sièges non conforme au barème expose l'employeur à plusieurs risques :

  • Annulation des élections : tout syndicat ou salarié peut saisir le tribunal judiciaire pour contester la régularité du scrutin. Le juge vérifie la conformité du nombre de sièges au barème applicable. Une erreur sur ce point constitue une irrégularité substantielle pouvant entraîner l'annulation (Cass. soc., 6 octobre 2021, n° 20-60.216).

  • Délit d'entrave : l'organisation d'élections avec un nombre de sièges volontairement réduit peut caractériser un délit d'entrave à la mise en place du CSE, puni d'un an d'emprisonnement et de 7 500 € d'amende (article L. 2317-1 du Code du travail).

  • Fragilisation des consultations : si les élections sont annulées, les avis rendus par le CSE pendant la période litigieuse peuvent être contestés, ce qui crée une insécurité juridique sur les décisions prises après consultation (licenciements économiques, plans de formation, accords collectifs).

  • Coût de réorganisation : l'annulation impose de relancer un processus électoral complet, avec les délais et coûts associés (négociation d'un nouveau PAP, organisation logistique, gestion sociale).

Sécuriser juridiquement la composition du CSE

Pour éviter tout contentieux, le DRH peut structurer sa démarche en 5 étapes :

  1. Fiabiliser le calcul d'effectif : centraliser les données RH (CDI, CDD, temps partiels, intérimaires, mises à disposition) et appliquer les règles de proratisation sur 12 mois glissants.
  2. Identifier la tranche applicable : croiser l'effectif obtenu avec le barème de l'article R. 2314-1.
  3. Négocier le PAP en connaissance de cause : si une modification du nombre de sièges est envisagée, vérifier les conditions de double majorité et le maintien du volume global d'heures de délégation.
  4. Documenter chaque étape : conserver les éléments de calcul, les échanges avec les organisations syndicales et les procès-verbaux de négociation.
  5. Anticiper les cas particuliers : en présence de plusieurs sites, vérifier la qualification d'établissement distinct ou d'UES avant de déterminer le périmètre électoral.
Un protocole préélectoral bien construit repose sur un calcul d'effectif précis et une négociation conforme aux exigences légales. Un avocat spécialisé peut accompagner cette phase pour prévenir les risques de contestation.
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FAQ

Comment calculer l'effectif pour déterminer le nombre de sièges au CSE ?

L'effectif se calcule sur les 12 mois précédant la date du premier tour des élections. Les CDI à temps plein comptent pour 1 unité. Les CDD et intérimaires sont intégrés au prorata de leur temps de présence. Les salariés à temps partiel sont comptés au prorata de leur durée contractuelle rapportée à la durée légale. Les apprentis et stagiaires sont exclus.

Peut-on réduire le nombre de sièges au CSE par rapport au barème légal ?

Oui, à condition de conclure un protocole d'accord préélectoral signé à la double majorité. La réduction est encadrée : le volume global d'heures de délégation (nombre de titulaires × crédit mensuel) ne peut pas être inférieur à celui prévu par le barème réglementaire.

Que se passe-t-il si l'effectif augmente en cours de mandat du CSE ?

Le nombre de sièges reste inchangé jusqu'au prochain renouvellement des élections. Le barème applicable est celui calculé au moment de l'organisation du scrutin. Le recalcul n'intervient qu'au cycle électoral suivant.

Quels risques en cas d'erreur sur le nombre de sièges au CSE ?

L'erreur peut entraîner l'annulation des élections par le tribunal judiciaire, un délit d'entrave (jusqu'à 7 500 € d'amende et 1 an d'emprisonnement), et la fragilisation juridique de toutes les consultations menées par le CSE pendant la période contestée.

Comment fonctionne le CSE dans une entreprise à plusieurs établissements ?

Si les établissements sont reconnus comme distincts (autonomie de gestion du personnel), un CSE d'établissement est élu dans chacun, avec un CSE central au niveau de l'entreprise. Le nombre de sièges de chaque CSE d'établissement dépend de son effectif propre. Le CSE central comprend au maximum 25 titulaires et 25 suppléants.

Pour aller plus loin

Article R2314-1 du Code du travail - Légifrance

Section 1 : Composition du CSE (Articles L2314-1 à L2314-3) - Légifrance

Élections du CSE dans les entreprises de 11 salariés et plus - Service-Public.fr

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