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Qu'est-ce qu'une entreprise individuelle (EI) ?
EI, micro-entreprise, EIRL : quelles différences ?
Comment créer une entreprise individuelle en 2026 ?
Régime fiscal de l'entreprise individuelle : IR ou IS ?
Protection du patrimoine personnel de l'entrepreneur individuel
Avantages et inconvénients de l'entreprise individuelle
FAQ : questions fréquentes sur l'entreprise individuelle
L'entreprise individuelle désigne la forme juridique la plus simple pour exercer une activité professionnelle en France à titre indépendant. Contrairement à une société (EURL, SASU, SAS), elle ne crée pas de personne morale distincte de l'entrepreneur. L'activité est portée directement par la personne physique, identifiée par son propre numéro SIREN.
Ce statut est ouvert à toute personne majeure, quelle que soit la nature de l'activité : commerciale, artisanale, libérale ou agricole. En 2023, l'INSEE recensait environ 4,3 millions d'entreprises individuelles actives en France, soit près de 70 % du total des entreprises immatriculées. Ce chiffre inclut les micro-entrepreneurs, qui relèvent juridiquement de l'EI.
En pratique, l'entrepreneur individuel prend seul les décisions de gestion. Il n'a pas d'associé, pas de capital social à constituer, pas d'assemblée générale à tenir. Cette absence de formalisme rend le statut particulièrement accessible pour un freelance, un consultant ou un professionnel libéral qui démarre son activité.
Le cadre juridique de l'EI a été profondément modifié par la loi du 14 février 2022 en faveur de l'activité professionnelle indépendante. Cette réforme a supprimé l'EIRL et instauré une séparation automatique des patrimoines personnel et professionnel, applicable à toutes les EI créées depuis le 15 mai 2022.
La confusion entre ces 3 notions reste fréquente. Elle s'explique par le fait qu'elles se superposent sans s'exclure.
L'entreprise individuelle est un statut juridique. La micro-entreprise est un régime fiscal et social simplifié, applicable à l'EI lorsque le chiffre d'affaires annuel ne dépasse pas certains seuils : 188 700 € pour les activités de vente et 77 700 € pour les prestations de services (seuils 2025, revalorisés tous les 3 ans). Un micro-entrepreneur est donc juridiquement un entrepreneur individuel.
L'EIRL (Entreprise Individuelle à Responsabilité Limitée) permettait, avant 2022, de limiter volontairement la responsabilité de l'entrepreneur en affectant un patrimoine dédié à l'activité. Depuis la loi du 14 février 2022, ce statut est supprimé pour les nouvelles créations. Les EIRL existantes continuent de fonctionner sous leur régime antérieur, mais aucune nouvelle EIRL ne peut être constituée.
| Critère | Entreprise individuelle (EI) | Micro-entreprise | EIRL (supprimée) |
|---|---|---|---|
| Nature | Statut juridique | Régime fiscal/social de l'EI | Ancien statut juridique |
| Création possible en 2026 | Oui | Oui (option de l'EI) | Non |
| Séparation des patrimoines | Automatique depuis mai 2022 | Automatique (car EI) | Volontaire (déclaration d'affectation) |
| Plafond de CA | Aucun | 188 700 € (vente) / 77 700 € (services) | Aucun |
| Option IS | Oui | Non | Oui (était possible) |
En résumé, le choix ne se pose plus entre EI et EIRL. Il se pose entre le régime micro (simplifié) et le régime réel (classique) au sein de l'EI, selon le volume d'activité et la stratégie fiscale.
Choisir le bon cadre juridique dès le lancement conditionne la fiscalité, la protection du patrimoine et la capacité à évoluer.
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Depuis le 1er janvier 2023, toutes les formalités de création d'entreprise passent par le guichet unique électronique géré par l'INPI (Institut National de la Propriété Industrielle), accessible sur le site formalites.entreprises.gouv.fr. Les anciens CFE (Centres de Formalités des Entreprises) ont été supprimés.
La procédure de création d'une EI se déroule en 4 étapes :
Le coût de création est quasi nul pour une activité libérale ou commerciale. Les artisans doivent s'acquitter de frais d'immatriculation au Répertoire des Métiers, d'un montant d'environ 15 €. Aucun capital social n'est requis, aucune publication d'annonce légale n'est nécessaire.
Pour les activités réglementées (agent immobilier, expert-comptable, professions de santé), des justificatifs de qualification ou d'autorisation sont exigés lors de la déclaration.
Par défaut, l'entreprise individuelle relève de l'impôt sur le revenu (IR). Les bénéfices de l'activité sont directement intégrés au revenu global de l'entrepreneur et soumis au barème progressif de l'IR, dont les tranches vont de 0 % à 45 % en 2025.
La catégorie d'imposition dépend de la nature de l'activité :
Depuis la loi du 14 février 2022, l'entrepreneur individuel peut opter pour l'impôt sur les sociétés (IS). Cette option, irrévocable au bout de 5 ans, entraîne l'assimilation fiscale de l'EI à une EURL. Concrètement, les bénéfices sont alors taxés au taux d'IS de 15 % jusqu'à 42 500 € de résultat, puis 25 % au-delà. L'entrepreneur se verse une rémunération déductible du résultat imposable.
| Critère | IR (défaut) | IS (option) |
|---|---|---|
| Imposition des bénéfices | Barème progressif (0 à 45 %) | 15 % jusqu'à 42 500 €, puis 25 % |
| Rémunération du dirigeant | Non déductible (bénéfice = revenu) | Déductible du résultat |
| Cotisations sociales | Sur le bénéfice total | Sur la rémunération versée |
| Régime micro possible | Oui | Non |
| Réversibilité | — | Révocable pendant 5 ans |
L'option IS devient pertinente lorsque le bénéfice dépasse régulièrement 40 000 à 50 000 € par an et que l'entrepreneur n'a pas besoin de distribuer l'intégralité de ses résultats. En deçà, le régime IR reste généralement plus avantageux, surtout combiné au régime micro.
Le choix entre IR et IS impacte directement le montant des cotisations sociales et la trésorerie disponible.
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Avant 2022, l'entrepreneur individuel engageait l'ensemble de son patrimoine, personnel et professionnel, sur les dettes liées à son activité. Un impayé d'un client ou une dette fournisseur pouvait entraîner la saisie de son logement ou de son épargne personnelle.
La loi du 14 février 2022 a instauré une séparation automatique des patrimoines. Depuis le 15 mai 2022, seul le patrimoine professionnel de l'entrepreneur (matériel, stocks, trésorerie professionnelle, fonds de commerce) répond des dettes nées de l'activité. Le patrimoine personnel (résidence principale, épargne, biens familiaux) est protégé par défaut, sans formalité particulière.
Cette protection connaît toutefois 3 limites :
En pratique, la protection est réelle mais pas absolue. Les banques exigent fréquemment une caution personnelle ou une renonciation à la séparation pour accorder un prêt professionnel.
Le choix de l'EI repose sur un arbitrage entre simplicité de gestion et limites structurelles. Le tableau ci-dessous synthétise les points de comparaison décisifs.
| Avantages | Inconvénients |
|---|---|
| Création rapide, gratuite ou quasi gratuite | Impossibilité de s'associer sans changer de forme juridique |
| Aucun capital social requis | Accès au financement bancaire plus limité (pas de capital, pas de bilan société) |
| Gestion comptable simplifiée (surtout en micro) | Cotisations sociales calculées sur le bénéfice total en régime IR |
| Séparation automatique des patrimoines depuis 2022 | Renonciation possible à la demande des créanciers |
| Option IS disponible depuis 2022 | Option IS irrévocable après 5 ans |
| Pas de formalisme juridique annuel (pas d'AG, pas de PV) | Crédibilité perçue parfois inférieure à une société auprès de certains clients ou partenaires |
L'EI convient particulièrement aux activités de prestation intellectuelle, de conseil ou de services, avec un chiffre d'affaires modéré et sans besoin de levée de fonds. Lorsque l'activité génère des bénéfices élevés, nécessite des investissements lourds ou implique plusieurs associés, le passage en société (EURL, SASU, SAS) devient pertinent.
Le changement de forme juridique est possible à tout moment, mais il implique des formalités de cessation de l'EI, de création de la société et de transfert du fonds de commerce, avec des conséquences fiscales (imposition immédiate des bénéfices en sursis, droits d'enregistrement).
Anticiper l'évolution de votre activité permet de choisir la structure adaptée dès le départ et d'éviter un changement coûteux.
Consultez un avocat pour sécuriser votre choix de statut
Il n'y a pas de différence de statut juridique. L'auto-entrepreneur (désormais appelé micro-entrepreneur) est un entrepreneur individuel qui a opté pour le régime micro-fiscal et micro-social. Ce régime simplifie les obligations comptables et le calcul des cotisations, mais il est plafonné en chiffre d'affaires (188 700 € en vente, 77 700 € en services).
Oui. L'entrepreneur peut à tout moment créer une société (EURL, SASU, SAS) et y transférer son activité. Ce transfert prend la forme d'un apport ou d'une cession du fonds de commerce. Il entraîne des conséquences fiscales, notamment l'imposition immédiate des bénéfices en cours et d'éventuelles plus-values.
L'EI est le statut le plus utilisé par les professions libérales non réglementées (consultants, formateurs, développeurs). Pour les professions réglementées (avocats, médecins, architectes), l'EI est également possible, sous réserve de respecter les règles propres à chaque ordre professionnel.
En régime micro, les obligations se limitent à la tenue d'un livre de recettes et, pour les activités de vente, d'un registre des achats. En régime réel, l'entrepreneur doit tenir une comptabilité complète (bilan, compte de résultat) et déposer une déclaration de résultats annuelle auprès de l'administration fiscale.
Oui. Aucune restriction n'interdit à un entrepreneur individuel de recruter. Il doit alors respecter le droit du travail, établir des bulletins de paie et s'affilier aux organismes sociaux employeurs. En pratique, au-delà de quelques salariés, le passage en société est souvent envisagé pour des raisons de structuration et de crédibilité.
Formalités d'immatriculation d'une entreprise individuelle - Service-Public.fr
L'entreprise individuelle : statut pour créer une entreprise - Ministère de l'Économie
Fiscalité d'un entrepreneur individuel : ce qu'il faut savoir - Service-Public.fr
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