Élection CSE : liste titulaire et suppléant, guide pratique pour le DRH

Guides & Ressources pratiques
19 Feb 2026
-
10
min
Points clés de l'article
  1. Chaque liste CSE doit comporter autant de candidats suppléants que de titulaires, répartis par collège électoral.
  2. Le protocole d'accord préélectoral (PAP) fixe le nombre de sièges, les collèges et les règles de dépôt des listes.
  3. La parité femmes-hommes est obligatoire : les listes doivent refléter la proportion de chaque sexe dans le collège concerné.
  4. Une liste irrégulière peut entraîner l'annulation du scrutin par le tribunal judiciaire, dans un délai de 15 jours après la proclamation des résultats.
  5. Le DRH doit vérifier chaque critère d'éligibilité, la composition paritaire et le respect du PAP avant tout dépôt.

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Sommaire

Cadre légal de la liste de candidats CSE (titulaires et suppléants)

Différence entre titulaire et suppléant : rôles, droits et heures de délégation

Conditions pour figurer sur une liste de candidats CSE

Étapes de constitution des listes : du protocole d'accord préélectoral au dépôt

Règles de parité femmes-hommes et de mixité proportionnelle

Organisation par collège électoral et nombre de sièges à pourvoir

Erreurs fréquentes : risques de contestation et d'annulation

Checklist DRH avant le dépôt des listes au scrutin

FAQ

Pour aller plus loin

Cadre légal de la liste de candidats CSE (titulaires et suppléants)

L'élection CSE repose sur un socle législatif précis, codifié aux articles L. 2314-1 et suivants du Code du travail. Toute entreprise d'au moins 11 salariés pendant 12 mois consécutifs doit organiser l'élection d'un comité social et économique. Le scrutin se déroule en 2 tours : le premier est réservé aux organisations syndicales représentatives ou ayant constitué une section syndicale, le second est ouvert aux candidatures libres si le quorum n'est pas atteint ou si tous les sièges ne sont pas pourvus.

La liste de candidats CSE obéit à une règle structurante : l'employeur doit permettre la constitution de listes distinctes pour les titulaires et les suppléants. Chaque liste ne peut comporter plus de noms que de sièges à pourvoir dans le collège concerné (article L. 2314-30 du Code du travail). En revanche, elle peut en comporter moins, ce qui constitue une liste incomplète — licite mais stratégiquement risquée pour l'organisation syndicale qui la dépose.

Le nombre de sièges de titulaires et de suppléants est identique. Pour une entreprise de 50 à 74 salariés, par exemple, le Code du travail prévoit 4 titulaires et 4 suppléants. Ce chiffre évolue par tranches d'effectif, jusqu'à 35 titulaires et 35 suppléants pour les entreprises de plus de 10 000 salariés (article R. 2314-1).

Différence entre titulaire et suppléant : rôles, droits et heures de délégation

La distinction entre titulaire et suppléant au CSE n'est pas qu'une question de rang sur la liste. Elle emporte des conséquences directes sur les prérogatives exercées au quotidien.

Le titulaire siège de plein droit aux réunions du CSE. Il dispose d'un crédit d'heures de délégation mensuel fixé par décret : 18 heures pour un effectif de 50 à 74 salariés, jusqu'à 34 heures au-delà de 10 000 salariés. Il vote les résolutions, participe aux consultations obligatoires (orientations stratégiques, situation économique, politique sociale) et bénéficie d'une protection contre le licenciement pendant toute la durée de son mandat et 6 mois après son terme.

Le suppléant, quant à lui, ne siège qu'en l'absence du titulaire qu'il remplace. Depuis l'ordonnance du 22 septembre 2017, il n'assiste plus aux réunions du CSE sauf disposition contraire prévue par accord collectif. Il ne dispose pas de crédit d'heures propre, mais un titulaire peut lui transférer une partie de ses heures dans la limite de 1,5 fois le crédit mensuel (article R. 2315-6). Le suppléant bénéficie toutefois de la même protection contre le licenciement que le titulaire.

CritèreTitulaireSuppléant
Présence en réunion CSEDe droitUniquement en remplacement (sauf accord)
Heures de délégationCrédit mensuel proprePas de crédit propre (transfert possible)
Droit de vote en séanceOuiOui, lorsqu'il remplace un titulaire
Protection contre le licenciementOuiOui
Accès à la BDESEOuiOui
La répartition des rôles entre titulaires et suppléants conditionne le fonctionnement quotidien du dialogue social dans l'entreprise.
Faites-vous accompagner par un avocat en relations collectives

Conditions pour figurer sur une liste de candidats CSE

Pour être candidat à l'élection CSE, un salarié doit remplir 3 conditions cumulatives fixées par l'article L. 2314-19 du Code du travail :

  • Être âgé de 18 ans révolus à la date du premier tour du scrutin.
  • Justifier d'au moins 1 an d'ancienneté dans l'entreprise à la date du premier tour. Cette ancienneté s'apprécie de manière continue ou discontinue.
  • Ne pas être conjoint, partenaire de PACS, concubin, ascendant, descendant, frère, sœur ou allié au même degré de l'employeur. Cette incompatibilité vise à prévenir les conflits d'intérêts.

Un salarié mis à disposition par une entreprise extérieure peut également être éligible, à condition de justifier de 24 mois de présence continue dans l'entreprise utilisatrice. Il doit alors choisir s'il exerce son droit de candidature dans son entreprise d'origine ou dans l'entreprise utilisatrice — jamais dans les deux.

Un salarié à temps partiel travaillant simultanément dans plusieurs entreprises n'est éligible que dans l'une d'entre elles, celle qu'il choisit.

Le DRH doit vérifier ces critères pour chaque candidat avant la date limite de dépôt. Un candidat inéligible figurant sur une liste peut entraîner l'annulation de son élection individuelle, voire de l'ensemble du scrutin si l'irrégularité a faussé les résultats.

Étapes de constitution des listes : du protocole d'accord préélectoral au dépôt

La constitution des listes de candidats s'inscrit dans un calendrier contraint, articulé autour du protocole d'accord préélectoral (PAP).

Négociation et signature du PAP

L'employeur invite les organisations syndicales représentatives à négocier le PAP au moins 2 mois avant l'expiration des mandats en cours. Le PAP fixe les modalités pratiques du scrutin : nombre et composition des collèges, répartition des sièges par collège, date du scrutin, date limite de dépôt des listes et modalités du vote.

Sa validité requiert la double majorité : signature par la majorité des organisations syndicales ayant participé à la négociation, dont les organisations représentatives ayant recueilli la majorité des suffrages exprimés lors des dernières élections.

Dépôt des listes

Les listes sont déposées par les organisations syndicales (premier tour) ou par les candidats libres (second tour) dans le délai fixé par le PAP. Chaque liste doit préciser si elle concerne les titulaires ou les suppléants, et indiquer le collège électoral visé.

Le DRH réceptionne les listes, vérifie leur conformité formelle et les affiche dans l'entreprise. Il n'a pas le pouvoir de refuser une liste, mais il peut signaler une irrégularité à l'organisation syndicale concernée pour qu'elle procède à une correction avant la date limite.

Calendrier type

ÉtapeDélai indicatif
Invitation à négocier le PAP2 mois avant l'expiration des mandats
Signature du PAP1 à 2 semaines après l'ouverture des négociations
Affichage de l'avis d'électionAu moins 4 jours avant la date limite de dépôt
Date limite de dépôt des listes (1er tour)Fixée par le PAP
Premier tour du scrutin15 jours après l'affichage des listes
Second tour (si nécessaire)15 jours après le premier tour
Le respect du calendrier préélectoral conditionne la régularité de l'ensemble du processus. Un accompagnement juridique en amont réduit le risque de contestation.
Consultez un avocat spécialisé en relations collectives

Règles de parité femmes-hommes et de mixité proportionnelle

Depuis la loi Rebsamen du 17 août 2015, chaque liste de candidats CSE doit respecter une obligation de parité femmes-hommes proportionnelle à la composition du collège électoral concerné (article L. 2314-30 du Code du travail).

Calcul de la proportion

La proportion de femmes et d'hommes s'apprécie au sein de chaque collège, sur la base des effectifs inscrits sur les listes électorales. Si un collège compte 60 % de femmes et 40 % d'hommes, une liste de 5 candidats doit comporter 3 femmes et 2 hommes.

Lorsque l'application de la proportion conduit à un nombre décimal, l'arrondi se fait à l'entier inférieur. Si la proportion donne 2,4 femmes, la liste doit en comporter au moins 2. La Cour de cassation a précisé cette règle dans un arrêt du 11 décembre 2019 (n° 19-10.826).

Alternance sur la liste

Les listes doivent présenter alternativement un candidat de chaque sexe jusqu'à épuisement des candidats du sexe sous-représenté. Cette règle d'alternance s'applique indépendamment du nombre de sièges à pourvoir.

Sanction du non-respect

L'élection d'un candidat élu en méconnaissance de la règle de mixité proportionnelle peut être annulée par le tribunal judiciaire. L'annulation porte sur l'élection du ou des candidats surnuméraires du sexe surreprésenté, en commençant par le dernier élu.

Organisation par collège électoral et nombre de sièges à pourvoir

Le scrutin CSE s'organise par collège électoral. Le Code du travail prévoit par défaut 2 collèges :

  • Premier collège : ouvriers et employés.
  • Deuxième collège : ingénieurs, chefs de service, techniciens, agents de maîtrise et assimilés.

Un troisième collège est obligatoire lorsque l'entreprise compte au moins 25 cadres : il regroupe les ingénieurs et cadres (article L. 2314-11).

Le PAP peut modifier cette répartition, à condition de ne pas supprimer un collège légalement obligatoire. Il fixe également la répartition des sièges entre les collèges, en proportion des effectifs de chacun.

Effectif de l'entrepriseTitulairesSuppléants
11 à 24 salariés11
25 à 49 salariés22
50 à 74 salariés44
75 à 99 salariés55
100 à 124 salariés66
125 à 149 salariés77
150 à 174 salariés88

Chaque liste déposée dans un collège ne peut comporter plus de candidats que de sièges à pourvoir dans ce collège. Un candidat ne peut figurer que dans un seul collège et sur une seule liste (titulaires ou suppléants), sauf si le PAP autorise la double candidature titulaire-suppléant — ce qui est fréquent en pratique.

La répartition des sièges par collège et le respect des règles de composition conditionnent la validité du scrutin.
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Erreurs fréquentes : risques de contestation et d'annulation

Plusieurs irrégularités reviennent de manière récurrente dans le contentieux électoral CSE. Le tribunal judiciaire, saisi dans un délai de 15 jours suivant la proclamation des résultats, peut annuler tout ou partie du scrutin.

Les erreurs les plus courantes

  • Non-respect de la parité : une liste qui ne reflète pas la proportion femmes-hommes du collège. C'est le premier motif de contestation depuis 2019.
  • Candidat inéligible : ancienneté insuffisante, lien de parenté avec l'employeur non détecté, ou salarié mis à disposition n'ayant pas atteint les 24 mois requis.
  • Liste déposée hors délai : le PAP fixe une date limite stricte. Tout dépôt tardif est irrecevable.
  • Confusion entre listes titulaires et suppléants : un candidat inscrit sur les deux listes sans que le PAP l'autorise, ou une liste unique mélangeant titulaires et suppléants.
  • Absence d'alternance femmes-hommes : même lorsque la proportion globale est respectée, l'ordre de présentation des candidats doit alterner les sexes.
  • Dépassement du nombre de candidats : une liste comportant plus de noms que de sièges à pourvoir dans le collège est irrégulière.

Conséquences pour l'entreprise

L'annulation du scrutin oblige l'employeur à organiser de nouvelles élections, avec les coûts logistiques et le retard dans la mise en place du CSE que cela implique. Pendant la période sans CSE valablement élu, l'employeur ne peut pas procéder aux consultations obligatoires, ce qui bloque certaines décisions (plan de sauvegarde de l'emploi, modification du règlement intérieur, mise en place du travail de nuit).

Checklist DRH avant le dépôt des listes au scrutin

Avant de valider le processus de dépôt, le DRH peut s'appuyer sur cette liste de vérification systématique :

  • ☐ Le PAP est signé et affiché dans l'entreprise.
  • ☐ Le nombre de sièges titulaires et suppléants par collège est conforme à l'effectif (article R. 2314-1).
  • ☐ Chaque candidat remplit les 3 conditions d'éligibilité (âge, ancienneté, absence de lien familial avec l'employeur).
  • ☐ Chaque liste est déposée dans le bon collège, avec la mention « titulaires » ou « suppléants ».
  • ☐ Le nombre de candidats par liste ne dépasse pas le nombre de sièges à pourvoir dans le collège.
  • ☐ La proportion femmes-hommes de chaque liste reflète celle du collège, avec alternance des sexes.
  • ☐ Les listes sont déposées avant la date limite fixée par le PAP.
  • ☐ Les listes sont affichées dans l'entreprise pour information des salariés.
  • ☐ Un procès-verbal de carence est préparé en cas d'absence de candidature au premier tour.

Cette vérification méthodique réduit le risque de contestation post-électorale. En cas de doute sur la régularité d'une liste, le DRH a intérêt à consulter un avocat spécialisé avant la clôture du dépôt, et non après la proclamation des résultats.

Un contrôle rigoureux en amont du scrutin évite les contentieux coûteux et les blocages du dialogue social.
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FAQ

Un salarié peut-il être candidat à la fois comme titulaire et comme suppléant ?

Oui, la double candidature est licite si le PAP ne l'interdit pas. En cas d'élection sur les deux listes, le salarié est proclamé titulaire. Son siège de suppléant est alors attribué au candidat suivant sur la liste des suppléants.

Que se passe-t-il si aucune liste n'est déposée au premier tour ?

L'employeur dresse un procès-verbal de carence pour le premier tour et organise un second tour dans un délai de 15 jours. Au second tour, les candidatures sont libres : tout salarié éligible peut se présenter sans investiture syndicale.

Le DRH peut-il refuser une liste de candidats qu'il estime irrégulière ?

Non. L'employeur n'a pas le pouvoir de rejeter une liste. Il peut signaler l'irrégularité à l'organisation syndicale pour correction avant la date limite. Après le scrutin, seul le tribunal judiciaire peut annuler l'élection d'un candidat ou l'ensemble du scrutin.

Comment calculer la proportion femmes-hommes sur une liste de 3 candidats ?

Si le collège compte 70 % de femmes, la proportion appliquée à 3 sièges donne 2,1 femmes. L'arrondi à l'entier inférieur impose au moins 2 femmes et 1 homme. L'alternance des sexes doit être respectée dans l'ordre de présentation.

Quel est le délai pour contester les résultats de l'élection CSE ?

Le recours doit être formé devant le tribunal judiciaire dans un délai de 15 jours suivant la proclamation des résultats. Ce délai est identique pour l'employeur, les organisations syndicales et les salariés.

Pour aller plus loin

Élections du CSE dans les entreprises de 11 salariés et plus - Service-Public

Code du travail - Section 2 Election (Articles L2314-4 à L2314-32) - Légifrance

Code du travail - Représentation équilibrée des femmes et des hommes (Articles L2314-30 à L2314-31) - Légifrance

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