
Jullian Hoareau

Accédez en -24h à un avocat d'affaires sélectionné parmi les meilleurs, à des honoraires maîtrisés.
Dissolution et liquidation d'une SCI : deux étapes distinctes
Décider la dissolution en assemblée générale extraordinaire
Nommer le liquidateur et publier la dissolution
Réaliser l'actif, apurer le passif, clôturer les comptes
Boni de liquidation : partage et fiscalité des associés
Radiation au RCS : délais, coûts et erreurs fréquentes
Fermer une SCI ne se résume pas à une simple formalité. L'opération se décompose en deux phases juridiques autonomes : la dissolution, qui acte la décision de mettre fin à l'activité, puis la liquidation, qui organise le règlement des dettes et le partage du patrimoine restant.
La dissolution produit un effet immédiat : la société cesse son objet social. Elle ne disparaît pas pour autant. Elle subsiste en tant que personne morale le temps de la liquidation. Durant cette période, la mention « société en liquidation » doit figurer sur tous les documents émis par la SCI (courriers, factures, actes).
La liquidation couvre l'ensemble des opérations de clôture : vente des biens immobiliers, encaissement des créances, paiement des dettes, établissement des comptes de liquidation et répartition du solde entre associés. Ce n'est qu'à l'issue de cette phase que la radiation au registre du commerce et des sociétés (RCS) peut être demandée.
| Phase | Objet | Effet juridique |
|---|---|---|
| Dissolution | Décision de fermeture | Fin de l'objet social, maintien de la personnalité morale |
| Liquidation | Réalisation de l'actif, apurement du passif | Partage du solde entre associés |
| Radiation | Formalité au greffe | Disparition définitive de la personne morale |
Confondre ces étapes ou les mener dans le désordre expose les associés à un blocage administratif au greffe et, dans certains cas, à un redressement fiscal.
La dissolution anticipée d'une SCI résulte d'un vote des associés réunis en assemblée générale extraordinaire (AGE). Les statuts fixent les conditions de majorité applicables. En l'absence de clause spécifique, l'unanimité des associés est requise (article 1836 du Code civil).
Le procès-verbal d'AGE doit mentionner :
Ce procès-verbal constitue la pièce centrale du dossier de dissolution. Toute imprécision, absence de date d'effet, omission du liquidateur, entraîne un rejet par le greffe.
Structurer la dissolution d'une SCI suppose de vérifier les clauses statutaires et de rédiger un PV conforme aux exigences du greffe.
Consulter un avocat en droit des sociétés
Le liquidateur remplace le gérant dès la dissolution prononcée. Il peut s'agir du gérant lui-même, d'un associé ou d'un tiers. Ses pouvoirs sont définis par le procès-verbal ou, à défaut, par la loi : il représente la société, vend les actifs, règle les créanciers et établit les comptes de liquidation.
Dans le mois suivant la décision de dissolution, un avis doit être publié dans un journal d'annonces légales (JAL) du département du siège social. Le coût varie selon le département, généralement entre 150 € et 250 €.
Le dossier de modification au greffe comprend :
Le greffier inscrit la mention « société en liquidation » au RCS. Cette inscription est indispensable avant toute opération de liquidation.
Le liquidateur dispose d'un délai maximal de 3 ans à compter de la dissolution pour achever les opérations de liquidation (article 1844-8 du Code civil). Au-delà, tout intéressé peut saisir le tribunal pour prolonger le mandat ou désigner un nouveau liquidateur.
Le liquidateur procède dans cet ordre :
Une fois les opérations terminées, le liquidateur convoque les associés pour approuver les comptes de liquidation, constater la clôture et décider du partage du solde. Le procès-verbal de clôture doit être signé par tous les associés ou selon la majorité statutaire.
La phase de liquidation concentre les risques fiscaux et juridiques. Un accompagnement adapté sécurise le partage entre associés.
Trouver un avocat en droit des sociétés
Le boni de liquidation correspond à l'excédent d'actif net constaté après remboursement des apports de chaque associé. En d'autres termes, c'est la somme que chaque associé perçoit au-delà de ce qu'il avait initialement investi dans la SCI.
| Situation | Résultat |
|---|---|
| Actif net > apports | Boni : l'excédent est partagé entre associés |
| Actif net < apports | Mali : les associés ne récupèrent pas l'intégralité de leurs apports |
| Actif net = apports | Ni boni ni mali |
Le boni est assimilé fiscalement à une distribution de revenus de capitaux mobiliers. Pour les associés personnes physiques, deux options existent :
Un droit de partage de 2,5 % s'applique en outre sur l'actif net partagé. Ce droit est dû au Trésor public lors de l'enregistrement de l'acte de partage.
Négliger cette fiscalité peut entraîner un redressement. Le liquidateur doit déclarer le boni distribué à chaque associé et acquitter les droits dans le mois suivant la clôture.
La radiation constitue l'ultime formalité. Elle met fin à l'existence juridique de la SCI. Le liquidateur dispose d'un mois après la clôture de la liquidation pour déposer le dossier au greffe.
Le coût de la radiation au greffe est de l'ordre de quelques dizaines d'euros, auquel s'ajoute le prix de la seconde annonce légale.
La radiation clôt définitivement le cycle de vie de la SCI. Toute erreur dans le dossier retarde la fermeture de plusieurs semaines.
Faire appel à un avocat en droit des sociétés
Oui, si les statuts prévoient une majorité qualifiée pour la dissolution anticipée. À défaut de clause, l'unanimité est requise par l'article 1836 du Code civil. Un associé peut aussi demander la dissolution judiciaire pour justes motifs devant le tribunal.
Le Code civil fixe un délai maximal de 3 ans. En pratique, la durée dépend de la complexité du patrimoine : une SCI détenant un seul bien peut être liquidée en quelques mois. Au-delà de 3 ans, une prorogation judiciaire est nécessaire.
Oui. Les associés désignent librement le liquidateur lors de l'AGE de dissolution. Le gérant est fréquemment choisi car il connaît la gestion courante de la SCI. Ses pouvoirs changent cependant : il agit désormais dans le seul but de clôturer les opérations.
Le boni correspond à la différence entre l'actif net réel (après cession des biens et paiement des dettes) et le montant total des apports des associés. Si cette différence est positive, elle constitue le boni, réparti entre associés au prorata de leurs parts.
Les principaux postes sont : 2 annonces légales (dissolution puis clôture), les frais de greffe pour la modification puis la radiation, le droit de partage de 2,5 % sur l'actif net partagé, et éventuellement les honoraires d'un avocat ou d'un expert-comptable. Le budget global dépend de la valeur du patrimoine détenu.
Article 1844-7 du Code civil (causes de dissolution d'une société) - Légifrance
Article 1844-8 du Code civil (liquidation et nomination du liquidateur) - Légifrance
Conséquences fiscales de la dissolution d'une entreprise - Entreprendre.Service-Public.fr
SWIM LEGAL est une alternative au cabinet d'avocats traditionnel pour les besoins juridiques des entreprises. Incubé par le Barreau de Paris, SWIM a reçu le Prix de l'Innovation pour sa solution permettant à toute entreprise, quelle que soit sa taille ou sa localisation, d'accéder rapidement via la plateforme à des avocats d'affaires expérimentés. Les entreprises peuvent déposer leur besoin — qu'il s'agisse d'un dossier, d'une consultation ou d'un renfort temporaire — de manière confidentielle et recevoir des propositions d'avocats pour répondre rapidement à leur demande.
Avocat au Barreau de Paris (Toque L086), fondateur de SWIM LEGAL
Besoin d'un juriste freelance, d'un conseil ou d'aide sur un litige ?





