
Jullian Hoareau

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1. Le décès du gérant ne dissout pas la SARL
2. Conséquences immédiates sur le fonctionnement
3. Nommer un nouveau gérant en assemblée
4. Transmission des parts sociales aux héritiers
5. Clause d'agrément et sort des héritiers
6. Anticiper le décès dans les statuts
Le décès du gérant d'une SARL provoque un choc opérationnel, mais il ne met pas fin à l'existence juridique de la société. L'article L. 223-18 du Code de commerce distingue clairement la personne du gérant de la personne morale qu'est la SARL. La société survit donc à son dirigeant.
En pratique, la SARL conserve son immatriculation au registre du commerce, ses contrats en cours et ses obligations fiscales. Seule la capacité d'agir au nom de la société est suspendue, faute de représentant légal. Cette suspension n'a rien d'automatique si les statuts prévoient un co-gérant ou un gérant suppléant : dans ce cas, la continuité est immédiate.
En revanche, lorsque le défunt était gérant unique, la société se retrouve sans organe de direction. C'est cette vacance qui crée l'urgence, non la disparition de la structure elle-même.
La première conséquence visible est le blocage des comptes bancaires. Dès que la banque est informée du décès, elle gèle les opérations liées à la signature du gérant. Les virements, prélèvements et paiements fournisseurs sont suspendus. Pour une PME dont la trésorerie dépend de flux quotidiens, ce blocage peut devenir critique en quelques jours.
| Conséquence | Effet concret | Délai d'impact |
|---|---|---|
| Blocage bancaire | Aucun mouvement de fonds possible | Immédiat |
| Absence de représentant légal | Impossibilité de signer contrats, baux, factures | Immédiat |
| Déclarations fiscales | Risque de retard sur la TVA, l'IS, la CFE | Sous 30 jours |
| Relations salariés | Paie non exécutable sans signataire | Fin de mois |
| Contrats en cours | Clauses intuitu personae potentiellement activées | Variable |
Au-delà du blocage financier, aucune décision engageant la société ne peut être prise. Un devis ne peut être signé, un salarié ne peut être embauché, un bail ne peut être renouvelé. La SARL est juridiquement paralysée.
Les salariés restent liés par leur contrat de travail, qui se poursuit avec la société et non avec le gérant en personne. Toutefois, sans représentant légal, la gestion courante (paie, congés, licenciements) est bloquée.
La paralysie d'une SARL après le décès de son gérant exige une réaction rapide et juridiquement encadrée.
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La sortie de crise passe par la nomination d'un nouveau gérant. Conformément à l'article L. 223-27 du Code de commerce, cette décision relève de l'assemblée générale des associés, statuant à la majorité absolue des parts sociales (plus de 50 %) lors du premier vote.
En l'absence de gérant, tout associé peut demander en justice la désignation d'un mandataire chargé de convoquer l'assemblée. Un co-gérant survivant, s'il existe, convoque directement. Le commissaire aux comptes, lorsqu'il y en a un, dispose également de ce pouvoir.
Le coût total de ces formalités (annonce légale, greffe, formalités en ligne) se situe entre 200 € et 400 € selon le département. Le délai moyen constaté entre le décès et l'inscription du nouveau gérant au Kbis est de 2 à 4 semaines lorsque les associés agissent sans délai.
Les parts sociales détenues par le gérant décédé font partie de son patrimoine. Elles entrent dans la succession et sont transmises selon les règles du droit civil (testament, dévolution légale). Contrairement aux actions de SA, les parts de SARL ne sont pas librement cessibles : leur transmission obéit aux statuts.
En l'absence de clause contraire, les héritiers deviennent associés de plein droit. Ils acquièrent les droits attachés aux parts : droit de vote en assemblée, droit aux dividendes, droit à l'information.
| Situation | Effet sur les héritiers |
|---|---|
| Statuts silencieux | Héritiers deviennent associés automatiquement |
| Clause d'agrément prévue | Héritiers soumis au vote des associés |
| Clause de rachat obligatoire | Parts rachetées par les associés ou la société |
| Indivision successorale | Un mandataire commun représente les héritiers |
Lorsque plusieurs héritiers se partagent les parts, ils sont en indivision jusqu'au partage. Ils doivent alors désigner un mandataire unique pour exercer les droits d'associé, conformément à l'article 1844 du Code civil.
La transmission des parts sociales après un décès soulève des questions de valorisation, de fiscalité et de gouvernance.
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Les statuts d'une SARL peuvent contenir une clause d'agrément applicable en cas de décès. Cette clause soumet l'entrée des héritiers au capital à l'approbation des associés restants. L'article L. 223-13 du Code de commerce autorise expressément ce mécanisme.
Les associés disposent d'un délai de 3 mois à compter de la notification du décès pour se prononcer. Deux issues sont possibles :
Le refus d'agrément ne prive pas les héritiers de la valeur économique de leurs parts. Il les empêche seulement de participer à la gouvernance de la société.
La meilleure protection contre la paralysie reste l'anticipation statutaire. Plusieurs mécanismes permettent d'organiser la continuité avant qu'un décès ne survienne.
Ces dispositifs se combinent. Une SARL dont les statuts prévoient un gérant suppléant, une clause d'agrément et un mécanisme de rachat financé par assurance peut traverser le décès de son dirigeant sans interruption d'activité.
Des statuts bien rédigés transforment une crise potentielle en transition organisée.
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Non. Le décès du gérant ne dissout pas la SARL. La société conserve sa personnalité morale et son immatriculation. Seule la fonction de représentant légal est vacante, ce qui impose la nomination rapide d'un nouveau gérant.
Le délai dépend de la réactivité des associés. En pratique, entre la convocation de l'assemblée (15 jours minimum) et les formalités au greffe, il faut compter 2 à 4 semaines. Un co-gérant ou un gérant suppléant prévu dans les statuts supprime ce délai.
Si les statuts ne prévoient pas de clause d'agrément, les héritiers deviennent associés de plein droit. En présence d'une telle clause, leur entrée est soumise au vote des associés restants dans un délai de 3 mois.
La banque débloque les comptes dès qu'un nouveau gérant est inscrit au Kbis. Il faut présenter l'extrait Kbis mis à jour et le procès-verbal de nomination. Tant que cette formalité n'est pas accomplie, aucun mouvement de fonds n'est possible.
Oui. Les statuts peuvent prévoir un gérant suppléant, une co-gérance, une clause d'agrément ou un mécanisme de rachat croisé financé par assurance. Ces clauses permettent d'assurer la continuité de la société sans période de blocage.
Article L223-13 du Code de commerce, transmission des parts par décès - Légifrance
Article L223-27 du Code de commerce, convocation de l'assemblée des associés - Légifrance
Article L223-18 du Code de commerce, gérance de la SARL - Légifrance
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