Création d'entreprise : quand faire appel à un comptable

Guides & Ressources pratiques
13 Jul 2026
-
7 min de lecture
-
Par

Jullian Hoareau

Points clés de l'article
  1. Toute société a des obligations comptables dès son immatriculation, quel que soit son chiffre d'affaires.
  2. La forme juridique (SARL, SAS, micro-entreprise) détermine le niveau d'exigence comptable.
  3. Recourir à un expert-comptable n'est pas légalement obligatoire, mais fortement recommandé pour les sociétés soumises à l'impôt sur les sociétés.
  4. Tenir soi-même sa comptabilité est possible en micro-entreprise ; au-delà, le risque d'erreur fiscale augmente.
  5. Le bon moment pour solliciter un comptable se situe avant l'immatriculation, dès le choix du statut juridique.

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Sommaire

Pourquoi la comptabilité s'impose dès la création

Obligations comptables selon la forme juridique choisie

L'expert-comptable est-il obligatoire pour une entreprise ?

Tenir soi-même sa comptabilité ou l'externaliser

Quand faire appel à un comptable ?

Comment choisir son expert-comptable en toute sécurité

FAQ

Pour aller plus loin

Pourquoi la comptabilité s'impose dès la création

Dès l'immatriculation d'une société, le dirigeant est tenu de respecter des obligations comptables fixées par le Code de commerce (articles L123-12 à L123-28). Ces obligations ne dépendent pas du chiffre d'affaires réalisé : elles s'appliquent dès le premier jour d'activité.

En pratique, cela signifie enregistrer chaque opération financière, conserver les pièces justificatives pendant 10 ans et produire des comptes annuels. Un manquement expose à un redressement fiscal, voire à une sanction pénale pour défaut de comptabilité régulière. En 2023, la Direction générale des finances publiques (DGFiP) a réalisé plus de 45 000 contrôles fiscaux sur les entreprises, dont une part concerne des erreurs de tenue comptable dès les premiers exercices.

La création d'entreprise ne se limite donc pas à la rédaction des statuts et au dépôt du capital. Elle engage immédiatement le fondateur sur le terrain comptable et fiscal.

Obligations comptables selon la forme juridique choisie

Le niveau d'exigence comptable varie selon le statut retenu. Voici un comparatif des principales formes juridiques :

Forme juridiqueComptabilité exigéeComptes annuelsCommissaire aux comptes
Micro-entrepriseLivre de recettes + registre des achatsNonNon
EURL / SARLComptabilité en partie doubleBilan, compte de résultat, annexeOui si 2 des 3 seuils dépassés*
SAS / SASUComptabilité en partie doubleBilan, compte de résultat, annexeOui si 2 des 3 seuils dépassés*
SCIComptabilité simplifiée ou en partie double (si IS)Selon régime fiscalRarement

*Seuils 2024 : 5 M€ de chiffre d'affaires HT, 2,5 M€ de total bilan, 50 salariés.

En SARL ou SAS, la comptabilité en partie double impose d'enregistrer chaque flux dans un journal, un grand livre et un livre d'inventaire. Ce formalisme dépasse la simple gestion de trésorerie : il structure la preuve fiscale de l'entreprise.

Pour une micro-entreprise, les obligations se limitent à un suivi chronologique des recettes. Toutefois, dès que le dirigeant dépasse les plafonds de chiffre d'affaires (77 700 € pour les prestations de services, 188 700 € pour le commerce en 2024), il bascule automatiquement vers un régime réel d'imposition, avec les obligations comptables associées.

L'expert-comptable est-il obligatoire pour une entreprise ?

Aucun texte de loi n'impose de recourir à un expert-comptable pour créer ou gérer une société en France. L'article 2 de l'ordonnance du 19 septembre 1945 réserve certaines missions aux experts-comptables inscrits à l'Ordre, mais ne rend pas leur intervention obligatoire.

En revanche, l'absence de professionnel qualifié augmente le risque d'erreurs. Selon l'Ordre des experts-comptables, 82 % des entreprises françaises font appel à un expert-comptable. Ce chiffre reflète une réalité : la complexité du droit fiscal français rend l'auto-gestion comptable risquée dès que l'entreprise est soumise à l'IS ou au régime réel de TVA.

SituationExpert-comptable recommandé ?
Micro-entreprise sous les seuilsFacultatif
SARL ou SAS à l'ISFortement recommandé
Entreprise avec salariésFortement recommandé
SCI soumise à l'ISRecommandé
Activité réglementée (santé, finance)Indispensable en pratique

Le coût moyen d'un expert-comptable pour une TPE se situe entre 1 500 € et 4 000 € par an, selon le volume d'opérations et les missions confiées (tenue, révision, déclarations fiscales, paie).

Bien structurer sa société dès la création permet de réduire les coûts comptables et d'éviter les erreurs de statut fiscal.
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Tenir soi-même sa comptabilité ou l'externaliser

Un dirigeant de TPE peut légalement tenir sa comptabilité en interne. Plusieurs logiciels (Pennylane, Indy, Tiime) proposent des solutions adaptées aux petites structures, avec des tarifs allant de 0 à 70 € par mois.

Cependant, cette option présente des limites concrètes :

  • Temps consacré : un dirigeant de TPE passe en moyenne 5 à 8 heures par mois sur sa comptabilité, selon une étude Sage de 2022.
  • Risque d'erreur : une TVA mal déclarée ou un amortissement mal calculé peut entraîner des pénalités de 10 à 40 % du montant dû.
  • Absence de conseil : un logiciel ne détecte pas une option fiscale plus avantageuse ni un risque de requalification.

L'externalisation, en revanche, libère du temps et sécurise les déclarations. Elle permet aussi de bénéficier du visa fiscal de l'expert-comptable, qui réduit le risque de contrôle.

Le choix dépend du profil de l'entreprise. En micro-entreprise sans salarié, la gestion interne reste viable. Dès qu'il y a de la TVA à déclarer, des salariés à gérer ou un bilan à produire, l'externalisation devient un investissement rentable.

Quand faire appel à un comptable ?

Le moment optimal pour solliciter un comptable se situe avant l'immatriculation. À ce stade, le professionnel peut orienter le choix du statut juridique, du régime fiscal et du régime social du dirigeant. Ces décisions, prises à la création, conditionnent la charge fiscale pendant plusieurs années.

Voici les étapes clés où l'intervention d'un comptable apporte une valeur directe :

  1. Choix du statut : SARL, SAS, micro-entreprise. Chaque option a des conséquences fiscales et sociales distinctes.
  2. Rédaction du prévisionnel : un expert-comptable valide la cohérence financière du projet, ce qui facilite l'obtention d'un financement bancaire.
  3. Première déclaration de TVA : le régime de TVA (franchise, réel simplifié, réel normal) doit être choisi dès la création.
  4. Premier exercice comptable : la clôture du premier bilan est un moment critique, car elle fixe les bases de la relation avec l'administration fiscale.

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Comment choisir son expert-comptable en toute sécurité

Le premier critère de sélection est l'inscription à l'Ordre des experts-comptables. Seul un professionnel inscrit peut légalement tenir, centraliser ou réviser les comptes d'une entreprise tierce. L'annuaire de l'Ordre permet de vérifier cette inscription en quelques secondes.

Au-delà de ce prérequis, plusieurs éléments méritent attention :

  • Spécialisation sectorielle : un expert-comptable habitué aux startups tech ne travaille pas de la même façon qu'un cabinet orienté BTP ou professions libérales.
  • Périmètre de mission : distinguer la simple tenue comptable de la mission de conseil fiscal et social. Le contrat (lettre de mission) doit détailler précisément les prestations incluses.
  • Outils numériques : la compatibilité entre le logiciel du cabinet et celui de l'entreprise conditionne la fluidité des échanges de données.
  • Tarification : privilégier un forfait annuel transparent plutôt qu'une facturation à l'acte, qui peut générer des surcoûts imprévus.

Un bon réflexe consiste à demander 2 à 3 devis détaillés avant de s'engager. La lettre de mission, obligatoire, encadre la relation contractuelle et protège les deux parties.

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FAQ

Un expert-comptable est-il obligatoire pour créer une entreprise ?

Non. Aucune loi française n'impose de recourir à un expert-comptable pour créer ou gérer une société. En revanche, 82 % des entreprises françaises y font appel, car la complexité fiscale rend l'auto-gestion risquée dès le régime réel.

Combien coûte un expert-comptable pour une TPE ?

Le coût annuel se situe entre 1 500 € et 4 000 €, selon le volume de transactions, le nombre de salariés et les missions confiées (tenue comptable, déclarations fiscales, paie, conseil).

Peut-on tenir sa comptabilité soi-même en SARL ou SAS ?

Oui, c'est légalement possible. Toutefois, la comptabilité en partie double, les déclarations de TVA et la production des comptes annuels exigent des compétences techniques. Une erreur peut entraîner des pénalités fiscales de 10 à 40 %.

À quel moment faut-il contacter un comptable lors de la création ?

Le moment optimal est avant l'immatriculation. Le comptable peut alors orienter le choix du statut juridique, du régime fiscal et du régime social, ce qui conditionne la charge fiscale pour plusieurs années.

Quelle différence entre un comptable et un expert-comptable ?

Un comptable réalise des tâches de saisie et de suivi. Un expert-comptable, inscrit à l'Ordre, est habilité à tenir, réviser et certifier les comptes. Lui seul peut apposer un visa fiscal et engager sa responsabilité professionnelle sur les comptes produits.

Pour aller plus loin

Obligations comptables d’une société commerciale - Service-Public Entreprendre

Entreprises : connaître vos obligations comptables - Bpifrance Création

Expert-comptable et commissaire aux comptes - Bpifrance Création

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