
Jullian Hoareau

Accédez en -24h à un avocat d'affaires sélectionné parmi les meilleurs, à des honoraires maîtrisés.
Pourquoi la comptabilité s'impose dès la création
Obligations comptables selon la forme juridique choisie
L'expert-comptable est-il obligatoire pour une entreprise ?
Tenir soi-même sa comptabilité ou l'externaliser
Quand faire appel à un comptable ?
Comment choisir son expert-comptable en toute sécurité
Dès l'immatriculation d'une société, le dirigeant est tenu de respecter des obligations comptables fixées par le Code de commerce (articles L123-12 à L123-28). Ces obligations ne dépendent pas du chiffre d'affaires réalisé : elles s'appliquent dès le premier jour d'activité.
En pratique, cela signifie enregistrer chaque opération financière, conserver les pièces justificatives pendant 10 ans et produire des comptes annuels. Un manquement expose à un redressement fiscal, voire à une sanction pénale pour défaut de comptabilité régulière. En 2023, la Direction générale des finances publiques (DGFiP) a réalisé plus de 45 000 contrôles fiscaux sur les entreprises, dont une part concerne des erreurs de tenue comptable dès les premiers exercices.
La création d'entreprise ne se limite donc pas à la rédaction des statuts et au dépôt du capital. Elle engage immédiatement le fondateur sur le terrain comptable et fiscal.
Le niveau d'exigence comptable varie selon le statut retenu. Voici un comparatif des principales formes juridiques :
| Forme juridique | Comptabilité exigée | Comptes annuels | Commissaire aux comptes |
|---|---|---|---|
| Micro-entreprise | Livre de recettes + registre des achats | Non | Non |
| EURL / SARL | Comptabilité en partie double | Bilan, compte de résultat, annexe | Oui si 2 des 3 seuils dépassés* |
| SAS / SASU | Comptabilité en partie double | Bilan, compte de résultat, annexe | Oui si 2 des 3 seuils dépassés* |
| SCI | Comptabilité simplifiée ou en partie double (si IS) | Selon régime fiscal | Rarement |
*Seuils 2024 : 5 M€ de chiffre d'affaires HT, 2,5 M€ de total bilan, 50 salariés.
En SARL ou SAS, la comptabilité en partie double impose d'enregistrer chaque flux dans un journal, un grand livre et un livre d'inventaire. Ce formalisme dépasse la simple gestion de trésorerie : il structure la preuve fiscale de l'entreprise.
Pour une micro-entreprise, les obligations se limitent à un suivi chronologique des recettes. Toutefois, dès que le dirigeant dépasse les plafonds de chiffre d'affaires (77 700 € pour les prestations de services, 188 700 € pour le commerce en 2024), il bascule automatiquement vers un régime réel d'imposition, avec les obligations comptables associées.
Aucun texte de loi n'impose de recourir à un expert-comptable pour créer ou gérer une société en France. L'article 2 de l'ordonnance du 19 septembre 1945 réserve certaines missions aux experts-comptables inscrits à l'Ordre, mais ne rend pas leur intervention obligatoire.
En revanche, l'absence de professionnel qualifié augmente le risque d'erreurs. Selon l'Ordre des experts-comptables, 82 % des entreprises françaises font appel à un expert-comptable. Ce chiffre reflète une réalité : la complexité du droit fiscal français rend l'auto-gestion comptable risquée dès que l'entreprise est soumise à l'IS ou au régime réel de TVA.
| Situation | Expert-comptable recommandé ? |
|---|---|
| Micro-entreprise sous les seuils | Facultatif |
| SARL ou SAS à l'IS | Fortement recommandé |
| Entreprise avec salariés | Fortement recommandé |
| SCI soumise à l'IS | Recommandé |
| Activité réglementée (santé, finance) | Indispensable en pratique |
Le coût moyen d'un expert-comptable pour une TPE se situe entre 1 500 € et 4 000 € par an, selon le volume d'opérations et les missions confiées (tenue, révision, déclarations fiscales, paie).
Bien structurer sa société dès la création permet de réduire les coûts comptables et d'éviter les erreurs de statut fiscal.
Faites-vous accompagner pour la création de votre société
Un dirigeant de TPE peut légalement tenir sa comptabilité en interne. Plusieurs logiciels (Pennylane, Indy, Tiime) proposent des solutions adaptées aux petites structures, avec des tarifs allant de 0 à 70 € par mois.
Cependant, cette option présente des limites concrètes :
L'externalisation, en revanche, libère du temps et sécurise les déclarations. Elle permet aussi de bénéficier du visa fiscal de l'expert-comptable, qui réduit le risque de contrôle.
Le choix dépend du profil de l'entreprise. En micro-entreprise sans salarié, la gestion interne reste viable. Dès qu'il y a de la TVA à déclarer, des salariés à gérer ou un bilan à produire, l'externalisation devient un investissement rentable.
Le moment optimal pour solliciter un comptable se situe avant l'immatriculation. À ce stade, le professionnel peut orienter le choix du statut juridique, du régime fiscal et du régime social du dirigeant. Ces décisions, prises à la création, conditionnent la charge fiscale pendant plusieurs années.
Voici les étapes clés où l'intervention d'un comptable apporte une valeur directe :
Associer un avocat pour la structuration juridique et un comptable pour le pilotage fiscal dès le départ réduit les risques d'erreur coûteuse.
Consultez un avocat spécialisé en création de sociétés
Le premier critère de sélection est l'inscription à l'Ordre des experts-comptables. Seul un professionnel inscrit peut légalement tenir, centraliser ou réviser les comptes d'une entreprise tierce. L'annuaire de l'Ordre permet de vérifier cette inscription en quelques secondes.
Au-delà de ce prérequis, plusieurs éléments méritent attention :
Un bon réflexe consiste à demander 2 à 3 devis détaillés avant de s'engager. La lettre de mission, obligatoire, encadre la relation contractuelle et protège les deux parties.
Pour sécuriser la création de votre société sur le plan juridique et fiscal, un accompagnement combiné avocat-comptable est la configuration la plus protectrice.
Trouvez un avocat pour structurer votre création de société
Non. Aucune loi française n'impose de recourir à un expert-comptable pour créer ou gérer une société. En revanche, 82 % des entreprises françaises y font appel, car la complexité fiscale rend l'auto-gestion risquée dès le régime réel.
Le coût annuel se situe entre 1 500 € et 4 000 €, selon le volume de transactions, le nombre de salariés et les missions confiées (tenue comptable, déclarations fiscales, paie, conseil).
Oui, c'est légalement possible. Toutefois, la comptabilité en partie double, les déclarations de TVA et la production des comptes annuels exigent des compétences techniques. Une erreur peut entraîner des pénalités fiscales de 10 à 40 %.
Le moment optimal est avant l'immatriculation. Le comptable peut alors orienter le choix du statut juridique, du régime fiscal et du régime social, ce qui conditionne la charge fiscale pour plusieurs années.
Un comptable réalise des tâches de saisie et de suivi. Un expert-comptable, inscrit à l'Ordre, est habilité à tenir, réviser et certifier les comptes. Lui seul peut apposer un visa fiscal et engager sa responsabilité professionnelle sur les comptes produits.
Obligations comptables d’une société commerciale - Service-Public Entreprendre
Entreprises : connaître vos obligations comptables - Bpifrance Création
Expert-comptable et commissaire aux comptes - Bpifrance Création
SWIM LEGAL est une alternative au cabinet d'avocats traditionnel pour les besoins juridiques des entreprises. Incubé par le Barreau de Paris, SWIM a reçu le Prix de l'Innovation pour sa solution permettant à toute entreprise, quelle que soit sa taille ou sa localisation, d'accéder rapidement via la plateforme à des avocats d'affaires expérimentés. Les entreprises peuvent déposer leur besoin — qu'il s'agisse d'un dossier, d'une consultation ou d'un renfort temporaire — de manière confidentielle et recevoir des propositions d'avocats pour répondre rapidement à leur demande.
Avocat au Barreau de Paris (Toque L086), fondateur de SWIM LEGAL
Besoin d'un juriste freelance, d'un conseil ou d'aide sur un litige ?





