
Accédez en -24h à un avocat d'affaires sélectionné parmi les meilleurs, à des honoraires maîtrisés.
Régime fiscal par défaut de la SAS : impôt sur les sociétés
Taux d'IS applicables : taux normal 25 % et taux réduit 15 %
Option pour l'impôt sur le revenu : conditions, durée et irrévocabilité
Régimes de TVA en SAS : franchise, réel simplifié, réel normal
Imposition des dividendes : PFU 31,4 % ou barème progressif
Rémunération du président de SAS : charges sociales et fiscales
Leviers d'optimisation fiscale pour une SAS
Obligations déclaratives et calendrier fiscal à respecter
La fiscalité SAS repose sur un principe clair : la société par actions simplifiée est soumise de plein droit à l'impôt sur les sociétés (IS). Ce régime s'applique automatiquement dès l'immatriculation, sans démarche particulière du dirigeant ou du DAF.
Concrètement, l'IS frappe le bénéfice net fiscal de la société, c'est-à-dire le résultat comptable corrigé des réintégrations et déductions extra-comptables. La SAS est donc imposée en tant que personne morale, indépendamment de la situation fiscale personnelle de ses associés. Les bénéfices non distribués restent dans la société et ne remontent pas dans les revenus imposables des actionnaires.
Cette séparation entre fiscalité de la société et fiscalité des associés constitue un avantage structurel pour les DAF qui pilotent la trésorerie. Elle permet de réinvestir les bénéfices sans déclencher d'imposition personnelle, contrairement aux sociétés soumises à l'IR où le bénéfice est imposé entre les mains des associés, qu'il soit distribué ou non.
En pratique, le résultat fiscal se calcule à partir du résultat comptable, auquel s'ajoutent les charges non déductibles (amendes, amortissements excédentaires, charges somptuaires) et dont se retranchent certains produits exonérés ou déjà imposés.
Depuis le 1er janvier 2022, le taux normal d'IS s'établit à 25 % pour toutes les entreprises, quelle que soit leur taille. Ce taux s'applique à l'intégralité du bénéfice fiscal de la SAS, sauf activation du taux réduit.
Le taux réduit de 15 % s'applique sur les 42 500 premiers euros de bénéfice imposable, à condition de remplir 3 critères cumulatifs :
| Critère | Seuil |
|---|---|
| Chiffre d'affaires HT | Inférieur à 10 millions € |
| Capital social | Entièrement libéré |
| Détention du capital | Au moins 75 % par des personnes physiques |
Au-delà de 42 500 € de bénéfice, le taux de 25 % s'applique sur la fraction excédentaire. Pour une SAS dégageant 100 000 € de bénéfice fiscal et éligible au taux réduit, l'IS se calcule ainsi : (42 500 × 15 %) + (57 500 × 25 %) = 6 375 + 14 375 = 20 750 €, soit un taux effectif de 20,75 %.
Ce mécanisme de progressivité partielle représente une économie de 4 250 € par rapport à une imposition intégrale à 25 %. Le DAF doit vérifier chaque année le respect des 3 conditions, car la perte d'éligibilité entraîne l'application immédiate du taux plein.
Structurer la fiscalité d'une SAS dès sa création permet de sécuriser les arbitrages IS/IR et d'optimiser les flux financiers dès le premier exercice.
Découvrir l'accompagnement en création de sociétés
La SAS peut opter pour l'impôt sur le revenu (IR), mais cette faculté est encadrée par l'article 239 bis AB du Code général des impôts. L'option est limitée à 5 exercices consécutifs et ne peut être renouvelée.
Pour exercer cette option, la SAS doit remplir simultanément les conditions suivantes :
Sous le régime IR, le bénéfice de la SAS est imposé directement entre les mains des associés, proportionnellement à leur participation, dans la catégorie correspondant à l'activité exercée (BIC, BNC ou BA). Le bénéfice est donc taxé même s'il n'est pas distribué.
L'option est irrévocable pour la durée choisie : une SAS qui opte pour l'IR ne peut pas revenir à l'IS avant l'expiration du délai. En revanche, elle peut renoncer anticipativement à l'option, mais cette renonciation est elle-même définitive. Le retour à l'IS devient alors irréversible.
L'intérêt de l'option IR se concentre sur les premières années d'activité, lorsque la SAS génère des déficits imputables sur les revenus personnels des associés, ou lorsque le taux marginal d'imposition des associés reste inférieur au taux d'IS effectif.
La fiscalité SAS inclut la TVA, dont le régime dépend du chiffre d'affaires réalisé. Trois options coexistent :
| Régime | Seuil CA (prestations de services) | Seuil CA (vente de biens) | Déclarations |
|---|---|---|---|
| Franchise en base | ≤ 36 800 € | ≤ 91 900 € | Aucune déclaration de TVA |
| Réel simplifié | 36 800 € à 254 000 € | 91 900 € à 840 000 € | 2 acomptes + 1 déclaration annuelle (CA12) |
| Réel normal | > 254 000 € | > 840 000 € | Déclaration mensuelle (CA3) |
La franchise en base dispense la SAS de collecter et de reverser la TVA. En contrepartie, elle ne peut pas déduire la TVA sur ses achats. Ce régime convient aux structures à faible volume d'achats soumis à TVA.
Le réel simplifié allège les obligations déclaratives : 2 acomptes semestriels (en juillet et décembre), puis une régularisation annuelle. La SAS peut toutefois opter pour le mini-réel, qui permet de déposer des déclarations mensuelles de TVA tout en conservant le régime simplifié pour l'IS.
Le réel normal impose une déclaration mensuelle (ou trimestrielle si la TVA annuelle due est inférieure à 4 000 €). Ce régime s'applique de droit au-delà des seuils du réel simplifié, ou sur option volontaire.
Le choix du régime de TVA conditionne la trésorerie et les obligations administratives de la SAS. Un accompagnement juridique adapté permet de sécuriser ce choix dès la constitution.
Consulter un avocat en création de sociétés
Lorsque la SAS distribue des dividendes, les associés personnes physiques résidentes fiscales françaises sont soumis au prélèvement forfaitaire unique (PFU), communément appelé flat tax.
Le PFU se décompose ainsi :
Le taux global atteint donc 30 %. En ajoutant la contribution exceptionnelle sur les hauts revenus (CEHR) applicable aux contribuables dont le revenu fiscal de référence dépasse 250 000 € (personne seule), la charge fiscale totale peut atteindre 31,4 % à 34 % selon les situations.
L'associé peut renoncer au PFU et opter pour le barème progressif de l'IR. Cette option, exercée lors de la déclaration de revenus, s'applique alors à l'ensemble des revenus de capitaux mobiliers et plus-values de l'année. Elle ouvre droit à un abattement de 40 % sur les dividendes et à la déductibilité partielle de la CSG (6,8 %).
| Critère | PFU (flat tax) | Barème progressif |
|---|---|---|
| Taux IR | 12,8 % forfaitaire | Taux marginal (0 à 45 %) |
| Abattement 40 % | Non | Oui |
| CSG déductible | Non | Oui (6,8 %) |
| Prélèvements sociaux | 17,2 % | 17,2 % |
| Intérêt principal | TMI ≥ 30 % | TMI ≤ 11 % |
En pratique, le barème progressif devient avantageux lorsque le taux marginal d'imposition de l'associé est inférieur ou égal à 11 %. Au-delà, le PFU reste généralement plus favorable.
Le président de SAS relève du régime général de la Sécurité sociale en tant qu'assimilé salarié. Il bénéficie de la même couverture sociale qu'un salarié classique (maladie, retraite de base et complémentaire, prévoyance), à l'exception de l'assurance chômage.
Le coût des charges sociales patronales et salariales représente environ 75 % à 82 % du salaire net versé. Pour un salaire net de 5 000 € mensuels, le coût total employeur avoisine 8 750 € à 9 100 €. Ce niveau de charges est nettement supérieur à celui d'un gérant majoritaire de SARL soumis au régime TNS (environ 45 % du net).
La rémunération du président constitue une charge déductible du résultat fiscal de la SAS, ce qui réduit la base imposable à l'IS. Le président déclare cette rémunération dans la catégorie des traitements et salaires, avec application de l'abattement forfaitaire de 10 % ou déduction des frais réels.
En l'absence de rémunération, le président ne cotise à aucun régime de protection sociale. Cette situation, fréquente dans les SAS en phase d'amorçage, expose le dirigeant à une absence totale de couverture maladie et retraite au titre de son mandat.
Plusieurs mécanismes permettent au DAF de réduire la charge fiscale globale de la SAS, dans le cadre légal :
Arbitrage rémunération / dividendes : la rémunération du président est déductible de l'IS mais supporte des charges sociales élevées. Les dividendes ne sont pas déductibles mais échappent aux cotisations sociales en SAS (contrairement à la SARL). Le point d'équilibre dépend du taux marginal d'imposition de l'associé et du niveau de résultat.
Amortissements : l'amortissement des immobilisations (matériel, véhicules, brevets) réduit le résultat imposable. L'amortissement dégressif, applicable à certains biens neufs, accélère la déduction fiscale sur les premiers exercices.
Provisions : les provisions pour risques et charges (litiges, garanties, créances douteuses) sont déductibles si elles sont justifiées, probables et évaluées avec précision.
Crédit d'impôt recherche (CIR) : les SAS engageant des dépenses de R&D peuvent bénéficier d'un crédit d'impôt de 30 % sur les 100 premiers millions d'euros de dépenses éligibles, puis 5 % au-delà.
Crédit d'impôt innovation (CII) : réservé aux PME, il couvre 20 % des dépenses d'innovation (prototypage, installations pilotes) dans la limite de 400 000 € par an.
Report des déficits : les déficits fiscaux sont reportables en avant sans limitation de durée, dans la limite de 1 million € + 50 % du bénéfice excédant ce seuil. Le report en arrière (carry-back) est limité au dernier exercice bénéficiaire, plafonné à 1 million €.
L'optimisation fiscale d'une SAS repose sur des arbitrages techniques qui gagnent à être sécurisés par un avocat fiscaliste dès la structuration de la société.
Être accompagné dans la création et la structuration de votre SAS
La SAS doit respecter un calendrier déclaratif strict, sous peine de majorations et pénalités :
| Obligation | Formulaire | Échéance |
|---|---|---|
| Déclaration de résultat IS | 2065 + annexes 2033 ou 2050 | Dans les 3 mois suivant la clôture (4 mois si clôture au 31/12, soit au 30 avril) |
| Paiement des acomptes IS | 2571 | 15 mars, 15 juin, 15 septembre, 15 décembre |
| Solde IS | 2572 | 15 du 4e mois suivant la clôture |
| Déclaration TVA (réel normal) | CA3 | Mensuelle (avant le 24 du mois suivant) |
| Déclaration TVA (réel simplifié) | CA12 | Annuelle + 2 acomptes |
| Déclaration des honoraires | DAS2 | 1er mai |
| IFU (dividendes versés) | 2561 | 15 février |
Le non-respect des échéances entraîne une majoration de 10 % en cas de retard de déclaration, portée à 40 % en cas de manquement délibéré. Les intérêts de retard s'élèvent à 0,20 % par mois.
Le DAF doit également anticiper la contribution sociale de solidarité des sociétés (C3S), due par les entreprises dont le chiffre d'affaires HT dépasse 19 millions €, au taux de 0,16 % du CA. La déclaration et le paiement interviennent au plus tard le 15 mai de chaque année.
Non. L'option IR est limitée à 5 exercices consécutifs et ne peut pas être renouvelée. Passé ce délai, la SAS revient automatiquement et définitivement à l'IS. Seules les SAS de moins de 5 ans remplissant les critères d'effectif, de chiffre d'affaires et de détention du capital peuvent exercer cette option.
Non, contrairement à la SARL où les dividendes du gérant majoritaire dépassant 10 % du capital social sont assujettis aux cotisations TNS, les dividendes versés par une SAS à ses associés ne supportent que les prélèvements sociaux de 17,2 %. Cette différence constitue un avantage structurel de la SAS pour les distributions.
Le coût total employeur représente environ 1,75 à 1,82 fois le salaire net versé. Pour un net mensuel de 4 000 €, la SAS décaisse entre 7 000 € et 7 280 € en incluant les cotisations patronales et salariales. Ce coût est intégralement déductible du résultat fiscal de la société.
Le passage au réel normal peut intervenir à tout moment sur option. En revanche, le passage de la franchise en base au réel simplifié ou normal est automatique en cas de dépassement des seuils. La SAS doit alors facturer la TVA dès le premier jour du mois de dépassement du seuil majoré (39 100 € pour les services, 101 000 € pour les ventes).
L'arbitrage dépend du taux marginal d'imposition de l'associé-dirigeant et du résultat de la société. La rémunération réduit l'IS mais génère des charges sociales de 75 à 82 %. Les dividendes ne sont pas déductibles de l'IS mais ne supportent que le PFU de 30 %. Un dirigeant dont le TMI dépasse 30 % a généralement intérêt à privilégier les dividendes au-delà d'un certain seuil de rémunération couvrant sa protection sociale.
Fiscalité de la société par actions simplifiée (SAS) - Service-Public.fr
Article 239 bis AB du Code général des impôts - Légifrance
Impôt sur les sociétés (IS) : taux, déclaration, paiement - Service-Public.fr
SWIM LEGAL est une alternative au cabinet d’avocats traditionnel pour les besoins juridiques des entreprises. Incubé par le Barreau de Paris, SWIM a reçu le Prix de l’Innovation pour sa solution permettant à toute entreprise, quelle que soit sa taille ou sa localisation, d’accéder rapidement via la plateforme à des avocats d’affaires expérimentés. Les entreprises peuvent déposer leur besoin — qu’il s’agisse d’un dossier, d’une consultation ou d’un renfort temporaire — de manière confidentielle et recevoir des propositions d’avocats pour répondre rapidement à leur demande.



