
Jullian Hoareau

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Entreprise en nom propre : définition et principe
Avantages de l'entreprise en nom propre
Inconvénients et limites à connaître
Nom propre ou société : comment choisir ?
Protéger son patrimoine et sa fiscalité
L'entreprise en nom propre — aussi appelée entreprise individuelle (EI) — est la forme juridique la plus directe pour exercer une activité professionnelle en France. L'entrepreneur et l'entreprise ne forment qu'une seule et même personne juridique : il n'y a pas de société distincte, pas de capital social à déposer, pas de statuts à rédiger.
En pratique, le créateur déclare son activité auprès du guichet unique de l'INPI et obtient un numéro SIRET. Il exerce ensuite sous son propre nom, avec la possibilité d'ajouter un nom commercial. Ce statut couvre aussi bien les commerçants, les artisans, les professions libérales que les micro-entrepreneurs, la micro-entreprise étant un régime fiscal simplifié de l'EI.
Selon l'INSEE, 63 % des 1 051 500 entreprises créées en France en 2023 l'ont été sous forme d'entreprise individuelle, dont une large part en micro-entreprise. Ce chiffre illustre l'attrait de cette forme pour sa rapidité de mise en œuvre.
La loi du 14 février 2022 en faveur de l'activité professionnelle indépendante a modifié un point central : le patrimoine personnel de l'entrepreneur individuel est désormais automatiquement séparé de son patrimoine professionnel. Avant cette réforme, seule la résidence principale bénéficiait d'une protection de plein droit. Désormais, les créanciers professionnels ne peuvent saisir que les biens utiles à l'activité, sauf en cas de fraude ou de renonciation volontaire.
L'immatriculation d'une EI coûte entre 0 € (activité libérale) et 25 € environ (activité commerciale au RCS). Aucun apport en capital n'est requis. Le délai moyen de création est de quelques jours, contre 2 à 4 semaines pour une société.
L'entrepreneur individuel n'a pas d'assemblée générale à tenir, pas de procès-verbal à rédiger, pas de comptes annuels à déposer au greffe. En régime micro, la comptabilité se résume à un livre de recettes et, pour les commerçants, un registre des achats.
| Critère | Entreprise individuelle | Société (SARL / SAS) |
|---|---|---|
| Capital minimum | 0 € | 1 € (mais apport réel conseillé) |
| Coût de création | 0 à 25 € | 200 à 800 € (annonces, greffe, statuts) |
| Comptabilité | Simplifiée ou micro | Bilan + compte de résultat obligatoires |
| Dépôt des comptes | Non | Oui (greffe du tribunal de commerce) |
L'entrepreneur décide seul, sans consulter d'associé ni respecter de procédure de gouvernance. Cette autonomie accélère la prise de décision au quotidien.
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En entreprise en nom propre, les bénéfices sont soumis à l'impôt sur le revenu (IR) dans la catégorie correspondante (BIC, BNC ou BA). Le barème progressif de l'IR atteint 45 % au-delà de 177 106 € de revenu imposable. À cela s'ajoutent les cotisations sociales, calculées sur le bénéfice, dont le taux global avoisine 45 % pour un indépendant classique.
Depuis 2022, l'entrepreneur individuel peut opter pour l'impôt sur les sociétés (IS), ce qui lui permet de lisser sa fiscalité. Toutefois, cette option est irrévocable et entraîne des obligations comptables proches de celles d'une société.
La séparation des patrimoines instaurée en 2022 constitue un progrès. Elle ne couvre cependant pas toutes les situations. En cas de manquement grave, de fraude ou de renonciation à la séparation (exigée par certaines banques pour accorder un prêt), le patrimoine personnel redevient saisissable.
Le choix entre entreprise en nom propre et société dépend de 4 critères opérationnels :
| Critère | EI adaptée si… | Société préférable si… |
|---|---|---|
| Chiffre d'affaires prévu | Inférieur à 77 700 € (services) ou 188 700 € (vente) en micro | Supérieur à ces seuils, ou croissance rapide visée |
| Nombre de fondateurs | 1 seul | 2 ou plus |
| Besoin de financement | Autofinancement ou prêt bancaire personnel | Levée de fonds, entrée d'investisseurs |
| Projet de cession | Pas de revente envisagée à court terme | Cession ou transmission prévue |
En résumé, l'EI convient à une activité solo, à faible risque, avec un chiffre d'affaires modéré. Dès que le projet implique des associés, des investisseurs ou une ambition de revente, la société (SARL, SAS, SASU) offre un cadre plus adapté.
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Même avec la séparation automatique des patrimoines, 3 précautions restent utiles :
L'entrepreneur individuel dispose de plusieurs leviers :
Le passage en société reste le levier le plus complet pour piloter la répartition entre rémunération et dividendes, et ainsi maîtriser le taux effectif d'imposition.
La micro-entreprise n'est pas une forme juridique distincte. C'est un régime fiscal et social simplifié de l'entreprise individuelle, accessible sous certains plafonds de chiffre d'affaires (188 700 € en vente, 77 700 € en services). Au-delà de ces seuils, l'entrepreneur bascule au régime réel.
Depuis la loi du 14 février 2022, le patrimoine personnel est séparé du patrimoine professionnel de plein droit. Les créanciers professionnels ne peuvent saisir que les biens utiles à l'activité. Cette protection tombe en cas de fraude ou de renonciation volontaire signée par l'entrepreneur.
Oui. L'entrepreneur peut apporter son fonds de commerce ou son activité à une société nouvellement créée (SARL, SAS). Cette opération nécessite un acte juridique d'apport, une évaluation des actifs et des formalités au greffe. Un avocat ou un expert-comptable peut accompagner cette transformation.
Depuis 2022, l'entrepreneur individuel peut opter pour l'IS. Cette option est irrévocable après 5 ans et impose une comptabilité d'engagement. Elle est pertinente lorsque le bénéfice dépasse 40 000 à 50 000 € et que l'entrepreneur souhaite réinvestir dans l'activité plutôt que se verser la totalité du résultat.
L'immatriculation est gratuite pour les professions libérales et coûte environ 25 € pour une inscription au registre du commerce. Il n'y a ni capital social à déposer, ni frais de rédaction de statuts. Le coût total de démarrage reste inférieur à 50 € dans la plupart des cas.
Entrepreneur individuel (EI) : ce qu'il faut savoir - Service-Public.fr
Transformer une entreprise individuelle en société : les questions à se poser - Service-Public.fr
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