Entreprise en nom propre : avantages, inconvénients et alternatives

Guides & Ressources pratiques
07 Jul 2026
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7 min de lecture
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Par

Jullian Hoareau

Points clés de l'article
  1. L'entreprise en nom propre (EI) permet de démarrer une activité sans capital, avec des formalités réduites et une gestion simplifiée.
  2. Depuis 2022, le patrimoine personnel de l'entrepreneur individuel est automatiquement séparé de son patrimoine professionnel.
  3. La fiscalité à l'impôt sur le revenu peut devenir pénalisante au-delà de 77 700 € de bénéfice annuel (barème progressif jusqu'à 45 %).
  4. L'entreprise en nom propre ne permet ni d'accueillir des associés, ni de lever des fonds, ni de céder facilement l'activité.
  5. Le passage en société (SARL, SAS) offre davantage de leviers fiscaux, patrimoniaux et de croissance, mais implique un formalisme plus lourd.

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Sommaire

Entreprise en nom propre : définition et principe

Avantages de l'entreprise en nom propre

Inconvénients et limites à connaître

Nom propre ou société : comment choisir ?

Protéger son patrimoine et sa fiscalité

FAQ

Pour aller plus loin

Entreprise en nom propre : définition et principe

L'entreprise en nom propre — aussi appelée entreprise individuelle (EI) — est la forme juridique la plus directe pour exercer une activité professionnelle en France. L'entrepreneur et l'entreprise ne forment qu'une seule et même personne juridique : il n'y a pas de société distincte, pas de capital social à déposer, pas de statuts à rédiger.

En pratique, le créateur déclare son activité auprès du guichet unique de l'INPI et obtient un numéro SIRET. Il exerce ensuite sous son propre nom, avec la possibilité d'ajouter un nom commercial. Ce statut couvre aussi bien les commerçants, les artisans, les professions libérales que les micro-entrepreneurs, la micro-entreprise étant un régime fiscal simplifié de l'EI.

Selon l'INSEE, 63 % des 1 051 500 entreprises créées en France en 2023 l'ont été sous forme d'entreprise individuelle, dont une large part en micro-entreprise. Ce chiffre illustre l'attrait de cette forme pour sa rapidité de mise en œuvre.

Ce qui a changé en 2022

La loi du 14 février 2022 en faveur de l'activité professionnelle indépendante a modifié un point central : le patrimoine personnel de l'entrepreneur individuel est désormais automatiquement séparé de son patrimoine professionnel. Avant cette réforme, seule la résidence principale bénéficiait d'une protection de plein droit. Désormais, les créanciers professionnels ne peuvent saisir que les biens utiles à l'activité, sauf en cas de fraude ou de renonciation volontaire.

Avantages de l'entreprise en nom propre

Création rapide et peu coûteuse

L'immatriculation d'une EI coûte entre 0 € (activité libérale) et 25 € environ (activité commerciale au RCS). Aucun apport en capital n'est requis. Le délai moyen de création est de quelques jours, contre 2 à 4 semaines pour une société.

Gestion simplifiée au quotidien

L'entrepreneur individuel n'a pas d'assemblée générale à tenir, pas de procès-verbal à rédiger, pas de comptes annuels à déposer au greffe. En régime micro, la comptabilité se résume à un livre de recettes et, pour les commerçants, un registre des achats.

CritèreEntreprise individuelleSociété (SARL / SAS)
Capital minimum0 €1 € (mais apport réel conseillé)
Coût de création0 à 25 €200 à 800 € (annonces, greffe, statuts)
ComptabilitéSimplifiée ou microBilan + compte de résultat obligatoires
Dépôt des comptesNonOui (greffe du tribunal de commerce)

Liberté de décision totale

L'entrepreneur décide seul, sans consulter d'associé ni respecter de procédure de gouvernance. Cette autonomie accélère la prise de décision au quotidien.

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Inconvénients et limites à connaître

Une fiscalité qui peut peser

En entreprise en nom propre, les bénéfices sont soumis à l'impôt sur le revenu (IR) dans la catégorie correspondante (BIC, BNC ou BA). Le barème progressif de l'IR atteint 45 % au-delà de 177 106 € de revenu imposable. À cela s'ajoutent les cotisations sociales, calculées sur le bénéfice, dont le taux global avoisine 45 % pour un indépendant classique.

Depuis 2022, l'entrepreneur individuel peut opter pour l'impôt sur les sociétés (IS), ce qui lui permet de lisser sa fiscalité. Toutefois, cette option est irrévocable et entraîne des obligations comptables proches de celles d'une société.

Des limites structurelles pour grandir

  • Pas d'associé possible : l'EI est par définition unipersonnelle. Accueillir un partenaire impose de créer une société.
  • Pas de levée de fonds : sans capital social ni parts à céder, il est impossible d'ouvrir le capital à un investisseur.
  • Transmission difficile : l'EI ne se cède pas comme une société. Il faut vendre le fonds de commerce ou les actifs un par un, ce qui complexifie la valorisation.

Une protection patrimoniale encore imparfaite

La séparation des patrimoines instaurée en 2022 constitue un progrès. Elle ne couvre cependant pas toutes les situations. En cas de manquement grave, de fraude ou de renonciation à la séparation (exigée par certaines banques pour accorder un prêt), le patrimoine personnel redevient saisissable.

Nom propre ou société : comment choisir ?

Le choix entre entreprise en nom propre et société dépend de 4 critères opérationnels :

CritèreEI adaptée si…Société préférable si…
Chiffre d'affaires prévuInférieur à 77 700 € (services) ou 188 700 € (vente) en microSupérieur à ces seuils, ou croissance rapide visée
Nombre de fondateurs1 seul2 ou plus
Besoin de financementAutofinancement ou prêt bancaire personnelLevée de fonds, entrée d'investisseurs
Projet de cessionPas de revente envisagée à court termeCession ou transmission prévue

En résumé, l'EI convient à une activité solo, à faible risque, avec un chiffre d'affaires modéré. Dès que le projet implique des associés, des investisseurs ou une ambition de revente, la société (SARL, SAS, SASU) offre un cadre plus adapté.

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Protéger son patrimoine et sa fiscalité

Sécuriser ses biens personnels

Même avec la séparation automatique des patrimoines, 3 précautions restent utiles :

  1. Vérifier que la séparation est effective : tout entrepreneur immatriculé après le 15 mai 2022 en bénéficie automatiquement. Pour ceux immatriculés avant, elle ne s'applique qu'aux créances nées après cette date.
  2. Refuser la renonciation à la séparation sauf nécessité absolue. Certains établissements bancaires la demandent comme condition de prêt : il est possible de négocier une garantie alternative (nantissement, caution).
  3. Souscrire une assurance responsabilité civile professionnelle adaptée à l'activité, obligatoire dans certains secteurs (BTP, santé, conseil).

Optimiser la charge fiscale

L'entrepreneur individuel dispose de plusieurs leviers :

  • Régime micro : abattement forfaitaire sur le CA (34 % en BNC, 50 % en BIC services, 71 % en vente). Simple, mais sans déduction des charges réelles.
  • Régime réel : déduction des charges effectives (loyer, matériel, déplacements). Pertinent lorsque les charges dépassent l'abattement forfaitaire.
  • Option IS : taux à 15 % sur les 42 500 premiers euros de bénéfice, puis 25 %. Intéressant si l'entrepreneur réinvestit une part significative du résultat dans l'activité.

Le passage en société reste le levier le plus complet pour piloter la répartition entre rémunération et dividendes, et ainsi maîtriser le taux effectif d'imposition.

FAQ

Quelle est la différence entre entreprise individuelle et micro-entreprise ?

La micro-entreprise n'est pas une forme juridique distincte. C'est un régime fiscal et social simplifié de l'entreprise individuelle, accessible sous certains plafonds de chiffre d'affaires (188 700 € en vente, 77 700 € en services). Au-delà de ces seuils, l'entrepreneur bascule au régime réel.

L'entrepreneur en nom propre risque-t-il ses biens personnels ?

Depuis la loi du 14 février 2022, le patrimoine personnel est séparé du patrimoine professionnel de plein droit. Les créanciers professionnels ne peuvent saisir que les biens utiles à l'activité. Cette protection tombe en cas de fraude ou de renonciation volontaire signée par l'entrepreneur.

Peut-on passer d'une entreprise en nom propre à une société ?

Oui. L'entrepreneur peut apporter son fonds de commerce ou son activité à une société nouvellement créée (SARL, SAS). Cette opération nécessite un acte juridique d'apport, une évaluation des actifs et des formalités au greffe. Un avocat ou un expert-comptable peut accompagner cette transformation.

L'entreprise individuelle peut-elle opter pour l'impôt sur les sociétés ?

Depuis 2022, l'entrepreneur individuel peut opter pour l'IS. Cette option est irrévocable après 5 ans et impose une comptabilité d'engagement. Elle est pertinente lorsque le bénéfice dépasse 40 000 à 50 000 € et que l'entrepreneur souhaite réinvestir dans l'activité plutôt que se verser la totalité du résultat.

Combien coûte la création d'une entreprise en nom propre ?

L'immatriculation est gratuite pour les professions libérales et coûte environ 25 € pour une inscription au registre du commerce. Il n'y a ni capital social à déposer, ni frais de rédaction de statuts. Le coût total de démarrage reste inférieur à 50 € dans la plupart des cas.

Pour aller plus loin

Entrepreneur individuel (EI) : ce qu'il faut savoir - Service-Public.fr

Séparation des patrimoines professionnel et personnel de l'entrepreneur individuel - Service-Public.fr

Transformer une entreprise individuelle en société : les questions à se poser - Service-Public.fr

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