
Jullian Hoareau

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Cession de parts de SCI : procédure, agrément et fiscalité
Obtenir l'agrément des associés de la SCI
Rédiger et signer l'acte de cession
Rendre la cession opposable à la société
Enregistrement et droits de mutation à payer
Fiscalité des plus-values de cession de parts
Formalités finales et mise à jour des statuts
Vendre ou transmettre des parts d'une société civile immobilière (SCI) ne se résume pas à un simple accord entre vendeur et acheteur. La cession de parts de SCI obéit à un cadre légal précis : agrément des associés, formalisme de l'acte, opposabilité, fiscalité. Chaque étape conditionne la validité de l'opération. Ce guide détaille la procédure complète, de l'accord des associés à la mise à jour des statuts.
Dans une SCI, les parts sociales ne sont pas librement cessibles à des tiers. L'article 1861 du Code civil impose un agrément : le cédant doit obtenir le consentement des autres associés avant de céder ses parts à une personne extérieure à la société.
L'agrément s'applique par défaut à toute cession à un tiers. En revanche, les cessions entre associés ou au profit d'un ascendant ou descendant du cédant sont en principe libres, sauf clause contraire des statuts. Il convient donc de vérifier les statuts de la SCI avant toute démarche.
Le cédant notifie son projet de cession à la société et à chaque associé, par lettre recommandée avec accusé de réception ou par acte d'huissier. Cette notification précise l'identité du cessionnaire, le nombre de parts cédées et le prix proposé. Les associés disposent alors d'un délai de 6 mois pour se prononcer. L'agrément est acquis à l'unanimité des associés, sauf si les statuts prévoient une majorité différente.
| Situation | Agrément requis ? |
|---|---|
| Cession à un tiers extérieur | Oui (unanimité ou majorité statutaire) |
| Cession entre associés | Non, sauf clause statutaire contraire |
| Cession à un ascendant/descendant | Non, sauf clause statutaire contraire |
En cas de refus d'agrément, les associés disposent de 6 mois pour racheter les parts ou les faire racheter par un tiers agréé. Passé ce délai sans solution, le cédant peut procéder à la cession initialement projetée.
L'acte de cession constitue la preuve juridique du transfert de propriété des parts. Il doit être établi par écrit, sous forme d'acte sous seing privé ou d'acte notarié.
L'acte de cession de parts de SCI comporte :
Un acte notarié est recommandé lorsque la SCI détient des biens immobiliers de valeur, car il confère une force probante renforcée et simplifie les formalités de publicité foncière.
Structurer une cession de parts exige une rédaction rigoureuse pour éviter tout litige ultérieur entre associés.
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La signature de l'acte ne suffit pas. Pour que le cessionnaire soit reconnu comme associé par la SCI et par les tiers, la cession doit être rendue opposable.
L'article 1690 du Code civil prévoit 2 mécanismes :
En pratique, le dépôt au siège social reste la solution la plus courante. Le gérant signe un acte de dépôt et met à jour le registre des associés. Tant que cette formalité n'est pas accomplie, le cessionnaire ne peut ni voter en assemblée ni percevoir les bénéfices.
Toute cession de parts sociales de SCI doit être enregistrée auprès du service des impôts des entreprises (SIE) dans un délai d'un mois suivant la signature de l'acte.
Les droits d'enregistrement s'élèvent à 5 % du prix de cession, appliqués sur la totalité du montant. Aucun abattement n'est prévu, contrairement aux cessions de parts de SARL (abattement de 23 000 € proratisé).
| Élément | Détail |
|---|---|
| Taux des droits d'enregistrement | 5 % du prix de cession |
| Délai d'enregistrement | 1 mois après signature |
| Abattement applicable | Aucun |
| Redevable | L'acquéreur (sauf convention contraire) |
Pour une cession de parts valorisées à 100 000 €, les droits s'élèvent donc à 5 000 €. Cette charge incombe en principe au cessionnaire, sauf accord différent entre les parties.
La fiscalité d'une cession de parts de SCI comporte des spécificités que seul un conseil adapté permet d'anticiper.
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La plus-value réalisée lors de la cession est imposée selon le régime fiscal de la SCI et le profil du cédant.
Lorsque la SCI relève de l'IR (cas le plus fréquent), la plus-value est taxée selon le régime des plus-values immobilières des particuliers. Le taux forfaitaire est de 19 % auquel s'ajoutent les prélèvements sociaux de 17,2 %, soit un taux global de 36,2 %.
Des abattements pour durée de détention s'appliquent :
Si la SCI a opté pour l'IS, la plus-value est calculée selon le régime des plus-values mobilières. Elle est soumise au prélèvement forfaitaire unique (flat tax) de 30 % (12,8 % d'impôt + 17,2 % de prélèvements sociaux). Le cédant peut opter pour le barème progressif de l'IR s'il y trouve un avantage.
| Régime fiscal SCI | Taux d'imposition | Abattement durée de détention |
|---|---|---|
| IR (plus-values immobilières) | 36,2 % (19 % + 17,2 %) | Oui (exonération à 22/30 ans) |
| IS (plus-values mobilières) | 30 % (flat tax) | Non (sauf option barème) |
Une fois la cession enregistrée, plusieurs formalités administratives restent à accomplir pour finaliser l'opération.
Le gérant de la SCI est responsable de ces formalités. Le défaut de mise à jour des statuts n'invalide pas la cession, mais il crée une discordance entre la situation réelle et les documents officiels, source de difficultés en cas de contrôle ou de litige.
Sécuriser chaque étape de la cession protège les intérêts du cédant comme du cessionnaire.
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Oui. Un acte sous seing privé suffit juridiquement. Toutefois, le recours à un notaire est recommandé lorsque la SCI détient un patrimoine immobilier conséquent, car il sécurise l'acte et facilite la publicité foncière.
Les associés disposent de 6 mois à compter de la notification du projet de cession pour se prononcer. En l'absence de réponse dans ce délai, l'agrément est réputé acquis.
Par défaut, les droits d'enregistrement de 5 % sont à la charge du cessionnaire (acheteur). Les parties peuvent toutefois convenir d'une répartition différente dans l'acte de cession.
La plus-value correspond à la différence entre le prix de cession et le prix d'acquisition des parts, majoré des frais d'acquisition. Elle est ensuite réduite par les abattements pour durée de détention : exonération d'impôt après 22 ans et de prélèvements sociaux après 30 ans.
Oui. La modification de la répartition des parts entraîne une mise à jour des statuts, qui doit être publiée dans un journal d'annonces légales du département du siège social de la SCI.
Transmission d'entreprise : cession de parts sociales à un associé - Service-Public Entreprendre
Cessions de droits sociaux (articles 726 à 730 quinquies) - Légifrance
ENR - Régime fiscal des cessions de droits sociaux, modalités de taxation - BOFiP
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