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Qu'est-ce que la loi du 6 juillet 1989 (loi Mermaz-Malandain) ?
Champ d'application : quels baux relèvent de la loi 89 ?
Durée du bail : 3 ans personne physique, 6 ans personne morale
Obligations du bailleur : logement décent, entretien, diagnostics
Obligations du locataire : paiement du loyer, usage paisible, état des lieux
Dépôt de garantie : plafond, restitution et retenues légales
Congé, renouvellement et reconduction tacite du bail
Risques juridiques pour les bailleurs institutionnels et points de vigilance
La loi n° 89-462 du 6 juillet 1989, dite loi Mermaz-Malandain, constitue le texte de référence en matière de bail d'habitation loi 89. Elle régit les rapports entre bailleurs et locataires lorsque le logement loué sert de résidence principale au preneur. Adoptée pour rééquilibrer la relation contractuelle au profit du locataire, elle a été modifiée à plusieurs reprises, notamment par la loi ALUR du 24 mars 2014 et la loi ELAN du 23 novembre 2018.
Son caractère d'ordre public signifie qu'aucune clause du bail ne peut y déroger au détriment du locataire. L'article 2 de la loi dresse d'ailleurs une liste de clauses réputées non écrites : interdiction de posséder un animal domestique, pénalités en cas de retard de paiement du loyer, ou encore obligation pour le locataire de souscrire une assurance auprès d'un assureur désigné par le bailleur. Pour une direction juridique, cette dimension d'ordre public impose une relecture systématique des baux types utilisés en interne.
La loi 89 s'applique aux locations de locaux à usage d'habitation ou à usage mixte (habitation et professionnel) constituant la résidence principale du locataire. Est considéré comme résidence principale un logement occupé au moins 8 mois par an, sauf obligation professionnelle, raison de santé ou cas de force majeure (article 2 de la loi).
En revanche, plusieurs catégories de locations échappent à ce régime :
| Type de location | Régime applicable |
|---|---|
| Résidence principale (vide) | Loi 89-462 — bail de 3 ou 6 ans |
| Résidence principale (meublée) | Loi 89-462, titre Ier bis — bail de 1 an |
| Location saisonnière | Code civil + Code du tourisme |
| Logement de fonction | Code civil ou conventions collectives |
| Bail commercial | Code de commerce, articles L. 145-1 et suivants |
| Logement social (HLM) | Code de la construction et de l'habitation |
Cette distinction est déterminante pour les bailleurs institutionnels qui détiennent un patrimoine diversifié. Un logement loué en résidence secondaire ou en location touristique de courte durée ne relève pas de la loi 89, ce qui modifie radicalement les obligations contractuelles.
Lorsqu'un patrimoine immobilier comprend à la fois des baux d'habitation et des baux commerciaux, la sécurisation juridique de chaque contrat exige une expertise distincte.
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La durée minimale du bail d'habitation loi 89 dépend de la qualité du bailleur. L'article 10 de la loi fixe les règles suivantes :
Un bail conclu pour une durée inférieure est automatiquement porté à la durée légale. En pratique, cette distinction pénalise les véhicules d'investissement structurés sous forme sociétaire, car elle allonge la période pendant laquelle le bailleur ne peut pas reprendre le logement.
Exception notable : le bail peut être conclu pour une durée inférieure à 3 ans (minimum 1 an) lorsque le bailleur personne physique justifie d'un événement précis et déterminé obligeant la reprise du logement — mutation professionnelle, retraite, retour d'un membre de la famille. Cette dérogation, prévue à l'article 11, n'est pas ouverte aux personnes morales.
Le bailleur supporte 3 obligations principales, dont le non-respect peut entraîner la résiliation du bail à ses torts ou une réduction judiciaire du loyer.
Le logement doit satisfaire aux critères de décence définis par le décret n° 2002-120 du 30 janvier 2002 : surface habitable minimale de 9 m² avec une hauteur sous plafond de 2,20 m, absence de risque pour la sécurité physique, installations conformes (électricité, eau, chauffage). Depuis le 1er janvier 2023, le logement doit également respecter un seuil de performance énergétique de 450 kWh/m²/an en énergie finale (exclusion des passoires thermiques classées G+).
Le bailleur prend en charge les réparations autres que locatives : toiture, façade, remplacement de la chaudière, mise aux normes électriques. L'article 6 de la loi impose de maintenir le logement en état de servir à l'usage prévu pendant toute la durée du bail.
Le bailleur doit annexer au bail un ensemble de diagnostics obligatoires :
L'absence de DPE annexé au bail interdit au bailleur de se prévaloir de la clause d'exclusion de garantie des vices cachés et peut fonder une action en diminution du loyer.
Le locataire est tenu de 3 obligations symétriques.
Paiement du loyer et des charges aux termes convenus. Le défaut de paiement pendant 2 mois consécutifs permet au bailleur d'activer la clause résolutoire, sous réserve d'un commandement de payer resté infructueux pendant 6 semaines (délai porté de 2 à 6 semaines par la loi du 27 juillet 2023 visant à protéger les logements contre l'occupation illicite).
Usage paisible des lieux : le locataire doit respecter la destination du logement (habitation), ne pas le transformer sans accord du bailleur et répondre des dégradations causées par lui-même ou ses occupants.
État des lieux : un état des lieux contradictoire est établi à l'entrée et à la sortie. Il conditionne la restitution du dépôt de garantie. Depuis la loi ALUR, une grille de vétusté peut être annexée au bail pour objectiver l'usure normale du logement.
La gestion d'un parc locatif mixte — habitation et commercial — suppose une maîtrise fine des régimes juridiques distincts qui s'appliquent à chaque contrat.
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Le dépôt de garantie est plafonné à 1 mois de loyer hors charges pour les locations vides (article 22 de la loi). Pour les locations meublées, le plafond est de 2 mois.
Les règles de restitution sont strictes :
| Situation | Délai de restitution |
|---|---|
| État des lieux de sortie conforme à l'entrée | 1 mois après remise des clés |
| État des lieux de sortie non conforme | 2 mois après remise des clés |
| Dépassement du délai légal | Majoration de 10 % du loyer mensuel par mois de retard |
Les retenues doivent être justifiées par des documents (devis, factures, état des lieux comparatif). En copropriété, le bailleur peut conserver jusqu'à 20 % du dépôt de garantie dans l'attente de l'arrêté annuel des comptes de charges, avec régularisation dans le mois suivant l'approbation des comptes.
Pour un bailleur institutionnel gérant plusieurs centaines de lots, le respect systématique de ces délais représente un enjeu opérationnel direct : chaque retard génère une pénalité automatique, sans mise en demeure préalable.
Le locataire peut résilier le bail à tout moment, sous réserve d'un préavis de 3 mois (réduit à 1 mois en zone tendue, en cas de mutation professionnelle, de perte d'emploi, de nouvel emploi consécutif à une perte d'emploi, ou si le locataire est bénéficiaire du RSA ou de l'AAH). Le congé est notifié par lettre recommandée avec accusé de réception, acte d'huissier ou remise en main propre contre récépissé.
Le bailleur ne peut donner congé qu'à l'échéance du bail, avec un préavis de 6 mois, et exclusivement pour l'un des 3 motifs suivants :
Le motif de reprise n'est pas ouvert aux bailleurs personnes morales, sauf SCI familiale sous conditions. En pratique, un bailleur institutionnel ne dispose donc que de 2 motifs de congé : la vente et le motif légitime et sérieux.
À défaut de congé valablement délivré, le bail se reconduit tacitement pour la même durée (3 ou 6 ans). Le bailleur qui omet de notifier le congé dans les délais se trouve engagé pour une nouvelle période complète.
Les contentieux locatifs liés à la loi 89 se concentrent sur 4 points récurrents :
Pour les directions juridiques de bailleurs institutionnels, la sécurisation passe par l'audit régulier des baux en portefeuille, la mise à jour des modèles contractuels après chaque réforme législative et la formation des équipes de gestion locative aux contraintes de la loi 89.
Votre patrimoine immobilier inclut des locaux commerciaux ? La sécurisation de vos baux commerciaux relève d'un cadre juridique distinct qui nécessite un accompagnement spécialisé.
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Non. L'article 10 de la loi 89-462 impose une durée minimale de 6 ans lorsque le bailleur est une personne morale. Un bail conclu pour une durée inférieure est automatiquement porté à 6 ans par le juge.
Le bailleur doit fournir le DPE, le constat de risque d'exposition au plomb (logements d'avant 1949), l'état des risques et pollutions, le diagnostic amiante, les diagnostics électricité et gaz (installations de plus de 15 ans) et le diagnostic bruit en zone aéroportuaire.
Le dépôt de garantie doit être restitué dans un délai de 1 mois si l'état des lieux de sortie est conforme, ou de 2 mois en cas de différences constatées. Passé ce délai, une pénalité de 10 % du loyer mensuel par mois de retard s'applique automatiquement.
En principe, non. Le congé pour reprise est réservé aux bailleurs personnes physiques souhaitant occuper le logement ou y loger un proche. Les personnes morales ne peuvent donner congé qu'à l'échéance du bail, pour vente ou pour motif légitime et sérieux.
Oui, depuis la loi ALUR de 2014, les locations meublées constituant la résidence principale du locataire relèvent du titre Ier bis de la loi 89. Le bail est alors conclu pour une durée minimale de 1 an (9 mois pour un étudiant), avec un dépôt de garantie plafonné à 2 mois de loyer hors charges.
Loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 tendant à améliorer les rapports locatifs - Légifrance
Bail d’habitation : obligations du propriétaire (bailleur) - Service-Public.fr
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