
Jullian Hoareau

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1. Vente du local : le bail commercial se transmet
2. Article 1743 : conditions d'opposabilité du bail
3. L'avenant est-il obligatoire après la vente ?
4. Ce que l'avenant sécurise en pratique
5. Notification au locataire et coordonnées de paiement
6. Points de vigilance et checklist de la vente
Un investisseur rachète l'immeuble qui abrite vos locaux. La question d'un avenant au bail commercial lié au changement de propriétaire arrive aussitôt sur la table du directeur immobilier. Or la réponse juridique précède la négociation : la vente du local entraîne la substitution automatique du nouveau propriétaire dans l'ensemble des droits et obligations du bailleur, à compter du transfert de propriété.
L'acquéreur devient donc bailleur sans signer quoi que ce soit avec le locataire. Il reprend les obligations de délivrance, d'entretien et de jouissance paisible. Le locataire conserve de son côté la durée, le loyer et les clauses négociées avec le vendeur, car le changement de propriétaire en cours de bail ne porte pas atteinte à ses droits.
| Élément du bail | Effet de la vente |
|---|---|
| Identité du bailleur | Remplacée de plein droit par l'acquéreur |
| Durée restant à courir | Inchangée |
| Loyer et charges | Inchangés |
| Obligations du bailleur | Transférées intégralement (délivrance, entretien, jouissance paisible) |
| Coordonnées de paiement | À communiquer par le nouveau bailleur |
Cette continuité repose sur l'article 1743 du Code civil. Le texte prévoit que si le bailleur vend la chose louée, l'acquéreur ne peut expulser le preneur qui dispose d'un bail authentique ou dont la date est certaine. Un bail authentique est un bail reçu par notaire. La date certaine désigne une date rendue incontestable à l'égard des tiers, ce qui écarte toute discussion sur une antériorité reconstituée après coup.
La distinction est opérationnelle. Un bail sous seing privé sans date certaine fragilise la position du preneur face à l'acquéreur. À l'inverse, un bail notarié ou dont la date est certaine est opposable au nouveau propriétaire, qui ne peut que poursuivre la relation locative. En due diligence, la vérification de ce point précède donc toute discussion sur un avenant.
Vérifier l'opposabilité du bail avant la signature évite de découvrir une faille après le transfert de propriété.
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Non. La signature d'un avenant n'est pas obligatoire, puisque la substitution du bailleur opère par l'effet de la vente. Le bail commercial est régi par les articles L145-1 à L145-60 du Code de commerce, qui ne subordonnent pas la poursuite du contrat à un accord tripartite entre vendeur, acquéreur et locataire. Un locataire qui refuse de signer ne se place donc pas en défaut, et le nouveau bailleur reste fondé à percevoir les loyers.
L'avenant est en revanche recommandé, car il acte l'identité du nouveau bailleur et les coordonnées de paiement, deux informations qui commandent l'exécution quotidienne du bail. Il faut cependant le distinguer d'un avenant au bail commercial portant modification du loyer : le premier enregistre un changement de personne, le second modifie une condition financière et suppose l'accord exprès des deux parties.
L'intérêt de l'avenant est probatoire et opérationnel. Il fige par écrit ce que la loi transfère sans écrit, et supprime les zones grises qui alimentent les retards de paiement et les contentieux locatifs.
Aucune de ces mentions ne modifie l'économie du contrat. Elles rendent seulement exécutable une relation dont le titulaire a changé.
Un avenant rédigé sans cadrage peut rouvrir des clauses que les parties n'entendaient pas renégocier.
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La substitution légale ne dispense pas l'acquéreur de notifier formellement au locataire le changement de propriétaire. Tant que cette information n'est pas parvenue au preneur, celui-ci continue de payer entre les mains de l'ancien bailleur, et le suivi des encaissements se complique côté acquéreur.
La notification remplit trois fonctions. D'une part, elle fixe le moment à partir duquel les loyers sont réglés au nouveau bailleur. D'autre part, elle désigne l'interlocuteur auquel le locataire adresse ses demandes. Enfin, elle sécurise les échanges ultérieurs, notamment les mises en demeure et les demandes de travaux. La lettre recommandée avec accusé de réception reste la forme la plus sûre, car elle conserve une preuve de la réception.
Avenant et notification se complètent donc : l'un organise la relation, l'autre la rend effective auprès du locataire.
En amont de la cession, l'article L145-46-1 du Code de commerce impose au propriétaire qui envisage de vendre un local commercial d'en informer le locataire par lettre recommandée avec accusé de réception, en indiquant le prix et les conditions de la vente. Cette notification vaut offre de vente au profit du locataire.
| Étape | Délai applicable |
|---|---|
| Réponse du locataire à l'offre | 1 mois à compter de la réception |
| Réalisation de la vente après acceptation | 2 mois à compter de la réponse |
| Réalisation avec recours à un prêt | 4 mois, l'acceptation étant subordonnée à l'obtention du prêt |
| Vente à un prix ou à des conditions plus avantageux | Notification par le notaire, offre valable 1 mois à compter de la réception |
Ce dispositif connaît des exceptions : cession unique de plusieurs locaux d'un ensemble commercial, cession de locaux commerciaux distincts, cession à un copropriétaire, cession globale d'un immeuble comprenant des locaux commerciaux, cession au conjoint du bailleur ou à un ascendant ou descendant.
La vente d'un local occupé mobilise à la fois le droit des baux commerciaux et le droit de la vente immobilière.
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Non. La vente opère la substitution du bailleur de plein droit, sans accord requis du locataire. L'avenant reste recommandé pour acter l'identité du nouveau bailleur et les coordonnées de paiement.
Oui, car sa signature n'est pas une condition de la poursuite du bail. Ce refus ne suspend ni le paiement des loyers ni les obligations du nouveau bailleur. La notification formelle du changement de propriétaire suffit alors à organiser la relation.
Un modèle d'avenant au bail commercial pour modification du loyer répond à un besoin différent du simple constat de changement de bailleur. Il porte sur une condition financière et suppose l'accord des deux parties. Utiliser un document générique sans relire les clauses d'origine expose à des contradictions internes au contrat.
Pas unilatéralement. Il reprend le bail dans ses termes, y compris le loyer et les clauses de révision négociées avec le vendeur. Toute hausse hors des mécanismes prévus au contrat suppose un avenant signé par le locataire.
Le paiement effectué par un locataire qui n'a pas été informé du transfert est délicat à remettre en cause. C'est la raison pour laquelle la notification conditionne la régularité des encaissements. La régularisation entre ancien et nouveau bailleur relève ensuite de leur acte de vente.
Article 1743 du Code civil - vente de la chose louée et maintien du preneur - Légifrance
Article L145-46-1 du Code de commerce - droit de préférence du locataire - Légifrance
Chapitre V : Du bail commercial (articles L145-1 à L145-60) - Légifrance
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Avocat au Barreau de Paris (Toque L086), fondateur de SWIM LEGAL





