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Qu'est-ce qu'une position dominante sur un marché pertinent
Les trois conditions de qualification de l'abus
Pratiques typiques sanctionnées par l'article L. 420-2
Sanctions financières et pénales encourues par l'entreprise
Stratégies de défense face à l'Autorité de la concurrence
Prévenir le risque : audit et programme de conformité
L'abus de position dominante figure parmi les infractions les plus surveillées du droit de la concurrence français et européen. Pour comprendre l'abus de position dominante définition, il faut d'abord isoler la notion de position dominante elle-même.
Une entreprise détient une position dominante lorsqu'elle peut se comporter de manière indépendante vis-à-vis de ses concurrents, de ses fournisseurs et de ses clients. La Cour de justice de l'Union européenne a posé ce critère dès l'arrêt United Brands (1978). En droit français, l'article L. 420-2 du Code de commerce reprend cette logique sans fixer de seuil de parts de marché automatique.
L'Autorité de la concurrence délimite d'abord un marché pertinent, défini par un produit ou service substituable et une zone géographique cohérente. Elle examine ensuite plusieurs indices convergents :
| Indice | Exemple concret |
|---|---|
| Parts de marché élevées (souvent > 40-50 %) | Opérateur télécom détenant 55 % du marché mobile national |
| Barrières à l'entrée | Coûts de réseau, brevets, réglementation sectorielle |
| Absence de contre-pouvoir des acheteurs | Clients fragmentés, sans alternative crédible |
| Avance technologique durable | Contrôle d'une infrastructure essentielle (port, réseau) |
Détenir une position dominante est licite. Seul l'abus de position qui en découle tombe sous le coup de la loi.
La qualification d'un abus de position dominante au sens du Code de commerce exige la réunion de 3 conditions cumulatives. L'absence d'une seule suffit à écarter l'infraction.
L'Autorité de la concurrence doit prouver, par un faisceau d'indices, que l'entreprise dispose d'une puissance de marché suffisante pour agir indépendamment. Cette analyse repose sur les critères décrits ci-dessus.
Le comportement reproché doit s'écarter de la concurrence par les mérites. L'entreprise utilise sa puissance de marché pour fausser le jeu concurrentiel, soit en exploitant ses partenaires (abus d'exploitation), soit en évinçant ses concurrents (abus d'éviction).
L'Autorité n'a pas besoin de démontrer un dommage effectif. Un effet potentiel sur la structure du marché suffit, dès lors qu'il est établi par des éléments probants (documents internes, analyses économiques, témoignages de concurrents).
Qualifier un risque d'abus de position dominante suppose une analyse économique et juridique croisée, souvent sous pression de délais d'enquête.
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L'article L. 420-2 du Code de commerce ne dresse pas de liste exhaustive. Toutefois, la pratique décisionnelle française et européenne a dégagé plusieurs catégories récurrentes.
| Pratique | Secteur sanctionné (France) | Montant indicatif |
|---|---|---|
| Prix prédateurs | Transport maritime (2018) | 6,4 M€ |
| Remises exclusives | Téléphonie mobile (2015) | 350 M€ |
| Refus d'accès | Énergie (2017) | 100 M€ |
| Couplage | Logiciel (Commission UE, 2004) | 497 M€ |
Les sanctions en matière d'abus de position dominante se situent à 3 niveaux.
Sanctions administratives. L'Autorité de la concurrence peut prononcer une amende allant jusqu'à 10 % du chiffre d'affaires mondial hors taxes du groupe. Le montant est calculé selon la gravité des faits, la durée de l'infraction et la taille de l'entreprise. En 2020, Google a été condamné à 150 millions d'euros par l'Autorité française pour abus dans la publicité en ligne.
Sanctions civiles. Toute entreprise ou personne lésée peut engager une action en réparation devant le tribunal de commerce. Depuis la directive Damages (2014), transposée en droit français, les victimes bénéficient d'une présomption de préjudice lorsque l'infraction est établie par une décision définitive.
Sanctions pénales. L'article L. 420-6 du Code de commerce prévoit jusqu'à 4 ans d'emprisonnement et 75 000 euros d'amende pour les personnes physiques ayant pris une part personnelle et déterminante dans la pratique.
Face à une enquête sectorielle ou une notification de griefs, la réactivité de la défense conditionne l'issue de la procédure.
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Lorsqu'une entreprise reçoit une notification de griefs, plusieurs leviers de défense s'offrent à elle.
L'Autorité de la concurrence encourage les entreprises à mettre en place des programmes de conformité depuis son document-cadre de 2012, actualisé en 2023. Un programme crédible peut constituer une circonstance atténuante lors du calcul de la sanction.
Un programme efficace repose sur 5 piliers :
Structurer un programme de conformité concurrence nécessite une expertise croisée en droit de la concurrence et en organisation interne.
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La position dominante désigne la puissance de marché d'une entreprise capable d'agir indépendamment de ses concurrents. Elle est licite. L'abus de position dominante survient lorsque cette entreprise exploite sa puissance pour fausser la concurrence, par exemple via des prix prédateurs ou des remises exclusives. Seul l'abus est sanctionné par l'article L. 420-2 du Code de commerce.
L'Autorité de la concurrence peut infliger une amende allant jusqu'à 10 % du chiffre d'affaires mondial hors taxes consolidé de l'entreprise ou du groupe. Le montant effectif dépend de la gravité, de la durée de l'infraction et de la coopération de l'entreprise durant la procédure.
Oui. L'Autorité de la concurrence n'exige pas la preuve d'un dommage effectif. Un effet anticoncurrentiel potentiel suffit, dès lors qu'il est étayé par des éléments probants tels que des documents internes ou des analyses économiques.
Oui. L'article L. 464-2 du Code de commerce autorise l'entreprise à proposer des engagements correctifs à l'Autorité. Si celle-ci les accepte, elle clôt la procédure sans prononcer de sanction pécuniaire. Cette voie a été utilisée dans environ 30 % des affaires de concurrence en 2019.
L'Autorité de la concurrence reconnaît depuis 2012 qu'un programme de conformité crédible et effectif peut constituer une circonstance atténuante. En revanche, un programme purement formel, sans formation ni audit, n'a aucun effet sur le calcul de l'amende.
L'abus de position dominante - DGCCRF
L'appréciation de la sanction en matière de pratiques anticoncurrentielles - vie-publique.fr
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