Quand envoyer une mise en demeure au locataire
Un loyer impayé à l'échéance ne déclenche pas automatiquement la résiliation du bail commercial. Le bailleur doit d'abord adresser une mise en demeure formelle au locataire. Ce courrier constitue le point de départ de toute procédure de recouvrement et, le cas échéant, de résiliation.
En pratique, la mise en demeure pour loyers impayés s'envoie dès que le retard de paiement dépasse le délai de tolérance prévu au bail, ou à défaut, dès le premier mois d'impayé constaté. Attendre plusieurs trimestres affaiblit la position du bailleur : les tribunaux peuvent interpréter ce silence comme une tolérance tacite, ce qui complique ensuite l'activation de la clause résolutoire.
Le courrier doit être envoyé par lettre recommandée avec accusé de réception (LRAR). Cette formalité garantit la preuve de la date de réception, élément déterminant pour le calcul des délais légaux. Un simple e-mail ou courrier simple ne suffit pas à produire les effets juridiques attendus.
Identifier le bon moment
Trois situations justifient l'envoi immédiat :
- Loyer non réglé à l'échéance contractuelle sans explication du locataire
- Paiement partiel récurrent sans accord formalisé entre les parties
- Rejet de prélèvement ou chèque impayé constaté par la banque
Dans chaque cas, le bailleur a intérêt à agir vite. Selon les données publiées par Entreprendre.Service-Public.fr, les chances de recouvrement diminuent significativement au-delà de 90 jours d'impayé.
Le cadre juridique du bail commercial impayé
Le bail commercial est régi par les articles L145-1 et suivants du Code de commerce. En matière d'impayés, 2 textes encadrent la mise en demeure et ses conséquences.
L'article 1344 du Code civil pose le principe : le débiteur est mis en demeure par une sommation ou un acte équivalent portant interpellation suffisante. Concrètement, la lettre doit identifier clairement la dette, son montant et le délai accordé pour régulariser.
L'article L145-41 du Code de commerce prévoit que la clause résolutoire d'un bail commercial ne produit effet qu'un mois après un commandement de payer resté infructueux, délivré par huissier (commissaire de justice). La mise en demeure par LRAR ne déclenche pas directement la clause résolutoire, mais elle formalise la créance et prépare l'étape suivante.
| Étape | Acte | Effet juridique |
|---|---|---|
| 1 | Mise en demeure (LRAR) | Constate l'impayé, interpelle le locataire, fait courir les intérêts de retard |
| 2 | Commandement de payer (commissaire de justice) | Déclenche le délai d'un mois pour la clause résolutoire |
| 3 | Assignation en référé | Constatation de la résiliation et expulsion |
La mise en demeure n'est donc pas une formalité facultative. Elle constitue la première pièce du dossier contentieux et conditionne la crédibilité du bailleur devant le juge.
Structurer votre procédure de recouvrement dès la première échéance impayée réduit les risques de contestation.
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Les mentions obligatoires de la lettre
Une mise en demeure loyers impayés incomplète peut être contestée par le locataire. Pour produire ses effets, la lettre doit comporter plusieurs mentions précises.
Contenu requis
- Identification des parties : raison sociale, adresse du siège, numéro SIREN du bailleur et du locataire
- Référence du bail : date de signature, désignation des locaux, durée
- Décompte détaillé : montant du loyer, charges, taxes, période concernée, total dû
- Intérêts de retard : taux contractuel ou, à défaut, taux légal applicable
- Délai de régularisation : en général 8 à 15 jours, selon les usages
- Conséquences en cas de non-paiement : mention de la clause résolutoire du bail, recours au commandement de payer
Le modèle de mise en demeure que vous pouvez télécharger ci-dessus intègre l'ensemble de ces mentions sous forme de champs pré-remplis à personnaliser.
Précisions sur le décompte
Le décompte doit ventiler chaque poste : loyer hors taxes, provision pour charges, TVA le cas échéant. Un montant global sans détail expose le bailleur à une contestation sur le quantum de la dette.
Comment utiliser le modèle de mise en demeure
Le modèle téléchargeable est au format .docx. Il se complète en 4 étapes :
- Renseigner les coordonnées du bailleur et du locataire dans les champs prévus
- Compléter le décompte des sommes dues en précisant chaque échéance impayée
- Adapter le délai de régularisation selon les stipulations de votre bail
- Envoyer par LRAR et conserver une copie datée avec le justificatif d'envoi
Ce modèle couvre les situations courantes d'impayés de loyer en bail commercial. En revanche, il ne remplace pas un conseil juridique personnalisé dans les cas suivants : locataire en procédure collective, bail mixte (habitation et commercial), ou litige portant sur la validité du bail lui-même.
Un avocat en baux commerciaux peut adapter la mise en demeure à votre situation et anticiper la suite contentieuse.
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Erreurs à éviter et suites en cas de non-paiement
Les 5 erreurs fréquentes
| Erreur | Conséquence |
|---|---|
| Envoyer un simple e-mail au lieu d'une LRAR | Aucune valeur probante, délai non opposable |
| Omettre le décompte détaillé | Contestation possible du montant réclamé |
| Ne pas mentionner la clause résolutoire | Affaiblissement du dossier en cas de contentieux |
| Accorder un délai trop long (> 30 jours) | Retarde la procédure et aggrave l'impayé |
| Ne pas conserver la preuve d'envoi | Impossibilité de prouver la date de mise en demeure |
Que faire si le locataire ne paie pas ?
Si le locataire ne régularise pas dans le délai imparti, le bailleur dispose de 2 options principales :
- Faire délivrer un commandement de payer par un commissaire de justice. Ce commandement ouvre le délai d'un mois prévu par l'article L145-41 du Code de commerce pour activer la clause résolutoire.
- Engager une procédure de recouvrement amiable ou judiciaire, selon le montant en jeu et la solvabilité du locataire.
Dans les 2 cas, la mise en demeure préalable constitue une pièce indispensable du dossier. Sans elle, le juge peut considérer que le bailleur n'a pas respecté l'obligation d'interpellation préalable prévue par le Code civil.
















