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Qu'est-ce que le statut VDI (vendeur à domicile indépendant) ?
Régime social du VDI : affiliation à la Sécurité sociale et droits couverts
Cotisations URSSAF du VDI : calcul sur base forfaitaire et seuils 2026
Quand le VDI est-il exonéré de cotisations URSSAF ?
Déclaration d'activité au CFE URSSAF : délai et démarches
Le rôle de l'entreprise mandante dans la déclaration DSN
Fiscalité du VDI : BIC, BNC, micro-fiscal et impôt sur le revenu
VDI vs micro-entrepreneur : quel statut choisir pour la vente à domicile ?
Le statut VDI URSSAF désigne un cadre juridique créé pour encadrer la vente directe de produits ou de services au domicile de particuliers. Ce statut est défini par les articles L. 135-1 à L. 135-3 du Code de commerce. Il concerne toute personne physique qui distribue des biens ou services pour le compte d'une entreprise, sans lien de subordination salarié.
Le VDI exerce sous l'un des 3 statuts civils suivants : mandataire, acheteur-revendeur ou courtier. Le mandataire prend des commandes pour le compte de l'entreprise et perçoit une commission. L'acheteur-revendeur achète les produits à l'entreprise puis les revend avec une marge. Le courtier met en relation le client et l'entreprise sans détenir de stock.
Ce statut se distingue du salariat par l'absence de lien de subordination. Le VDI organise librement son activité : horaires, prospection, méthodes de vente. En contrepartie, il ne bénéficie ni du Code du travail, ni de l'assurance chômage. En France, la Fédération de la Vente Directe (FVD) estimait en 2023 que le secteur comptait environ 700 000 vendeurs indépendants, pour un chiffre d'affaires de 4,7 milliards d'euros.
Pour un directeur financier d'une entreprise mandante, la qualification correcte du statut VDI conditionne le traitement social et fiscal de la rémunération versée. Une requalification en salariat par l'URSSAF entraîne un redressement de cotisations patronales et salariales, majoré de pénalités.
Le VDI est affilié au régime général de la Sécurité sociale, et non au régime des travailleurs indépendants (SSI). Cette affiliation découle de l'article L. 311-3, 20° du Code de la sécurité sociale. Concrètement, le VDI est considéré comme un assuré social assimilé salarié pour le calcul et le versement des cotisations.
Cette affiliation ouvre droit aux prestations suivantes :
En revanche, le VDI ne cotise pas à l'assurance chômage. Il ne peut donc pas percevoir d'allocation de retour à l'emploi (ARE) au titre de cette activité. De même, la retraite complémentaire n'est pas couverte par le régime VDI. Aucune cotisation AGIRC-ARRCO n'est prélevée. Le VDI qui souhaite se constituer une retraite complémentaire doit souscrire un contrat individuel (PER, Madelin ou assurance-vie).
| Droit social | Couvert par le statut VDI | Non couvert |
|---|---|---|
| Assurance maladie | ✅ Oui | — |
| Retraite de base | ✅ Oui | — |
| Allocations familiales | ✅ Oui | — |
| Assurance chômage | — | ❌ Non |
| Retraite complémentaire | — | ❌ Non |
| Accidents du travail | ✅ Oui (cotisation spécifique) | — |
Le régime social du VDI présente des lacunes en matière de protection (chômage, retraite complémentaire). Structurer juridiquement l'activité dès le départ permet d'anticiper ces limites.
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Les cotisations URSSAF du VDI ne sont pas calculées sur le revenu réel, mais sur une assiette forfaitaire. Ce mécanisme, prévu par l'arrêté du 31 mai 2001, simplifie le traitement pour l'entreprise mandante qui déclare et verse les cotisations.
L'assiette forfaitaire est déterminée par tranches de rémunération brute trimestrielle. Chaque tranche correspond à un pourcentage du plafond de la Sécurité sociale (PASS). En 2025, le PASS mensuel s'élève à 3 925 €, soit 11 775 € par trimestre. Les seuils 2026 seront revalorisés en fonction de l'évolution du PASS, habituellement publiée en décembre de l'année précédente.
| Rémunération brute trimestrielle | Assiette forfaitaire de cotisations |
|---|---|
| Inférieure à 670 € | Exonération totale |
| De 670 € à 1 999 € | 845 € (environ 7 % du PASS trimestriel) |
| De 2 000 € à 4 099 € | 2 360 € (environ 20 % du PASS trimestriel) |
| De 4 100 € à 5 899 € | 3 540 € (environ 30 % du PASS trimestriel) |
| 5 900 € et plus | Assiette réelle (sortie du forfait) |
Les cotisations calculées sur cette assiette couvrent : l'assurance maladie, l'assurance vieillesse de base, les allocations familiales, la CSG et la CRDS. Le taux global applicable avoisine 45 % de l'assiette forfaitaire (part patronale et salariale cumulées).
Pour le DAF de l'entreprise mandante, ce mécanisme forfaitaire réduit la complexité de paie. Toutefois, lorsque la rémunération trimestrielle dépasse le seuil supérieur (5 900 € en 2025), le calcul bascule sur l'assiette réelle, ce qui augmente la charge sociale.
L'exonération de cotisations URSSAF s'applique lorsque la rémunération brute trimestrielle du VDI reste inférieure à 670 € (seuil 2025). Ce seuil correspond à environ 17 % du SMIC trimestriel brut. En dessous de ce montant, aucune cotisation sociale n'est due, ni par le VDI, ni par l'entreprise mandante.
Cette exonération concerne l'ensemble des cotisations : maladie, vieillesse, allocations familiales, CSG et CRDS. En contrepartie, le VDI exonéré ne valide aucun trimestre de retraite et n'acquiert aucun droit à indemnités journalières au titre de cette activité.
En pratique, cette situation concerne les VDI exerçant à temps très partiel ou en début d'activité. Selon les données de la FVD, environ 60 % des vendeurs à domicile perçoivent moins de 500 € par trimestre. La majorité des VDI se situe donc dans cette tranche d'exonération.
Pour l'entreprise mandante, l'exonération simplifie le traitement administratif. Toutefois, elle ne dispense pas de la déclaration DSN : le VDI doit figurer dans les flux déclaratifs même en l'absence de cotisations dues.
Lorsque l'activité VDI dépasse les seuils d'exonération, la question du passage à un statut juridique plus structuré se pose.
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Toute personne débutant une activité de VDI doit effectuer une déclaration d'activité auprès du CFE (Centre de Formalités des Entreprises) de l'URSSAF dans un délai de 15 jours suivant le début de l'activité. Cette obligation est prévue par l'article R. 311-1 du Code de la sécurité sociale.
Le non-respect du délai de 15 jours expose le VDI à une régularisation rétroactive des cotisations et à d'éventuelles pénalités de retard. Pour l'entreprise mandante, l'absence de numéro SIRET du VDI complique la déclaration DSN et peut entraîner des rejets de flux.
L'entreprise mandante assume l'intégralité des obligations déclaratives et de paiement des cotisations sociales du VDI. Elle agit comme un employeur au sens de la DSN (Déclaration Sociale Nominative), le flux dématérialisé mensuel transmis à l'URSSAF.
Concrètement, l'entreprise mandante doit :
Le DAF de l'entreprise mandante doit intégrer ces flux dans le paramétrage du logiciel de paie. Les VDI ne figurent pas sur les bulletins de salaire classiques : ils font l'objet d'un traitement spécifique dans la DSN, avec un code type de personnel dédié (CTP).
En cas d'erreur de déclaration ou de sous-estimation de l'assiette, l'URSSAF peut procéder à un redressement portant sur les 3 dernières années. Le montant moyen d'un redressement URSSAF en France s'élevait à 28 000 € en 2023 selon le rapport d'activité de l'ACOSS.
Le traitement fiscal du VDI dépend de la nature de son activité :
| Type de VDI | Catégorie fiscale | Régime micro applicable | Abattement forfaitaire | Plafond CA micro (2025) |
|---|---|---|---|---|
| Acheteur-revendeur | BIC | Micro-BIC | 71 % | 188 700 € |
| Mandataire | BNC | Micro-BNC | 34 % | 77 700 € |
| Courtier | BNC | Micro-BNC | 34 % | 77 700 € |
Le VDI déclare ses revenus sur sa déclaration d'impôt sur le revenu (formulaire 2042 C PRO). Il peut opter pour le versement libératoire de l'impôt sur le revenu si son revenu fiscal de référence de l'année N-2 ne dépasse pas 27 478 € par part de quotient familial (seuil 2025).
En pratique, la plupart des VDI relèvent du régime micro grâce à des chiffres d'affaires modestes. Lorsque l'activité se développe au-delà des plafonds, le passage au régime réel ou la création d'une structure juridique dédiée devient pertinent.
Lorsque le chiffre d'affaires dépasse les seuils du régime micro, la création d'une société permet d'optimiser la fiscalité et la protection sociale.
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Le choix entre le statut VDI et le statut de micro-entrepreneur dépend du volume d'activité, du niveau de protection sociale souhaité et de la relation avec l'entreprise de vente directe.
| Critère | VDI | Micro-entrepreneur |
|---|---|---|
| Affiliation sociale | Régime général (assimilé salarié) | SSI (Sécurité sociale des indépendants) |
| Calcul des cotisations | Forfaitaire, par l'entreprise mandante | Pourcentage du CA réel (12,3 % ou 21,2 %) |
| Qui déclare et paie les cotisations | L'entreprise mandante | Le micro-entrepreneur lui-même |
| Assurance chômage | Non | Non |
| Retraite complémentaire | Non | Oui (SSI) |
| Plafond de CA | Pas de plafond légal VDI, mais bascule vers assiette réelle | 188 700 € (vente) / 77 700 € (services) |
| Immatriculation | CFE URSSAF sous 15 jours | Guichet unique |
| Obligation comptable | Aucune (régime micro) | Livre des recettes |
Le statut VDI convient aux personnes qui débutent dans la vente directe avec un volume modeste, car l'entreprise mandante gère l'ensemble des obligations sociales. Le micro-entrepreneur conserve davantage d'autonomie administrative et cotise à la retraite complémentaire via le SSI.
Lorsque le VDI dépasse durablement 19 000 € de revenus annuels nets (soit environ 4 trimestres consécutifs au-dessus du seuil de 5 900 € trimestriels), la bascule vers le statut de micro-entrepreneur ou la création d'une société (EURL, SASU) mérite une analyse comparative approfondie. Le choix impacte directement le coût social global, la couverture retraite et la fiscalité applicable.
Pour les VDI dont l'activité se pérennise, la structuration en société offre une meilleure protection et une optimisation fiscale durable.
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Oui. Le VDI doit déclarer son activité au CFE de l'URSSAF dans les 15 jours suivant le début de son activité. Cette démarche lui permet d'obtenir un numéro SIRET. En revanche, c'est l'entreprise mandante qui calcule, déclare et verse les cotisations sociales via la DSN.
Les cotisations sont calculées sur une assiette forfaitaire, déterminée par tranches de rémunération brute trimestrielle. L'entreprise mandante applique le barème en vigueur et verse les cotisations à l'URSSAF. Au-delà de 5 900 € par trimestre (seuil 2025), le calcul bascule sur l'assiette réelle.
Non. Le statut VDI ne donne pas droit à l'assurance chômage. Le VDI n'est pas salarié et ne cotise pas à Pôle emploi (France Travail). En cas d'arrêt d'activité, il ne perçoit aucune allocation de retour à l'emploi au titre de cette activité.
Le VDI mandataire relève des BNC (bénéfices non commerciaux) avec un abattement micro de 34 %. Le VDI acheteur-revendeur relève des BIC (bénéfices industriels et commerciaux) avec un abattement micro de 71 %. Cette distinction impacte directement le montant de l'impôt sur le revenu.
Lorsque la rémunération trimestrielle dépasse régulièrement 5 900 € (soit environ 24 000 € annuels), le VDI sort du régime forfaitaire et supporte des cotisations sur l'assiette réelle. À ce niveau d'activité, la création d'une EURL ou d'une SASU permet d'optimiser la charge sociale et d'accéder à une retraite complémentaire.
Le vendeur à domicile - URSSAF
Devenir vendeur à domicile indépendant (VDI) - Service-Public.fr
Articles L135-1 à L135-3 du Code de commerce (statut VDI) - Légifrance
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