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Scission totale, scission partielle et apport partiel d'actif : quelles différences ?
Pourquoi engager une scission ? Motivations stratégiques et création de valeur pour les actionnaires
Les étapes clés de la procédure de scission : du projet au traité de scission
Rôle du commissaire à la scission et protection des créanciers
Régime fiscal de la scission : neutralité fiscale et conditions d'éligibilité
Avantages, risques et points de vigilance pour le dirigeant
FAQ : questions fréquentes sur la scission de société
La scission de société désigne l'opération par laquelle une société transmet la totalité de son patrimoine — actif et passif — à au moins 2 sociétés, existantes ou créées à cette occasion. La société scindée est dissoute de plein droit, sans passer par une procédure de liquidation. Les associés de la société scindée reçoivent en contrepartie des titres émis par les sociétés bénéficiaires.
Ce mécanisme est encadré par les articles L236-1 et suivants du Code de commerce. L'article L236-1 pose le principe : la scission est assimilée à une fusion et suit les mêmes règles de procédure. L'article L236-3 précise que chaque société bénéficiaire n'est tenue des obligations de la société scindée qu'à hauteur de l'actif net qui lui est attribué, sauf clause de solidarité prévue dans le traité de scission.
En pratique, la scission est utilisée lorsqu'un groupe souhaite séparer des activités distinctes portées par une même entité juridique. Elle permet d'isoler chaque activité dans une structure dédiée, avec son propre bilan, sa propre gouvernance et ses propres actionnaires.
La distinction entre ces 3 opérations repose sur 2 critères : le périmètre du patrimoine transmis et le sort de la société d'origine.
| Critère | Scission totale | Scission partielle | Apport partiel d'actif |
|---|---|---|---|
| Patrimoine transmis | Totalité | Totalité (vers 2+ sociétés) | Une branche d'activité |
| Dissolution de la société d'origine | Oui | Oui | Non |
| Contrepartie pour les associés | Titres des sociétés bénéficiaires | Titres des sociétés bénéficiaires | Titres reçus par la société apporteuse |
| Cadre juridique | Art. L236-1 et s. C. com. | Art. L236-1 et s. C. com. | Art. L236-22 C. com. |
La scission totale implique la disparition de la société d'origine. L'apport partiel d'actif, à l'inverse, maintient la société apporteuse en vie : elle transfère une branche complète d'activité à une autre société et reçoit en échange des titres. L'apport partiel d'actif peut être soumis au régime des scissions (article L236-22 du Code de commerce), ce qui lui confère les mêmes protections procédurales.
Pour un dirigeant, le choix entre ces véhicules dépend de l'objectif poursuivi. Si l'enjeu est de séparer 2 activités tout en conservant une entité chapeau, l'apport partiel d'actif est souvent préféré. Si l'objectif est de créer 2 entités totalement autonomes sans structure résiduelle, la scission s'impose.
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Les dirigeants engagent une scission pour répondre à des objectifs précis de gestion et de stratégie. Voici les motivations les plus fréquentes :
La création de valeur repose sur un principe simple : chaque entité issue de la scission dispose d'un profil de risque et de croissance identifiable, ce qui facilite l'accès au financement et la prise de décision stratégique.
La procédure de scission suit un calendrier réglementé, calqué sur celui des fusions. Elle comporte 6 étapes principales :
Chaque étape de la procédure de scission engage la responsabilité du dirigeant et nécessite une coordination juridique rigoureuse.
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Le commissaire à la scission est un professionnel indépendant — commissaire aux comptes ou expert inscrit — désigné par le tribunal de commerce. Sa mission porte sur 2 volets :
La protection des créanciers repose sur 2 mécanismes :
| Mécanisme | Fonctionnement |
|---|---|
| Droit d'opposition | Les créanciers dont la créance est antérieure à la publicité du projet peuvent former opposition dans un délai de 30 jours. Le tribunal peut ordonner le remboursement ou la constitution de garanties. |
| Solidarité légale | Chaque société bénéficiaire est solidairement responsable des obligations de la société scindée, dans la limite de l'actif net qui lui a été attribué (art. L236-21 C. com.). Le traité de scission peut étendre cette solidarité. |
Pour le dirigeant, ces mécanismes impliquent d'anticiper la cartographie des créanciers et de provisionner le risque d'opposition, qui peut retarder l'opération de plusieurs semaines.
Le régime fiscal de la scission est défini par l'article 210 A du Code général des impôts (CGI). Ce régime de faveur permet de réaliser l'opération en neutralité fiscale, c'est-à-dire sans imposition immédiate des plus-values latentes sur les actifs transmis.
Les conditions d'éligibilité sont cumulatives :
En l'absence de respect de ces conditions, l'opération relève du régime de droit commun : les plus-values sont imposées au taux normal de l'impôt sur les sociétés (25 % en 2024). Les droits d'enregistrement s'appliquent également sur les mutations d'actifs.
Le choix du régime fiscal conditionne la rentabilité de l'opération. Un dirigeant qui envisage une scission doit vérifier, dès la phase de projet, que la structure de l'opération respecte l'ensemble des conditions du régime de faveur.
La structuration fiscale d'une scission conditionne directement le coût de l'opération pour les actionnaires.
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Avantages opérationnels :
Risques à anticiper :
Le dirigeant doit documenter les motivations économiques de la scission dès le stade du projet, afin de sécuriser le bénéfice du régime de neutralité fiscale.
La fusion réunit le patrimoine de 2 ou plusieurs sociétés au sein d'une seule entité (existante ou nouvelle). La scission produit l'effet inverse : elle divise le patrimoine d'une société entre au moins 2 entités distinctes. Dans les 2 cas, la société qui disparaît est dissoute sans liquidation, et les associés reçoivent des titres en contrepartie.
Oui. En application de l'article L1224-1 du Code du travail, les contrats de travail rattachés à l'activité transférée sont automatiquement repris par la société bénéficiaire. Les salariés conservent leur ancienneté, leur rémunération et leurs droits acquis. Le dirigeant doit informer et consulter le comité social et économique (CSE) avant la réalisation de l'opération.
L'intervention du commissaire à la scission est en principe obligatoire (article L236-10 du Code de commerce). Toutefois, les associés de toutes les sociétés concernées peuvent y renoncer à l'unanimité. Cette dispense est rare en pratique, car le rapport du commissaire sécurise la parité d'échange et protège les associés minoritaires.
Le calendrier moyen se situe entre 3 et 6 mois. Le délai dépend de la complexité du patrimoine à répartir, du nombre de créanciers susceptibles de former opposition et de la disponibilité du commissaire à la scission. Le délai incompressible de 30 jours entre la publicité du projet et le vote en assemblée constitue le plancher réglementaire.
La scission est accessible à toute forme de société commerciale (SA, SAS, SARL). Elle est utilisée par des PME, notamment pour séparer une activité immobilière d'une activité d'exploitation, ou pour préparer la transmission d'une branche à un repreneur. Le coût et la lourdeur procédurale doivent toutefois être mis en balance avec l'objectif poursuivi : pour les structures de petite taille, l'apport partiel d'actif peut constituer une alternative moins coûteuse.
Section 2 : De la scission (Articles L236-18 à L236-26) - Légifrance
IS - Fusions et opérations assimilées - Scissions et apports partiels d'actifs - BOFIP Impôts
Causes de dissolution d'une société - Service-Public Entreprendre
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