
Jullian Hoareau

Accédez en -24h à un avocat d'affaires sélectionné parmi les meilleurs, à des honoraires maîtrisés.
1. Gérant de SARL, président de SAS : deux mandats distincts
2. Pouvoirs du gérant de SARL face aux associés
3. Statut social : gérant majoritaire, minoritaire ou assimilé salarié
4. Responsabilité civile et pénale du dirigeant de SARL
5. Nommer un président dans une SARL : ce qui est possible
6. Choisir entre SARL et SAS selon le dirigeant
La question SARL, gérant ou président se tranche dès les statuts : dans une société à responsabilité limitée (SARL), le représentant légal s'appelle gérant. Le titre de président est réservé à la société par actions simplifiée (SAS) et à la société anonyme.
La distinction n'est pas cosmétique. Le gérant, nommé par les statuts ou par décision des associés, est nécessairement une personne physique, quand le président de SAS peut être une société. Ses pouvoirs sont fixés par la loi, ceux du président par les statuts.
Une signature en qualité de « président » n'annule pas l'acte, les tiers se fiant au registre du commerce. Elle offre en revanche un argument de contestation et signale une gouvernance approximative en audit.
Le titre du dirigeant et les règles de décision entre associés se fixent dans les statuts.
Cadrer la gouvernance entre associés
Les pouvoirs du gérant se lisent sur 2 plans. Envers les tiers, il engage la société par tout acte entrant dans l'objet social, les clauses statutaires limitant ses attributions leur restant inopposables. En interne, il en répond devant les associés, qui peuvent le révoquer. Certaines décisions relèvent de la collectivité des associés.
| Décision | Qui décide | Condition de majorité |
|---|---|---|
| Actes de gestion courante | Gérant seul | Aucune |
| Approbation des comptes annuels | Associés, dans les 6 mois de la clôture | Majorité des parts sociales |
| Modification des statuts | Associés | Majorité renforcée fixée par la loi |
| Cession de parts à un tiers | Associés | Agrément à la majorité des associés représentant au moins la moitié des parts |
| Révocation du gérant | Associés | Majorité des parts, avec juste motif |
Une révocation sans juste motif ouvre droit à des dommages et intérêts, sans priver la décision d'effet. Les conventions entre la société et son gérant sont soumises au contrôle des associés, sous peine d'engager sa responsabilité.
Le statut social ne dépend pas du titre, mais du nombre de parts détenues. Le seuil additionne les parts du gérant, de son conjoint ou partenaire de PACS et de ses enfants mineurs. En cogérance, les parts de tous les cogérants s'additionnent.
| Situation | Régime social | Assurance chômage |
|---|---|---|
| Gérant détenant plus de la moitié des parts | Travailleur non salarié, sécurité sociale des indépendants | Non |
| Gérant détenant la moitié des parts ou moins, rémunéré | Assimilé salarié, régime général | Non |
| Gérant non rémunéré | Aucune affiliation au titre du mandat | Non |
Le gérant majoritaire supporte des cotisations plus faibles qu'un assimilé salarié pour un même revenu net, en contrepartie d'une protection sociale moins étendue. Il reste redevable de cotisations minimales même sans rémunération. Une cession de parts suffit à le faire basculer au régime général.
Une cession de parts modifie les équilibres de vote et le statut social du dirigeant.
Anticiper l'impact d'une cession de parts
La responsabilité limitée protège les associés à hauteur de leurs apports, pas le dirigeant : il répond personnellement de ses fautes de gestion, décision contre l'intérêt social, manquement aux statuts, défaut de surveillance comptable.
Envers un tiers, il n'est engagé personnellement qu'en cas de faute détachable de ses fonctions, une faute intentionnelle d'une gravité particulière, incompatible avec l'exercice normal du mandat. Les tribunaux l'appliquent strictement.
En liquidation judiciaire, le tribunal peut condamner le dirigeant à supporter tout ou partie de l'insuffisance d'actif lorsqu'une faute de gestion y a contribué, la simple négligence étant écartée. S'y ajoutent des interdictions de gérer et, au pénal, l'abus de biens sociaux.
Une SARL ne peut pas se doter d'un président au sens juridique. Trois options existent.
Une délégation de pouvoirs écrite reste possible pour confier un périmètre défini à un salarié compétent et doté des moyens nécessaires.
Cogérance, délégation ou transformation : chaque option redéfinit qui engage la société.
Structurer les rôles des dirigeants
Le choix se joue sur 3 arbitrages. Le coût social : la gérance majoritaire allège les charges, la présidence de SAS ouvre une protection plus large. La souplesse : la SAS aménage librement direction, droits de vote et entrée au capital, quand la SARL applique un cadre légal rigide. L'ouverture du capital : la SAS reste la forme attendue par les investisseurs.
La SARL garde l'avantage lorsque le dirigeant détient la majorité et n'envisage pas de levée de fonds.
Non. Le représentant légal d'une SARL est le gérant. Le mot président peut servir de titre d'usage en communication, mais il n'a aucune valeur juridique et ne doit pas figurer sur les actes signés au nom de la société.
Le gérant dirige une SARL selon des pouvoirs fixés par la loi. Le président dirige une SAS selon des pouvoirs organisés par les statuts. Le président peut être une personne morale, le gérant non.
Non au titre de son mandat. Le gérant minoritaire ou égalitaire rémunéré est assimilé salarié et relève du régime général, sans assurance chômage. Un contrat de travail distinct reste possible pour des fonctions techniques réellement exercées.
L'acte reste valable, car les tiers se réfèrent au registre du commerce. Le risque est contentieux : un cocontractant peut soulever une contestation, et l'anomalie est relevée lors des audits juridiques préalables à une opération.
En transformant la SARL en SAS, par une décision des associés et une modification des statuts. L'opération change le statut social du dirigeant, la fiscalité des cessions de titres et les règles de fonctionnement de la société.
Article L223-18 - Code de commerce - Légifrance
Société à responsabilité limitée (SARL) : ce qu'il faut savoir - Service-Public Entreprendre
Le statut du dirigeant - Urssaf
SWIM LEGAL est une alternative au cabinet d'avocats traditionnel pour les besoins juridiques des entreprises. Incubé par le Barreau de Paris, SWIM a reçu le Prix de l'Innovation pour sa solution permettant à toute entreprise, quelle que soit sa taille ou sa localisation, d'accéder rapidement via la plateforme à des avocats d'affaires expérimentés. Les entreprises peuvent déposer leur besoin — qu'il s'agisse d'un dossier, d'une consultation ou d'un renfort temporaire — de manière confidentielle et recevoir des propositions d'avocats pour répondre rapidement à leur demande.
Avocat au Barreau de Paris (Toque L086), fondateur de SWIM LEGAL
Besoin d'un juriste freelance, d'un conseil ou d'aide sur un litige ?





