
Jullian Hoareau

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1. Ce que recouvre vraiment une levée de fonds
2. Préparer le dossier : due diligence et documentation
3. Term sheet : les clauses qui engagent dès la signature
4. Dilution, ESOP et liquidation préférentielle : lire les chiffres
5. Pacte d'associés : gouvernance, sortie, clauses de leaver
6. Closing et suites : garanties, formalités, engagements post-opération
Une levée de fonds consiste à émettre de nouveaux titres au profit d'investisseurs, en échange d'apports en numéraire. Le capital existant n'est pas vendu : il est dilué. Le fondateur conserve le même nombre d'actions, mais celles-ci représentent une part plus faible d'un ensemble élargi.
Deux valorisations encadrent l'opération. La valorisation pre-money correspond à la valeur retenue avant l'entrée des fonds ; la valorisation post-money y ajoute le montant investi. Le pourcentage cédé se calcule sur la seconde.
L'opération porte aussi sur des droits. En contrepartie de leur risque, les investisseurs obtiennent des droits financiers prioritaires, des droits d'information et des droits de véto sur certaines décisions. Ces droits, et non le prix, expliquent l'écart entre la part théorique du fondateur et sa marge de manœuvre réelle.
La due diligence est l'examen du dossier par les investisseurs et leurs conseils, avant engagement. Elle couvre le juridique, le fiscal, le social et la propriété intellectuelle.
Trois points bloquent le plus souvent :
Un dossier incomplet ne fait pas échouer l'opération, il déplace le rapport de force : chaque faille se traduit par une garantie renforcée ou une décote.
Une due diligence préparée en amont réduit le temps de négociation et le nombre de concessions arrachées en fin de parcours.
Préparer sa levée avec un avocat spécialisé
La term sheet, ou lettre d'intention, résume les conditions de l'investissement. La plupart de ses stipulations ne sont pas contraignantes, sauf l'exclusivité et la confidentialité. En pratique, revenir dessus après signature coûte cher en crédibilité.
| Clause | Ce qu'elle organise | Point d'attention |
|---|---|---|
| Liquidation préférentielle | L'ordre de paiement en cas de vente | Préférence simple ou multiple, participative ou non |
| Anti-dilution (ratchet) | La protection du prix payé si un tour futur est plus bas | Méthode de calcul retenue |
| Droits de véto | Les décisions soumises à accord des investisseurs | Périmètre et seuils |
| Exclusivité | L'interdiction de négocier ailleurs | Durée et point de départ |
Chaque ligne se discute à ce stade. Ensuite, la documentation définitive ne fait que traduire ces arbitrages.
La dilution se calcule, elle ne s'estime pas. Un tour de 2 millions d'euros sur une valorisation post-money de 10 millions d'euros cède 20 % du capital. Si un ESOP, plan d'actions réservé aux salariés, de 10 % est créé avant l'opération, il se prélève sur la part des fondateurs.
| Étape | Part des fondateurs |
|---|---|
| Avant opération | 100 % |
| Après ESOP de 10 % | 90 % |
| Après tour de 20 % | 72 % |
La liquidation préférentielle agit ensuite sur le produit de la vente. Une préférence de 1x non participative rend à l'investisseur son investissement, puis le solde se partage au prorata ; une préférence participative lui rend sa mise et le laisse participer au partage du solde. Sur une sortie modeste, l'écart absorbe l'essentiel du gain des fondateurs.
Les chiffres d'une levée se lisent ensemble : pourcentage cédé, plan de titres salariés et ordre de paiement.
Faire relire sa table de capitalisation
Le pacte d'associés organise les relations entre actionnaires en dehors des statuts. Il traite de la gouvernance, des mouvements de titres et du départ des fondateurs.
La gouvernance repose souvent sur un comité stratégique réunissant fondateurs et investisseurs, et sur une liste de décisions réservées : budget, recrutements clés, endettement, cession d'actifs. Le fondateur reste dirigeant, mais ces décisions supposent un accord préalable.
Les clauses de sortie encadrent les cessions. Le tag along permet aux minoritaires de vendre aux mêmes conditions que le majoritaire ; le drag along les oblige à suivre une offre acceptée par une majorité définie.
Les clauses de leaver lient les titres du fondateur à sa présence. Le départ qualifié de good leaver permet de conserver ou de céder ses titres à leur valeur ; le bad leaver impose une cession à prix réduit. La définition de ces cas se négocie mot à mot.
Le closing est la réalisation effective : décision d'augmentation de capital, souscription, versement des fonds, mise à jour des registres de titres.
Les fondateurs signent généralement une garantie d'actif et de passif, engagement d'indemniser l'investisseur si un passif antérieur à l'opération se révèle après. Trois paramètres la bornent : le plafond, la durée et le seuil de déclenchement.
Après le closing subsistent des engagements continus : reporting périodique, respect des décisions réservées, clauses de non-concurrence et d'exclusivité, parfois un engagement de présence. Ils s'appliquent jusqu'au tour suivant, qui les renégociera.
La qualité de l'exécution après l'opération conditionne la relation avec les investisseurs et la préparation du tour suivant.
Sécuriser son closing
Ses clauses économiques sont en principe non contraignantes. L'exclusivité et la confidentialité, elles, produisent des effets dès la signature. Renégocier ensuite un point accepté fragilise la discussion.
Il n'existe pas de règle légale. Le pourcentage résulte du montant levé et de la valorisation retenue. Le point à surveiller reste la somme des dilutions futures, pas le seul tour en cours.
L'investisseur récupère d'abord un montant prioritaire, puis le reste du prix se partage entre tous les actionnaires au prorata. La version participative lui permet en plus de participer à ce partage.
Les clauses de leaver s'appliquent. Selon la qualification du départ, le fondateur conserve ses titres, les cède à leur valeur ou les cède à prix réduit.
Ce n'est pas obligatoire, mais les investisseurs sont conseillés et rédigent la documentation. SWIM LEGAL, plateforme d'avocats d'affaires indépendants spécialisés, intervient sur ce type d'opération.
De l'augmentation du capital (Articles L225-127 à L225-150) - Légifrance
Des actions (Articles L228-7 à L228-29-7-4) - Légifrance
Les bonnes pratiques liées au pacte d'associés - Bpifrance Création
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