Régime micro-BIC : seuils, abattements et obligations à connaître

Guides & Ressources pratiques
06 Jan 2026
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10
min
Points clés de l'article
  1. Le régime micro-BIC s'applique aux entrepreneurs individuels exerçant une activité commerciale, artisanale ou de location meublée, sous condition de chiffre d'affaires.
  2. Les seuils 2026 sont fixés à 188 700 € pour la vente de marchandises et 77 700 € pour les prestations de services.
  3. L'abattement forfaitaire varie de 30 % à 71 % selon la nature de l'activité, et remplace la déduction des charges réelles.
  4. Le régime simplifie la comptabilité : pas de bilan, pas de compte de résultat, un simple livre de recettes suffit.
  5. Si les charges réelles dépassent l'abattement forfaitaire, le régime réel simplifié devient plus avantageux fiscalement.
  6. Le dépassement des seuils pendant 2 années consécutives entraîne un basculement automatique au régime réel.

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Sommaire

Régime micro-BIC : définition et cadre fiscal

Activités éligibles au micro-BIC : vente, prestations de services et location meublée

Seuils de chiffre d'affaires 2026 à ne pas dépasser

Abattement forfaitaire : comment est calculé l'impôt sur le revenu

Obligations comptables et déclaratives simplifiées

Franchise en base de TVA : seuils et fonctionnement

Micro-BIC vs régime réel simplifié : quel régime choisir ?

Dépassement de seuils et basculement automatique au régime réel

FAQ

Pour aller plus loin

Régime micro-BIC : définition et cadre fiscal

Le régime micro-BIC (bénéfices industriels et commerciaux) est un régime fiscal simplifié réservé aux entrepreneurs individuels dont le chiffre d'affaires reste en dessous de certains plafonds. Il constitue le cadre d'imposition par défaut pour les petites activités commerciales, artisanales et de location meublée non professionnelle.

Concrètement, ce régime dispense l'entrepreneur de calculer un bénéfice net réel. L'administration fiscale applique un abattement forfaitaire sur le chiffre d'affaires déclaré, puis intègre le montant restant dans le revenu imposable du foyer fiscal. Le contribuable est donc soumis à l'impôt sur le revenu selon le barème progressif, et non à l'impôt sur les sociétés.

Ce mécanisme repose sur une logique de simplification : moins de formalités comptables, moins de documents à produire, mais aussi moins de marge de manœuvre pour optimiser la base imposable. Le régime micro-BIC s'adresse aux entrepreneurs dont la structure de coûts reste faible par rapport au chiffre d'affaires encaissé.

Il ne faut pas confondre micro-BIC et micro-BNC. Le micro-BNC concerne les professions libérales relevant des bénéfices non commerciaux (consultants, formateurs, professions réglementées). Le micro-BIC, lui, vise exclusivement les activités de nature commerciale ou artisanale au sens du code général des impôts.

Activités éligibles au micro-BIC : vente, prestations de services et location meublée

Trois catégories d'activités ouvrent droit au régime micro-BIC, chacune soumise à des seuils et des abattements distincts.

La vente de marchandises englobe le commerce de détail, la vente en ligne, la restauration à emporter et les activités de fourniture de denrées. L'achat-revente de biens, y compris via des plateformes numériques, entre dans cette catégorie.

Les prestations de services commerciales et artisanales couvrent un spectre large : réparation, entretien, transport, coiffure, bâtiment, services informatiques facturés sous statut artisanal ou commercial. Le critère déterminant est l'inscription au registre du commerce et des sociétés (RCS) ou au répertoire des métiers.

La location meublée constitue le troisième cas. Le loueur en meublé non professionnel (LMNP) relève du micro-BIC tant que ses recettes locatives restent sous le plafond applicable. Depuis la loi de finances pour 2024, les meublés de tourisme non classés font l'objet d'un abattement réduit à 30 %, contre 50 % pour les meublés classiques et 71 % pour les meublés de tourisme classés.

Catégorie d'activité Exemples Abattement forfaitaire
Vente de marchandises Commerce, restauration, achat-revente 71 %
Prestations de services BIC Artisanat, services commerciaux 50 %
Location meublée classique LMNP hors tourisme 50 %
Meublé de tourisme classé Gîtes, chambres d'hôtes classées 71 %
Meublé de tourisme non classé Locations saisonnières type Airbnb 30 %

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Seuils de chiffre d'affaires 2026 à ne pas dépasser

Le bénéfice du régime micro-BIC est conditionné au respect de plafonds de chiffre d'affaires annuels, appréciés hors taxes. Ces seuils sont révisés tous les 3 ans en fonction de l'évolution de l'indice des prix à la consommation. Les plafonds applicables pour la période triennale 2023-2025, reconduits en 2026, sont les suivants :

Type d'activité Seuil de CA annuel HT
Vente de marchandises, fourniture de logement 188 700 €
Prestations de services BIC 77 700 €
Location meublée de tourisme non classée 15 000 € (depuis 2024)

Lorsqu'un entrepreneur exerce simultanément une activité de vente et une activité de services, le chiffre d'affaires global ne doit pas excéder 188 700 €, et la part liée aux services ne doit pas dépasser 77 700 €.

Le seuil s'apprécie sur l'année civile. Pour une création d'activité en cours d'année, le chiffre d'affaires est proratisé en fonction du nombre de jours d'activité. Par exemple, un entrepreneur qui débute le 1er juillet dispose d'un plafond réduit de moitié pour cette première année.

Le dépassement ponctuel d'un seuil sur une seule année ne provoque pas de sortie immédiate du régime. C'est le franchissement sur 2 années civiles consécutives qui déclenche le basculement (détaillé en section 8).

Abattement forfaitaire : comment est calculé l'impôt sur le revenu

Le mécanisme central du micro-BIC repose sur l'abattement forfaitaire. L'administration déduit automatiquement un pourcentage du chiffre d'affaires déclaré, censé couvrir l'ensemble des charges professionnelles : achats, loyers, assurances, amortissements, cotisations.

Le bénéfice imposable est donc égal au chiffre d'affaires diminué de cet abattement, avec un plancher fixé à 305 €. Autrement dit, même si l'abattement calculé est inférieur à 305 €, le contribuable bénéficie au minimum de cette déduction.

Exemple concret : un artisan plombier réalise 60 000 € de chiffre d'affaires annuel en prestations de services. L'abattement de 50 % réduit sa base imposable à 30 000 €. Ce montant s'ajoute aux autres revenus du foyer fiscal et est soumis au barème progressif de l'impôt sur le revenu (tranches à 0 %, 11 %, 30 %, 41 % et 45 %).

Autre exemple : un commerçant en ligne encaisse 120 000 € de ventes. Avec un abattement de 71 %, son bénéfice imposable s'établit à 34 800 €.

Le point de vigilance est le suivant : si les charges réelles de l'entrepreneur dépassent le montant de l'abattement forfaitaire, le micro-BIC devient défavorable. Un artisan du bâtiment qui achète des matériaux pour 40 000 € sur un CA de 60 000 € supporte des charges réelles de 67 %, soit davantage que l'abattement de 50 %. Dans ce cas, le régime réel permettrait de déduire les charges effectives et de réduire la base imposable.

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Obligations comptables et déclaratives simplifiées

Le régime micro-BIC allège considérablement les obligations comptables par rapport au régime réel. L'entrepreneur n'a ni bilan, ni compte de résultat, ni liasse fiscale à produire.

Les obligations se résument à 3 éléments :

  • Un livre des recettes : document chronologique qui enregistre chaque encaissement avec la date, le montant, l'origine et le mode de règlement. Ce registre peut être tenu sur un support papier ou numérique.
  • Un registre des achats (uniquement pour les activités de vente) : il recense les achats de marchandises avec les mêmes mentions que le livre des recettes.
  • La déclaration de revenus annuelle (formulaire 2042-C-PRO) : l'entrepreneur reporte son chiffre d'affaires brut dans la case correspondante. L'abattement est calculé automatiquement par l'administration.

En matière de facturation, les règles générales s'appliquent : chaque vente ou prestation doit donner lieu à une facture conforme aux mentions obligatoires du code de commerce (identité des parties, date, désignation, montant HT et TTC le cas échéant).

L'entrepreneur en micro-BIC peut également opter pour le versement libératoire de l'impôt sur le revenu, à condition que le revenu fiscal de référence du foyer ne dépasse pas un certain seuil (28 797 € par part de quotient familial pour les revenus 2024). Ce dispositif permet de payer l'impôt en même temps que les cotisations sociales, sous forme d'un pourcentage fixe du CA : 1 % pour la vente, 1,7 % pour les services BIC, 2,2 % pour les BNC.

Franchise en base de TVA : seuils et fonctionnement

Le micro-BIC ne conditionne pas automatiquement l'application de la franchise en base de TVA. Ce sont deux dispositifs distincts, bien qu'ils se cumulent fréquemment en pratique.

La franchise en base dispense l'entrepreneur de facturer la TVA à ses clients et de la reverser à l'État. En contrepartie, il ne peut pas récupérer la TVA sur ses propres achats. Les seuils de franchise, modifiés par la loi de finances pour 2025, sont désormais unifiés :

Seuil Montant applicable depuis le 1er mars 2025
Seuil unique de franchise en base (toutes activités) 25 000 € de CA annuel HT
Seuil majoré de tolérance 27 500 €

Ce changement a réduit le périmètre de la franchise. Avant mars 2025, les seuils étaient de 91 900 € pour la vente et 36 800 € pour les services. Désormais, un commerçant qui dépasse 25 000 € de CA doit facturer la TVA, même s'il reste éligible au micro-BIC jusqu'à 188 700 €.

En conséquence, un entrepreneur peut relever du micro-BIC pour le calcul de son bénéfice imposable tout en étant assujetti à la TVA. Cette situation impose de tenir un suivi des opérations taxables et de déposer des déclarations de TVA (CA3 ou CA12), ce qui complexifie la gestion administrative.

Micro-BIC vs régime réel simplifié : quel régime choisir ?

Le choix entre micro-BIC et régime réel simplifié dépend d'un critère principal : le niveau réel des charges professionnelles rapporté au chiffre d'affaires.

Le micro-BIC est avantageux lorsque :

  • Les charges réelles sont inférieures à l'abattement forfaitaire (50 % ou 71 % selon l'activité)
  • L'entrepreneur privilégie la simplicité administrative
  • L'activité ne nécessite pas d'investissements lourds ni d'amortissements

Le régime réel simplifié devient préférable lorsque :

  • Les charges réelles dépassent l'abattement forfaitaire (achats de matières, loyer commercial, véhicule professionnel, sous-traitance)
  • L'entrepreneur souhaite amortir des investissements (matériel, agencements, véhicule)
  • L'activité génère un déficit déductible des autres revenus du foyer
Critère Micro-BIC Régime réel simplifié
Calcul du bénéfice Abattement forfaitaire sur le CA Déduction des charges réelles
Comptabilité Livre des recettes Bilan, compte de résultat, liasse fiscale
Amortissements Non déductibles Déductibles
Déficit reportable Non Oui
Coût de gestion Faible Plus élevé (expert-comptable souvent nécessaire)

L'option pour le régime réel se formule avant le 1er février de l'année d'application (ou dans les délais de la déclaration de revenus pour les créations). Elle est irrévocable pendant 2 ans, puis reconduite tacitement.

Le passage au régime réel peut générer une économie fiscale substantielle, mais implique des obligations comptables supplémentaires. Un avocat fiscaliste évalue le gain net pour votre activité.
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Dépassement de seuils et basculement automatique au régime réel

Le dépassement des seuils du régime micro-BIC ne produit pas d'effet immédiat. Le mécanisme repose sur une règle de tolérance sur 2 ans.

Règle de basculement : l'entrepreneur sort du micro-BIC et bascule au régime réel simplifié à compter du 1er janvier de l'année suivant celle au cours de laquelle le seuil a été dépassé pour la 2e année consécutive.

Exemple : un prestataire de services réalise 82 000 € de CA en 2025 (au-dessus du seuil de 77 700 €), puis 80 000 € en 2026. Le dépassement est constaté sur 2 années consécutives. Il bascule au régime réel à compter du 1er janvier 2027.

En revanche, si le CA redescend sous le seuil en 2026, le micro-BIC est maintenu. Le dépassement isolé d'une seule année n'entraîne aucune conséquence.

Ce basculement implique plusieurs changements opérationnels :

  • Comptabilité complète : tenue d'un bilan et d'un compte de résultat
  • Liasse fiscale : dépôt annuel du formulaire 2031 et des annexes
  • TVA : si le CA dépasse également les seuils de franchise, l'entrepreneur devient redevable de la TVA
  • Expert-comptable : le recours à un professionnel du chiffre devient quasi indispensable, avec un coût annuel compris entre 1 500 € et 3 500 € selon la complexité

Pour anticiper ce basculement, l'entrepreneur a intérêt à suivre mensuellement l'évolution de son chiffre d'affaires cumulé. Un dépassement prévisible en milieu d'année laisse le temps de préparer la transition : mise en place d'un logiciel comptable, choix d'un expert-comptable, ouverture d'un compte bancaire dédié si ce n'est pas déjà fait.

FAQ

Le régime micro-BIC est-il compatible avec le statut d'auto-entrepreneur ?

Oui. Le statut d'auto-entrepreneur (ou micro-entrepreneur) est le cadre juridique et social qui intègre automatiquement le régime micro-BIC pour les activités commerciales et artisanales. Les deux notions se superposent : le micro-BIC désigne le volet fiscal, le statut de micro-entrepreneur englobe le volet social (cotisations calculées sur le CA).

Peut-on revenir au micro-BIC après avoir opté pour le régime réel ?

Oui, à condition que le chiffre d'affaires soit repassé sous les seuils du micro-BIC. L'entrepreneur peut renoncer à l'option pour le régime réel en adressant une demande à l'administration fiscale avant la date limite de dépôt de la déclaration de revenus. Le retour au micro-BIC prend effet l'année suivante.

Les cotisations sociales sont-elles incluses dans l'abattement forfaitaire du micro-BIC ?

Non. L'abattement forfaitaire couvre uniquement les charges professionnelles pour le calcul de l'impôt sur le revenu. Les cotisations sociales sont calculées séparément, sur la base du chiffre d'affaires, par l'URSSAF. Le taux est de 12,3 % pour la vente et 21,2 % pour les prestations de services BIC.

Un loueur en meublé non professionnel (LMNP) peut-il cumuler micro-BIC et amortissement du bien ?

Non. L'amortissement du bien immobilier et du mobilier n'est possible qu'au régime réel. Le micro-BIC applique un abattement forfaitaire qui se substitue à toute déduction de charges, y compris les amortissements. Pour un bien générant des charges élevées (travaux, intérêts d'emprunt), le régime réel est généralement plus favorable.

Comment déclarer ses revenus micro-BIC aux impôts ?

L'entrepreneur reporte son chiffre d'affaires brut annuel sur le formulaire 2042-C-PRO, dans les cases dédiées au micro-BIC (case 5KO pour les ventes, 5KP pour les services). L'abattement est appliqué automatiquement par l'administration. La déclaration se fait en ligne sur impots.gouv.fr, aux dates habituelles de la campagne déclarative (mai-juin).

Pour aller plus loin

Régime micro-BIC - Bulletin Officiel des Finances Publiques - BOFIP-Impôts

Le régime fiscal du micro-entrepreneur - Service-Public.fr

Code général des impôts - Article 50-0 - Légifrance

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