
Jullian Hoareau

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Qu'est-ce qu'un huissier de justice
Huissier devenu commissaire de justice depuis 2022
Les missions principales de l'huissier de justice
Le rôle de l'huissier auprès des entreprises
Actes et compétences réservés au commissaire de justice
Quand une entreprise fait appel à un huissier
Un huissier de justice est un officier public et ministériel nommé par le garde des Sceaux. Son statut lui confère une délégation de puissance publique : il agit au nom de l'État pour garantir l'application effective du droit. Concrètement, c'est le seul professionnel habilité à remettre officiellement un acte judiciaire à son destinataire (on parle de signification) et à contraindre l'exécution d'une décision de justice (saisie de comptes bancaires, expulsion, saisie de biens).
Ce statut le distingue d'un avocat ou d'un juriste d'entreprise. L'avocat conseille et plaide ; le commissaire de justice exécute. Il ne tranche pas un litige : il met en œuvre la décision rendue par un tribunal. En France, on compte environ 3 600 commissaires de justice répartis dans près de 2 900 offices, selon les données de la Chambre nationale des commissaires de justice (2024).
Pour un dirigeant de TPE-PME, comprendre ce rôle permet d'identifier à quel moment précis ce professionnel devient indispensable dans un parcours contentieux.
Depuis le 1er juillet 2022, le titre d'huissier de justice a officiellement disparu au profit de celui de commissaire de justice. Cette fusion, prévue par la loi Macron du 6 août 2015 (loi n° 2015-990), regroupe deux professions distinctes : l'huissier de justice et le commissaire-priseur judiciaire.
| Avant le 1er juillet 2022 | Depuis le 1er juillet 2022 |
|---|---|
| Huissier de justice | Commissaire de justice |
| Commissaire-priseur judiciaire | Commissaire de justice |
| 2 professions, 2 formations | 1 profession unifiée, 1 formation commune |
| Compétences séparées | Cumul des compétences (signification, exécution, ventes judiciaires, prisées) |
En pratique, les professionnels en exercice avant 2022 conservent leurs fonctions et portent le nouveau titre. Les termes « huissier » et « commissaire de justice » désignent donc aujourd'hui la même fonction. Dans le langage courant, le mot « huissier » reste largement utilisé, y compris par les tribunaux dans leurs correspondances.
Identifier le bon interlocuteur juridique dès le début d'un litige évite des semaines de retard dans la procédure.
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Les missions du commissaire de justice se répartissent en 4 catégories distinctes :
La signification consiste à remettre un acte officiel (assignation, jugement, commandement de payer) directement à son destinataire. Cette remise en main propre, ou à défaut par dépôt à l'étude, garantit que la personne concernée a été informée. Sans signification valide, un jugement ne peut pas être exécuté. C'est un monopole absolu du commissaire de justice : aucun autre professionnel ne peut effectuer cette démarche.
Lorsqu'un débiteur refuse de se conformer à une décision de justice, le commissaire de justice dispose de pouvoirs de contrainte : saisie-attribution sur comptes bancaires, saisie-vente de biens mobiliers, expulsion d'un local. Ces actes requièrent un titre exécutoire (jugement, ordonnance, acte notarié revêtu de la formule exécutoire).
Le commissaire de justice peut dresser un constat qui fait foi jusqu'à preuve du contraire. Ce document est recevable devant toutes les juridictions. Exemples fréquents : constat de malfaçon sur un chantier, constat d'abandon de poste, constat de contrefaçon en ligne.
Avant toute procédure judiciaire, le commissaire de justice peut engager un recouvrement amiable de créances. Il adresse au débiteur une sommation de payer et tente de négocier un échéancier. En 2023, selon la Chambre nationale, environ 60 % des recouvrements amiables aboutissent sans passage devant un juge.
Pour un dirigeant de TPE-PME, le commissaire de justice intervient à des moments précis du cycle de vie d'un litige ou d'une relation commerciale.
| Situation d'entreprise | Mission du commissaire de justice | Résultat attendu |
|---|---|---|
| Client qui ne paie pas une facture de 15 000 € | Sommation de payer puis saisie-attribution | Recouvrement de la créance |
| Litige avec un prestataire sur un chantier | Constat de malfaçon | Preuve recevable en justice |
| Bail commercial résilié par le bailleur | Signification du congé | Acte opposable au locataire |
| Jugement obtenu mais non respecté | Exécution forcée (saisie, expulsion) | Application effective de la décision |
Structurer sa démarche contentieuse avec un avocat en amont permet d'optimiser chaque intervention du commissaire de justice.
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Certaines missions relèvent du monopole légal du commissaire de justice. Aucun autre professionnel — avocat, notaire ou juriste — ne peut les accomplir.
Les actes réservés sont :
En dehors de ces monopoles, le commissaire de justice exerce des activités concurrentielles : médiation, consultation juridique, rédaction d'actes sous seing privé, administration d'immeubles. Ces missions ne lui sont pas exclusives.
Sa compétence territoriale est définie par le ressort de la cour d'appel de son office pour les actes d'exécution. Pour les constats, il peut intervenir sur l'ensemble du territoire national depuis la réforme de 2022.
Un dirigeant sollicite un commissaire de justice dans 3 situations types :
Avant un procès : pour constituer une preuve (constat) ou tenter un recouvrement amiable. Cette étape est souvent décisive. Un constat réalisé dans les règles a une valeur probante supérieure à un simple échange d'e-mails ou une capture d'écran non certifiée.
Pendant la procédure : pour signifier une assignation au défendeur, condition sine qua non pour que le tribunal soit valablement saisi. Un défaut de signification peut entraîner la nullité de la procédure.
Après le jugement : pour exécuter la décision. Un jugement non exécuté dans un délai de 2 ans perd sa force exécutoire (prescription biennale de l'article L. 111-4 du Code des procédures civiles d'exécution). Agir vite après l'obtention du titre est donc essentiel.
Le coût des actes est encadré par un tarif réglementé fixé par arrêté (dernière révision : arrêté du 28 février 2020). Par exemple, la signification d'un acte coûte environ 50 € HT pour un acte simple. Les frais d'exécution varient selon la nature de la saisie et le montant de la créance. Ces frais sont en principe à la charge du débiteur.
Un avocat spécialisé en contentieux coordonne l'ensemble de la chaîne — de la mise en demeure à l'exécution — pour sécuriser chaque étape.
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Il n'y en a plus depuis le 1er juillet 2022. Le titre de commissaire de justice a remplacé celui d'huissier de justice, en fusionnant les fonctions d'huissier et de commissaire-priseur judiciaire. Les missions restent identiques : signification, exécution, constats, recouvrement.
Oui. Le commissaire de justice peut dresser un constat, engager un recouvrement amiable ou signifier une mise en demeure sans qu'un juge ait été saisi. En revanche, l'exécution forcée (saisie, expulsion) nécessite un titre exécutoire.
Les actes principaux sont soumis à un tarif réglementé. Une signification simple coûte environ 50 € HT. Les frais de saisie dépendent du montant de la créance et du type de mesure. Ces frais sont récupérables sur le débiteur en cas de succès.
Pour les constats, oui : la compétence est nationale depuis 2022. Pour les actes d'exécution et de signification, le commissaire de justice est compétent dans le ressort de sa cour d'appel de rattachement.
Non, un dirigeant peut saisir directement un commissaire de justice pour un constat ou un recouvrement amiable. Toutefois, pour une procédure judiciaire (assignation, exécution d'un jugement), l'intervention d'un avocat est souvent nécessaire pour rédiger les actes et piloter la stratégie contentieuse.
Commissaire de justice (anciennement huissier de justice) - Service-Public
Ordonnance n° 2016-728 relative au statut de commissaire de justice - Légifrance
Décret n° 2021-1625 relatif aux compétences des commissaires de justice - Légifrance
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